Un président qui rassure
Vivement Laurent Blanc
Publié le 08 juillet 2010 à 6:30 dans Société
Mots-clés : Coupe du monde, Nicolas Anelka, Raymond Domenech, Sport

Laurent Blanc fixe ses conditions.
Il fallait boucler la boucle. En terminer avec toute cette série d’articles sur l’équipe de France dans un carnet politique. Et le faire en sachant que le football se soit séparé une bonne fois pour toute de la politique et ait retrouvé son seul compagnon légitime : le sport.
Le foot français : un bal des égos ?
Le sport, on l’a beaucoup oublié ces derniers temps. Comme en politique, le bal des égos étouffait tout le reste. Un sélectionneur boursouflé par l’importance de sa petite personne, allant jusqu’à faire sa demande en mariage en direct à la télé aussitôt l’élimination de la France actée au championnat d’Europe 2008 ; un président de Fédé qui le reconduit, encouragé par un directeur national technique, Gérard Houillier, pas connu pour son humilité non plus, lequel préférant que reste en place un sélectionneur affaibli. Et, c’était sans compter les joueurs. Ceux sur lesquels comptait justement Raymond Domenech. Son épine dorsale, Gallas, Abidal, Malouda, Anelka, Evra et Ribéry, les lideurs sur lesquels il comptait s’appuyer. Ceux-là, aussi, ont décidé d’arrêter de faire du sport. En snobant honteusement une ministre, laquelle, il est vrai, n’était pas très inspirée. En mettant de côté, le joueur éduqué, poli, et trop amoureux de considérations technico-tactiques, qu’était Yoann Gourcuff, ils se comportaient certes un peu comme des caïds de collège, mais plus encore comme ces personnalités politiques qui étouffent dans l’œuf les jeunes talents qui pourraient leur faire de l’ombre. Une histoire de sponsors et de gros sous, mais surtout d’égos d’autant plus surdimensionnés que les cervelles étaient petites. Et puis cette histoire de bus, un dimanche. Pitoyable. Des mecs qui refusent de s’entraîner parce que l’un des leurs avait été exclu pour avoir insulté le sélectionneur qui lui avait tendu la main quelques années auparavant, alors qu’il était tricard, ce même joueur qui accepte de jouer pour les couleurs d’un peuple qu’il trouve hypocrite.
On ne fera croire à personne, et d’ailleurs personne ne le croit vraiment, que les vingt-trois joueurs aient tous trouvé cette idée géniale. Cette pantalonnade1, qui s’est terminée par notre défaite logique contre l’Afrique du Sud, était menée par quelques uns. Les autres n’ont eu qu’à suivre. Il nous reste à savoir si ce suivisme était dû à l’intimidation, à leur faiblesse, la lassitude ou un mélange savant des trois. Les différents meneurs ont eu beau jeu d’assurer le contraire à leur retour à Paris, personne n’est vraiment dupe2.
Laurent Blanc : une solution pour l’équipe de France ?
Et puis vint Laurent Blanc. Certes, on peut dire que de l’avoir choisi si tôt a sans doute encore affaibli davantage Domenech dans son autorité. Certes, cela avait sans doute aussi déstabilisé l’équipe bordelaise dont Blanc était toujours l’entraîneur au point que le onze girondin ratait complètement sa fin de saison 2009-2010. Mais c’était à l’évidence un bon choix ; le dernier, et sans doute le seul, du Président de la fédération aujourd’hui démissionnaire. Les différentes interventions du nouveau sélectionneur sont rassurantes. Parce qu’il ne fait pas de politique, lui. Parce ce qu’il cause sport, envie de jouer, philosophie tactique. Et qu’il veut faire à nouveau aimer l’équipe de France, alors que son prédécesseur prenait un malin plaisir à la faire détester. Sa première décision n’est pas anodine : il interdit les fameux casques que les joueurs portaient sur leurs oreilles à la sortie du bus, ignorant superbement le public qui les attendait. Symboles de leur fermeture au monde extérieur, de la bulle dans laquelle ils étaient reclus. Avec Laurent Blanc, il faudra adhérer au projet de jeu. Ou s’en aller. Dans l’absolu, dit-il, un bon joueur avec une mentalité pourrie peut être sélectionné à condition qu’on puisse le faire évoluer dans le bon sens ; s’il refuse, il s’exclura de lui-même. On ne saurait mieux dire. Thuram lui a sans doute rendu un grand service en demandant des sanctions lourdes contre certains meneurs. Son ancien partenaire de France 98 a joué un rôle de poisson-pilote en tordant le bâton le plus loin possible, comme aurait dit Lénine. Plus généreux mais non moins ferme, Blanc dit à Ribéry, Evra ou Abidal : vous pouvez revenir, mais à mes conditions ; d’autres que moi vous auraient exclus.
On nous reprochera sans doute de faire dans le “tout nouveau, tout beau”. Peut-être. Il n’empêche que Laurent Blanc rassure par ses premières décisions et son discours axé sur le seul sport. Il rassure aussi par son charisme. Ce n’est pas pour rien que, dès le début de sa carrière, il a été surnommé le Président. Doté d’une autorité naturelle, on se plaît à le respecter et on se sent tranquillisé, protégé. Ce Président qui rassure, pour l’équipe de France, m’inspire confiance. Je pense ne pas être le seul. Mais avons-nous vraiment le choix devant le champ de ruines que laissent Abidal, Evra, Henry, Anelka ou Domenech ?
- J’ai trop de respect pour le droit de grève pour l’utiliser à propos de ce triste refus de s’entraîner. La sélection nationale est un cadeau. On ne fait pas grève de cadeaux. ↩
- Au passage, je n’arrive toujours pas à comprendre pourquoi c’est précisément l’un d’entre eux que le Président de la République a reçu à l’Elysée. Dans tous les cas, il ne pouvait pas s’agir d’un hommage à la grève – une vraie, celle-ci – qui rassemblait plusieurs millions de personnes ce jour là. ↩
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L'auteur
David Desgouilles est attaché d'administration.
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j’alacrite dit
Sorry comme disait Dhéry : il faut lire alleZ France dans ce dernier envoi!
j’alacrite dit
Qui pourra me dire pourquoi les supporters de Marseille hurlent de joie quand “leur” équipe gagne, tout comme ceux de n’importe quel autre équipe, alors que leurs joueurs sont des bibelots rigolos nés ailleurs, achetés comme des call girls de luxe par des propriétaires étrangers à leur ville ? Parce que les municipalités accordent des subventions avec leurs impôts ?
Pourquoi alors obliger les pays sélectionnés pour la coupe du monde à choisir des joueurs pourvus d’une carte d’identité nationale en règle ? On devrait comme pour les clubs pouvoir louer quelques mercenaires à leurs sponsors, et ainsi crier aller France, tout comme les marseillais vocifèrent allez Marseille!
Je ne crois pas me tromper en disant que les joueurs de Lille (le LOSC) dans les années 50 étaient pratiquement tous nés à moins de 30 km de leur stade. Je crois pouvoir affirmer qu’après une victoire en finale de coupe de France, ils étaient allés boire une bière avec leurs supporters avant de reprendre leur autobus pour rentrer ensemble à Lille.
L'Ours dit
vaugoubert ,
Bast! Qu’il vienne ou qu’il ne vienne pas, si vous passez par Lyon, un petit signe te je vous paye un coup de jésus en culotte de velours accompagné de jésus en tranches. Ca me vaudra peut-être un jour la rosette.
Sophie dit
Mais qu’est ce qui vous prend, Aude?
Pourquoi toujours cette agressivité contre Fatback?
Moi je trouve intéressant, pondéré, courtois.
vaugoubert dit
@ L’Ours : ah non, vous aurez gagné un excellent joueur doublé d’un beau garçon, on ne va pas en plus vous fournir de quoi trinquer à son arrivée, il ne nous resterait plus que nos larmes à boire ;)
Effrayant, votre lien, David, je préfère éviter d’y croire, c’est vraiment trop pitoyable… Ou alors on prend la mesure qui s’impose et on colle quelques sergents de la Légion pour encadrer nos footeux…
L'Ours dit
Aude,
je ne prends pas mal, non pas l’injonction, mais le conseil de fatback.
Merci quand même.
Aude Formes dit
Et revoilà le petit chef fatback qui donne des consignes. Mais qui croit-il être?
fatback dit
L’Ours,
Restez poli et ignorez ;)
L'Ours dit
vaugoubert ,
et si ce n’est pas un canard la venue de Gourcuff (je l’ai vraiment entendu), j’ai droit à un Bordeaux?
:o)
Aymenon dit
Alors, c’était bien sex and the city 2?
Sophie dit
“L’Ours dit :
9 juillet 2010 à 12:18
Aymenon,
je suis resté poli jusqu’à maintenant.”
Et c’est là que tu as tort!
David Desgouilles dit
Si Geoffroy passe par là :
http://www.chezlesgirondins.com/actualites/gourcuff-nouvelle-star-des-bleus/20100709787.html
vaugoubert dit
@ L’Ours : NON !!! Yohann ne nous abandonnera pas.
Et si tel devait être le cas, il ne vous restera plus qu’à m’envoyer son poids en jésus afin d’apaiser mon courroux (coucou).
Et s’il reste, je me contenterai simplement d’un jésus, puisque vous avez tout de même contribué à diffuser des informations calomnieuses.
L'Ours dit
vaugoubert ,
il paraît qu’il va venir chez nous à Lyon…
Si c’est vrai, j’espère qu’il aura épaissi sa trempe car ce n’est pas le talent qui lui manque.
D’autre part, quand on parle foot, on en parle forcément un peu comme au bistrot.
Et alors?
C’est sympa un petit bistrot avec les potes.
Et au Procope, le sujet est interdit?
:o)
vaugoubert dit
Ben voilà, regardez-moi ce fil, le foot et l’équipe de France sont générateurs de bordel, on se croirait dans les vestiaires en Afrique du Sud…
Le contributeur qui précise que le “Boucher” comme on l’appelait quand il jouait encore a pourri les Bleuets pendant 12 ans a totalement raison. Ils se comportent comme des cons ? Pour eux, sélection rime avec Raymond, un mec qui refuse de serrer la main du sélectionneur adverse après un match…
Par contre, je prends très mal les critiques contre ce cher Yohann Gourcuff, enfin s’il reste à Bordeaux, s’il part, je m’en lave les mains. Beau réflexe de chauvinisme généré par le foot ;)
Causeur dit
@ Zantrop
Bien vu c’est vrai que le titre prête à confusion. Surtout en cette époque de
“total-confusion-gouvenementale”
Aymenon dit
@l’Oursin: ce n’est même pas du raisonnement, c’est du ressentiment!
Guillaume_rc dit
@ sausage
entièrement d’accord “vive le rugby” (en espérant que les dérives du foot lui serviront de garde fou). Et d’accord aussi sur Lièvremont.
D’ailleurs, après le grand chelem , cedernier citait une phrase d’un de ces proches “ce n’est pas parce qu’ils ont gagné que tes joueurs sont heureux mais parce qu’ils sont heureux qu’ils ont gagné”.
Tout est dit.
PS – C’était frappant de voir les urugayens s’entraîner : ils blaguent, ils sourient et ils bossent.
L'Ours dit
Aymenon,
je suis resté poli jusqu’à maintenant.
Je vous prie d’en faire autant parce que là, j’ai surtout envie de vous coller une mornifle, ce qui m’est impossible derrière un écran.
Aymenon dit
l’ Ours! Ce que vous racontez n’a aucun sens, c’est très con, c’est tout!