Un péan pour Kouchner
Au nom de la France, ne touchez pas au dernier French lover !
Publié le 05 février 2009 à 17:45 dans Médias
Mots-clés : Bernard Kouchner
S’ils daignaient s’intéresser un jour à moi, je ferais à coup sûr la joie des sondeurs. Je n’ai pas encore tout à fait l’âge de faire une parfaite ménagère de plus de cinquante ans, mais je dois confesser que j’ai toujours tenu l’abbé Pierre pour un saint homme, Zidane pour un magicien du ballon rond et Bernard Kouchner pour le parangon de ce qu’est et doit être un homme politique français1.
Un brin primesautier, un rien imprécis, jamais trop efficace, mais renouvelant sans cesse son ardeur à séduire son monde comme s’il s’agissait d’une femme, il incarne l’une des grandes permanences françaises. C’est d’ailleurs ce que ses camarades du Parti socialiste ne lui ont, en réalité, jamais pardonné : l’homme n’est pas simplement un French Doctor, mais il est aussi – du moins dans l’imaginaire des Français qui le plébiscitent sans trop savoir qui il est, ni même s’en soucier – un French Lover, un French Kisser, l’homme que toutes les desparate housewiwes de France et de Navarre voudraient avoir comme amant, comme époux ou, dans le pire des cas, comme gendre.
Il y a, chez Kouchner, une certaine idée de la France. Pas la gaullienne, certes, trop ancrée dans l’antique gravité et le poids de l’histoire. Plutôt une idée de la France de l’Ancien régime qui passe, en se faisant petite, la Révolution, renaît sous l’Empire et ressuscite sous la Restauration. Il y a, chez lui, un peu du chevalier d’Eon, de Talleyrand et de Schulmeister réunis en un seul homme. Du don Salluste autant que du Ruy Blas : rien que de la contradiction. En somme, je ne sache pas que la France nous ait donné un homme d’Etat aussi farfelu depuis Malraux2.
Et la politique de la France, c’est avant tout cela : l’option farfelue.
Bien entendu, qu’il se présente aujourd’hui quelques opiniâtres représentants de la France moisie des notaires et de leurs clercs pour accabler sous des monceaux d’injures le plus farfelu de nos hommes politiques n’a assurément pas de quoi nous réjouir. De plus, que ce soit Arnaud Montebourg qui sonne la charge devrait nous inviter à la méfiance la plus extrême. Donner de petits coups de pieds convulsifs sur un homme déjà à terre peut procurer de menus plaisirs, non pas constituer une politique. Le député de Saône-et-Loire, bon apôtre de toutes les ligues de vertu, n’a pas de mots assez durs pour jeter l’opprobre sur celui qu’hier encore il vénérait en camarade : “Si Bernard Kouchner a encore un honneur, il doit enfin s’expliquer sérieusement devant l’opinion publique… Les importantes révélations relatives aux multiples conflits d’intérêt et aux affaires d’argent dans lesquels se débat le ministre des Affaires étrangères, Bernard Kouchner, constituent pour le moins de graves infractions à la morale publique.”
Dieu soit loué qu’en 1981 Arnaud Montebourg fût encore lycéen et que Robert Badinter opérât au ministère de la Justice : un avocat de la trempe du député de Saône-et-Loire (qui aura tant fait pour la démocratie française et le comptage des voix) n’aurait pas aboli la peine de mort, il l’aurait agrémentée de supplices chinois, divers et variés, mais d’un ressort toujours constant : la morgue hautaine et froide à exécuter la basse besogne.
Car c’est bien là le fond de l’affaire : on peut aimer ou haïr Bernard Kouchner, vénérer ou détester les milliers de conneries que quarante ans de vie publique lui auront fait proférer, mais c’est sur le terrain politique qu’il faut porter le fer. Pas ailleurs. Bien sûr, la moraline injectée à haute dose dans le corps politique français depuis qu’il a été établi que les hommes publics valaient moins que les filles du même nom égare bien des esprits. Mais au fond, le pognon de Kouchner, on s’en balance. Qu’il se soit fait 800 000 euros serait même assez décevant et, pour tout dire, gagne-petit pour un consultant de sa trempe. Ce qui importe, c’est que Kouchner reste Kouchner : le représentant d’une bonne conscience internationale qui serait beaucoup moins drôle de dénoncer s’il n’existait pas.
Et puis, last but not least, quand sonne l’hallali, chacun serait bien inspiré d’aller manger son quignon dans un coin. Non pas que l’odeur de la chair humaine révulse – personnellement je n’y ai jamais goûté. Mais une vieille prévention devrait nous dissuader de bouffer notre semblable dès qu’il se présente à nous. On naît cannibale ou pas.
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L'auteur
François Miclo est rédacteur en chef de Causeur magazine. Twitter : @fmiclo
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zorg dit
Je ne manie pas l’imparfait du subjonctif aussi brillamment que vous.J’ai une estime “à géométrie variable pour BK ,mais comme vous ,je n’aime pas que l’on frappe un homme à terre
Angel dit
Bonjour a tous et surtout au pseudo:l’Ours
Je n’ai jamais pretendu que Pean a parle de Kouchner et de ses liens directs avec la mafia albanaise (mais qu’elle soit albanaise, serbe, sicilienne, italienne, new yorkaise ou colombienne toutes les mafias sont ordurieres et les peuples dont elle sont issues n’en sont pas responsables).
C’est moi qui est trouve le livre de Pean allant en deca des liens incestueux et gravissimes du French Doctor avec des personnes plus nauseabondes que Bongo. En effet Pierre Pean n’ayant pas de preuves n’a pas oser parler des liens plus que honteux de Bennard Kouchner avec la mafia albanaise dans le domaine du traffic d’organes humains preleves sur des civils serbes. Mes sources: 1) reportages de la tv britannique E^plorer ou B K touche de l’argent indirectement de la part des tenanciers de bordels au Kosovo. 2) Ou BK permet aux trafiquants d’organes humains de monaitiser leurs traffic avec des cliniques au Koweit, au Costa Rica, et surtout en Egypte grace a la reine “Christine”. 3) Carla del Ponte ex procureur du triubnal penal de La Haye renvoye sur la demande express du Dr BK car elle allait revele les accointances de BK et de sa Chrisitne avec le traffic d’organes humains. Carla del Ponte a ete relegue comme ambassadrice de la confederation Helvetique en Argentine avec interdiction (c’est un comble ) de visite aux Etats Unis d’Amerique sur demande de Bernard K.
Desole l’Ours je vous lis souvent sur ce site que j’estime mais je me devais de vous donner ces informations. Je regrette pzersonnellement de n’avoir pas des documents encore plus fiables car je me serais permis d’ecrire un livre encore plus explosif sur laz mafia des ONG et de l’humanitaire a cote du quel le livre de Pean passerait pour une limonade. Mais je vais m’y attelle autant que je puisses me le permettre sans mettre en danger mes proches.
Three piglets dit
Pour ceux qui se sont offusqué du terme “cosmopolitisme” :
“Bien sûr, nous sommes résolument cosmopolites. Bien sûr, tout ce qui est terroir, béret, bourrées, binious, bref, “franchouillard” ou cocardier, nous est étranger, voire odieux.”
Pierre Bergé, Georges-Marc Benamou et Bernard-Henri Lévy, dans l’édito du premier numéro de Globe (1985).
Et ensuite, y en a qui s’indigne?
Pirée dit
Sur le cas Papon, vite lu bien lu :
Gérard Guicheteau, “Papon Maurice ou la continuité de l’Etat”, Mille et une nuits 1998, coll. Les petits libres, n°16.
C LA ROSE dit
Bonjour,
Tout bien réfléchi… cet article est un poisson d’avril avant l’heure, non ? Une grande tranche de 2ème degré ?
C LA ROSE
gerard dit
à Patrick Mandon:
Quand avons-nous eu un “vrai diplomate” aux Affaires Etrangères” .Seulement des idéologues bigots ou corrompus ou débiles à force de soumission aux fantasmes du Prince qui se prend abusivement pour le peuple.
gerard dit
Scheider, Castro petit ! !!
Vous êtes :
ou myope,
ou vous mesurez 2.25 m
ou vous êtes jaloux.
Adrien dit
“Il y a, chez Kouchner, une certaine idée de la France”
Pas au sens ou on l’entend généralement M. Miclo. C’est plutôt “la France selon K”…différence.
C LA ROSE dit
Bonjour,
Alors là, je reste sans voix ! J’avoue que je ne comprends comment l’on peut avoir une telle sympathique perception de Bernard Kouchner.
Mais ce n’est pas du tout son aspect farfelu que les Français apprécient chez Kouchner, c’est son côté French Doctor, certes exotique, mais qui c’est vrai colle bien à notre pays “des Droits de l’Homme”.
Par conséquent, ce ne sont pas des “fâcheux” ou des jaloux qui tout d’un coup s’indignent, mais des “déçus” !
J’avais déjà trouvé navrant que Kouchner puisse faire un rapport pour Total n’ayant pour but que de dédouanner ce dernier d’exploiter des Birmans, et de ses obligatoires accointances avec un régime tout sauf démocratique… mais en plus qu’il FRICotte avec Bongo et Sassou N’Guesso… ah non, c’est juste pas de “l’option farfelue” à la Malraux !
Je ne vois là rien que l’on puisse comparer. Il n’aime que le fric et le pouvoir ! Et lui seul l’intéresse ! L’on continuera longtemps de lire Malraux… mais Kouchner ? Où son génie, sa flamme résident-elles ?
Sans parler de son exaspérant narcicisme médiatique. Ah non, là, franchement, je n’arrive pas à vous suivre…
Sur le terrain politique ? Il a embarqué Tonton dans cette invraissemblable affaire Somalienne, une intervention désastreuse, il nous a pondu le Droit d’Ingérence…
Et Arnaud Montebourg, bon, vous ne l’appréciez pas, cela vous regarde, mais de là à supposer qu’il ne se serait pas battu pour la peine de mort et au lieu de ça, l’aurait agrémentée de supplices chinois… tout ça est absolument incompréhensible pour moi votre point de vue… est un point de vue, basé uniquement sur vos sympathies et antipathies.
Bon… ben… voilà, j’ai causé ma stupeur ! ;-)
Au revoir
C LA ROSE
Patrick Mandon dit
L’Ours,
Nulle animosité envers vous. Vous êtes un très plaisant compagnon de causerie.
Don’t think twice, it’s all right
Raymond2 dit
1) Ce qui m’étonne, c’est que le dictateur Bongo ait voulu un jour instituer un système de sécurité sociale pour son peuple… C’est d’abord ça que j’irais étudier de plus près pour aller plus avant dans cette discussion. Je ne sais pas si Kouchner s’est trahi ou si c’était pour montrer qu’il était un intime de Bongo (ce qui est quand même bizarre quand on connaît un peu le bonhomme) mais on a appris qu’ils se tutoyaient. Bizarre.
2) A François Miclo qui dit:
“Quant à l’ordre politique proprement dit, il ne présuppose pas la moralité de ses agents, mais la simple conformité de leurs actes avec la loi.”
Cette dichotomie entre l’ordre politique et l’ordre moral (disons, pour que ça sonne mieux entre le domaine du politique et celui de la morale) n’existe pas en réalité. Quand une loi est votée, elle l’est sous le regard de la morale. Au minimum, la loi ne contredit pas la conception du Bien et du Mal du législateur. Il n’y a donc pas de barrière étanche entre les deux ordres. En toute logique, selon votre conception, on n’aurait pas dû condamner après la Libération des hommes politiques et des fonctionnaires dont les actes étaient en parfaite “conformité avec la loi” sous Pétain. Ainsi, la chasse aux Juifs étant légale à cette époque-là, c’est bien au nom d’une certaine conception du Bien et du Mal et non de la Loi que Papon a été condamné.
L’Ours dit
J’ai sans-doute été maladroit, mais je vous l’assure, il n’y avait aucune animosité ou désir de remise à l’ordre dans mes intentions!
Patrick Mandon dit
David Desgouilles,
Eh bien, je suis en bonne compagnie !
L’Ours
Depuis quelque temps, les saillies des uns et des autres, l’axe de défense de M. K., et les calomnies contre de Gaulle que j’ai pu lire sous des pseudonymes divers, m’ont irrité. Et quand je suis irrité, je frappe sur un sac de cuir destiné à cet usage, ou j’envoie un billet d’humeur à Causeur? C’est plus fort que moi.
J’éprouve une vraie sympathie pour vous L’Ours, et même un peu de tendresse pour vos manières pataudes et votre sincérité, mais votre rappel à l’ordre (dans ce cas là, précisément), vous pouvez vous le garder !
Enfin, je «aborde pas» vraiment le «thème de l’antisémitisme». Il me semble que le ton de ma petite intervention est assez délirante et ironique pour excéder cette question. Tout au moins m’y suis-je efforcé.
Ne m’en gardez pas rancune, L’Ours, et cherchez-moi plutôt une vraie et bonne querelle.
L’Ours dit
Patrick Mandon,
je crois que votre dernier post aurait plus eu sa place sur le précédent article consacré à Kouchner, les causeurs que nous sommes ayant abordé à foison le thème de l’antisémitisme!
On avait peu ou proue réussi à s’abstenir dans celui-ci…
David Desgouilles dit
@Patrick Mandon
Savez-vous que je me sens moins seul quand vous êtes là ?
Patrick Mandon dit
Qu’on me permette de faire passer sur cette zone de guerre, une information absolument capitale et réjouissante : le grand Raùl Cazals est revenu. Il est en pleine forme, et nous donne un portrait fruité du fameux M. K. Je vous invite à prendre connaissance de son dernier chef d’œuvre d’humour.
Par ailleurs, et pour reprendre le fil de cette discussion, je pense qu’il serait utile de refaire les procès du Maréchal Pétain et de Laval. Et, dans la foulée, celui du général de Gaulle, ce dernier pour antisémitisme «soft» mais venimeux, et pour avoir créé puis entretenu la légende d’une France honorable, d’avoir appliqué sur son hideux visage de pays prostitué, l’aimable masque d’une noble et ancienne nation, vaincue mais point soumise.
Ils forment l’immonde et fondamentale figure du polygone français, que la géométrie qualifie de régulier car ses angles et ses côtés sont égaux entre eux.
La géométrie démontre donc, d’une manière irréfutable, que de Gaulle, Pétain et Laval se ressemblent absolument, et sont constitutifs, à égalité d’abjection, de l’horreur d’être français.
Ils ont enfin tous trois dénoncé à la vindicte populacière et aux autorités judiciaires les cosmopolites, les levantins, les atrabilaires, les péripatéticiennes étrangères, les auvergnats de sang mêlé, les chiens errants et les chats de gouttière même vaccinés !
Qu’on les déterre, qu’on les juge
et qu’on les pende !
candide dit
Borgo: un fin connaisseur , fin et subtil …
Borgo dit
L’argent qui salit tout, disait Mitterrand.
Un fameux connaisseur.
T-Rex dit
Pas mal la photo qui illustre l’article.
Un prêtre écoutant la confession d’une jolie pécheresse. A moins que ce ne soit l’inverse.
robespierre dit
@ramon
Foucault tapette était une provocation totalement idiote, gratuite mais que voulez-vous citoyen, j’adore ça ! Surveiller et Punir reste pour moi la plus grosse erreur de Foucault que l’on paie encore (lire à ce sujet Raymond Boudon dans “Pourquoi les intellectuels n’aiment pas le Libéralisme” (petit livre pas cher et délicieux)).