Un écran de fumée sur le Rwanda | Causeur

Un écran de fumée sur le Rwanda

SOS Racisme traîne Péan en justice. Et relaie les accusations de Kigali contre la France

Auteur

Hervé Deguine

Hervé Deguine
est historien et journaliste.

Publié le 30 septembre 2008 / Monde

Sur le banc des accusés, Pierre Péan et son éditeur Claude Durand faisaient face à SOS Racisme. En réalité, ce procès était une nouvelle péripétie de la campagne menée par le régime de Kigali pour faire porter à la France la responsabilité du génocide.

Péan et Claude Durand, Pdg de Fayard, ont donc comparu la semaine dernière, du 23 au 25 septembre 2008, devant la XVIIe Chambre correctionnelle de Paris, pour “diffamation raciale” et “incitation à la haine raciale”. A l’origine de ce procès, une plainte déposée en octobre 2006 par SOS Racisme et de son président, Dominique Sopo, contre Noires fureurs, Blanc menteurs1.

Ce livre, paru un an plus tôt, est un pavé dans la marre. Il remet en cause l’historiographie récente du Rwanda. Selon Péan, contrairement à la thèse généralement admise par les médias, ce ne sont pas les extrémistes hutus qui ont assassiné le président rwandais Juvénal Habyarimana le 6 avril 1994, déclenchant le génocide qui coûta la vie à 600.000 Tutsis du Rwanda et le massacre de centaines de milliers de Hutus. C’est, au contraire, le Front Patriotique Rwandais (FPR) qui est à l’origine de cet attentant. Et qui, donc, porte une part de responsabilité dans les tueries qui ont suivi.

Depuis sa création en 1987, le FPR s’est présenté devant l’opinion publique internationale comme un mouvement de libération nationale, dont le but était de mettre un terme à la dictature du régime Habyarimana et d’installer la démocratie au Rwanda. Mais, explique Péan, dès le départ, le véritable objectif du FPR était tout autre. Fondé par les descendants de l’élite royale tutsie chassée du Rwanda en 1959 et réfugiée d’Ouganda, soutenu par les Etats-Unis, le FPR avait pour véritable objectif la reconquête totale du pouvoir par la force, quel que soit le prix à payer. Y compris si cela devait entraîner le massacre des Tutsis de “l’intérieur”, ceux qui n’avaient pas fui le Rwanda en 1959. C’est finalement ce qui s’est produit. Le FPR est donc une organisation criminelle, dirigée par un chef cynique, Paul Kagame. Devenu chef de l’Etat en 1994, ce dernier a mis en place une dictature totalitaire qui ne tolère aucune opposition. Péan dénonce ce régime sanguinaire, accusant au passage les relais de désinformation qu’il a mis en place en Europe dans le but de dissimuler ses crimes : ce sont les “Blancs menteurs”.

Péan n’est pas un spécialiste du Rwanda. Il n’est ni historien, ni ethnologue. Comme le rappelle Florence Bourg, avocate de la Défense, c’est un “journaliste de combat”. Son livre, écrit en quelques mois, est sans nuance : “je l’ai écrit avec mes tripes”, justifie l’auteur, révulsé par la découverte, au cours de ses recherches, d’une gigantesque manipulation de l’opinion publique. Ce que Péan affirme dans Noires fureurs, Blancs menteurs n’est pas nouveau. D’autres auteurs, universitaires (Reyntjens, Guichaoua), journalistes (Smith) ou témoins (Ruzibiza), l’ont dit ou écrit avant lui. Mais voilà : Péan est une personnalité publique et son livre connaît un impact médiatique considérable.

Lorsque le livre paraît, en octobre 2005, nous sommes à quelques mois de l’inculpation de neuf cadres dirigeants du FPR par le juge Jean-Louis Bruguière en raison de leur participation présumée à l’attentat du 6 avril 1994, inculpation qui entraîne la rupture des relations diplomatiques entre le Rwanda et la France. Le climat est pour le moins tendu. Irritées, voire inquiètes, les autorités de Kigali décident de réagir fermement à la publication de cet ouvrage potentiellement dangereux. L’association Ibuka organise une campagne de protestation en Europe. Association de survivants du génocide à l’origine, Ibuka a été rapidement récupérée par des proches de Kagame. Selon Human Rights Watch, International Crisis Group et Amnesty International, pour ne citer que ces trois organisations, Ibuka joue un rôle important dans la défense politique et idéologique du régime. En Belgique, Ibuka mobilise sa section locale et rassemble 217 plaignants contre Péan. Ces plaignants se présentent comme des survivants insultés par le livre de Péan. Certains le sont sans aucun doute : comment pourrait-il en être autrement, étant donné la gravité de l’accusation ? Mais un bon nombre sont des cadres politiques du régime en service commandé. Certains, comme Antoine Mugesera, Tom Ndahiro ou Eugène Twagira Mutabazi, se sont même fait connaître par leurs manœuvres gravement diffamatoires à l’encontre de journalistes rwandais ou européens2 En France, Ibuka rencontre des difficultés juridiques et se rapproche de SOS Racisme, qui porte plainte.

Des accusations de négationnisme et de révisionnisme sont distillées dans la presse, mais les adversaires de Péan ne vont pas au bout de leur démarche. SOS Racisme ne s’en prend pas à la thèse de Péan. L’organisation antiraciste ne la cite pas, elle ne la critique pas : elle l’ignore. Dans sa plaidoirie, l’Accusation se défend même de vouloir attaquer l’homme – il est vrai que Pierre Péan a longtemps été parrain de SOS Racisme.

Ce que les avocats de Dominique Sopo reprochent à Péan et à son éditeur, ce sont quelques lignes situées dans l’introduction du livre, en périphérie du sujet principal. Après avoir brossé à gros traits l’histoire du Rwanda, Péan consacre quatre pages à un caractère culturel particulier au Rwanda : la culture du mensonge. S’appuyant sur des travaux universitaires bien connus des spécialistes, Péan veut montrer à quel point l’art du mensonge et de la dissimulation imprègne la vie quotidienne des Rwandais et, partant, la vie politique du pays. Cette spécificité rwandaise est un lieu commun pour les spécialistes, mais elle surprend les non-initiés. Est-ce pour cette raison que ce court extrait du texte de Péan, plus maladroit que malveillant, est perçu par SOS Racisme comme une “incitation à la haine raciale” ? “A ces rudiments d’histoire et de géographie [que l’auteur vient d’énumérer], il est important d’ajouter et de garder en tête que le Rwanda est aussi le pays des mille leurres, tant la culture du mensonge et de la dissimulation domine toutes les autres chez les Tutsis, et, dans une moindre part, par imprégnation, chez les Hutus”, écrit Péan, demeurant bien en-deçà de ce qu’a pu écrire la journaliste belge proche du FPR Colette Braeckman qui, elle, n’a jamais été poursuivie par SOS-Racisme. On a donc des raisons de penser que ce ne sont pas ces quelques phrases mais le cœur de la thèse de Péan (et de Bruguière) qui ont fâché les dirigeants de Kigali et, partant, ceux qui sont, sans doute avec de bonnes intentions, devenus leurs relais en France. Et on les comprend : si Péan dit vrai, alors, la tragédie rwandaise ne peut plus se réduire à un affrontement entre bons et méchants. En effet, il faut alors admettre que, comme l’a affirmé Claude Durand, il y a des bourreaux parmi les victimes et des victimes parmi les bourreaux.

“On peut discuter cette formulation et même cette thèse, mais, dans un pays démocratique comme la France, doit-on le faire devant un tribunal ?”, s’interroge l’africaniste Stephen Smith, dernier témoin entendu à l’audience. Faut-il résumer les 544 pages de la thèse de Péan, voire une vie d’engagement, à ces quatre lignes, et celles-ci suffisent-elles à comparer Noires fureurs à Mein Kampf, comme n’a pas hésité à le faire l’ancien président de l’Union des étudiants juifs de France, témoin de l’Accusation ? C’est une chose de critiquer la façon d’enquêter de Péan ou les faiblesses de son livre, c’en est une autre d’affirmer qu’il y a chez cet auteur une intention délibérée d’inciter à la haine ethnique, sans laquelle il n’y a pas matière à poursuite, résume l’avocat de la Défense, Me Jean-Yves Dupeux. “Les militants antiracistes se trompent de cible en s’attaquant à Péan, un homme qui a consacré toute sa vie de journaliste à la dénonciation des injustices, du racisme et de l’antisémitisme”, conclut Claude Durand, directeur de Fayard.

Quelle que soit la sentence que prononceront les juges le 7 novembre prochain, une chose est certaine : la polémique entretenue au sujet des écrits prétendument racistes de Péan constitue d’ores et déjà une victoire pour Kigali. Les représentants de la présidence qui assistaient à l’audience peuvent être satisfaits de cet écran de fumée qui permet jusqu’à présent d’occulter le vrai débat : oui ou non le FPR est-il responsable de l’attentat du 6 avril 1994, du chaos, du génocide et des massacres qui s’ensuivirent ? Oui ou non Paul Kagame doit-il répondre de ses crimes présumés devant le Tribunal pénal international pour le Rwanda ?

  1. Pierre Péan, Noires fureurs, Blancs menteurs. Rwanda 1990-1994, Paris, Mille et Une Nuits, Fayard, 2005.
  2. Voir “Peut-on encore critiquer le Rwanda ?” in Médias, n°16, Printemps 2008, pp. 70-74.
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    • 29 Octobre 2008 à 23h11

      sinumvayabo dit

      C´est a croire que l´histoire se repete car malgre les difficultes qu´a connu la region des grands lacs, il y a neamoins un espoir, cet espoir qui fait que trionpher la verite a la surprise de toute l´humanite. .
      La repetition d´une chose, une situtiation quelconque par plus d´une personne ne constitue pas la gratuite de l´affirmation mais plutot la confirmation d´une verite absolue.
      Le combat pour faire triompher la verite est une tache pour l´humanite.
      Ce meme combat est encourage par notre Createur dans le livre saint par les propos que suivant :
      ” S´il n´y avait pas des bonnes gens pour combattre et repousser les mauvaises, le monde serait corrompu ” Coran

    • 12 Octobre 2008 à 11h56

      Beckner dit

      Et si Mittérand avez raison?

      Depuis vendredi dernier, le Rwanda est devenu un pays anglophone. Après l’exclusion des rwandais de l’intérieur de la vie politique, économique et sociale, les criminels du FPR les excluent culturellement. Où va -t- trouver des enseignants pour dispener les cours aux hutu et rescapés tutsi? Où vont-ils trouver des traducteurs pour eux des textes officiels ? Le “parlement rwandais majoritairement composé de femme” n’a même pas été consulté! Que vont nous dire les activistes des droits de l’homme du FPR? Vont-ils se lever et défendre les libertés des “hutu” qu’ils ont globalement accusé de génocidaires (les “hutu-modérés” sont morts) ? Le serpen se mort la queu

    • 10 Octobre 2008 à 11h48

      Kabanda dit

      Monsieur Emmanuel • 09.10.08 à 13:02,
      Vous vous interrogez sur M. Cattier, Emmanuel je suppose de Survie France, etc., sur lequel je n’ai rien à ajouter, et encore moins sur « leurs » intentions que, pourtant, je vois clairement.
      Vous avez écrit et je cite : « Ça fait un moment que M. Cattier nous réfère à son site (paraît-il bien documenté), mais malheureusement pareille infos y est absente. Où est le sérieux? » Je vous inviterais à lire, d’abord, Jean-Christophe NIZEYIMANA à l’adresse que j’affiche en fin de page ; puis me daigner d’une réponse éventuellement.
      L’objet du présent message est : Pourquoi ce site http://www.iwacu1.com qui a intérêt à se faire connaître au plus grand monde possible se limite à en autoriser l’accès à ses associés ? Les autres, les Cattier ne font pas de la sorte … ! En d’autres termes, pourquoi leurs écrits sont fermés au libre accès ; car, à force de s’inscrire ici et là, on perd le mot de passe ! Lien :
      http://www.iwacu1.com/news/article.php?lang=francais&dfrom=0&id=340&catid=politique

    • 9 Octobre 2008 à 13h14

      dido dit

      Seuls les plus courageux résistent aux manipulations du FPR, les autres s’en foutent que leurs enfants marcheront la tête baissée par honte des thèses fragiles et racistes défendu par leur pères. Ce cas de courage devrait vous motiver pauvre manipulé!

      Au cours de son témoignage devant le TPIR, M. Jean Marie Vianney Ndagijimana, ancien Ministre des Affaires étrangères du gouvernement FPR, a confirmé l’information contenue dans les documents de l’ONU disant qu’en octobre 1994, dans son bureau à Kigali, il avait été approché par MM. Kofi Annan, chef du Département des opérations de maintien de la paix à l’ONU et Brian Atwood, chef de l’USAID pour l’Afrique, dans le cadre de leur démarche visant à couvrir les massacres de l’APR. Il a déclaré avoir préféré l’exil plutôt
      que de s’associer aux manoeuvres de dissimulation des crimes commis par l’Armée
      Patriotique Rwandaise (APR). Il a démissionné de son poste et s’est exilé en novembre 1994 Lire Témoignage du Ministre des Affaires Étrangères, Jean-Marie Ndagijimana dans Affaire le Procureur
      c. Bagosora et al – ICTR-98-41-T, le16/11/2006 et dans l’Affaire le Procureur c. Karemera et al – ICTR-98-
      44-T, le 11/07/2008

    • 9 Octobre 2008 à 13h07

      Gatama dit

      Qui ne pouvait pas fuire devant ce carnage reconnu même par Colette Braeckman dans son livre : Les nouveaux prédateurs. Politique des puissances en Afrique centrale, Éditions
      Fayard 2003, p. 19.” ?

      « … nous [militaires ougandais] avons vu des corps descendre le cours de la rivière Akagera et flotter sur le lac Victoria, il nous a fallu du temps pour comprendre ce qui se passait, car les communes frontalières voisines étaient entièrement contrôlées par le FPR. Nous avons finalement compris que ces corps n’étaient pas ceux des tutsis, mais de civils hutus systématiquement éliminés. Nos commandants ont alors protesté auprès des Rwandais, leurs anciens compagnons d’armes. Les commandants du FPR n’ont rien voulu entendre. Nous avons dès lors commencé à
      nous méfier… »

    • 9 Octobre 2008 à 13h02

      Emmanuel dit

      “Ça fait un moment que M. Cattier nous réfère à son site(paraît-il bien documenté), mais malheuresement pareille infos y est absente. Où est le sérieux?

      Vers la fin du mois d’avril 1994, les 2/5 de la population totale du pays étaient en fuite devant l’avancée du
      FPR soit environ trois millions de personnes. Le Général Roméo Dallaire confirme, à la page 425 de son
      livre « J’ai serré la main du diable, « qu’en quelques jours, pas moins de 500.000 réfugiés avaient traversé
      le seul pont entre Rusumo et la Tanzanie »[ Est du Rwanda] à la fin du mois d’avril 1994. Dès lors, il est totalement absurde
      d’accuser l’Opération Turquoise [arrivée au Rwanda mi-juin, à l'Ouest] d’avoir incité la population à fuir le pays alors que la population a fuit le
      FPR depuis le déclenchement de la guerre en octobre 1990.

    • 8 Octobre 2008 à 16h46

      Sigaho dit

      « En Europe, on se passionne pour la défense des minorités et l’on passe l’éponge sur l’extermination de la majorité […] Les Tutsi ont réussi à inféoder, noyauter toutes les organisations internationales. Même la presse et la radio Vatican […] où ils ont su placer des abbés rwandais tutsi […] qui faussent toutes les informations avec une habileté extraordinaire, orfèvres de la supercherie, fourbes et maîtres es intrigues ? De jolies filles tutsies rwandaises ont infiltré les organisations internationales humanitaires et conquis le terrain par leurs charmes inégalables. »Bulletin d’information africaine no 257 cité in “Au Rwanda, le Tutsi est menteur et la femme Tutsi est une espionne, explique Pierre Péan “ANB/BIA, no 257, 1er mai 1994 cite par kagatana

    • 8 Octobre 2008 à 16h39

      hirth dit

      « En Europe, on se passionne pour la défense des minorités et l’on passe l’éponge sur l’extermination de la majorité […] Les Tutsi ont réussi à inféoder, noyauter toutes les organisations internationales. Même la presse et la radio Vatican […] où ils ont su placer des abbés rwandais tutsi […] qui faussent toutes les informations avec une habileté extraordinaire, orfèvres de la supercherie, fourbes et maîtres es intrigues ? De jolies filles tutsies rwandaises ont infiltré les organisations internationales humanitaires et conquis le terrain par leurs charmes inégalables. »Bulletin d’information africaine no 257 cité in “Au Rwanda, le Tutsi est menteur et la femme Tutsi est une espionne, explique Pierre Péan “ANB/BIA, no 257, 1er mai 1994 cite par kagatana

    • 8 Octobre 2008 à 14h11

      Arthémon dit

      C’est chaque jour que le nazillon est débusqué! Vous m’en dirait des nouvelles!

      “Me feriez-vous le grand honneur de m’ajouter à votre liste noire de négationnistes, révisionnistes et racistes, aux côtés des Lugan, Palou-Loverdos, Péan, Philpot et Verlinden ? L’un de vos apôtres au Québec, Gil Courtemanche, m’a écrit dernièrement que j’étais l’un des visages du fascisme. Voilà qui devrait vous suffire pour acquiescer à ma demande.

      Je vous concède cependant que, pour ce qui est du révisionnisme, je ne vous arriverai jamais à la cheville. Depuis que vous avez commencé à vous emparer du pouvoir par la force, avec l’aide de vos amis américains, vous avez réussi à gommer des pans entiers de l’histoire rwandaise, à un point tel que, dans les manuels d’histoire désormais prescrits aux écoles secondaires de votre pays, l’histoire du Rwanda commence en 1994. Grâce à vous, en Occident, la plupart des gens qui ont déjà entendu parler du Rwanda n’en ont retenu qu’un mot ressassé par les médias depuis des années : génocide. Le drame rwandais se résume à cent jours en 1994. Rien avant et rien après. Selon la version officielle de l’histoire, le diable s’est mis à sévir tout à coup, puis vous, le sauveur, êtes arrivé. Quel virtuose vous êtes ! ”

      Vos qualités de grand maitre de la désinformation n’ont d’égal que vos talents de belligérant. À la tête de quelques divisions de l’armée ougandaise composées de soldats professionnels ougandais, étrangement surnommées « Armée patriotique rwandaise » (APR) et associées à l’organisation politique qu’est le « Front patriotique rwandais » (FPR), vous avez merveilleusement commencé à appliquer les leçons apprises dans un collège militaire américain. Vous avez réussi à envahir une partie du Rwanda en 1990, à en massacrer la population, et à exclure totalement les ONG et les médias des zones dont vous vous étiez emparé. Seuls vos conseillers stratégiques américains faisant la navette avec leur ambassade à Kigali y avaient accès.

      Des centaines de milliers de Hutus expulsés par l’APR/FPR de la zone sous votre emprise se sont ainsi retrouvés dans des camps de réfugiés intérieurs au Rwanda. L’idéologie génocidaire que vous aimez brandir n’est-elle pas avant tout la frustration et la colère d’un peuple assiégé et massacré ? Permettez-moi de faire un parallèle avec le Canada.”

      Bernard Desgagné.”Lettre à Paul KAGAME” lundi 31 mars 2008

    • 8 Octobre 2008 à 13h58

      Vianney dit

      Et lorsque quelqu’un dit que le mensonge est institutionnalisé au Rwanda, on ne veut pas le croire! Et ça s’est quoi?

      Montréal, 2 octobre 2008 (FH) – La défense du Rwandais Désiré Munyaneza a présenté mercredi le dernier témoin qui devait comparaître devant la Cour Supérieure du Québec, laissant se profiler les plaidoyers, a-t-on appris de sources judiciaires.

      Avant que la défense ne cloture sa preuve, la cour doit recevoir l’examen médical réalisé par un docteur agissant en tant que « témoin par admission », a déclaré à l’Agence Hirondelle Richard Perras, l’un des trois avocats de M. Munyaneza. « Ça ne prendra pas plus de 15 minutes », a dit Me Perras. Selon l’avocat, le rapport médical indique que l’accusé n’est pas séropositif, contrairement à ce qu’avaient affirmé plus tôt certains témoins de la poursuite. Ces derniers avaient déclaré avoir contracté le virus du SIDA par la faute de M. Munyaneza.

      Sept témoins ont été entendus au cours du mois de septembre. Impossible cependant de connaître la teneur des propos ou l’identité des témoins, les comparutions ayant eu lieu à huis clos.

      L’avocat de l’accusé a seulement indiqué qu’une Rwandaise était venue dire que contrairement à ce qu’avaient affirmé quatre témoins de la poursuite, elle n’avait pas été l’objet sexuel de M. Munyaneza. « Ces quatre témoins ont décrit la personne, son nom, sa taille, son apparence physique, en disant qu’elle aurait été enlevée à la préfecture (de Butare, ndlr) par l’accusé », a dit Me Perras. Or, a-t-il poursuivi, cette femme a déclaré à la Cour Supérieure du Québec qu’une telle chose ne lui était « jamais arrivée ».

      « C’est quand même étonnant une telle coïncidence : que quatre témoins aient eu un même souvenir, faux, sans jamais se parler entre eux ni se connaître », a déclaré Me Perras. L’avocat a ajouté qu’il allait plaider, pour ce cas, « carrément la collusion ».

      Il a indiqué en outre qu’un des sept témoins avait déclaré que l’association de victimes Ibuka l’avait incité à mentir contre une autre personne, dans un autre procès, que Me Perras n’a pas nommé.

      « Nous n’avons pas l’intention de faire de commentaire pour l’instant », a dit pour sa part Paul-Alexis Gauthier, l’un des trois avocats de la Couronne, représentant le ministère public dans ce procès ouvert en janvier 2007 mais dont les comparutions ont débuté en mars de la même année.

      Une rencontre technique doit avoir lieu mardi 7 octobre entre le juge, l’accusation et la défense. On en saura alors davantage sur le calendrier des plaidoiries. En l’état, la mise en délibéré ne devrait pas intervenir avant les fêtes de fin d’année.

      Fils d’un commerçant aisé de Butare (sud du Rwanda), Désiré Munyaneza est arrivé au Canada en 1997 avec un faux passeport camerounais. Il a été arrêté en 2005 puis accusé de crimes contre l’humanité, génocide, viols et pillages.

      CS/ER/GF

      © Agence Hirondelle

    • 8 Octobre 2008 à 12h51

      Habamenshi dit

      Lundi soir dernier, la BBC (Kirundi- Kinyarwanda) a évoqué le dernier recencement( une initiatives des étudiants rwandais) des victimes de 1994 au Rwanda. Plus de 2.000.000 victimes rwandais ont été identifiés et les étudiants disaient que les chiffrent doivent être revus à la hausse car à certains endroits des villageois ne se sont pas montrés coopératifs. Le recencement national de 1991 avait révélé qu’au Rwanda, vivaient autour de 530.000 Tutsi. Selon la dépêche de l’Agence Hirondelle du 29 octobre 2008 :”Le nombre de rescapés du génocide encore vivants au Rwanda s’élève à 327.555 personnes, apprend on lundi selon un recensement publié sur le site du service national des juridictions gacacas (SNJG).” Selon le général Habyarimana( ancien ministre de la défense de Kagame) les Tutsi génocidé s’élèvent à 250.000 âmes. Il n’y a pas de juristes qui puissent nous dire comme qualifier les 1.750.000 âmes sacrifiées qui restent? Quand est-ce qu’ils vont être inhumés dans la dignité? Pourquoi les gacaca se désinterèssent d’eux? Sont-ils des sous-âmes? Pourquoi celui qui tue ces “sous-être( créés pour assouvir la cupidité des décideurs de ce monde)” est décorée docteur honorus ici et là et les “très respectueuses organisations de défense de l’espèce humaine et les humanistes auto-proclamés” les encencent?

    • 7 Octobre 2008 à 16h38

      Kabanda dit

      Monsieur Habamenshi • 07.10.08 à 15:38,

      Je voudrais vous dire pourquoi vous ai-je cité La Mort du Loup.

      Nous n’avons plus le droit de mourir sans pousser un cri.

      De tous ces témoignage, faites-en un livre,
      afin que l’Avenir puisse lire que nous sommes passés par ici.

      Votre Kabanda

    • 7 Octobre 2008 à 16h30

      Kabanda dit

      Message à l’Ecrivain Pierre PEAN:

      Bien merci de lire:

      ” Anthologie rundi / accompagnée de traductions et de commentaires par F. M. Rodegem. – Paris : Armand Colin, 1973. – 417 p. ; 24 cm “.

      Les chiens aboient mais la caravane passe.
      Elle passera.

      J’ai confiance, à mon tour, en la Justice Française.

      Autant que je sache, vous arrivez après Baudelaire et Flaubert.

      Le temps dira pourquoi !

    • 7 Octobre 2008 à 15h38

      Habamenshi dit

      Le racisme, l’extremisme existent même chez des minorité. Il ne suffit pas d’être mojoritaire pour être fort, puissant et ségrégationniste. La preuve, votre thèse s’éffrite et fuit de partout

      “Comment être hutu?

      Par ailleurs, les médias canadiens nous ont habitués aux simplifications factices: Hutu = assassin, Tutsi = victime. Dès lors, pour des raisons de marketing — que je comprends fort bien –, il est difficile pour un artiste d’assumer son identité ethnique hutue tout en contribuant, de façon aussi magistrale et majestueuse que la sienne, à l’enrichissement culturel de notre commune humanité.

      Ceux qui ont été accusés d’être à l’origine du désastre ne peuvent pas légitimement prétendre appartenir à la grande famille humaine. Ce sont des animaux ou, à tout le moins, des êtres attardés dans la marche de leurs semblables vers la civilisation.

      Nous avons été nombreux à voir surgir des points d’interrogation dans le regard de nos interlocuteurs chaque fois que nous avons dit, devant des compatriotes canadiens, que nous appartenons à l’ethnie hutue. Dans les regards semblait surgir cette question des Parisiens de Montesquieu découvrant les Persans, Rica et Usbeck, que je parodie: «Ah! Monsieur est hutu? C’est une chose bien épouvantable! Comment peut-on être hutu?»

      Cette accusation portée collectivement contre une composante ethnique de l’Afrique des Grands Lacs tournait au cauchemar devant des agents d’immigration chargés de statuer sur la recevabilité des demandes de statut de réfugié. Le demandeur était sommé de prouver que, tout en étant hutu, il n’était pas un assassin. La Société Radio-Canada a donc en partie réparé ce qu’elle avait elle-même détruit.

      La cécité et la surdité des chevaliers des médias avaient — et nous en avons profondément souffert — élaboré des schémas tragiques, classant les uns dans le camp des saints, des bons à protéger, des victimes à soigner, et les autres dans le camp des salauds, des réprouvés, des mauvais à éloigner de la bonne société, pour éviter la propagation du cancer génocidaire.

      La compassion des frères humains suivait elle aussi les lignes de fracture dessinées par la couverture médiatique. Quel psychologue a assisté cette jeune Hutue rwandaise de Montréal livrée à ses cauchemars après que sa famille eut été entièrement massacrée?” Fabien Cishahayo.”Corneille retrouve son passé douloureux” in Le Devoir

    • 6 Octobre 2008 à 23h41

      Kabanda dit

      Monsieur Haba !

      O! Lourde tâche !

      Je vous accuse !
      Habamenshi
      06.10.08 à 13:25.
      Parfaitement perméable
      Je vois, ci-après le pétainiste
      Le voici-ci après ce pétainiste d’ Hitler digeste
      Je vois bien ce vol, ultime, sauvage
      Vol d’Albatros, le Vôtre !
      Hitler Pétain
      Je parle, ici, de la Mort du Loup
      Avec tous ces et ses.

      La Mort du loup
      La Mort du loup

      I

      Les nuages couraient sur la lune enflammée
      Comme sur l’incendie on voit fuir la fumée,
      Et les bois étaient noirs jusques à l’horizon.
      Nous marchions, sans parler, dans l’humide gazon,
      Dans la bruyère épaisse et dans les hautes brandes,
      Lorsque, sous des sapins pareils à ceux des Landes
      Nous avons aperçu les grands ongles marqués
      Par des loups voyageurs que nous avions traqués.
      Nous avons écouté, retenant notre haleine
      Et le pas suspendu. — Ni le bois ni la plaine
      Ne poussaient un soupir dans les airs ; seulement
      La girouette en deuil criait au firmament,
      Car le vent, élevé bien au-dessus des terres,
      N’effleurait de ses pieds que les tours solitaires,
      Et les chênes d’en bas, contre les rocs penchés,
      Sur leurs coudes semblaient endormis et couchés.
      Rien ne bruissait donc, lorsque, baissant la tête,
      Le plus vieux des chasseurs qui s’étaient mis en quête
      A regardé le sable, attendant, à genoux,
      Qu’une étoile jetât quelque lueur sur nous ;
      Puis, tout bas, a juré que ces marques récentes
      Annonçaient la démarche et les griffes puissantes
      De deux grands Loups-cerviers et de deux Louveteaux.
      Nous avons tous alors préparé nos couteaux
      Et, cachant nos fusils et leurs lueurs trop blanches,
      Nous allions, pas à pas, en écartant les branches.

      Trois s’arrêtent, et moi, cherchant ce qu’ils voyaient,
      J’aperçois tout à coup deux yeux qui flamboyaient,
      Et je vois au-delà quelques formes légères
      Qui dansaient sous la lune au milieu des bruyères,
      Comme font chaque jour, à grand bruit, sous nos yeux,
      Quand le maître revient, les lévriers joyeux.
      L’allure était semblable et semblable la danse ;
      Mais les enfants du Loup se jouaient en silence,
      Sachant bien qu’à deux pas, ne dormant qu’à demi,
      Se couche dans ses murs l’homme, leur ennemi.

      Le Père était debout, et plus loin, contre un arbre,
      Sa Louve reposait comme celle de marbre
      Qu’adoraient les Romains, et dont les flancs velus
      Couvaient les Demi-Dieux Rémus et Romulus.
      — Le Loup vient et s’assied, les deux jambes dressées
      Par leurs ongles crochus dans le sable enfoncées.
      Il s’est jugé perdu, puisqu’il était surpris,
      Sa retraite coupée et tous ses chemins pris ;
      Alors il a saisi, dans sa gueule brûlante,
      Du chien le plus hardi la gorge pantelante
      Et n’a pas desserré ses mâchoires de fer,
      Malgré nos coups de feu qui traversaient sa chair
      Et nos couteaux aigus qui, comme des tenailles,
      Se croisaient en plongeant dans ses larges entrailles,
      Jusqu’au dernier moment où le chien étranglé,
      Mort longtemps avant lui, sous ses pieds a roulé.
      Le Loup le quitte alors et puis il nous regarde.
      Les couteaux lui restaient au flanc jusqu’à la garde,
      Le clouaient au gazon tout baigné dans son sang ;
      Nos fusils l’entouraient en sinistre croissant.
      Il nous regarde encore, ensuite il se recouche,
      Tout en léchant le sang répandu sur sa bouche,
      Et, sans daigner savoir comment il a péri,
      Refermant ses grands yeux, meurt sans jeter un cri.

      II

      J’ai reposé mon front sur mon fusil sans poudre,
      Me prenant à penser, et n’ai pu me résoudre
      À poursuivre sa Louve et ses fils qui, tous trois,
      Avaient voulu l’attendre, et, comme je le crois,
      Sans ses deux louveteaux, la belle et sombre veuve
      Ne l’eût pas laissé seul subir la grande épreuve ;
      Mais son devoir était de les sauver, afin
      De pouvoir leur apprendre à bien souffrir la faim,
      À ne jamais entrer dans le pacte des villes,
      Que l’homme a fait avec les animaux serviles
      Qui chassent devant lui, pour avoir le coucher,
      Les premiers possesseurs du bois et du rocher.

      III

      Hélas ! ai-je pensé, malgré ce grand nom d’Hommes,
      Que j’ai honte de nous, débiles que nous sommes !
      Comment on doit quitter la vie et tous ses maux,
      C’est vous qui le savez, sublimes animaux !

      À voir ce que l’on fut sur terre et ce qu’on laisse,
      Seul le silence est grand ; tout le reste est faiblesse.
      — Ah ! je t’ai bien compris, sauvage voyageur,
      Et ton dernier regard m’est allé jusqu’au cœur.
      Il disait : « Si tu peux, fais que ton âme arrive,
      À force de rester studieuse et pensive,
      Jusqu’à ce haut degré de stoïque fierté
      Où, naissant dans les bois, j’ai tout d’abord monté.

      Gémir, pleurer prier est également lâche.
      Fais énergiquement ta longue et lourde tâche
      Dans la voie où le Sort a voulu t’appeler,
      Puis, après, comme moi, souffre et meurs sans parler. »

      Haba !

      Kabanda