Un beau livre pour les affreux
Pour Noël ? Du gibier, mais de potence!
Publié le 20 décembre 2009 à 15:20 dans Culture
Mots-clés : Laurent Maréchaux, Livres

Calamity Jane
C’est entendu, les beaux livres, en général, sont laids et inintéressants. On offre à Noël une histoire de la peinture impressionniste, des instruments agricoles dans la culture amish ou encore, et ce serait ce qu’il y a de moins pire, des pochettes de 45 tours de l’époque yéyé. On sait qu’ils ne seront pas lus, qu’il resteront purement décoratifs sur la table du salon et les Anglais qui sont bien plus hypocrites que nous en manière de convenances sociales ont même un mot pour ça : les “coffee table books“.
Ils ont toujours ces beaux livres, des formats aussi maniables qu’un char Abrams dans une ruelle de Fallouja et sont remplis de jolies photos où il semble que les photographes, avec une indécence aussi esthétique que métaphysique mettent le même soin à rendre les contrastes de la série des Nymphéas, d’un cadavre de bonne sœur pendant la guerre d’Espagne ou d’un vistemboir1 dans une ferme de Pennsylvanie. Quant aux textes, ils sont en général étiques et insipides, proses fatiguées d’écrivains commis d’office qui avaient besoin d’argent2 ou de spécialistes aussi ennuyeux qu’un jour sans pain d’épices. Ces beaux livres, d’ailleurs, coûtent un prix fou, sont retrouvés six mois après dans des solderies et se sont surtout arrachés dans les salles de rédaction où chaque journaliste veut en traiter un maximum pour les suppléments spéciaux des journaux de fin d’année et par la même occasion s’octroyer un substantiel complément de revenus en revendant ces services de presses sur papier glacés.
Maintenant, oubliez tout ce que je viens de dire, souvenez vous que les exceptions confirment la règle et allez (vous) offrir Hors la loi de Laurent Maréchaux chez Arthaud.
Sous-titré “Anarchistes, illégalistes, as de la gâchette…, ils ont choisi la liberté”, il satisfera autant l’anarchiste que le libertarien, l’amateur de poésie surréaliste que le révolutionnaire kominternien.
Simplement, Laurent Maréchaux a voulu rendre hommage, en notre époque d’approbation généralisée, à ces magnifiques figures du dur et beau travail du Négatif, à ceux pour qui, comme aimait à le dire Debord, “il n’y aura nulle réconciliation possible avec ce monde-là”.
Hors la loi de Maréchaux est d’abord une paradoxale tentative de mise en ordre chronologique et thématique de ces hommes et femmes qui n’aimaient que le bruit, la fureur, la résistance, l’excès, la violence, la lutte, la contradiction, l’odeur de la poudre et ont embrassé plus souvent qu’à leur tour la lame de la guillotine, le nœud coulant des justices hâtives de l’ouest américain ou le visage blême de l’exécution sommaire par des policiers avides de gloire médiatique.
Le générique est impressionnant et fait rêver. On commence par une femme, la Kahina, reine et guerrière, infatigable résistante kabyle à l’invasion arabe, pionnière des techniques de guérilla et l’on termine par Jacques Mesrine et François Besse que l’on ne présente plus sauf quand on est Laurent Maréchaux, c’est à dire un véritable écrivain, et que l’on sait redonner des couleurs à un sujet apparemment rebattu. Mais la collection d’affreux glorieux est de toute manière un régal pour le gourmet : il sera question de Villon et de Rimbaud, des pirates et corsaires Jehan Ango, Edward Teach et de leur consœur Ching Shih qui écuma la mer de Chine au début du XIXème siècle et ajouta une touche de modération féminine à son goût du carnage : “Personne ne devra débaucher pour son plaisir les felles captives prises dans les villages et amenées à bord.»
Maréchaux a su ici offrir une jolie théorie des exceptions, au sens premier du mot. Sublimés par une iconographie documentaire somptueuse et souvent inédite, c’est un plaisir renouvelé de croiser Bonnot et Victor Serge, le second ayant été le théoricien du premier avant d’entamer sa carrière de révolutionnaire professionnel.
Sont ainsi réunis dans cette auberge charmante des figures aussi différentes que Camility Jane (beaucoup moins calamiteuse que les Dalton, eux aussi de la fête) et Marius Jacob, l’illégaliste qui servit de modèle pour Arsène Lupin ou encore Thoreau et Phoolen Devi, la reine indienne des brigands tuée par la police en 2001.
Il semble bien que le sujet même de ce livre encourage finalement à la reprise individuelle : autrement dit, si vous n’avez pas d’argent, volez-le. C’est un hommage que comprendra certainement l’excellent Maréchaux, par ailleurs auteur de plusieurs romans au Dilettante.
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L'auteur
Jérôme Leroy est écrivain et journaliste. Dernière parution, Le Bloc (Gallimard)
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Rotil dit
Nadia,
Noël n’est pas une raison pour que je laisse un type plutôt scato m’injurier sans répondre. Bonnes fêtes.
Goetz dit
les Merkava, c’ est très surfait.
ce sont des bons chars mais ils ont montré leurs limites dans des conflits anti guerilla.
parlons du Liban par exemple
Goetz dit
les Merkava, c’ est très surfait.
ce sont des bons chars mais ils ont montré leurs limites dans des conflits anti guerilla.
parlons du Liban par exemple
Saul dit
et heureux solciste à vous aussi Sol Invectus
Saul dit
Sol Invictus,
mais peut etre que tout les natios n’ ont pas la meme attitude, vu le nombre de mouvements qui existe parmi cette mouvance, certains doivent utiliser des méthodes proches de ces nihilistes de banlieue non ?
nadia comaneci dit
Cher Rotil, aux dernières nouvelles, on en était à Noël, vous savez, un couple harassé et aux abois, un enfant qui va naître, des villageois secourables, des rois lointains et très bons, une étoile dans le ciel. Ne me dites pas que cela vous parle moins qu’un Merkava et je ne sais quels délires obsidionaux (vous avez noté combien ce mot était gracieux ? q déféquant aussi remarquez, disons un autre genre de beauté).
Rotil dit
Je me demande si le De Facto qui parle tant de son q défèquant n’est pas en fait l’auteur de l’article.
Beaucoup connaissent – si, sur la toile, des choses circulent – son goût immodéré pour la dive bouteille et sa tendance à se lâcher.
Qu’il m’injurie est un honneur pour moi.
Vas-y, défectueux, vas-y, déféquant, moi j’ai mon Merkava IV !
sol invictus dit
Tetu encore une fois je n ai aucune sympathie pour le regime castriste mais quand Battista et ses voyous ont été chassés je persiste à penser que l administration américaine n a pas fait grand chose pour éviter le glissement vers la dictature.Saul je ne crois pas qu actuellement l Indépendance soit la meilleure voie pour la Corse ni que la méthode choisie pour y arriver soit la bonne car je suis un démocrate convaincu et il faut quelque fois beaucoup de mérite pour le rester:mais certains nationalistes Corses sont mes parents et mes amis ;ie peux vous dire qu ils n ont rien de commun avec les nihilistes de banlieue. J en profite pour souhaiter un heureux solstice à tous ceux qui ont au fond du coeur les vieilles croyances de nos anciens .La lumière une fois de plus va triompher de l obscurité.
rackam dit
Jérôme!
“mé” peut-être, mais “créant” tout de même.
Les bergers n’étaient pas des bourgeois sarkozystes drapés dans leur bouclier fiscal.
Or, ils furent les premiers avertis et invités.
Joyeux Noël à vous, que l’étoile rouge ne masque pas l’autre celle qui ne déçoit jamais.
Yours
Jérôme Leroy dit
Ne partez pas maintenant, il va se passer quelque chose de très intéressant dans deux ou trois jours, Rackam, paraît-il…
On dit qu’un couple de sans-papiers maliens a trouvé refuge dans un garage désaffecté du côté de Betlé-Hem (59), que la mère est sur le point d’accoucher, qu’ils fuient la police d’un préfet sarkozyste dur, monsieur Héraude. On dit que des signes sont apparus dans le ciel et que l’enfant va tous nous sauver. Moi, je dis ça, c’est pour vous Rackam, moi je suis un mécréant… M’enfin, on ne sait jamais, suivez l’étoile rouge dans le ciel, elle vous guidera peut-être vers Lui.
Joyeux Noël, Rackam et vous aussi, Saul.
Gwendan dit
@Rackham
Effectivement Buthelezi,le fondateur de l’Inkatha, s’est séparé de l’ANC car il souhaitait se spécialiser sur le combat ethnique,pour lui seul comptait le combat zulu et il ne souhaitait pas combattre avec d’autres ethnies bantoues qu’il jugeait “inférieures” comme les swazis,basutos et autres..
Saul dit
Rackam,
voyons, ne vous fachez pas…la réconciliation devra se faire forcément avec un minimum de concessions pour que ça marche. regardez, moi par ex farouche républicain, je suis pret à balancer Marianne par dessus bord….
pleaaase, votre soutien est plus que précieux…
( faudrait quand meme que je retrouve ces foutues lettresde cachet au cas où… XD )