Nixon a prolongé la guerre du Vietnam pour se faire élire | Causeur

Nixon a prolongé la guerre du Vietnam pour se faire élire

A côté, Donald Trump est un enfant de choeur

Auteur

Gil Mihaely

Gil Mihaely
Historien et directeur de la publication de Causeur.

Publié le 17 janvier 2017 / Histoire

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La Maison blanche et la CIA n'ont pas attendu le XXIe siècle pour être le théâtre de basses manœuvres électoralistes. Comme le confirment des historiens américains, afin de prendre la succession du président Johnson fin 1968, Nixon a ralenti les pourparlers de paix qui allaient mettre fin à la guerre du Vietnam.
trump nixon vietnam johnson

Passation de pouvoirs entre Johnson et Nixon. 1968. Sipa. Numéro de reportage : AP20770964_000004.

Les rebondissements de plus en plus invraisemblables du feuilleton Trump risquent de dérouter les scénaristes américains qui auront bien du mal à imaginer des fictions à la hauteur de cette réalité décapante. Dernier épisode en date, à quelques jours de la cérémonie d’investiture, la fuite de documents montrant les liens que certains membres de l’équipe Trump entretiendraient avec le gouvernement russe. D’après ces sources, Vladimir Poutine ne se serait pas contenté de faciliter, par la fragilisation de sa rivale Hillary Clinton, l’élection du candidat républicain à la Maison blanche mais détiendrait des informations compromettantes permettant un éventuel chantage. Mais aussi ahurissants que puissent paraître ces histoires que pour le moment, rappelons-le, rien n’est venu confirmer, à l’ouest de nos côtes, rien de nouveau !

Nixon vs. Humphrey

Ainsi, pendant que notre attention se polarisait sur les supposés frasques de Trump, une information, une vraie, est passée quasi inaperçue : à l’automne 1968, pendant la campagne électorale opposant le vice-président démocrate Hubert Humphrey à l’ancien vice-président de Dwight Eisenhower (1957-1961), le républicain Richard Nixon, ce dernier a saboté l’initiative de paix lancée par le président Lyndon Johnson (obligé de renoncer à se présenter pour un deuxième mandat à cause du désastre vietnamien). À cette époque, les pourparlers engagés à Paris et à Choisy-Le-Roi entre les Etats-Unis et les dirigeants des deux Vietnam mettaient la paix à portée de main. Il est donc permis de supposer que Nixon, l’homme qui a mis fin à cette guerre quelques années plus tard, a commencé par la prolonger !

Si Nixon a pris contact avec le gouvernement sud-vietnamien afin de faire échouer les pourparlers de paix de Paris, c’est parce qu’il était convaincu que leur réussite aurait pu compromettre ses chances d’être élu. En fait, le futur 37e président des Etats-Unis soupçonnait Lyndon Johnson de lancer cette initiative de paix – et d’arrêter la campagne des bombardements du Nord-Vietnam, ordonnée après l’offensive du Têt en 1968 en signe de bonne volonté donné à Hanoï – pour saboter sa campagne et soutenir Humphrey ! Largement exagérés, les soupçons de Nixon n’étaient pas infondés.

Comme l’a confirmé des années plus tard Philip Habib, ancien diplomate américain qui a participé aux négociations de Paris en 1968, Johnson était pressé d’avancer avant les élections pour pouvoir annoncer de bonnes nouvelles à l’opinion américaine et ainsi accroître les chances de Humphrey. Ce dernier était un démocrate progressiste idéologiquement proche de l’Amérique qui descendait dans la rue pour manifester aux cris de « Hey, hey LBJ (Lyndon B. Johnson) how many kids did you kill today ? » contre la guerre et le gouvernement auquel il appartenait.

Manœuvres de mafieux

Sans relever du secret de polichinelle, cette histoire circule depuis longtemps à Washington suscitant un vif débat entre historiens qui se focalisaient sur le niveau de l’implication de Nixon dans l’établissement du canal secret avec Saïgon et le pilotage de cette manœuvre à très haut risque. John Farrell, ancien journaliste et biographe du 37e président des Etats-Unis (Richard Nixon The Life, à paraître en mars prochain chez Doubleday) vient de trancher la question. Au cours de ses recherches dans la bibliothèque présidentielle Richard Nixon (la tradition américaine veut que chaque ancien président ait droit à une bibliothèque portant son nom et rassemblant ses archives professionnelles), Farrel a trouvé des preuves historiquement irréfutables.

Il s’agit de notes écrites de la main de R.H. Haldeman, bras droit et futur chef d’état-major de Nixon à la Maison blanche (qui chutera avec lui dans l’affaire du Watergate) transcrivant des ordres dictés par téléphone. Dans la note datée du 22 octobre 1968, soit une quinzaine de jours avant les élections, il est écrit : « Il faut qu’Anna Chennault (Ndlr : laquelle servait d’intermédiaire avec le président sud-vietnamien) continue de travailler sur le Sud-Vietnam ».

Concrètement, le « travail » de Chennault (veuve de Lee Chennault, pilote et général de l’armée de l’air, ancien chef des Tigres volants, d’origine chinoise et de trente ans la cadette de son mari héroïque. Dans les années 1960, elle servait de bailleur de fonds au Parti républicain), consistait à convaincre les Sud-vietnamiens que Nixon allait gagner et qu’avec lui ils obtiendraient un meilleur « deal ». Autrement dit, qu’ils avaient intérêt à esquiver l’initiative de Johnson.

D’autres notes, également griffonnées de la main de Haldeman, nous apprennent que Nixon a contacté d’autres personnes pour explorer des pistes susceptibles de faire échouer l’initiative de Johnson. Et ce n’est pas tout ! Ceux qui se demandent comment de tels agissements ont été possibles sans que les services secrets et le président Johnson en soient informés ont raison. Nixon lui-même s’en était inquiété. Aussi a-t-il agi comme n’importe quel mafieux digne de ce nom aurait fait à sa place. Nixon – et cela en dit long sur les relations actuelles entre Trump et les dirigeants des services de renseignements américains – a envoyé son colistier Spiro Agnew rencontrer le chef de la CIA et le menacer. Le marché était simple : son mandat ne serait pas renouvelé s’il ne tenait pas Nixon au courant des négociations avec les Vietnamiens. La note de Haldeman restitue d’ailleurs la façon particulière qu’avait Nixon de s’exprimer : « Dis-lui qu’on veut la vérité ou sinon il perd son boulot. »

CIA et Maison blanche

Mais ce n’est pas tout. Selon Farrell, Johnson a parallèlement été mis au courant des agissements de Nixon – grâce à des écoutes téléphoniques et la surveillance de certaines personnes par des agents américains -  l’accusant même en privé de haute trahison. Mais le président ne possédait pas de preuves irréfutables d’une implication directe de Nixon. Il a donc décidé de ne pas risquer un conflit public. On peut supposer que si Johnson ne savait pas tout, c’est parce que le chef de la CIA avait pris la précaution de ne pas seulement renseigner Nixon mais de filtrer les informations qui remontaient au bureau ovale jusqu’à l’annonce des résultats des élections. Ainsi, en cas de victoire de Humphrey, on peut imaginer que Richard Helms (alors chef de la CIA) aurait offert au nouveau président… la tête de Nixon. Helms est d’ailleurs resté à son poste jusqu’en 1973.

Une fois élu président, Nixon s’est rendu au ranch texan de Johnson et les deux hommes ont publié une déclaration commune affirmant… la continuité de la politique américaine au Vietnam… ce qui n’a pas empêché Nixon de demander à Anna Chennault d’intervenir de nouveau auprès de ses amis sud-vietnamiens en les invitant à rejoindre la table des négociations. Elle a refusé. Les Sud-Vietnamiens, véritables dindons de la farce, dépendaient trop étroitement des Etats-Unis pour s’autoriser des états d’âme.

Quant à Nixon, il a toujours tout nié en bloc. Finalement, comparé à ces professionnels de la politique qu’étaient Nixon et Johnson, Donald Trump fait figure d’enfant de chœur doté d’un compte Twitter.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 20 Janvier 2017 à 0h48

      StéphaneO dit

      @Steed59
      Peut-être, dans votre contexte, cad quand il y avait le bloc communiste.

      Mais je ne suis pas sûr que les engagements américains aient été profitables, autrement qu’aux profiteurs de guerre.
      Si je suis votre raisonnement, il est plutôt politique. Pour ma part, je suis plutôt d’avis qu’il s’agit de pognon.
      Les Vietnamiens, certes. Mais quid du Guatemala en 54 ? Quid du Chili avec Allende que la CIA a remplacé par notre bon Pinochet ? Quid du Nicaragua ? Quid du Mexique ? En gros, toute l’Amérique latine. A chaque fois, il s’agit bien de gros sous (au Guatemala, il s’agissait pour les US de défendre les intérêts agro-alimentaires américains-ils voulaient une “république bananière”. A Cuba, ils avaient leur pantin Batista. Autre exemple ? Regardez comme les Mexicains sont heureux : les US leur ont piqué quasiment tous les territoires du Nord mexicain et ils se sont quasiment approprié la Pemex, donc le pétrole. Et ils ont “dollarisé” l’économie, puisqu’on préfère le USD au MXN. Et en plus, ils veulent construire un mur et empêcher Ford et GM de produire leurs bagnoles au Mexique).

      Juste des exemples (on peut aussi en citer en Afrique et au Moyen-Orient) qui me font penser que “l’engagement” américain, ma foi … il n’est bon que pour eux. Si les peuples qu’ils ont envahis militairement ou financièrement (ou les pays où les US ont financé des coups d’état) en tiraient un bénéfice, je serais bien d’accord avec vous et l’engagement serait valable. Hélas, je ne vois pas le bénéfice pour les pays concernés.

      C’est exactement comme si demain les US venaient chez nous pour virer nos dirigeants, s’approprier nos ressources et mettre un pantin à eux chez nous pour nous expliquer comment on doit diriger la France. Là, je pense que vous seriez d’accord : Nixon ou Clump, vous seriez probablement pour le “désengagement”. Non ?

      • 20 Janvier 2017 à 8h18

        steed59 dit

        stephane, on dit qu’une puissance ne se sacrifie jamais pour un allié, et les USA ont fini par lâcher le Viet-Nam-Sud. Donc effectivement les USA, malgré leurs beaux discours ne sont mus que par leurs intérêts nationaux. Et l’Amérique latine en est le meilleur exemple. Ici pas d’hypocrisier, les US ont annoncé la couleur dès la doctrine Monroe en 1823 : il s’agit de leur chasse gardée, donc pas touche. Et tout les moyens sont bons, y compris les pires, pour arriver à ses fins.

        • 20 Janvier 2017 à 9h20

          StéphaneO dit

          Très juste.

          On peut d’ailleurs imaginer que cette doctrine a connu un tournant décisif lorsque les Américains ont gagné la guerre de Cuba en 1898. Soit bien après 1823.

          Monroe, c’était zéro interférence de l’Europe dans les affaires américaines, et inversement, je crois bien.

          Sauf que, très ironiquement, les Américains n’ont rien respecté du tout à leur doctrine. C’est à présent déclassifié et dans le domaine public.

          Le torpillage du “Lusitania” leur a fourni un prétexte pour entrer en guerre WWI (en réalité, parce que la JP Morgan craignait de ne pas revoir le pognon qu’elle avait prêté aux Anglais).
          Et le plan Marshall (après Pearl Harbour, dont nous savons maintenant que les US ont tout fait pour que Yamamoto arrive), ce n’est pas une ingérence américaine dans les affaires européennes et une infraction à la doctrine Monroe ?

          Ahh, vous dira-t-on : il fallait bien faire de l’Europe une zone-tampon entre les USA, et les Soviets.

          Pour ma part, je reste persuadé que c’est bien une affaire de gros sous :)
          Et bien évidemment, on ne se sacrifie pas pour allié quand le “bottomline” devient négatif pour les US.

        • 20 Janvier 2017 à 9h25

          steed59 dit

          il se trouve que la doctrine Monroe a fait des petits par la suite. Inconsciemment quand les USA se sont affirmés en puissance mondiale, elle s’est découvert deux océans limitrophes sur lesquels il s’y passait quelques choses, et notamment en rapport avec leurs intérêts. ça a donné l’OTAN côté ouest et l’OTASE côté est.

    • 19 Janvier 2017 à 16h28

      MGB dit

      @ P.Jolibert
      J’ai revu “VOYAGE AU BOUT…” récemment. Jamais vu un film aussi ennuyeux, ni fait ni à faire, pas abouti. Evidemment les seules scènes réussies sont celles de la roulette russe, sans qu’on sache très bien ce qu’elles viennent faire dans le film.
      Autre film culte américain encore plus ennuyeux : EASY RIDERS.

      • 20 Janvier 2017 à 18h52

        Pierre Jolibert dit

        Je suis un spectateur facile : une coulée d’acier, des usines au crépuscule, quelques glaciers suffisent à me captiver.
        J’ai encore plus adoré la chasse au cerf, surtout avec la morale et la hiérarchie entre le one-shoot et les autres, et le mariage russe, à commencer par la cérémonie, et plus c’était long plus j’en redemandais, me disant wouah c’est culotté de faire le bal du Guépard au début du film et pas à la fin.
        Le barman qui joue Chopin (enfin je crois) pour conclure la scène de biture et les visages des autres aimantés, je fonds, avec enchaînement sur le bombardement de rigueur il me semble que c’était assez bien trouvé pour renouveler le concept du mais-oui-vous-allez-avoir-droit-au-bombardement-et-massacre-de-civils sans les Walkyries (je n’ai pas encore vu ça, steed, j’évitais parce que j’avais trop peur).
        Les roulettes russes je n’y ai strictement rien compris. Ne connaissant rien aux choses militaires, je ne sais pas si le scénario n’est pas franchement invraisemblable (ils combattent ensemble, mais ils se perdent de vue, comme ça, sans même savoir qui est rapatrié et qui ne l’est pas, ni dans quelles conditions) ce qui ne m’a pas empêché de chialer à la fin de la scène de l’hôpital parce que de Niro tout d’un coup veut ramener l’invalide chez sa femme malgré lui, et bien sûr à la mort de Walken. C’est assez mélo, à vrai dire, très nourri de Guerre & Paix peut-être.
        Je n’ai pas vu Easy Rider.

    • 19 Janvier 2017 à 15h16

      Angel dit

      Merci pour cet article Mr Mihaely
      Tout d’abord l’election de Trump m’enchante :
      -Pour avoir vaincu la harpie de Bill = Killary Clinton
      -Pour me faire esperer un peu moins de tension entre la Russie et les Etats Unis
      -Pour l’Espoir de freiner l’etat islamique et comme en 1941-1945 l’alliance entre les US et l’armee Rouge contre un mal terrifiant
      -Pour l’instalation de l’Ambassade des Etats Unis en Israel a Jerusalem

    • 18 Janvier 2017 à 19h20

      Pierre Jolibert dit

      Puisqu’on a reproché à Finkielkraut de juger la tête de Clump et puisqu’on ne lui a pas reproché (trop pressé qu’on était) de juger de même de Trinton sur sa dentition épanouie, profitons de l’occasion pour reposer la question du jugement rapide, avec cet extrait du Journal de Travers tenu par un jeune narrateur intriqué dans les cercles branchés new-yorkais d’alors, v. 2 avril 1976 :
      Je suis allé acheter The Final days, le livre de Bernstein et Woodward sur la chute de Nixon (…) La sortie de ce livre se fait avec grand battage, tous les magazines en parlent et Newsweek en publie des extraits, non sans faire illustrer par un dessinateur les scènes les plus sensationnelles, comme celle où Nixon, à genoux, incite Kissinger à se joindre à lui pour prier Dieu. Il n’est question partout que de cela, des relations (…), du fait qu’il n’avait pas couché (…), etc. Watergate paraît avoir créé chez les Américains une espèce de passion pour la vérité sans voile, dans tous les domaines ; pour le “fond des choses”, et pour les révélations de toute espèce, de préférences sensationnelles. Persuadés depuis deux ans que leur président était une crapule (alors que voir une seule photographie de lui était déjà bien suffisant pour en convaincre à peu près qui que ce soit il me semble), les Américains apprennent maintenant que ce même président était aussi, du moins dans les derniers temps, un demi-fou imbibé d’alcool et faisant l’objet du plus total mépris de son plus notoire collaborateur.
      C’est donc la parenthèse que je voulais surtout signaler, l’auteur étant surtout inspiré d’un des vachards montages démocrates de la campagne où Nixon l’avait emporté, montrant un cliché bien choisi de ce dernier et la légende : Achèteriez-vous une voiture à cet homme ?

      • 18 Janvier 2017 à 19h53

        Bibi dit

        Bien le bonsoir Pierre,
        Essayez de trouver des propos de Fink dénonçant l’antisémitisme notoire de Nixon.
        Y compris à l’égard de son juif de secrétaire d’état qui, de nos jours, voit pas mal d’avantages au Président-élu.
        Si vous n’en trouvez pas, peu importe. C’est insignifiant.

        • 18 Janvier 2017 à 22h30

          Pierre Jolibert dit

          Bibien le bonsoir,
          je trouve… des avantages au président-élu, malgré tout.
          Et je ne trouve pas de propos de Fink sur l’antisémitisme de Nixon (et Carter aussi si je vous ai bien lu ?) mais il doit bien y en avoir.
          A vrai dire je ne comprends pas grand-chose à cette histoire de prière à genoux (dans le bureau ovale ?)
          et mais attendez, un doute me vient sur ce que j’aurais laissé croire : précision : ce n’est pas Finkielkraut qui a écrit Journal de Travers !

        • 18 Janvier 2017 à 22h44

          steed59 dit

          en même temps s’il fallait dresser la liste de tous les dirigeants antisémites du XXème siècle ….

        • 18 Janvier 2017 à 23h21

          Pierre Jolibert dit

          bonsoir Steed,
          j’imagine que rien qu’aux EU la liste surtout avant le milieu du siècle peut être fournie.

        • 19 Janvier 2017 à 8h29

          steed59 dit

          Nixon était tellement parano que s’il avait fini philosémite, ça aurait paru louche

      • 19 Janvier 2017 à 4h44

        StéphaneO dit

        Moi j’aime bien votre interprétation. “Clump” et “Trinton”.

        Mais vous en avez oublié : “Donald Rumsteack” et “Gorgonzola Rice”. Oh, et puis le fameux “Bite Cheney”, CEO de Halliburton ET vice-président aux USA (puisqu’il a décidé que ses deux mandats étaient compatibles).

        Je ne leur paie pas une caisse, pas même une vieille Skoda soviétique (à la rigueur, un cercueil ou une paire de béquilles), ils se sont suffisamment servis à la pompe, au mépris du droit international. Impunis.

        Quant au Vietnam, c’est une tragédie que je ne comprends pas. Voyons :
        Pour qu’elle raison, les Américains sont-ils allés s’embourber au Vietnam ?
        C’est d’autant plus incompréhensible que peu avant, ce que nous appelions, je crois, la “Cochinchine” : les Français ont perdu. Cela aurait dû servir de leçon, non ?

        Puis nous avons recommencé avec l’Afghanistan : même l’armée britannique, jadis, a perdu contre les Afghans. Au lieu d’en tirer une leçon, nous avons envoyé nos “boys”. Beaucoup sont revenus dans un “sac-à-viande”. Pour servir la politique, j’imagine d’une petite minorité qui n’a pas manqué d’en tirer profit.

        Les documents aux Etats-Unis restent, je crois, “classés” pendant un demi-siècle.
        Du coup, certains nous parviennent. On peut les lire
        Par exemple :
        - la manière dont les Américains ont géré le trafic de drogue au Vietnam sous Nixon pour financer des ops occultes.
        - la manière dont les Américains ont participé à l’exfiltration de nazis à la fin de la WWII, surtout les scientifiques ou ceux qui pouvaient leur apporter qq chose en matière de renseignement
        Trump est un voyou. Pas mieux que Nixon.
        Qui s’entoure de collaborateurs Goldman&Sachs (ce ne sont pas des exactement des Bretons). Nous verrons dans 50 ans (ou via des wikileaks). Lui et ses potes, comme leurs prédécesseurs, meanwhile : il veut s’en foutre plein les fouilles. Rien à branler du lambda qui les a élus.

        Il n’y a donc pas d’antisémitisme. Juste des hommes …
        Non ?

        • 19 Janvier 2017 à 8h32

          steed59 dit

          Le respect des accords de Genève, le droit pour les Viet-namiens à ne pas subir un régime communiste,la théorie du containment, les engagements vis-à-vis d’un allié, l’expérience coréenne. Bref, bcp de raisons justifient l’engagement américain. La catastrophe, ce n’est pas l’engagement américain, c’est son désengagement (merci Nixon).

        • 20 Janvier 2017 à 18h33

          Pierre Jolibert dit

          Clump est une simple variante de la formule déjà offerte par le cinéma populaire.
          En ce qui concerne ce qui aurait dû servir de leçon, les Américains étaient peut-être encore trop sûrs d’eux et se disant volontiers : tiens les Français ont échoué… donc il faudrait qu’on intervienne. Après tout c’était plus ou moins la leçon d’un autre événement récent.
          J’ai bien aimé le personnage du Français resté à Saigon dans The deer hunter (puisque Olivier Prévôt nous a, enfin m’a appris le vrai titre, mais enfin pour une fois le titre de la distribution française n’est pas nul), caricature mais pas trop.

    • 18 Janvier 2017 à 18h02

      slobo-17 dit

      Ah bon???? le “gentil gendarme du monde “aurait quelque reproche à se faire???? c’est pas gentil tout ça!!!!!

      • 18 Janvier 2017 à 23h38

        Pierre Jolibert dit

        Bon, comme on mélange souvent tout ici, je mets ici et non sous la dernière critique parue cet article de l’Esprit de Narvik, qui si j’ai bien compris est fait de tout sauf de reproches à sens unique.
        Est-ce que la guerre du Vietnam aurait été prolongée pour fournir les plus beaux films qui soient ? et je m’en tiens à leur réputation, je les ai toujours évités, mais bon il y avait diffusion du Voyage au bout de l’enfer cette semaine, qui m’a bouleversé comme il faut et comme rarement. J’imagine que personne n’est d’accord sur le sens, mais que tout le monde sur la réussite.

        • 19 Janvier 2017 à 8h33

          steed59 dit

          Pierre, Et Apocalypse now ? La charge de la cavalerie aéroportée sur l’air de la chevauchée des walkyries. Magnifique

    • 18 Janvier 2017 à 16h32

      Tonio dit

      L’impayable Gil Mihaely a encore frappé sur sa machine à écrire:
      “Voici donc des histoires que rien n’est venu confirmer: afin de prendre la succession du président Johnson fin 1968, Nixon a ralenti les pourparlers de paix ..”

      “On peut supposer que … si Johnson ne savait pas tout, c’est parce que le chef de la CIA..”

      “On peut imaginer que … Richard Nixon et Richard Helms après toutes ces aventures se marièrent, vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants.”

      Je me garderai de rien supposer ou imaginer: j’attends des preuves authentiques. Merci

    • 18 Janvier 2017 à 14h32

      Bibi dit

      Et le Nobel prématuré de terminer sur une avalanche de désastres. Parmi ceux-ci, il nomme son “prédicateur au traité nucléaire iranien”… au conseil de la mémoire de la Shoah. Voilà un job en or pour Ben Rhodes, l’infidèle utile des mollahs négationnistes.

      • 18 Janvier 2017 à 15h31

        steed59 dit

        n’est-ce pas un job traditionnellement échu à un juif américain ?

        • 18 Janvier 2017 à 15h41

          Bibi dit

          Juif ou pas, le job n’est pas fait pour un négationniste ou un infidèle utile de négationnistes. C’est une moquerie de très mauvais goût.
          (Et Ben Rodes est très loin d’être une lumière, qui plus est).

        • 18 Janvier 2017 à 15h43

          steed59 dit

          je suppose que tu t’en branles, mais tu sais qu’à 3 jours près je suis né le même jour que ce triste sire ? On fête tout les deux nos 40 piges cette année

        • 18 Janvier 2017 à 16h33

          Bibi dit

          Pas trouvé la date de naissance de l’olibrius (et en effet, peu m’importe). Toi, en revanche, je te souhaite tout ce qu’il y a de mieux durant les (au moins) 80 ans à venir!

        • 18 Janvier 2017 à 19h31

          steed59 dit

          pour cela il faudrait que je change radicalement de mode de vie

        • 18 Janvier 2017 à 19h42

          Bibi dit

          Le régime Sud-Ouest te va? ;-)
          Tu peux lui associer le Méditerranéen, ça se marie tjrs avec le Rouge à Tanin.

        • 18 Janvier 2017 à 19h49

          steed59 dit

          je pensais au fait de manger des frites au gras de boeuf (délicieux), d’être amateur d’alcools en tout genre (bière, vin, rhums …), de tous les plats les plus caloriques existants sur Terre (cassoulet, choucroute, carbonnade) activité sportive minimaliste, etc …
            

        • 18 Janvier 2017 à 20h02

          Bibi dit

          Je refuse les prescriptions austères (genre algues-concombres-baies) qui te promettent une longue vie à condition qu’elle soit dépourvue de plaisir.
          Alors tu fais comme tu l’entends, pour ma part je te souhaite le max de choses agréables tlj, durant très longtemps.
          P.S. T’as oublié les crêpes!

        • 18 Janvier 2017 à 21h40

          steed59 dit

          les crêpes c’est pas vraiment du manger. Un amuse-gueule à la rigueur. Quand je les vois vendus au prix affiché dans les crêperie je me dis que c’est la plus grande arnaque – ou le plus grand business à se faire.
          Au fait bibi va démissionner ou pas ? Si oui qui est pressenti pour être le prochain PM ? 

        • 18 Janvier 2017 à 22h15

          Bibi dit

          Je soutiens depuis des années que le pain d’azyme d’origine était une sorte de crêpe (dans la région c’est connu sous le nom de Pitta irakienne).

          Bibiyahu ne songe pas à un départ ces jours-ci. Tout bon-vivant qu’il est/serait, si c’était son principal but, il ne se serait jamais présenté ou maintenu au poste. Il peut bien mieux vivre, gagner davantage, et bénéficier des largesses de ses amis et des privilèges du citoyen non-élu (comme par ex. Barak) que là où il est. Ce n’est pas un saint, quand bien même une certaine presse frustrée tient à le crucifier.

    • 18 Janvier 2017 à 14h01

      rolberg dit

      Et nous élisons ces monstres, les uns après les autres. Qui sommes-nous donc ?

    • 18 Janvier 2017 à 12h25

      Cervières dit

      “(obligé de renoncer à se présenter pour un deuxième mandat à cause du désastre vietnamien)” Ayant pris la place de Kennedy après son assassinat et élu en 1964, il terminait un deuxième mandat donc ne pouvait pas se représenter.
      Le candidat de la MAFIA en 1960-61 n’était pas Nixon.

      • 18 Janvier 2017 à 14h02

        rolberg dit

        « Le candidat de la MAFIA en 1960-61 n’était pas Nixon. » Un bon gars, quoi !

        • 18 Janvier 2017 à 15h28

          Cervières dit

          Suffisamment paranoïaque pour comprendre intimement les pensées des dirigeants soviétiques et maoïstes et initier le début d’une certaine diplomatie.

        • 18 Janvier 2017 à 15h46

          steed59 dit

          il a eu surtout l’intelligence de percevoir la réalité de la vrai guerre froide du moment, celle opposant l’URSS à la Chine, et d’en tirer parti (bien aidé Kissinger)

      • 18 Janvier 2017 à 16h26

        Tonio dit

        L’impayable Gil Mihaely a encore frappé sur sa machine à écrire:

        “Voici donc des histoires que rien n’est venu confirmer: afin de prendre la succession du président Johnson fin 1968, Nixon a ralenti les pourparlers de paix ..”

        “On peut supposer que si Johnson ne savait pas tout, c’est parce que le chef de la CIA..

        On peut imaginer que Richard Nixon et Richard Helms qu’après toutes ces aventures se marièrent, vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants.”

        Je me garderai de rien supposer ou imaginer: j’attends des preuves authentiques. Merci

        • 18 Janvier 2017 à 17h53

          steed59 dit

          toi aussi ta machine à écrire a ripé, t’as fait le message deux fois

    • 18 Janvier 2017 à 9h20

      clark gable dit

      Johnson quel président mes amis !
      Tout juste s`il n`a pas tiré sur JFK a Dallas .
      Faudrait a ce sujet refaire l`enquéte pour vérifier tout cela .

    • 17 Janvier 2017 à 23h15

      A mon humble avis dit

      C’est ça, la politique, partout et depuis toujours: manœuvres occultes, intimidations, dissimulations, chantages, corruptions, mensonges, cynisme, trahisons, et s’il le faut, guerres et assassinats. Pour accéder ou rester au pouvoir, tout leur est bon; “House of Cards”, c’est gentillet.
      M. Mihaely semble stupéfait de découvrir les coups tordus de Nixon et Johnson. Croit-il aussi que c’est Lee Harvey Oswald qui a tué Kennedy?

    • 17 Janvier 2017 à 21h17

      IMHO dit

      Trump n’est même pas encore Président et Mihaely le disculpe déjà !
      C’est un peu stalinien .

    • 17 Janvier 2017 à 18h37

      Bibi dit

      Comparez ce qui est comparable, Gil.
      Pourquoi pas Nixon/Johnson et Obama?
      D’ailleurs, pas un mot sur “la chambre à résonance” de ce dernier? Pourquoi?

      • 17 Janvier 2017 à 21h22

        steed59 dit

        en effet la ressemblance johnson/obama est bien plus pertinente : deux types un peu naïfs plein de bonne intention qui à force de chercher la paix ont surtout trouvé le chemin de la guerre. L’inverse du “si vis pacem para bellum”

        • 18 Janvier 2017 à 0h44

          Bibi dit

          Naïf est bcp trop charitable pour le Nobel prématuré. Ni lui ni Johnson ne cherchait la paix, au véritable sens du terme.

    • 17 Janvier 2017 à 18h10

      Syagrius dit

      Je ne connais pas dans les détails le micmac des présidents US successifs s’agissant de la politique à mener au Vietnam (sans oublier le Laos et le Cambodge), mais il est certain en tous cas que Nixon, farouchement anticommuniste, avait compris que tout accord de paix avec les nordistes serait un marché de dupes et d’ailleurs la suite des évènements l’a bien montré. Dès lors, qu’il ait mis des bâtons dans les roues de son prédécesseur pour qu’il ne signe rien n’est pas en soi une ânerie. La guerre du VN a été un grand malheur, mais c’est un malheur bien plus grand que les USA l’aient perdue…

      • 17 Janvier 2017 à 21h42

        steed59 dit

        d’ailleurs il a tenté l’option “paix” quand les carottes ont commencé à être cuites pour lui

    • 17 Janvier 2017 à 17h31

      Ibn Khaldun dit

      Finalement, comparé à ces professionnels de la politique qu’étaient Nixon et Johnson, Donald Trump fait figure d’enfant de chœur doté d’un compte Twitter.

      Mon cher Gil, la présidence Trump n’a même pas encore débuté. Nous ne savons pas comment se déroulera cette dernière. Elle pourrait s’avérer du même niveau que Nixon, voire pire… ou pas. Dans tous les cas, c’est en 2020 que nous devrions tenter de dresser un essai de bilan (et qui, même en 2020, serait fort prématuré) et certainement pas à l’heure où Obama est président pour encore trois jours.

      En outre, ce que vous soulevez dans votre article fut déjà révélé par l’historien Antoine Coppolani (auteur d’une massive et remarquable biographie sur Nixon) en… 2007. La source :

      Antoine Coppolani, “Le Phénix et la toile de fond, ou les années 1960 de Richard Nixon”, Matériaux pour l’histoire, 87, juillet-septembre 2007, p. 20-35

      • 17 Janvier 2017 à 21h44

        steed59 dit

        depuis que je lis du Sand et du Mihaely je commence à avoir des doutes sur la crédibilité des diplômes d’historien des universités israéliennes

    • 17 Janvier 2017 à 17h18

      steed59 dit

      Tout ceci serait recevable dans le cas où il y aurait eu une chance de paix de compromis sur la base du respect des accords de Genève au Viet-Nam. Or on sait ce que furent les intentions des Nords-Vietnamiens lorsqu’ils signèrent les accords de Paris en 73 : en faire un “chiffon de papier” (les vrais historiens sauront à quoi je fais référence). Donc dire que Nixon a saboté la paix, c’est faux, il n’y avait aucun espoir de paix, autre dans la disparition de l’une des deux entités viet-namiennes. Tout parallèle avec d’autres conférences de paix actuelles bidons n’est évidemment pas fortuites. Ensuite monsieur-l’historien feint d’ignorer d’autres manœuvres semblables, Reagan négociant en parallèle la libérations des otages américains de l’ambassade de Téhéran en pleine campagne électorale de 1980 (avec cette fois-ci le président sortant, Carter, qui lui contrairement à Johnson candidatait à sa réélection), Pasqua négociant également la libération (réussie) des journalistes français otages au Liban en mai 88. nixon n’a rien inventé..

      • 17 Janvier 2017 à 18h16

        Schlemihl dit

        Steed

        assez d’accord . Nixon a saboté ce qui était probablement une couillonnade . D’ailleurs , les initiatives de paix foirent suffisamment toutes seules pour qu’il soit nécessaire de les saboter

        Il y en a une en cours dont le journal Le Monde attend beaucoup . Certains journalistes ont un bel optimisme qu’il m’est difficile de partager . J’ hésite entre poudre aux yeux , manoeuvre de propagande , fumisterie , ou tout simplement désir de voyager et de visiter les dames de Paris , les bordels les plus sélects du moment ( fermés depuis très longtemps , ils n’en sont pas moins ouverts ) , le champagne , le caviar , pour le plus grand honneur de notre gouvernement . La chose ne me gêne pas , mais ce qui me contrarie , c’ est que je la paie . Je souhaite un Nixon .

        • 17 Janvier 2017 à 21h47

          steed59 dit

          “visiter les dames de Paris , les bordels les plus sélects du moment ( fermés depuis très longtemps , ils n’en sont pas moins ouverts ) , le champagne , le caviar”

          la Wehrmacht a quitté la france depuis 73 ans 

        • 18 Janvier 2017 à 1h33

          Schlemihl dit

          Une conférence de la paix n’ est pas une armée d’ occupation . Ils ne font que jacasser , ils n’imposent pas de nouvelles lois , ne réquisitionnent pas , n’établissent pas de couvre feu , ne déportent pas de travailleurs ( volontaires bien sur ) .

          Les populations , peu affectées par des calembredaines qui ne les concernent en rie, n’ y prêtent pas attention .

          Pourquoi les conférenciers , entretenus avec l’argent de la princesse , je veux dire le notre , se priveraient ils des agréments du voyage ? Ils n’iront pas dans les musées , ni au concert .

          Si les grands personnages qui nous font l’ honneur de laïusser chez nous ne se voient pas offrir ce qui est convenable ( bonne nourritures , filles , gigolos pour les dames , garçons pour les amateurs ) , ils ne se dérangeraient pas . 

          Les conférences pour la paix ou pour sauver la planète ou pour la publicité d’un dictateur sont avantageuses pour les conférenciers , et c’est tout naturel . Un écrivain français visitant l’ URSS se vit offrir de très jolis garçons . Mais de retour en France , il raconta ce qu’il avait vu , ce qui prouve que l’ honnêteté intellectuelle peut l’ emporter sur la reconnaissance du bas ventre . Vieilles histoires….

          Je ne suis pas mesquin . Qu’ils se régalent ! ça coûte moins cher qu’une lubie gouvernementale . Tiens ça rime . 

        • 18 Janvier 2017 à 8h54

          steed59 dit

          tu parles de gide ?

          mmm … bcp de références sexuelles dans tes propos. Quels étaient tes relations avec ta mère ? 

      • 17 Janvier 2017 à 19h08

        Ibn Khaldun dit

        Reagan négociant en parallèle la libérations des otages américains de l’ambassade de Téhéran en pleine campagne électorale de 1980 (avec cette fois-ci le président sortant, Carter, qui lui contrairement à Johnson candidatait à sa réélection), Pasqua négociant également la libération (réussie) des journalistes français otages au Liban en mai 88. nixon n’a rien inventé..

        Ce fut effectivement la marotte qui ne cessa de courir pendant et après la présidence Reagan. Le seul problème, cependant, c’est que Reagan n’a jamais négocié quoique ce soit avec l’Iran et aucun document, jusqu’à aujourd’hui, ne vient soutenir une telle assertion.

        En revanche, en 1993, plus d’une décennie après l’évènement, une commission d’enquête bi-partisane concluait qu’il n’y avait strictement eu aucun “deal” ou arrangement avec le régime iranien dans l’objectif de repousser la date de leur libération.