Trump: le Mexique se prépare à protéger ses émigrés | Causeur

Trump: le Mexique se prépare à protéger ses émigrés

Apocalypse là-haut

Auteur

Kevin Erkeletyan
Journaliste

Publié le 16 novembre 2016 / Monde

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Le nouveau président américain a répété, ce dimanche, sa volonté d'expulser un certain nombre d'immigrés. Le Mexique se sent visé et se prépare même à devoir les protéger...

Arrestation d'un clandestin mexicain, octobre 1994. SIPA. 00253669_000001

Le grand mécheux est peut-être un « clown » mais il est pris très au sérieux. Tant par ceux qui, à New-York, contestent son élection que par… son voisin mexicain. Depuis le 8 novembre, Enrique Peña Nieto et son gouvernement ont une nouvelle priorité : la protection de leurs émigrés. Douze millions vivent de l’autre côté de la frontière. Et si certains espéraient vivre le rêve américain, Donald Trump, lui, leur a promis un autre destin : « Ce que nous allons faire, c’est prendre les gens qui sont des criminels et qui ont des casiers judiciaires, qui appartiennent à des gangs, qui sont des trafiquants de drogue [...] et nous allons les renvoyer du pays ou les mettre en prison. [...] Ils sont ici illégalement. » « Ils » ? « Sans doute 2 millions, ça peut aussi être 3 millions (de personnes) », a précisé Donald Trump. C’était dimanche sur CBS, pas il y a 6 mois lors d’un meeting : ces paroles ne sont plus celles d’un candidat en quête de voix.

Un numéro d’urgence et un appel au calme

De quoi inquiéter, à deux mois de son arrivée. A défaut d’anticiper, la présidence de la République mexicaine a donc rapidement réagi et annoncé, dans un tweet, le « renforcement de la protection des Mexicains qui se trouvent aux Etats-Unis »« Nos compatriotes ne sont pas et ne seront pas seuls » a même tenu à rassurer la ministre des Relations extérieures, Claudia Ruiz Massieu, qui vient d’annoncer les piliers de son plan d’action. Une ligne directe, disponible 24/24h, va notamment être mise en place, pour aider les Mexicains à mieux saisir leurs droits, et les liens entre le consulat et les organisations de défense des droits civils vont être renforcés. « Nous allons rester très proches d’eux et les maintenir informés de leurs droits, des mécanismes qui existent pour les protéger, pour qu’ils ne se laissent pas abuser, qu’ils se sentent accompagnés et défendus », lançait-elle déjà hier. Un appel a même été lancé aux Mexicains des Etats-Unis pour qu’ils « évitent toute situation de conflit » et « d’être impliqués dans des actions qui pourraient dériver en sanctions administratives ou pénales ».

 

 

Pas encore les grands moyens mais une méfiance qui peut finir par irriter. En guise d’avertissement, le président Peña Nieto a salué, dans un communiqué, son homologue sortant : « Barack Obama a été un grand ami et allié du Mexique ». Et assuré, dans la foulée, vouloir rencontrer son successeur avant sa prise de fonctions, le 20 janvier. Les deux hommes se sont déjà croisés. L’été dernier, le candidat Trump avait, étrangement, tenu sa langue et sanctionné un entretien « constructif ». Sans doute l’air de Mexico…  A peine rentré, dans la soirée, le grand blond, plus volubile, réitérait sa volonté de lui faire « payer à 100% » le mur dont il rêve à la frontière. « Ils ne le savent pas encore, mais les Mexicains paieront », louvoyait-il, non loin de là, à Phoenix dans l’Arizona. « Où qu’ils se trouvent, Monsieur Trump, ma priorité est de protéger les Mexicains », venait pourtant de lui signifier Enrique Peña Nieto.

 

 

Hier, Claudia Ruiz Massieu l’a rappelé : les relations entre les deux pays sont importantes et stratégiques. Mais au Mexique, protéger ses compatriotes l’est visiblement encore plus : « c’est notre devoir le plus important, un devoir irréductible. » Et la meilleure façon de ne pas les voir rentrer ?

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 18 Novembre 2016 à 14h33

      Angel dit

      Le President du Mexique pense t’il un jour proteger ses comatriotes contre les violences extremes des narco-trafiquants ?

    • 17 Novembre 2016 à 20h12

      Ar Braz dit

      A part veiller à ce qu’ils bénéficient des services d’un avocat pour leur défense afin d’être assurés d’avoir un procès équitable, on ne voit pas très bien ce qu’un Etat peut faire pour protéger ses ressortissants vivant dans un pays étranger où ils se sont rendus coupables de délits ou de crime.  

    • 17 Novembre 2016 à 16h54

      Terminator dit

      Les Etats-Unis ont un immense avantage sur nous, ils ne sont pas soumis à la dictature de la CEDH… et expulser des délinquants étrangers condamnés par la justice américaine ne doit pas être très difficile !

    • 17 Novembre 2016 à 15h19

      clorouk dit

      Lorsqu’il a prononcé les mots “Ils ne le savent pas encore mais ils [les Mexicains] vont payer ce mur!”, Don Trump avait déjà en tête le moyen de pression qu’il compte utiliser: payez ou récupérez vos ressortissants. Et les Mexicains paieront pour ne pas voir revenir les Mexicains délinquants ou criminels déjà condamnés aux EU. Pas d’inquiétude pour les autres, heureusement les plus nombreux, qui se comportent fort bien dans leur pays d’accueil, sans comparaison possible avec la façon dont se comportent trop de “nos” migrants,et qui resteront aux EU. Ils y resteront d’autant plus qu’ils y ont leur place économiquement parlant, et que les nouveaux arrivants seront moins nombreux.