Le cauchemar de Donald Trump | Causeur

Le cauchemar de Donald Trump

Au secours, je suis élu!

Auteur

Jérôme Leroy

Jérôme Leroy
Ecrivain et rédacteur en chef culture de Causeur.

Publié le 14 novembre 2016 / Monde

Mots-clés : , , ,

Et si Donald Trump, le nouveau président des Etats-Unis, n'avait jamais voulu être élu? Jérôme Leroy imagine son désarroi...

Piñata de Donald Trump au Mexique, mars 2016. SIPA. AP21866039_000002

Je crois que j’ai commencé à vraiment avoir peur vers 23H, 23H30, quand j’ai compris que j’avais gagné l’Ohio. Ce n’est jamais bon signe de gagner l’Ohio. « Où va l’Ohio, où va la nation », c’est un vieux dicton de chez nous. Je n’en savais rien, en fait. C’est Stephen Bannon, mon directeur de campagne, qui me l’a annoncé. La politique, je m’en suis toujours un peu foutu à vrai dire. Ce qui m’intéresse, c’est le spectacle ; ce qui m’intéresse, c’est faire le show. J’aime que les lumières soient braquées sur moi, que la vie ressemble à un épisode de La croisière s’amuse ou de Dallas et jouer le rôle du riche. C’est plus amusant que de jouer le rôle du pauvre, du col bleu de Pennsylvanie. Il paraît qu’ils ont voté en masse pour moi. Ils sont dingues, ou quoi ? Ils croient que je vais les sauver comment ? En baissant les impôts des riches ? Parce que les riches m’attendent au tournant…  Heureusement, mes contradictions ne se voient pas. Beaucoup sont trop occupés à m’admirer parce que j’ai tapé sur ceux avec qui j’ai toujours vécu : les grands patrons, les politiques de Washington, les journalistes… J’espère qu’ils ne vont pas trop vite la ressortir, la photo où je rigole avec les Clinton à une réception. Ce serait encore plus gênant que l’enregistrement où je dis que j’attrape les filles qui me plaisent par la chatte pour aller plus vite. Je n’ai jamais attrapé de fille par la chatte pour aller plus vite. Mon fric suffit en général… Mais trainer avec les Clinton – et tous les autres –  ça en revanche…

Et dire que maintenant je suis élu…

Il n’empêche, j’ai vraiment la trouille. Vers deux heures du mat, ça a viré au cauchemar. Le Wisconsin et la Pennsylvanie, qui devaient revenir à l’autre, je les avais aussi dans la fouille.

Oui, là, je voudrais vraiment – plutôt que d’avoir à préparer mon discours de vainqueur -me retrouver dans une de ces vieilles séries où les personnages ne travaillent jamais mais passent leur vie en smoking.  Pour suggérer qu’ils sont occupés, parfois, le metteur en scène les montre derrière un bureau, à signer des bouts de papiers.  Il n’ y a rien d’écrit dessus. Comme les enfants qui font semblant. Je le sais bien, quand j’étais le personnage principal de mon émission de télé-réalité, The apprentice, quand je jouais au patron qui refusait des postes à des demandeurs d’emploi dans ma boîte, c’était moins dur que dans la vraie vie. Je n’ai jamais tellement aimé la vraie vie, je préférais les grandes tours à mon nom. Les golfs, les marinas, les casinos… bref les endroits chics et tocs  où être riche, ce n’est pas si compliqué : il faut juste savoir s’amuser.

Et dire que maintenant que je suis élu, je ne vais plus pouvoir jouer à être président des Etats-Unis, ça je saurais encore à peu près le faire, non, je vais être président des Etats-Unis, et ça ça sera vraiment plus compliqué. Surtout avec le quarteron de septuagénaires réacs, vieux chevaux de retour de la droite américaine qui m’entourent. Faut dire que pour croire en mes chances, mieux valait être ou désespéré ou très joueur. Nom de Dieu, qu’est-ce que je vais faire avec des New Gringrich ou des Rudy Guliani que même les Républicains trouvaient tout de même un peu facho…

S’ils savaient comme j’ai peur !

Moi ce que je voulais, c’était pourtant simple. C’était être battu de justesse, c’était mettre des gens dans la rue, c’était mettre le dawa dans tous les USA et aussi au Parti Républicain, peuplé de prétentieux qui m’ont encore plus méprisé que les démocrates. C’était transformer le mandat Clinton en cauchemar, lui balancer une procédure d’impeachment aux fesses, devenir le centre d’intérêt de tout le pays mais sans avoir la moindre décision à prendre.

Tiens, j’ai reçu les félicitations de Marine Le Pen. C’est drôle, je me souviens de la tête de son père le soir du premier tour des élections française de 2002. On aurait dit que le ciel lui était tombé sur la tête. Il n’avait pas prévu le coup, sans doute. Critiquer le système, c’est une chose, le prendre en main, c’en est une autre. Lui, au moins, il n’a pas été élu. Mais moi. Je sens la crise d’angoisse qui monte. Il paraît que le monde entier a la trouille et la masque plus ou moins bien.

S’ils savaient… S’ils savaient les Noirs, les Latinos, les femmes, les gays, les musulmans, tous ceux dont j’ai fait des boucs émissaires… S’ils savaient comme j’ai peur ! J’ai l’impression d’avoir allumé une putain de mèche devant une poudrière sauf que c’est à moi de l’éteindre, pas à la prétentieuse qui devait gagner. Ou de refaire ces cauchemars d’avant, quand on arrive tout nu au lycée. Sauf que là, c’est dans le bureau ovale que je vais arriver à poil, à la tête de la première puissance du monde. Il est où le réalisateur ? Quand est-ce qu’il va dire : « Coupez ! » S’il vous plaît, aidez-moi…

  • Article en accès libre. Pour lire tous nos articles, abonnez-vous !

    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 16 Novembre 2016 à 17h32

      Pol&Mic dit

      “au secours”…. éternel motif de la Gauche (car elle ne sait rien dire d’autre !)
      ah les grands penseurs (seuses) de l’éduc’Nat’!!!!!!!

    • 16 Novembre 2016 à 10h58

      philpat dit

      s’il n’avait pas voulu être élu, il ne se serait pas présenté dans une course où il a engagé une grande partie de sa fortune
      les médias français cherchent à le décrédibiliser en feignant de croire que c’est un débile, clown, ignare, etc. il leur manque de dire qu’il doit puer du bec!

    • 15 Novembre 2016 à 18h13

      Pol&Mic dit

      ” au secours”????????
      plutôt :
      il est “grand temps”!!!!!!!!

    • 15 Novembre 2016 à 16h14

      AMA dit

      Il est impératif, semble t’il, d’ajouter, sur l’unique base de son imagination débordante, son grain de sel partout, sur tout, quitte à être ridicule. Encore un exemple de la maladie des médias.

    • 15 Novembre 2016 à 16h00

      kriktus dit

      affligeant!

    • 15 Novembre 2016 à 15h01

      clorouk dit

      Ah, Jérôme Leroy! Toujours aussi cocasse! C’est dommage que vous ayez choisi les lettres plutôt que les planches, Louis de Funès a laissé une place encore vacante.

      • 15 Novembre 2016 à 15h30

        MONCHERETBEAUPAYS dit

        Oui, avec la médiocrité qui règne dans le milieu et cette allégeance urbi et orbi au système, il a toute toutes ses chances…

    • 15 Novembre 2016 à 14h34

      rolberg dit

      L’hypothèse est intéressante. Les riches aiment se payer tout, tout, tout. Y compris la politique. 

      • 15 Novembre 2016 à 14h46

        MONCHERETBEAUPAYS dit

        Les riches sont des hommes…au fait saviez-vous que pour un gueux d’Haïti vous êtes un riche?…

        C’est sans doute pour cela que vous intervenez ici..

    • 15 Novembre 2016 à 12h57

      marcopes dit

      qu’il se rassure ils ne vont pas le laisser gouverner seul

    • 15 Novembre 2016 à 12h34

      MONCHERETBEAUPAYS dit

      Eh oui, la réalité ça fait mal aux idéologues, pas vrai M. Leroy?…

      Votre papier est affligeant de conformisme et d’aveuglement (pléonasme)

      Votre réaction rabique fait irrésistiblement penser au proverbe:

      “Quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt…”

      Ah la beau rrrrrrrrrrrrévolionnaire que vous faites aux côté des semblables de de votre caste…

      Et pour changer votre regard enamouré pour des minorités qui n’ont rien à voir avec le prolétariat, mais tout avec le sous-prolétariat…sans oublier divers détraqués…,et à condition que vous soyez capable d’admettre que même un surhomme comme vous puisse se “trumper”, retournez donc un peu dans votre Marx et votre Lénine, et pourquoi pas tentez de lire et surtout de comprendre Orwell, Debord, Christopher Lasch, etc…

      Sinon, vous risquez de continuer à vous faire ridiculiser par le petit peuple de tous les pays et surtout de continuer à copiner avec Soros…

      Allez camarade, l’heure est à l’autocritique!

    • 15 Novembre 2016 à 12h29

      MONCHERETBEAUPAYS dit

      Eh oui, la réalité ça fait aux idéologues, pas vrai M. Leroy?…

      Votre papier est affligeant de conformisme et d’aveuglement (

      Votre réaction rabique fait irrésistiblement penser au proverbe:

      “Quand le sage montre la lune, l’imbécile regarde le doigt…”

      Ah la beau rrrrrrrrrrrrévolionnaire que vous faites aux côté des semblables de de votre caste…

      Et pour changer de votre regard enamouré pour des minorités qui n’ont rien à voir avec le prolétariat, mais tout avec le sous-prolétariat…sans oublier divers détraqués…

      à l’occasion, et à condition que vous soyez capable d’admettre que même un surhomme comme vous puisse se “trumper”, retournez donc un peu dans votre Marx et votre Lénine, et pourquoi pas tentez de lire et surtout de comprendre Orwell, Debord, Christopher Lasch, etc…

      Sinon, vous risquez de continuer à vous faire ridiculiser par le petit peuple de tous les pays et surtout de continuer à copiner avec Soros…

      Allez camarade, l’heure est à l’autocritique!

    • 15 Novembre 2016 à 11h59

      Pol&Mic dit

      C’est d’ailleurs tout ce qu’ils savent dire! (pour le moment ! ) (mais à voir la majorité des enfants de Gauche…… oh la la !)

    • 15 Novembre 2016 à 11h57

      Pol&Mic dit

      hélas…….. (wouarffffff) telle est la SEULE constatation des “Gauches”