Suivre Causeur :     

Trois questions, trois réponses

Jérôme Chartier : «Pour l’instant, on ne peut rien contre la Fed»

Publié le 09 novembre 2010 à 12:27 dans Économie

Mots-clés : , , ,

Photo : Gage Skidmore

Jérôme Chartier, député UMP du Val d’Oise est spécialiste des questions économiques et financières. Rapporteur de la Commission des Finances de l’Assemblée nationale, il revient sur la décision américaine d’injecter près de 600 milliards d’euros dans l’économie, par le rachat de bons du Trésor.

Comment juger la décision américaine de « jeter 600 milliards de dollars dans l’économie depuis un hélicoptère », comme l’a dit le ministre brésilien des Finances ?
Tout le monde voit bien qu’il s’agit pour les Américains de se défendre face à des prévisions de croissance qui ont plongé pour 2011. C’est une mauvaise défense. Mais la Fed est titulaire d’un pouvoir tel que dans ce contexte post-crise mondiale, les pays émergents et l’Europe peuvent s’élever contre cette décision, mais pas grand-chose de plus. Surtout quand elle est annoncée à quelques jours de la présidence française du G20…

Faut-il repenser le système monétaire mondial ?
Aujourd’hui, personne ne veut ni n’a de vision mondiale de la gestion des monnaies. La concurrence est telle que les pays jouent leurs intérêts personnels et la grande victime de ces stratégies individuelles est l’euro, gêné par le dollar et le yuan.

L’euro est donc une monnaie victime…
L’attitude des pays étrangers doit nous obliger à réfléchir à la stratégie monétaire européenne, notamment dans le cadre de la succession de Jean-Claude Trichet à la tête de la BCE. Sans quoi nous ne pourrons jamais faire le poids face aux américains qui ont des tels volumes de dollars en circulation qu’il leur est possible d’imposer toutes leurs décisions, ou aux chinois dont on ne peut concurrencer le taux de change. On devrait réfléchir sérieusement à un système de parité, à créer des amortisseurs automatiques comme il en existait dans feu le Système Monétaire Européen. Mais on ne peut pas continuer à avoir une parité euro/dollars à 1,4. Sinon, ce n’est pas l’euro qui sera la victime mais les Européens…

envoyer par email autre réseau social

A lire aussi

La rédaction de commentaires est reservée aux abonnés

32

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous

mot de passe oublié | Vous n'arrivez pas à vous connecter ?
 

Nos offres

  • 11 November 2010 à 20h24

    Gaétan Brunoy dit

    @eclair

    Ah ah ah ! L’Asie, l’Afrique, et l’Amérique du sud, comme clients solvables, vous repasserez ! On en parle beaucoup mais regardez les chiffres. L’Asie, pour la Chine, sera plutôt une arrière-cour où trouver de nouveaux moyens de baisser les salaires, quant à l’Afrique ou l’Amérique du sud, ce sont essentiellement des sources de matières premières.

    L’argent, les clients sont à un seul endroit : aux USA et en Europe. Si ceux-ci venaient à rééquilibrer les échanges par des quotas ou droits de douane, ce serait la catastrophe en Chine.

    Pour l’instant, les chinois jouent sur du velours parce que les européens sont incapables d’être unanimes, et parce que jusqu’à maintenant personne n’a voulu prendre des mesures qui réduiraient immanquablement le pouvoir d’achat des consommateurs. Mais il y a un seuil où la ruine et le chômage sont trop visibles, et les Etats-Unis avec le Tea Party vont sans doute montrer la voie du durcissement des relations bilatérales.

  • 10 November 2010 à 12h01

    a2lbd dit

    La Chine ? Mais contrairement aux images véhiculées pour faire peur aux petits occidentaux elle a à faire face à des défis absolument gigantesques dans l’avenir. Autrement plus lourds que ceux que les pays occidentaux auront à couvrir.

    Tenez, une problématique dont on parle assez peu mais qui va être extrêmement vive pour les Chinois:
    Est il possible de pousser la demande interne en incitant le citoyen chinois à se muer en consommateur et maintenir un régime autoritaire et dirigiste ? A partir du moment où vous poussez le citoyen à s’individualiser par la consommation pouvez vous juguler son individualisation politique ?

    Or, la Chine, comme le Japon, avant elle, ne pourra pas rester éternellement un marché d’export. Souvenez vous dans les années 80 on ne parlait que de l’imminente main mise nippone sur l’économie mondiale…depuis l’eau a coulé sous les ponts.

  • 10 November 2010 à 2h30

    Midas dit

    Il n’y a pas de happy end quand on joue a des jeux de vilains et tout se passe de plus en plus comme si la dynamique apocalyptique etait en route. De toutes les facons, les US n’ont pas vraiment le choix…

    Pour ce qui est des Europeens, ils feraient bien de faire pareil et de depenser l’argent en armement: l’Europe ne pourra pas singer eternelement l’huitre sans compromettre la securite mondiale!

    Ce que ces abrutis d’Allemands font semblant d’ignorer, c’est que les pactes de protection mutuelle style OTAN n’ont de valeur tant qu’on n’en fait pas usage!

  • 10 November 2010 à 0h58

    eclair dit

    gaetan mais les chinois d’ici moins d’une dizaine d’année ils s’en moqueront que les USA face du protectionnisme. ils auront des partenaires commerciaux en asie en afrique et en amérique du sud qui leur acheteront leurs produits

  • 10 November 2010 à 0h16

    Gaétan Brunoy dit

    @Eclair (suite)

    Bref, les républicains, non contents de ne pas rembourser les chinetoques, sont fermement décidés à leur fermer leur marché. Puisque les Chinois ne laissent pas flotter leur monnaie, ils auront le protectionnisme et ils l’auront bien mérité.

  • 10 November 2010 à 0h09

    Gaétan Brunoy dit

    @eclair

    Intéressant, mais ne vendez pas la peau de l’ours avant de l’avoir tué. Les Américains vont réagir. Le fait de faire tourner la planche à billet est déjà une réaction. Ensuite, ils viennent d’élire une majorité bénie au congrès, celle des républicains poussés par les Tea Party, et dépendants d’eux.

    Si vous suiviez un peu Glenn Beck (ses shows sont disponibles sur le site de Fox news tous les jours, ça fait travailler l’anglais et c’est très exotique dans la mesure où nous n’avons aucun équivalent français de ce genre de télévangéliste du conservatisme, évadé d’un documentaire maccarthyste des années 50), vous sauriez que la dette est une véritable obsession pour la droite dure américaine. La dette y est vécue comme le signe du déclin, d’une prodigalité vicieuse et satanique qui mène droit à l’effondrement des Etats-Unis et à la dictature communisme.

    On se pince de voir aux USA un mouvement protestataire grassroots anti-dette, quand on est un Français plutôt habitué à voir défiler quotidiennement les pires rentiers de gauche réclamer encore plus d’emprunts pour qu’on leur donne des augmentations à rien foutre. Dans cette différence ontologique, il y a toute la grandeur de l’Amérique !

  • 9 November 2010 à 21h21

    eclair dit

    non gaetan brunoy, pas exactement la chine continue certes à acheter des bons du trésor mais c’est beaucoup moins qu’avabnt elle en achete juste suffisament pour éviter la banqueroute.
    pour l’instant elle converti ces dollars en achetant des mines des terres un peu partout dans le monde.
    De plus comme en hongrie elle remporte des contrats de construction en injectant une avance de plusieurs milliards de dollars qui lui sont seront retour en euro au final.

    La chine milite pour qu’il y ai une nouvelle monnaie de reference..
    Le jour ou cela arriveras les chinois mettront simplement en pertes ce qu’ils auront dans les bons du trésor américain. mais d’ici là ils auront converti la majeure partie de leurs stocks de dollar en biens ou en une autre monnaie. et quand cela arriveras 1929 cela sera de la rigolade en comparaison aux USA

  • 9 November 2010 à 20h02

    schaffausen dit

    @fatback
    Milton Friedmann est un monétariste, non?
    Ceci étant, et n’ayant aucune compétence en économie, je vourais bien savoir ce que l’on reproche à l’euro.

  • 9 November 2010 à 19h30

    Florence dit

    planche à billets , nom d’une pipe en bois !

  • 9 November 2010 à 19h29

    Florence dit

    Désolée pour ceux qui rêvent de faire marcher la planche à biellet mais tant que l’euro est notre monnaie, c’est la Banque Centrale Européenne qui décide et la BCE (qui a été clonée sur le modèle de la Bundesbank, c’est-à-dire la banque centrale ouest allemande d’avant la réunification) ne le fera JAMAIS car ce n’est pas dans ces statuts. Le rôle de la BCE est de maintenir l’inflation sous le taux de 2 %. Pour cela, elle doit contenir la masse monétaire. Or, faire marcher la planche à billet, c’est faire augmenter la masse monétaire et donc l’inflation. Strictement interdit. VERBOTEN ! Et comme la BCE est indépendante, personne n’a le pouvoir de la faire plier.

    Pour faire marcher la planche à billet, une seule solution, sortir de l’euro, c’est-à-dire casser l’euro. Ceci dit pourquoi pas ?

  • 9 November 2010 à 18h49

    ungars dit

    Questions naïves :

    1) que se passerait-il si l’Union Economique Européenne ne reconnaissait plus le dollar US ?
    2) Peut-on dévaluer l’Euro par rapport à la monnaie chinoise ?
    3) Les USA peuvent-ils changer de monnaie et quelles seraient les conséquences ?

  • 9 November 2010 à 18h37

    Jardidi dit

    Peut-être que l’Allemagne refuse absolument l’inflation.
    Etonnant cette analyse dans la bouche d’un député UMP.