Casseurs du Trocadéro : clémence pour tous? | Causeur

Casseurs du Trocadéro : clémence pour tous?

Pour nos juges, il est plus grave de crier que de piller

Auteur

Jacques de Guillebon

Jacques de Guillebon
journaliste, essayiste et éditeur.

Publié le 23 juin 2013 / Société

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L’affaire du RER D, où les détrousseurs de diligence ont écopé d’un maximum de 10 mois de prison avec sursis, est à peine froide qu’une autre décision étrange des juges vient renforcer l’idée d’une justice politique, ou au moins à deux vitesses, dans la France de François Hollande, de Manuel Valls et de Christiane Taubira. Comme le montrent ces vidéos inédites faites par des riverains du XVIème arrondissement le 13 mai dernier lors de la célébration de la victoire du PSG en championnat de France au Trocadéro, et dont l’authenticité est confirmée par des sources policières, des jeunes gens à casquette et survêtement se sont livrés au pillage en règle d’une grande bijouterie sur une artère du quartier bourgeois de la capitale.
Toujours selon nos sources, cinq délinquants auraient été pris en flagrant délit et arrêtés par des policiers arrivés sur les lieux. Placés en garde-à-vue et déférés au parquet, Jean-Marie, Victor, Louis-Sébastien, Augustin et Raphaël1 auraient été pour deux d’entre eux immédiatement relâchés sans poursuites, et pour les autres remis en liberté dans l’attente du jugement.

Il est vrai que les services judiciaires sont actuellement surchargés et que la justice française, comme la police d’ailleurs, a bien autre chose à faire que réprimer les agissements somme toute anodins de sympathiques jeunes gens qui, dans la fièvre communicative de la victoire de leur club de foot préféré, se prennent à exprimer leur joie en délestant quelques commerces de luxe de leur surplus de marchandise.

La justice a certainement autre chose à faire, comme par exemple condamner sans frémir – dura lex sed lexle nuisible Nicolas, convaincu de rébellion, d’identité mensongère et de refus de prélèvement ADN, chefs d’accusation si terribles qu’ils se sont soldés par deux mois de prison ferme avec mandat de dépôt et 1000 euros d’amende.
La France de 2013, digne héritière de Salomon et de saint Louis, peut se rengorger : elle a la conscience tranquille. Les pillards se dorent au soleil de juin pendant que le rebelle dort en prison.

*Photo : overge.

  1. Les prénoms ont été modifiés.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 25 Juin 2013 à 11h55

      Hoëllard dit

      Serez-vous, M. de Guillebon, aussi bien inspiré au sujet de l’égalité pour tous et de force qui nous tombe dessus ce 25 juin : le congé parental se voyant réduit de 6 mois s’il n’est pas équitablement partagé par les 2 parents (hétéros, cela va de soi…).
      Sujet croustillant que ce renforcement de l’égalité par contrainte.
      J’attends de vous lire.
      Michel Hoëllard

      • 25 Juin 2013 à 22h56

        Jacques de Guillebon dit

        Zut, pas entendu parler. J’enquête.

    • 24 Juin 2013 à 22h45

      Alp dit

      Tres bonne analyse. D’après ce que j’ai entendu, le-dit Nicolas ne s’est pas comporté comme un enfant de cœur, mais quand même, on a de plus en plus l’impression au fil des affaires qu’il vaut mieux être casseur récidiviste (ou non d’ailleurs) que protestataire en France. Après le sketch du “mur des cons” qui a valu un conseil de discipline au journaliste qui l’a soulevée et les quasi-félicitations du SNJ au Syndicat de la Magistrature, la réponse des électeurs à nos élites remarquables s’est trouvée dans les urnes de Villeneuve sur Lot. Quand on vit sur une autre planète….

      • 25 Juin 2013 à 12h37

        Habemousse dit

        On peut rajouter la vidéo de la RATP, qui, si elle ne fera pas revivre ce pauvre garçon, ne fera pas non plus, hélas, réfléchir nos dirigeants sur l’opportunité de tourner sept fois sa langue dans sa bouche avant de s’exprimer : heureusement, et li faut lui rendre hommage, le juge chargé du dossier a su garder son calme et son bon sens.