Tu seras un homo numericus, mon fils | Causeur

Tu seras un homo numericus, mon fils

Peut-on encore s’opposer au sacro-saint tout-numérique?

Auteur

Marc Nacht
Psychanalyste et écrivain.

Publié le 19 janvier 2017 / Société

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Une élève d'une école élémentaire d'Angers apprend à se servir d'une tablette numérique, juin 2011. SIPA. 00641827_000014

Mettre en garde contre l’extension du numérique, souhaitée par de nombreux candidats à la présidence de la République fait vieux jeu, paraît-il. Il se pourrait même qu’on m’accuse d’un passéisme sans remède, me dit un ami philosophe, bien que l’impératif de conserver ce qui doit l’être soit de mieux en mieux compris. Il ne s’agit pas, bien entendu, de rejeter sans nuance Internet, outil de communication et de recherche très utile. Mais bien, je me répète, de conserver ce qui doit l’être, c’est-à-dire la parole et le langage, essentiels au maintien du lien social en général, et à la relation des personnes avec l’administration et les différents services, en particulier. Et de ce point de vue, on peut déjà s’inquiéter que l’enseignement précoce du numérique à l’école en vienne — au prétexte d’une modernisation des accès culturels — à préformer les enfants à une extrême dépendance à ce tout numérique administratif, excluant la possibilité du dialogue pour faire valoir leurs droits d’adulte. Un « nivellement par le bas » pas si égalitaire que le prétendent ses laudateurs

Du numérique à tout-va aux démons du « populisme »

Point de salut sans le numérique ! Qui dit mieux ? Le haut-débit dans toute chaumière ! Que chaque gentil hobbit possède son smartphone avec lequel il payera tout et le reste, impôts, taxes et contributions obligatoires diverses. Tout contribuable errant sur impots.gouv en sait déjà quelque chose. Internet incontournable: quelle angoisse pour ceux et celles, fort nombreux, qui n’en possèdent ni la maîtrise ni l’instrument !

Dans le meilleur des mondes ainsi annoncé – qui anticipe celui de l’homme enfin libéré du travail -, il sera devenu impossible de demander quoi que ce soit à qui que ce soit : la machine, et seulement elle, aura réponse à vos questions. Tapez sur la touche 1, elle vous renverra à la 2 avant que la 3 ne vous réponde d’une voix plate que vous n’avez pas entré le bon identifiant, que votre mot de passe n’est pas reconnu.

Depuis que Georges Marchais s’est fait piéger sur le prix de son costume, la classe politique n’a fait que confirmer sa souveraine ignorance des petites choses de la vie. Le numérique, tant vanté pour le bien du peuple, n’est pas loin de la mythique brioche, attribuée à Marie-Antoinette, pour remplacer le pain qui manquait à ceux qui allaient lui couper la tête. Du numérique à tout-va aux démons du « populisme », il n’y a qu’un pas : celui du silence des laissés-pour-compte de ce qui est présenté comme un progrès.

Lacan disait…

La réalité quotidienne n’a pourtant rien à voir avec l’instantanéité virtuelle de la communication et l’abandon de ce qui faisait sa consistance, pour ne pas dire son humanité. La pulsion tourne autour de son objet disait Lacan. Encore faut-il que cet objet ait quelque stabilité. La virtualité du fantasme prenant la place de l’objet et de sa résistance ouvre la voie au processus psychotique.

L’extension du numérique, comme pis aller économique de la raréfaction volontaire du personnel, donne déjà l’avant-goût d’une désertification coûteuse dont on aurait tort de sous-estimer la valeur de symptôme. Qui de nos experts et dirigeants se soucie des bureaux de poste, « modernisés » à grand frais, où les guichets fermés sont remplacés par des services commerciaux et des machines en tout genre et où le rare personnel se retrouve très vite débordé. C’est déjà le cas à Paris et pire encore en province, où les heures d’ouverture de ces bureaux – lorsqu’ils existent encore – se font chaque jour de plus en plus rares.

« Rien n’est vrai, tout est permis »

Et qui se soucie des urgences hospitalières, où le patient espère plus d’une demi-journée qu’on se préoccupe enfin de lui autant qu’on le fait des statistiques. Mais pour patienter, prenons le train: dans les TGV en panne, le temps suspend souvent son vol. Et dans les petites gares de province1 c’est un simple signal lumineux qui vous prévient de l’arrivée d’un TER. Il déboule à cent cinquante à l’heure. Tant pis pour nous les « malvoyants », les enfants, les distraits ! Dès l’après-midi, les guichets sont fermés: point de chef de gare, la municipalité a dû engager de jeunes supplétifs pour assurer un minimum de sécurité à la place de la SNCF.

Mais c’est vrai, ne nous alarmons pas pour si peu. La généralisation du numérique aura bientôt raison de tous ces petits manquements. Grâce aux smartphones — dont les nouveaux modèles importés, toujours plus onéreux, s’imposent pluriannuellement­— vous pourrez bientôt tout faire. Oui absolument tout : soins, services postaux, voyages, amours, mort virtuels. Bienvenue dans le Pire des  Mondes. Mais mon fils, de quoi te plains-tu ? Tu numériseras ton prochain comme toi-même !

  1. Celle de Briare (Loiret), au célèbre Pont Canal, par exemple

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 20 Janvier 2017 à 21h55

      Hannibal-lecteur dit

      Mais bon dieu, le numérique S’AJOUTE à votre savoir, à vos outils, à votre culture, sans rien leur retirer …que ce que vous abandonnez vous-même, le cas ėchéant : alors accusez votre laxisme, votre propre démission …mais pas le numérique.
      Vieux con patenté je voue tous les déclinistes tous les pessimistes tous les tristes aux gémonies : le cul leur pèle et leur tombe en poussière ! Qu’ils s’en prennent à eux s’ils sont trop cons pour bénéficier des progrès , qu’ils s’en servent au lieu de les vilipender.
      Benêts. 

    • 20 Janvier 2017 à 17h50

      golvan dit

      Le problème du numérique c’est qu’il est beaucoup plus qu’un nouvel instrument de confort qu’on pourrait éviter le cas échéant. C’est un bouleversement total dont la portée et les conséquences apparaissent progressivement sans pour autant que notre comportement ait le temps de s’y adapter.
      Des métiers vont disparaître corps et biens car, en tant qu’intermédiaires, ils n’auront plus de raison d’être, alors que paradoxalement, le numérique permettant le rapprochement du client et du producteur, certains métiers pourront se maintenir alors qu’ils semblaient condamnés.
      Par contre, l’économie numérique présente pour l’instant des trous béants en ce qui concerne la fiscalité, l’Etat reconnaissant à demi mots les difficultés à collecter la tva auprès de sociétés domiciliées à l’étranger mais opérant sur le marché français.
      Quant à l’enseignement, c’est justement tout l’art de la pédagogie de transmettre un savoir avec des instruments divers, à supposer bien sûr que le numérique soit effectivement considéré comme un instrument au service de la transmission des connaissances, la question étant alors de définir les connaissances à transmettre.
      Mais ce qui est sûr, c’est que le numérique n’est pas un phénomène passager, et que son refus n’est pas un choix possible.
      Pour ma part, je trouve dans internet une source d’intérêt inépuisable qui ne me fait pas spécialement regretter “l’avant internet”, y compris bien sûr dans le domaine de la culture la plus classique.

    • 20 Janvier 2017 à 15h07

      rolberg dit

      À part que le numérique crée un monde où les rapports personne à personne disparaissent, tout va très bien madame la technologie.

    • 20 Janvier 2017 à 13h59

      netrick dit

      Il y a quand même du bon dans les smartphones: C’est le i-Neck ! Tous ce jeunes
      ( et moins ! ) ont le cou cassé avec le nez dans FaisseBouc 25 heures par jour.
      D’ou de très graves déformations et dégènerescences des vertèbres cervicales
      ( sans compter la dégènerescence cérébrale associée ). Ma fille a développé une technique opératoire originale ( et brevetée ) dans sa clinique à Minneapolis.
      Des centaines de cliniques et hôpitaux à travers les USA et le monde entier
      sont en train de prendre la licence. Ma chérie est bientôt milliardaire.
      Merci FaisseBouc et Steve Jobards.

    • 20 Janvier 2017 à 12h12

      l’appel de chtulhu dit

      Un véritable désastre ! La déshumanisation de tout , la dématérialisation de tout . Finalement les prochains autodafés seront les smarts phones crépitant au milieu des flammes car plus de livres à brûler d’ailleurs pour beaucoup c’est quoi un livre ? Bref le disque dur externe de tous ces décérébrés aura fini calciné . Plus de disque dur externe et plus de cerveau donc le rêve de tous les politiques ! Une nation de consommateurs au cerveau vide . Oui le pire des mondes

      • 20 Janvier 2017 à 15h09

        rolberg dit

        Il n’y aura autodafé que si l’aliénation a une limite, ce dont je doute.

    • 20 Janvier 2017 à 11h35

      ophyrs dit

      J’ajouterais à vos recommandations de lecture le très intéressant “Le désastre de l’école numérique” aux Editions du Seuil.

      Et je noterais que les enfants des grands pontes du numérique (Apple, Google, Microsoft, etc) inscrivent leurs enfants dans des écoles privées sans écrans !
      Chercher l’erreur.

      • 20 Janvier 2017 à 12h58

        Sancho Pensum dit

        Les cordonniers sont les plus mal chaussés.

      • 22 Janvier 2017 à 18h06

        Surbranĉa Birdo dit

        De même que les dirigeants socialistes font l’éloge de l’école publique où toutes les classes sociales sont mélangées… et prennent soin d’envoyer leur progéniture dans de luxueuses écoles privées où il n’y a pas trop de petits arabes.

    • 20 Janvier 2017 à 4h26

      IMHO dit

      Et qui se soucie des urgences hospitalières, où le patient espère plus d’une demi-journée qu’on se préoccupe enfin de lui ..
      Primo, rapport avec le numérique ?
      Secundo, ce n’est pas un peu exagéré ?

    • 20 Janvier 2017 à 4h24

      IMHO dit

      Psychanalyste chez Domicile Design ?

    • 20 Janvier 2017 à 2h08

      Wil dit

      Pour ceux qui ne connaissent pas et qui veulent voir une très bonne série TV sur les dangers d’une société numérique,je leur conseil la série anglaise Black Mirror.

    • 19 Janvier 2017 à 23h42

      Philvar dit

      Ce genre d’article me fait réagir de deux façons : la première sur les quelques termes employés absolument abscons et la seconde, bien plus simple, au 19ème siècle le premier train qui allait de Paris à Versailles à la vitesse fantastique de 30 km/h allait bien évidemment tuer ses passagers. Aller contre le progrès est l’apanage des vieux (de tous âges).

      • 20 Janvier 2017 à 2h06

        Sancho Pensum dit

        Non, pas des vieux, mais des vieux cons. Et aussi des jeunes cons.

        • 20 Janvier 2017 à 10h41

          Philvar dit

          OK ! Mais je ne dis plus jamais cela (con) depuis que je me suis aperçu que l’on est toujours le con d’un autre !

      • 20 Janvier 2017 à 2h12

        Sancho Pensum dit

        La seule chose qui soit absconse dans cet articulet, c’est le paragraphe Lacan. Pour le reste, c’est le degré zéro de l’analyse.
        Et s’agissant de la psychanalyse, laissons le dernier mot à Lacan : “Notre pratique est une escroquerie”.

    • 19 Janvier 2017 à 20h50

      IMHO dit

      S’il n’y a plus de chefs de gare, c’est parce qu’il étaient tous cocus et qu’ils ont déserté leur poste pour maudire les femmes dans Causeur jour et nuit .

      • 19 Janvier 2017 à 23h44

        Philvar dit

        Je serai bien heureux pour toi le jour où tu dépasseras le niveau de vue de ta braguette !

        • 20 Janvier 2017 à 4h09

          IMHO dit

          Il est cocu Monsieur Philvare, bis
          Parce qu’il n’a qu’une boule dans son sifflet, bis
          Ohé Ohé !

    • 19 Janvier 2017 à 20h02

      Wil dit

      Mais c’est génial le numérique!
      On a jamais inventé mieux dans l’histoire de l’humanité pour surveiller les pensées de chaque individu et donc pour réprimer dans l’oeuf toute contestation.
      Moi aussi,je serais dirigeant d’un pays,je ferais de grandes campagnes de promotions du numérique comme Hollande et d’autres.
      Parce que bientôt,tous ces abrutis complètements camés aux téléphone mobile qu’ils consultent dès qu’ils ont deux secondes de libre pour voir combiens d”amis” leurs ont envoyé de mails ou autre SMS et qu’ils ne quittent plus des yeux,se les feront tous connecter directement au cerveau pour gagner du temps et assouvir encore plus leur addiction.Et donc,il sera d’autant plus facile de hacker leur cerveau et de leur faire penser “comme il faut”.
      Vive le progrès numérique!
      Vous allez tous penser pareil et vous ne saurez même pas que ce n’est pas vous qui pensez.

      • 19 Janvier 2017 à 23h51

        Yang dit

        Influencer, convaincre, contraindre est aussi ancien que les rapports de force. De tout temps ceux qui en ont eu le pouvoir, l’ont pratiqué d’une façon ou d’une autre. C’est vrai à toutes les époques mais aussi à toutes les échelles, que ce soit au sein d’un foyer ou au niveau mondial.
        Il y a toujours eu une masse qui adoptait les idéologies dominantes, et d’autres qui les remettaient en cause. Puis une idéologie dominante déclinait du fait de son inadéquation avec une réalité et une nouvelle prenait sa place, gardant ou supprimant ce qui dans la précédente semblait le plus adapté ou erroné.
        Les humains et leurs sociétés, progressent en expérimentant, en améliorant, en se trompant. Revenant en arrière, oubliant parfois, et recommençant inlassablement comme des enfants apprenants.
        Un outil de communication ne peut pas être jugé d’emblée néfaste. Que certains l’utilisent de façon futile, est naturel, que d’autres l’utilisent pour servir leurs projets, aussi, mais juger le numérique en ne voyant que le mal qu’il peut faire, c’est oublier qu’il recèle en lui même le contre pouvoir au risque qu’il représente.
        A l’invention du livre imprimé, quelques monarques y voyaient probablement une occasion de glorifier leurs actions, des religieux celle de propager leurs idées et ils avaient raison, mais oubliaient tous, qu’un jour ceux qui étaient opposés à leurs dogmes, à leurs influences, ou qui avaient une autre opinion, une autre version de leur vérité, auraient eux aussi, et par le même média, l’occasion de faire entendre leur voix et ce malgré les censures.

        • 20 Janvier 2017 à 1h33

          Wil dit

          Vous êtes tous les mêmes.Des QI de moules.
          Vous méritez d’être les moutons que vous êtes.
          Un jour,vous ne penserez réellement même plus par vous même,Pour le peu que vous pensiez encore un peu par vous même.Et ça n’aura aucune importance parce que vous croirez que c’est vous qui pensez.
          Qui sait,peut être que c’est déjà le cas?
          Et peut être que tout ce que vous vivez est virtuel?
          un jour ça sera le cas.
          Quand serez vous capable de faire la différence ou pas à partir du moment où vous avez les yeux rivés sur votre mobile ou que votre mobile sera connecté à votre cerveau?
          Qu’est ce qui sera réalité et qu’est ce qui sera virtuel?
          Tu crois mon petit Yang que tu sais ce qui est réel et ce qui est virtuel?Mais au fond tu n’en sais rien.
          Pas plus que moi.
          Tu ne sais que ce que ton cerveau te dis de croire et tu n’es même pas sûr que ce que tu vis est réel,donc comment ferais-tu la différence si on prenait contrôle de ton cerveau grâce à la réalité virtuelle?

    • 19 Janvier 2017 à 19h49

      Cardinal dit

      …. et à la fin l’homme sera remplacé par le robot !

      • 19 Janvier 2017 à 23h52

        Philvar dit

        Le chasseur a été remplacé par le cultivateur ; le cultivateur à été remplacé par l’ouvrier d’usine qui est, à son tour remplacé par le robot. Il reste à trouver comment organiser une société sans travail où seuls des chercheurs intellectuels en tous genres et des actifs compulsifs feront la sécurité des autres ; les incapables d’évolution feront comme lors de tous les anciens changements : ils mourront rapidement d’ennui d’en une société où ils seront inadaptés. C’est la vie des humains et rien ni personne ne peut y changer quoi que ce soit ! Sauf peut-être en retarder, juste un peu, l’avènement.

    • 19 Janvier 2017 à 19h30

      persee dit

      Oui , L’utopie du numérique salvateur nous est vendue jusqu’à l’hystérie .Le progrès scientifique est-il relié directement au progrès de la culture humaine .   la déification de la technologie  du type , -”le monde sera meilleur demain grâce à internet ” , montre déjà ses limites . Les hommes eux ont toujours un logiciel qui date du XX ° , du  XIX ème pour une part , du XIV ème  pour une autre , et du néolithique pour certain . Et pourtant , nous sommes tous égaux ;

    • 19 Janvier 2017 à 19h15

      Sancho Pensum dit

      Après la peur du Grand Remplacement par Homo Islamicus, voici venir la peur du Grand Remplacement par Homo Numéricus.
      Hélas le règne d’Homo Phobicus n’est pas encore achevé.

    • 19 Janvier 2017 à 17h41

      Nolens dit

      Numérique ! Je suis à peu près certain que l’auteur ne comprend pas la portée attribuée à ce mot. Personnellement je pense que ce mot fait partie de mon être, j’ai travaillé dans ce domaine près d’un demi-siècle.
      Cela ne changera rien pour les individus, il ne s’agit que d’objets utilitaires, il faut s’y adapter. Cela va provoquer une nouvelle catégorisation des individus.
      Ce qui est dramatique, c’est l’abandon progressif des fonctions de base qui ont fait des hommes ce qu’ils sont, le calcul, le raisonnement, les langues étrangères.
      Mais rien ne peut s’opposer au progrès.
      Il y aura toujours la même proportion d’ignares.

      • 19 Janvier 2017 à 19h35

        Renaud42 dit

        “Mais rien ne peut s’opposer au progrès.”
        Encore un bel argument éculé et fallacieux.

    • 19 Janvier 2017 à 15h53

      Sancho Pensum dit

      “Peut-on encore s’opposer au sacro-saint tout-numérique?”…Demande le gugusse qui publie son article sur un site internet.
      Mais, mon gars, si t’aimes pas les NTIC, fallait graver ton pensum au burin sur du marbre et nous l’adresser par pigeon voyageur gonflé aux stéroïdes.

      • 19 Janvier 2017 à 17h20

        Renaud42 dit

        Argument éculé et fallacieux avancé par ceux qui refusent toute limite.

      • 19 Janvier 2017 à 17h43

        Nolens dit

        Vous repoussez encore les limites de la connerie.

        • 19 Janvier 2017 à 18h31

          Sancho Pensum dit

          Si seulement… hélas, j’en suis cerné, de plus en plus près chaque jour…

        • 19 Janvier 2017 à 19h50

          Renaud42 dit

          Et l’idée éculée selon laquelle si vous êtes contre telle ou telle innovation déshumanisante alors vous êtes pour le retour à l’éclairage à la bougie elle relève de quelle catégorie de la pensée?

      • 19 Janvier 2017 à 17h47

        Mkutch dit

        Sancho Mal-pensum, votre commentaire signe votre in-humanité. Heureusement que, à l’évidence, vous n’avez pas officié dans le domaine médical.

    • 19 Janvier 2017 à 15h52

      A mon humble avis dit

      Le numérique fait des exclus, comme les personnes âgées, peu voire pas du tout à l’aise avec des outils très récents pour eux, qui se substituent à un rythme trop rapide aux procédures qu’ils ont connu toute leur vie.
      Le pire est dans l’enseignement: au lieu d’utiliser ces outils dans le cadre d’une pédagogie avertie et prudente, on s’en sert pour remplacer la pédagogie et l’enseignant.
      Qu’il n’y ait plus de personnel dans les gares passe encore, mais la tendance est de transformer le professeur en coach numérique, juste présent pour aider les élèves à se servir des outils d’apprentissage.
      Professeurs de moins en moins compétents dans leur discipline, pas pédagogues pour deux sous, sans autorité, trop peu nombreux pour des classes de plus de 30 élèves: pas de problème, les robots seront bientôt là!
      Il existait une plaisanterie presque sérieuse: “à quoi sert-il d’apprendre ce qu’il y a dans les livres, puisque ça y est?”. Bientôt, on pourra dire: “à quoi sert-il d’apprendre quoi que ce soit, puisque les robots savent tout faire?”.
      Et prochainement, les robots sauront se fabriquer eux-mêmes. Nous construisons une société robotisée, sans nous apercevoir que c’est l’être humain qui devient un robot.
      Loin de tous les armageddons cataclysmiques, voilà donc la vraie fin de l’humanité.

      • 19 Janvier 2017 à 17h46

        Nolens dit

        Vous êtes pessimiste. Les robots ne sont pas près d’être autonomes, les gens seront de plus en plus asservis par leurs addictions, les élites, les vraies dirigeront, comme elles l’ont toujours fait.

      • 19 Janvier 2017 à 18h04

        Yang dit

        Très juste et nous constatons déjà quotidiennement, notre dépendance à certains aides numériques comme le GPS. Beaucoup d’entres nous sont devenus incapables de parvenir, sans eux, à une destination, pour peu qu’un chemin, pourtant déjà plusieurs fois parcouru, soit un peu complexe.
        Il en sera ainsi pour tous les aspects de la connaissance, nous trouverons aisément les informations, la réponse à une interrogation à l’aide de notre mémoire électronique, mais deviendrons incapable d’écrire 2 lignes, sans son aide.
        Notre mémoire, ce qu’elle contient, la façon dont nous l’utilisons sera probablement le premier aspect de la pensée qui sera remodelé par cette technologie.
        L’écriture a révolutionné en son temps la façon de penser. Elle était déjà une évolution de la tradition orale, permettant de transférer la mémoire de quelques uns vers un support plus durable et accessible et de s’appuyer sur ce savoir. Aujourd’hui nos esprits, s’adaptant aux modes de fonctionnement des nouveaux outils mis à leur disposition, ne mémorisent plus les informations, mais uniquement leur adresse, ou le moyen électronique d’accéder à cette adresse …