Toussaint : un bout de terre et des morts | Causeur

Toussaint : un bout de terre et des morts

Quand la tradition réconforte les vivants

Auteur

Lydie Marion

Publié le 01 novembre 2013 / Société

Mots-clés : , , ,

toussaint morts tradition

Maupassant était fasciné par le cimetière Montparnasse. Il associait cette « nécropole des morts » à la frénésie inversée d’un Paris souterrain, à la couleur particulière des rayons automnaux et à son insurmontable goût pour la flânerie. Le « Mauvais Passant », tel qu’on le surnommait, faisait déambuler ses héros amoureux dans ces allées où le temps semble se suspendre. La Toussaint est le moment particulier où les vivants rompent la quiétude des lieux. Cette tradition est ancrée dans l’immémorial. Elle recouvre des rites familiaux et ancestraux. Si, aujourd’hui les jeunes générations y sacrifient moins que les anciennes, il n’en reste pas moins que ces retrouvailles programmées avec les disparus restent vivantes. On peut penser que la transmission s’effectuera avec le temps, par passage de témoin.

La Toussaint arbore en effet une signification autre que celle du chiffre d’affaire des grossistes en fleurs ou du nombre de pots de chrysanthèmes vendus. Pourtant, chaque année les journaux télévisés s’ouvrent sur une perspective économique, puis déplorent la perte de cette tradition. Ainsi, depuis cinq ans, les obsèques religieuses ont reculé de 5%. La pratique catholique s’enfonce dans la désuétude. Les jeunes se désintéressent de l’hommage symbolique aux défunts symbolisé par le dépôt de fleurs. En outre, de moins de moins de funérailles sont célébrées par des prêtres mais par des diacres ou des laïcs. Le recul de la foi catholique se manifeste par la crise des vocations. Peu de jeunes sont attirés par la prêtrise. Aussi, les obsèques religieuses pâtissent-elles de cette désaffection. Pour un croyant, cela signifie beaucoup.

Au-delà du marasme institutionnel de l’Eglise Catholique en France, la Toussaint offre la survivance, au sein de la modernité, du besoin de se recueillir et de se souvenir des êtres aimés que l’on a perdus. Elle correspond à une pause où l’on se retourne sur le passé. Le souvenir des disparus supplante alors momentanément le présentisme effréné du quotidien où les morts n’ont pas leur place. Ce moment privilégié coïncide avec les réunions de famille où les liens entre générations sont resserrés. La mémoire familiale marque un désir de continuité qui transparaît par ce pèlerinage au cimetière à la fois intime et public.

Par là, arpenter sous la pluie ou sous les faibles rayons du soleil d’octobre les allées du cimetière, c’est perpétuer chaque année les vieilles coutumes transmises par ses parents. Cachés derrière les sépultures, arrosoirs, petits râteaux, bidons remplis d’eau, témoignent que l’entretien de la tombe familiale coïncide avec celui du souvenir des défunts. Le symbole du retour annuel sur le lieu où repose leurs dépouilles ou leurs cendres renvoie à sa propre finitude.

Face à la dalle mortuaire parée des colifichets d’usage « A notre sœur », « Souvenirs » et leurs variantes, l’humilité point. A contrario, la famille faulknérienne des Sartoris accrochée à l’ancêtre glorieux et à sa statue trônant au-dessus du caveau familial fait écart. Là, il ne s’agit pas d’être digne d’un ancêtre prestigieux mais de perpétuer une suspension éphémère du temps. Les lieux et les objets qui restent viennent au secours de la mémoire défaillante. La lignée s’interrompt parfois. Lorsque l’on arpente les allées des cimetières, l’on ne peut s’empêcher d’avoir le cœur serré en voyant des concessions à l’abandon, dont les noms gravés sont à peine visibles, et succombent déjà sous les assauts du temps.

Inscrire son nom sur une dalle mortuaire, c’est un acte de rébellion passif contre le temps, c’est prétendre à une trace passagère, à une éternité temporaire. Tant que la lignée est vivante, succèderont aux défunts, d’autres défunts de la même famille et cela signifiera magistralement la continuité. Les sépultures qui s’érodent rappellent que viendra un jour où plus personne ne se rendra sur la tombe et où son oubli définitif sera avalisé par l’installation de nouvelles tombes présidant ainsi à l’éternel recommencement. Il y a des lignées humbles qui s’éteignent dans le silence et non pas dans le fracas faulknérien. Inscrire son nom quelque part, c’est la première des actions que l’on effectue machinalement, c’est aussi une aspiration secrète et humble, qui culmine parfois dans l’excès : être suffisamment grand, avoir changé suffisamment les choses pour que votre nom soit inscrit au Panthéon de l’Histoire et qu’il traverse le temps plus longtemps.

Loin de ces considérations romantiques, le balai des anonymes perdure au long des années et s’étend sur toute la semaine de la Toussaint. Il emporte avec lui des cortèges de souvenirs que l’on conserve comme des trésors éphémères. Les nécropoles urbaines, immenses négatifs de la ville, alternent avec les cimetières minuscules des villages, perchés parfois sur des cimes auxquelles l’on accède seulement grâce à des routes accidentées et sinueuses. Le pèlerinage redevient voyage. Et, au détour de la dernière épingle, l’on découvre sur le plateau l’église solitaire qui abrite les ouailles défuntes qui se blottissent contre ses murs. Revenir tous les ans devant la tombe familiale, c’est renouer avec un lieu familier, un bout de terre qui appartiennent à ceux de votre sang. C’est réentendre le craquement familier des feuilles mortes, c’est s’étonner de reconnaître le grincement de la grille rouillée, c’est retrouver le goût de la flânerie, c’est s’apercevoir que tout est resté à sa place. Et au-delà des angoisses métaphysiques et universellement partagées, l’on se surprend à éprouver un paradoxal réconfort. Quels qu’aient été les aléas de l’existence, notre dépouille sera inhumée auprès des nôtres. Cette certitude apaisante participe de la perpétuation de l’empreinte familiale. La Toussaint produit chaque année un petit miracle, une bulle d’éternité qui fait sens.

 

*Photo : ALFRED/SIPA. 00483175_000014.

  • Article en accès libre. Pour lire tous nos articles, abonnez-vous !

    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 1 Novembre 2013 à 20h14

      Patrick dit

      Je me demande ce que le sujet sur les prostituées vient faire là. Il y assez d’articles sur le sujet ces temps-ci sur Causeur pour ne pas empiéter sur celui-ci.

      • 1 Novembre 2013 à 20h24

        Duglandal dit

        c’est la toussaint, patrick :

        je gis partout. 

    • 1 Novembre 2013 à 17h03

      saintex dit

      1 Novembre 2013 à 15h54 Gégène dit : “oui, je vois venir un superbe déni du réel
      yous know what ? je me marre”

      Tu as mentionné sur un autre post, un débat Onfray/Caron. Je viens de l’écouter. La démonstration est fort intéressante. Onfray “se promène” face à Caron pour la raison qu’il est cohérent dans la façon dont il construit son travail et restitue la réflexion qui en découle. Il dit cette phrase. Un philosophe n’est crédible que dans la mesure où il donne un exemple (“où il donne l’exemple”, faut-il comprendre dans le contexte du discours). Il est précisément à l’opposé du déni de réalité. Il vit et oeuvre dans le concret.

      1 – Je lis un manifeste qui, au moins entre autres, entend dénoncer l’intrusion de l’état dans la vie privée et l’absurdité de punir l’usage de ce qui est légal.
      2 – Je lis sur l’autre fil, que les signataires sont des pourris parce qu’ils ne dénoncent pas assez fort, voire pas exclusivement, l’esclavagisme lié à la prostitution.
      3 – Je lis aussi qu’il est choquant de paraphraser des gens qui avaient choisi de choquer pour se faire entendre (salopes).

      Dire que le point 1 n’est pas si simple, qu’il est réducteur, qu’il y a des tenants et des aboutissants, est à la fois recevable, intéressant, constructif et positif. Réduire le manifeste à cette contre argumentation, fait l’impasse sur son thème central. C’est déjà dommage pour la veille de la liberté, mais lui assigner cette impasse comme étant son thème est un déni de réalité.

      Clamer à l’envi, haut et fort le point 3, recevable lui aussi, et employer une méthode totalement identique comme l’a fait a2lbd, invalide totalement l’indignation (signification de ma réponse) et dénie de la sorte sa propre réalité.
      C’est exactement ce que mentionne Onfray. Il y a distorsion entre la paroles et les actes. Les actes étant dans ce cas de tenir une forme verbale que l’on dénonce.

      • 1 Novembre 2013 à 17h38

        Duglandal dit

        la distorsion entre les parole et les actes, c’est d’aller aux putes (esclavagisées) tout en dénonçant l’esclavage sexuel.

        c’est peu de dire que je ne me sens pas distordu, un tordu avisé en valant largement dix. 

        • 1 Novembre 2013 à 21h39

          Michel Zim dit

          La raison n’est donc pas à votre portée.

          Cracher sur autrui à tout vent vous suffit.

        • 1 Novembre 2013 à 21h48

          Duglandal dit

          mais non, mais non

          je crache sur les porcs, aussi 

      • 1 Novembre 2013 à 18h13

        saintex dit

        Si j’avais envie d’entrer dans le débat, je ne choisirais pas l’option du hors-sujet ici. Même si là-bas, rares sont les propos dans le sujet.
        La distorsion est de stigmatiser comme déni du réel, paille ou poutre dans l’oeil du voisin, en lui donnant de grands coups avec paille ou poutre que l’on cultive dans le sien.
        Ceci dit, la cohérence du discours n’a jamais été ta marque de fabrique. Tu es sur le débat, plus avisé en proposant à certains de prostituer leurs filles. Même si le sujet n’était pas la misère de la prostitution, mais… les incohérences d’une proposition de loi.
        Il ne faut pas espérer être crédible, quand ayant suivi a2ldb dans la grossièreté identique à celle que vous dénoncez, tu tentes une sortie avec l’argument bidon du déni de réalité. Il était présentement hors-sujet et importé à la hâte d’un autre débat. ceci même en tentant d’importer ce débat et de le faire suivre par une pirouette.
        D’autant plus distordu que tu annonces me voir venir avec armes et bagages là où je ne souhaite pas aller, ni ne vais. D’autant plus distordu que mis en évidence avec les éléments que tu as toi-même apportés (Onfray), tu penses te redresser en m’assigneant une nouvelle fois une résidence.
        Ceci étant, si tu veux lire que l’essentiel de la prostitution est misère, qu’on ne la souhaite à aucun être que l’on aime, c’est bien. Tout autant que je confirme la stérilité de la remarque grossière de a2ldb, je te confirme mon total accord avec toi. Et je confirme mon soutient. C’est même pour cela que je dénonce de plonger cette cause dans la même fange que les sales cons que je lis à côté.

        • 1 Novembre 2013 à 18h20

          Duglandal dit

          je la trouve pourtant très poétique, la phrase d’a2l

          bien segmentée, très musicale, un vrai régal pour ma jouis fine  

        • 1 Novembre 2013 à 18h29

          a2lbd dit

          Ce qui est assez au final amusant c’est de penser que comme vous le faites saintex que l’individu est un bloc immuable et ne saurait passer d’un registre à l’autre.

          Il est bien évident que je ne suis pas dans le même registre lors de mes explication sur le fond de l’affaire que lorsque que j’utilise cette affaire pour railler en faisant du hors-sujet.

          C’est là l’étape que vous ratez. Il est certains que je suis moins cohérent que Duglandal, qui se cantonne à un seul registre, celui de l’humour.

          Enfin en ce qui concerne mon 15h03, je vous donne raison, il est d’une parfaite vulgarité. Mais je donne aussi raison à Eugène : il est poétique. Ne sentez vous donc pas ce souffle épique qui consiste à reprendre le champs sémantique des autres pour leur en démontrer l’effet ? C’est de la “poetic justice” comme disent nos copains ricains.

        • 1 Novembre 2013 à 19h31

          saintex dit

          Je me demande où vous pouvez trouver dans mes propos, que je pense que l’individu est un bloc immuable. Sauf à supposer que je confonde cohérent et figé. Le concept de cohérence est indissociable des notions de mouvement et d’évolution.
          Dans le cas présent, je n’avais pas soucis de vous vouloir, Gégène et vous, adopter telle ou telle ton de discussion. Chacun est libre et maître de son verbe. J’ai simplement souligné ceci.
          J’ai vu à de nombreuses reprises le reproche fait aux signataires, d’avoir osé reférer aux Salopes, expliquant que elles étaient plus dignes. On pourrait presque y voir un copyright. Et là, sur un thème et un ton (1) qui ne sont pas moins dignes que le droit à l’avortement, je vois ariver de la part d’un membre du parti des dénonciateurs, un hors-sujet important le débat sur un mode, sinon plus, au moins aussi grossier que le détournement de titre du manifeste.
          Je n’ai fait que mentionner cette incohérence.
          Ensuite, Gégène a cru possible de me répondre en criant une nouvelle fois, au déni de réalité. Ce n’est pas supposer l’individu immuable, que de le mettre face à son incohérence. C’est au contraire supposer qu’il entendra, intégrera et, dans le cas présent, évoluera afin de mieux servir la cause qu’il défend. Ou autre manière qui me semble préférable, ne pas porter une sorte de respect figé aux Salopes et y référer comme un argument.
          D’une façon générale, on parle de ne pas faire ce que l’on reproche aux autres ou, ne pas reprocher aux autres ce que l’on fait. C’est un peu, suivant une translation, ce que dit Gégène en proposant à certains de prostituer leurs filles.
          Sinon, je n’ai pas trop peur des mots et je ne suis pas le moins du monde choqué par le titre choisi pour ce manifeste. Si vous me lisez, vous pourrez constater que je varie les styles, les langages et les humeurs et ne m’offusquerai donc pas qu’un autre en fasse autant. J’adore la vie, donc le mouvement.
          Deux points encore.
          Bien sur que votre phrase est poétique si l’on ajoute pas un clin d’oeil signifiant qu’elle ne l’est pas.
          Gégène s’est présenté comme entrant sur un ring. Cela ne signifie pas humour à tous les étages, même si celui-ci est dans les cordes de son ring.

          (1) Digne mais le ton pompeux à mon goût. Pompes funèbres bien sur. Reconnaîutre le grincement d’une porte rouillée et tout ce toutim m’ont fait penser à Vian. C’est je crois dans, je voudrais pas crever. Il écrit un bon paragrahue de ce style et finit en disant quelque chose du genre. Tout cela était horriblement romantique.

        • 1 Novembre 2013 à 20h05

          Duglandal dit

          “à la oussaint
          par tradition
           nous irons tous aux putes
          dorénavant”

          du houellebecq, et du bon !!!

          à quand le con gourd, a2l ? 

        • 1 Novembre 2013 à 20h17

          saintex dit

          Chercher ici les dames, c’est chercher de tout sein l’ouverture.

        • 1 Novembre 2013 à 20h20

          saintex dit

          C’est téter en l’automne, en somme.

        • 1 Novembre 2013 à 20h22

          saintex dit

          Si tu tousses(pour)un c’est que finalement tu penses,une pour tous.

        • 1 Novembre 2013 à 20h24

          saintex dit

          T’es un Gégène et t’as pas d’shampooing, non mais halloween.

        • 1 Novembre 2013 à 20h25

          saintex dit

          Toussaint pour ça, mais c’est pas sain tout ça.

        • 1 Novembre 2013 à 20h26

          Duglandal dit

          -))))))))))))))

        • 1 Novembre 2013 à 20h27

          saintex dit

          Pour sur. J’ai oublié le, pour sur. Comme dit Gégène faut être précis.

        • 1 Novembre 2013 à 21h13

          a2lbd dit

          saintex

          Que voulez vous, tout sein me rend con, culs pis, sans vergogne. 

          je suis prêt  à signer tout  manifeste posant en droit inaliénable celui de decompresser des cons pressés de se montrer toujours  plus dans le réel que les autres.

          Ceci étant posé je doute fort que vous puissiez trouver dans un seul de mes écrits  un appel  à la morale. Je râle bien plus sur l’égalité des maux comme principe  de buzz ou plutôt  de bouse.

        • 1 Novembre 2013 à 21h51

          saintex dit

          Le ciel me préserve de remonter ce fil. D’autant que je ne vous ai pas nommé comme ayant précédemment tenu tel ou tel propos précis. Je me cite.
          “J’ai vu à de nombreuses reprises le reproche fait aux signataires, d’avoir osé reférer aux Salopes… je vois ariver de la part d’un membre du parti des dénonciateurs.”.
          De mémoire, c’est essentiellement Nadia qui argumentait sur cet axe. Honte aux signataires qui osent un parallèle avec les Salopes.
          Je ne tiens pas particulièrement à créer des groupes. Mais force est de constater que c’est une mode bien pratiquée ici. L’enfer c’est les autres. Il y a d’ailleurs des dynamiques de groupe assez amusantes depuis la systématique dans la divergence jusqu’à l’étonnement devant la convergence. Quoiqu’il en soit, les références, appels du pied, appuis et soutiens divers face aux méchants, sont des élements tellement constitutifs de l’échange sur ce forum, que je me permet d’établir des groupes d’argumentaires.
          Vous pouvez protester de votre non référence à l’argument évoqué. Je veux bien vous croire. Mais volontairement ou non, vous avez participé de l’action de groupe. La preuve en étant que Gégène est venu vous soutenir.
          C’est d’ailleurs à cause de cela que je ne suis pas intervenu sur ce sujet qui provoque un immense cafouillage. Une première synthèse a pourtant été faite dans “les puritains sont à la rue” (1 Novembre 2013 à 1h45 rycquo). Elle est restée lettre morte car de toute évidence, faut qu’ça saigne.

        • 1 Novembre 2013 à 23h58

          a2lbd dit

          mais saintex, la “synthèse” de rycquo n’en est une qu’à vos yeux et à ceux du laissé faire en matière de prostitution. Comme lui indiquait  Duglandal, de manière directe et efficace, , il évacue la question de la responsabilité  des clients face à la traite des femmes.
          S’il y a  offre, il y a demande. Si les réseaux mafieux peuvent réduire en quasi esclavage  des femmes ou des hommes démunies c’est qu’en face certains sont prêt  à payer pour cela…en immitant bien entendu  les trois petits singes de la fable…

        • 4 Novembre 2013 à 13h00

          saintex dit

          “mais saintex, la “synthèse” de rycquo n’en est une qu’à vos yeux”
          Une synthèse ne se définit pas comme appartenant à un courant de pensée comme votre propos SEMBLE le signifier. L’intervention de rycquo est une synthèse en ce qu’elle isole l’ensemble des propos arrivés en vrac pour reconstruire avec un ensemble cohérent. Mes yeux et Chimène n’y sont pour rien.
          “et à ceux du laissé faire en matière de prostitution.”
          Cette proposition, qui semble porter un énorme affectif, est probablement ce qui vous empêche de voir la synthèse.
          “Comme lui indiquait Duglandal, de manière directe et efficace, , il évacue la question de la responsabilité des clients face à la traite des femmes.”
          Comme disait Iacub, lorqu’on parle de l’histoire des esclaves dans les champs de coton américains, on ne parle pas de l’histoire des ouvriers agricoles réduits à l’esclavage. Les prostituées esclaves existent, elles sont peut-être majoritaires, mais les ouvriers agricoles existent aussi. Confusion, toujours confusion, d’où l’intérêt des synthèses.
          C’est ce qui cloche avec Gégène. Il parle toujours d’autre chose que le sujet. Sauf à supposer qu’il ne s’en rend pas compte, ce dont je doute, on peut en déduire que le sujet ne l’intéresse pas, qu’il s’agisse de loi Taubira comme de cette proposition-ci. Du reste je ne me souviens pas de l’avoir vu exposer une ligne d’évolution, mais simplement se foutre de la gueule, avec force plaisanteries, de ceux qu’ils classifie comme ennemis.
          “S’il y a offre, il y a demande. Si les réseaux mafieux peuvent réduire en quasi esclavage des femmes ou des hommes démunies c’est qu’en face certains sont prêt à payer pour cela…en immitant bien entendu les trois petits singes de la fable…”
          Bref, parce que celà est au coeur du sujet d’à côté et non de celui-ci. Quelles autres formes d’esclavage existent encore ? Ouvriers asiatiques ou nord africains qui produisent pour nous, Pakistanais dans les royaumes arabes propriétaires de clubs de football…

    • 1 Novembre 2013 à 15h51

      Georges Saval dit

      Très joli texte.

    • 1 Novembre 2013 à 15h47

      Habemousse dit

      Des évidences magnifiées par un style simple et poignant, qu’il est bon de rappeler de temps à autre.

    • 1 Novembre 2013 à 15h03

      a2lbd dit

      à la Toussaint par tradition nous irons tous aux putes dorénavant

      • 1 Novembre 2013 à 15h06

        Duglandal dit

        farpaitement !

        on est un pays libre, merdre ! 

      • 1 Novembre 2013 à 15h13

        saintex dit

        Voici qui valide les leçons de haute tenue morale dispensées sur un autre fil.

        • 1 Novembre 2013 à 15h14

          Duglandal dit

          c’est pour ça que j’ai utilisé le mot “merdre”, ça fait de suite plus littéraire, non ?

        • 1 Novembre 2013 à 15h41

          saintex dit

          Lorsque j’ai écrit, ton ralliement à la fange extrémiste n’apparaissait pas sur mon écran.
          http://www.youtube.com/watch?v=4Q8OoIZOyG8

        • 1 Novembre 2013 à 15h44

          Duglandal dit

          sextrémiste, saintex, sextrémiste…

        • 1 Novembre 2013 à 15h52

          saintex dit

          Le produit des sextrêmes est égal à celui des moyens, et ne savent justifier aucune fin parce ne l’atteignant jamais.
          Frère âne, vois-tu quelque chose venir ? Non ? alors regarde ailleurs.

        • 1 Novembre 2013 à 15h54

          Duglandal dit

          oui, je vois venir un superbe déni du réel

          yous know what ?

          je me marre 

    • 1 Novembre 2013 à 14h46

      NCC dit

      Je suppose que vous utilisez le terme “Toussaint” dans son acception profane (la plus répandue), car n’oubliez pas que la Toussaint n’est pas une fête en mémoire de nos défunts -laquelle a lieu demain 2 novembre- mais la fête de tous les Saintes et Saints.

      • 1 Novembre 2013 à 15h07

        Parseval dit

        samedi 1er novembre
        Chronique de Saint-Auvieux
        Depuis quatre ou cinq semaines, j’ai vu de ma fenêtre les villageois nettoyer et fleurir les tombes. « On va parler à nos morts », dit Mme Angot. Les émigrés sont revenus dans leur famille. Certains reviennent aussi pour d’autres fêtes mais tout le monde doit être présent quand il s’agit de la mort la Toussaint, la « sépulture » d’un parent.
        A la messe, les gens sont mieux vêtus que d’habitude. Mme Mérienne et Léonie l’infirme ont un foulard neuf quelques manteaux de fourrure dans l’aristocratie paysanne les chapeaux noirs bien brossés des hommes. Même solennité qu’au 15 août un musicien de Carelles (personne ici ne sait jouer de l’harmonium), six enfants de chœur, le prêtre en grand surplis, lustre central allumé.
        L’abbé Souvestre entonne des cantiques traditionnels, les vieux sont aux anges. (D’ordinaire ils se taisent parce que les nouveaux cantiques en français les assomment seuls les spécialistes, Léonie l’infirme et le « sacriste », chantent avec le curé.) Puis l’assistance, très attentive, écoute les deux lectures, surtout celle de l’Apocalypse qui annonce la venue des catastrophes. Silence absolu dans les travées, même les gamins turbulents oublient de se faire tomber.
        Le prêche commence par « Ceci n’est pas la fête des morts ». Stupeur, indignation « Heu lô ! heu lô ! L’abbé Souvestre hausse la voix. « Ceci n’est pas la fête des morts, mais celle des saints, qui sont immortels. Tous ceux qui suivent Jésus seront immortels. Soyez donc des saints, gagnez la vie éternelle ! » Bref, la Toussaint n’est pas… ce que précisément elle est pour les paroissiens, et cette dénégation vient de l’Église officielle. Sur un ton si brutal que chacun se sent désavoué dans sa foi. Le curé a-t-il pris peur ? Il ouvre une brochure et, dans le brouhaha général, lit d’une traite un sermon préfabriqué gagnons le paradis en évitant le sexe, la drogue et l’argent (fléaux bien connus à Saint-Auvieux). Il termine par une phrase de son cru « Ceci n’est pas la fête des morts, mais celle des vivants, la fête de ceux qui ont mortifié leur corps et sont vivants en Dieu. » La vie mortifiée, la mort vivifiante. ces embrouilles scolastiques ont laissé de marbre des paysans pour qui la mort est une réalité souveraine, indépassable.

        Jeanne Favret-Saada — Corps pour corps

        • 1 Novembre 2013 à 15h21

          Patrick dit

          Ah, j’ai eu peur, je croyais que c’était vous Parseval qui étiez à la messe vous faire du mal à écouter un discours de gens que vous n’aimez pas !
          Mais me voilà rassuré, ce n’était qu’une citation.

        • 1 Novembre 2013 à 15h25

          Duglandal dit

          ah d’ailleurs, patrick, que vont penser les causeurs des discours trop bigots et sociaux de ces curés qui vont leur demander de ne pas fréquenter des esclaves ?

          des curés “rouges”, vous pensez ?
           
          votre avis m’intéresse

          question qui ne vous concerne pas personnellement, vous vous être (très bien) exprimé sur le sujet 

        • 1 Novembre 2013 à 15h26

          Parseval dit

          Une messe pas en latin ne m’intéresse pas. Heureusement il reste les concerts d’orgue pour occuper l’église.