Tous les hommes ne sont pas frères
Entretien avec Régis Debray
Publié le 12 mars 2009 à 13:43 dans Culture
Mots-clés : Entretien, Philosophie
Elisabeth Lévy s’entretient avec Régis Debray, qui vient de publier Le moment fraternité (Gallimard). Religion, société, politique : quel est le prix du “nous” ?
Il y a du sacré partout et de tout temps, rappelez-vous. Ce sacré omniprésent n’est-il pas, comme vous le reproche Marcel Gauchet, un concept inopérant ?
Le sacré est une abstraction fumeuse, mais les lieux et les livres sacrés se portent à merveille. Allez cuire un œuf sur la flamme du Soldat inconnu, ou ouvrir une crêperie sous le portail d’Auschwitz, vous m’en direz des nouvelles. Quelle communauté humaine, athée ou non, n’est-elle pas flanquée d’un sacrilège puni par la loi ? Gauchet devrait voyager. Un tour du monde, de temps à autre, cela dérouille les neurones.
En médiologue grave et farceur, vous prétendez recenser les preuves matérielles du sacré, mais vous n’en tournez pas moins autour d’idées.
Je ne parle pas en philosophe, je me promène, du Kazakhstan à l’île de la Cité. Même dans un plat pays, vous trouverez un haut lieu, enclos, crypte ou tour. Un point de rassemblement, matérialisant le point de référence mythique, événement, héros ou mythe fondateur qui cristallise une identité. Je photographie les variations pour chercher l’invariant.
Lequel a ou a eu partie liée avec le religieux. Qu’est-ce qui les distingue l’un de l’autre ?
Le sacré précède le religieux et lui survivra. “Religion” est un mot latin qui n’a pas de traduction en chinois, ni en hébreu, ni en persan, ni en grec. Cela signifie pour nous un Dieu, un clergé, des écritures et des dogmes, acquis tardifs. Au temps de Stonehenge, il n’y avait pas de religion, mais il y avait du sacré Et quand une religion s’en va, un sacré repousse tout seul, puisque ainsi s’appelle ce qui permet à un tas d’individus de se vivre comme un tout. On ne se déprend pas du sacré en le sécularisant. Michelet l’a fort bien dit pour la Révolution.
Pour vous, l’hypothèse de Gauchet selon laquelle notre monde est celui de la sortie de la religion est donc inopérante ?
Prophète, père de la patrie, défaite ou victoire légendaires, tombe, mur ou montagne – le point unificateur relève du mythe ou d’une histoire mythifiée. Je crains qu’on n’y échappe pas. Et puis, qu’appelez-vous notre monde ? L’Afrique noire, Madagascar inclus, où le prophétique encadre le politique comme jamais ? Le monde arabo-musulman, où l’islamisme remporterait les élections si elles n’étaient pas truquées ? Les États-Unis où Obama se fait bénir par deux pasteurs, pour plus de sécurité ? La Chine, où renaît le confucianisme par le bas ? L’Inde ? Le Pakistan ? Soyons sérieux. C’est vrai que dans le petit cap catholique de l’Asie, Québec inclus, Don Camilo s’est éclipsé, Peppone aussi. Ce n’est pas la partie la plus dynamique du monde.
Ce “besoin de sacré” n’est pas ce que nous avons de mieux. “Nous ne pensons pas donc nous sommes”, écrivez-vous. Le sacré rendrait-il con ?
Assurément. Il est là pour faire un peuple avec des populations, pour associer et souder et penser, c’est toujours se dissocier. Le besoin de sacré ne fait pas l’affaire de l’individu mais des groupes. Y aurait-il Israël sans la Torah, un monde arabe sans le Coran ? L’Inde sans le Mahabarata ? Le culte d’Athéna a fait vivre Athènes. Il a aussi tué Socrate. Disons qu’il faut une sacralité pour construire une Cité et des impies pour casser la baraque. Une vraie civilisation tient du double bind. Pas très amusant, mais un homme prévenu en vaut deux.
Sans sacré, pas de collectif, donc. Souffrons-nous d’une carence de sacré ? Ou existerait-il, comme pour le cholestérol, un bon et un mauvais sacré ?
Deux choses menacent le monde, disait Valéry, l’ordre et le désordre. Deux choses menacent nos sociétés, le “moi je” et le “nous”. Dans les sociétés dites holistes, le collectif précède et étouffe la personne. Dans nos sociétés d’individus, le “moi je” fait éclater le “nous”. C’est le cas en France, et même en Europe, où la crise déchaîne les égoïsmes nationaux. Ce n’est pas le cas des États-Unis d’Amérique avec le one nation under God.
Ne tournez pas autour du pot. Le bon “nous”, pour vous, c’est le “nous” national, version républicain-hussards noirs.
Le “nous” patriotique a été sacralisé en France, disons de 1790 jusqu’à 1968. Ce lien s’est désagrégé. On ne peut pas le renouer à froid, mais de là à s’imaginer qu’on peut se passer d’un coagulant imaginaire… Un consommateur en chasse des soldes et en manque d’identité se retrouve breton, juif ou homo d’abord, ou noir. En Amérique, il y a une nef centrale avec de multiples chapelles autour. Chez nous, la molécule est à atomes lâches. Chacun se bricole son appartenance avec les moyens du bord.
Résumons : pour réapprendre à vivre ensemble, il nous faut retrouver le sens de la fraternité donc du sacré. Or, dîtes-vous, le sacré divise, trace des frontières. Paradoxal, non ?
Entendons-nous. Fraternité n’est pas fratrie, c’est une solidarité élective, et non naturelle. Cela consiste à reconnaître pour frères des gens qui ne sont pas de la famille. Or ce qui met ensemble, une famille élective, c’est ce qui la met à part d’une autre. Il n’y a pas de nous sans un eux. “La Guadeloupe sé tannou / La Guadeloupe a patayo.” La Guadeloupe est à nous, la Guadeloupe n’est pas à eux. Ce qui se dit en créole se pratique partout mais affleure dans les crises. Les roses ont des épines, la fraternité aussi.
Le monde sans frontière n’est-il pas fait pour l’hyper-individu du XXIe comme celui des nations l’était pour l’homme des Lumières. Dans notre grande salle de gym, avons-nous vraiment besoin d’appartenance ?
Plus que jamais. L’utopie libérale remplaçait la carte d’identité par la carte bleue. Fin des mythes de fondation, des patois et des petits drapeaux ! Ça ne marche pas ! Plus vous inondez un pays de coca-cola, plus vous y semez d’ayatollahs. Le monde technique et économique produit de la convergence mais cette convergence appelle une divergence de sens contraire, par une sorte de thermostat de l’appartenance. Il faut de nouveau penser les sacralités, les mémoires, y compris chez nous. Les ethnologues ne sont pas seulement faits pour étudier les Papous.
Dans ces conditions, rien de ce que qui nous concerne ne doit être étranger au Papou, à commencer par la liberté. Les droits de l’homme sont, déplorez-vous, la nouvelle religion de l’Occident contemporain (ROC). Il y a pire croyance partagée que celle qui consiste à créditer chacun de son humanité.
En effet. Confucius, Epictète et Jésus nous faisaient déjà ce crédit. Il y a comme une morale universelle de la compassion. Mais un individu abstrait de son milieu dont le but ultime est le bonheur, ce n’est pas l’alpha et l’oméga sur la planète. L’universel des droits de l’homme ne peut devenir notre bonne conscience et notre mauvaise foi. Je suis le Bien, et j’occupe pour libérer ?
En somme, les Droits de l’Homme ne sont pas seulement la religion de l’Occident mais son bras armé idéologique ?
Comme on ne peut pas faire ce qu’on dit ni dire ce qu’on fait et qu’on est bien forcé de faire la politique de ses intérêts, on s’adonne à l’hypocrisie pour huiler les rapports de force.
Reste qu’il y a quelques raisons à la centralité des droits de l’homme en Europe, et en particulier dans la gauche européenne, à commencer par les expériences totalitaires.
Oui, la ROC a été chez nous un sursaut protestataire, contre le “nous” de la race et celui de la classe. De là à fantasmer un consommateur-emprunteur, qui n’a ni langue ni mémoire et n’est fils de personne… Le délice de la déliaison me semble une utopie.
Peut-être mais le confort du relativisme est aussi inefficace pour empêcher que les petites filles afghanes soient vitriolées sur le chemin de l’école.
Les Afghans sont mieux placés que nous pour faire évoluer l’Afghanistan. Si une coalition de chrétiens s’en mêle en bombardant les noces de village, il y aura encore plus de vitriol. Napoléon en son temps a voulu moderniser l’Espagne, les moines fanatiques l’ont fichu à la porte. La Croisade américaine en Afghanistan est aussi absurde que contre-productive. Que nous soyons devenus les supplétifs d’une idiotie coloniale ne plaide pas en faveur de notre sens des réalités.
Est-il possible de sauver les droits de l’homme du droit-de-l’hommisme ?
Oui, à condition de le faire modestement, sans les imposer. Et en renonçant à l’idée que tous les hommes ont rendez-vous à la fin de l’Histoire pour prêter serment à notre déclaration des droits de l’homme. Cette croyance proprement religieuse suppose que l’Occident aura encore l’hégémonie dans cent ans. On peut en douter.
En quoi la fraternité pourrait-elle être une alternative au sacré officiel mais faible que sont les droits de l’homme et à tous les sacrés privés qui nous requièrent de plus en plus ? La fraternité sauvera-t-elle la nation ?
La nation civique, pas la nation ethnique, n’est-ce pas ? Non, il n’y a pas de sauveur suprême, ni de formule miracle. Mon livre s’appelle Le moment fraternité. Il faut lui faire une place, c’est tout. Ne pas la rendre impossible, comme le fait le marché-roi. Rien de plus.
Il y a une ruse dans votre histoire personnelle. La première fraternité que vous vous êtes choisi, celle de la révolution, était internationaliste.
J’ai cru y trouver une famille. C’en était une, d’ailleurs, mais pas vraiment la mienne. C’était le nationalisme latino-américain en marche, sous le drapeau rouge. Et il avait bien raison. On ne se débarrasse pas de l’ethnos, des communautés de mémoire. Il ne faut pas l’idolâtrer, mais il faut faire avec. Le demos, la communauté de conviction, ne suffit pas.
Vous récusez donc l’accusation de nostalgie souvent formulée à votre encontre ?
La nostalgie est un sentiment révolutionnaire. Je reconnais le conservateur à ce qu’il n’en a aucune. Toutes les forces actives dans l’histoire partent de là. Le sionisme, c’était le retour à Sion. Si Che Guevara n’avait pas pensé à Bolivar, il n’aurait pas été en Bolivie. Et Obama sans Lincoln ne serait pas à la Maison-Blanche.
Pourquoi refusez-vous de désenchanter la politique ? Quel mal y aurait-il à ce que ses passions et ses débordements soient remplacés par l’appréciation d’intérêts bien compris ?
Ce serait l’idéal en effet, de pouvoir s’en tenir à la réalité. Mais il y a toujours de l’imaginaire en jeu, le Dalaï Lama, la Bretagne, l’homosexualité ou le PSG. Le désenchantement, c’est le passage d’un enchantement à une autre.
Que nous faut-il, alors, pour redevenir Français ? Une bonne petite guerre ?
Il est vrai que la guerre fait apparaître le “nous” par-dessus le “moi je”. Ça vaut pour Israël comme pour le Liban. Jamais il n’y a eu plus de monde à Notre-Dame-de-Paris qu’en 1914 ou 1939. Aux États-Unis, au lendemain du 11 septembre, on priait dans les rues. Pour redevenir fraternels, nous n’avons certes pas besoin de Te Deum mais d’une confrontation. C’est le prix du “nous”. Moi, ça ne me fait pas peur.
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L'auteur
Elisabeth Lévy est journaliste et essayiste.
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robespierre dit
@serge a. : je prends la tête de la brigade du Sud, celle qui s’attaque à Monaco. Comprenez moi, j’ai toujours révé de paradis, fussent-ils fiscaux.
L’Ours dit
Alvaro Canyon,
vous pensez bien que mes reflexions arrivent à la fin, celle où nous sommes!
Auparavant, il aura fallu que toutes les voies que vous envisagez aient été exploitées!
Après, il faut oser faire le constat et cesser de se mentir!
Pour la Chine, c’est d’abord économiquement qu’il faut se défendre! Puis, jouer sur du velours car les forces en présence sont toutes autres! Mais la Chine elle-même doit savoir faire mesure, même en faisant semblant d’aller trop loin. Pour le moment, il n’y a pas danger mortel avec cette nation!
Avec l’Islam c’est deux choses qu’on doit protéger. Notre vie avec les pays islamistes. Notre mode de vie ici! Dans certaines villes, il a déjà disparu! Raimu, Pagnol, Giono, … où est la Cannebière?
Quelle rigolade! Je ne parle plus de ce qui menace, mais de ce qui est! Et encore, si la façon culturelle de vivre disparaît pour du différent, ce n’est pas si grave, mais quand c’est pour descendre dans l’onscurantisme, j’étouffe de voir un tel ventre mou!
café du commerce dit
“je photographie les variations pour chercher l’invariant”….putain !
claude b. dit
robespierre:
il n’y a pas plus de “baiser de la mort” comme vous dites que de beurre en broche!!!
Phantom of Ben Gazzara dit
L’opposition entre ethnos et demos c’est franchement facile, le style Gérard Majax quand la réalité ne me plaît pas, une genre de réalité qui se demanderait comment définir le peuple dans nos démocraties actuelles ?, je sors mes antithèses Ethnos (la mémoire), Demos (le présent fraternel), un peu court non
serge a. dit
robespierre :
On attaque sur tous les fronts à la fois. L’Ours attaque l’islam pendant Jardidi s’occupe de la Chine et de l’Inde. Si vous visez un commandement, dépêchez vous, on a bientôt fait le plein. Après c’est du deuxième choix.
Alvaro Canyon dit
L’Ours,
Je n’insinue pas que vous êtes un adorateur de la guerre. Je constate que si vos ennemis vous haïssent, en les combattant, ils vous haïront encore plus; de même que votre haine ne prendra jamais totalement fin, même après la destruction de vos ennemis, si nous accordons bien entendu une éternité à cette sentence: “il y a toujours un ennemi à combattre”.
Le problème est – et vous avez raison de le souligner – qu’aucune autre solution ne parait envisageable pour mettre fin à un péril qu’un combat singulier.
Peut-être la diplomatie échoue-t-elle a rendre les belligérants sagaces, mais nous oublions trop souvent les considérations qui se cachent derrière la haine, si improbe fut-elle à l’homme.
Nous oublions comment elle se forme, comment elle aliène, comment elle fanatise. Tout au plus, nous ne la considérons qu’à l’heure où il vient de l’affronter, alors qu’on connait grossièrement les raisons de sa réussite: l’humiliation et la souffrance, qui appellent de surcroit la vengeance.
Il faut donc s’interroger par où, quand, qui, quoi, comment avant de lever le glaive et trancher la question.
Peut-être est-il désormais trop tard pour ce présent conflit qui a pourri en conjoncture.
Il reste néanmoins à nous prévenir des autres,et une prise de conscience des méfaits des contingences du marché néolibérale et autre mondialisation uniculturelle à l’échelle du globe n’y sera pas vaine.
robespierre dit
Bien, nous sommes donc ici plusieurs à être prêts. Magnifique. Mais avant de donner l’assaut, partageons-nous le même ennemi ? On attaque à l’Ouest ? A l’Est ? Au Sud ?
Three piglets dit
“On ne se débarrasse pas de l’ethnos, des communautés de mémoire. Il ne faut pas l’idolâtrer, mais il faut faire avec. Le demos, la communauté de conviction, ne suffit pas. ”
Oullala, le méchant nazi.
max bigaro dit
” Seuls, les imbéciles ne changent jamais d’opinions ”
Les théocrates-mao d’hier sont-ils au bord du précipice psycholo-politico-ego-conso crise ?
La force de la compassion reprend sa place avec la force du boomerang, celle-la meme autant dénoncée ces 30 dernières années. N’est-ce pas Mr DEBRAY !!!
Rien de tel qu’une bonne destabilisation ” foudroyante ” (terre brulée), afin de remettre “NOS bonnes ames” et philosophes médiatisés sur le droit chemin.
La peur, la frousse, finalement porte en elle-meme les graines du renouveau , comme un début de cancer : la survie seule alors compte, ni plus, ni moins.
L’Ours dit
Je n’ai jamais dit: “je te hais!”. Je voudrais juste que nos yeux ouverts aient le courage de faire le constat: “il me hait”!
J’ai juste décidé de ne plus faire de faux semblant et de dire les choses sans chichis!
Ce que j’abhorre c’est l’islam, pas les musulmans, mais c’est un autre débat!
robespierre dit
claude b. : ce baiser de la mort est le signe d’une grande distinction. -:))
Jardidi dit
A Ours de 18.18
OK, mais vous semblez quand même les haïr.
Je ne dis pas qu’il faut se laisser couper la tête passivement mais que la montée en puissance de la Chine et de l’Inde est un problème beaucoup plus grand même si c’est pour demain.
L’Ours dit
Alvaro Canyon,
Certes! Mais si celui pour qui je suis un salaud ne voulait pas me trancher la tête, je ne lui chercherais pas querelle et cela ne serait pas loin de m’être parfaitement indifférent. Et je vais plus loin! S’il a numéroté mes abattis mais qu’il n’a pas les moyens d’être dangereux, cela me serait aussi égal.
Mais à partir du moment où il a une capacité de nuisance, là les pacifistes orthodoxes vont vraiment m’énerver! D’abord parce qu’ils vont représenter un danger pour “ma” sécurité et ensuite parce qu’ils vont s’imaginer que j’aime la guerre!
Ludovic Lefebvre dit
Comme Robespierre et Debray, je suis prêt. Le salut et retour du paradigme de la france est plus important même qu’un Lefebvre. Cette évidence formulée, il y en a une autre qui suit : nous ne sommes pas obligés de mourir en cas de conflit, on peut même espérer redevenir enfin en vie ensuite, car c’est bien le but finalement.
Obama, Socrate, Valéry etc, en voila des droits d’auteur à partager. Quand le penseur contemporain osera t-il ne plus convoquer les valeurs sûres d’antan pour s’exprimer ? C’est agaçant. La démarche de Régis Debray qui est intéressante et non dépourvue de courage manque de la “rééducation” à laquelle nous devrions procéder à commencer par nous mêmes, il ne saurait y avoir ce salutaire contre-pied sans un plein effort sémantique : démarquons nous des petits penseurs archivistes, documentalistes qui ont des droits de l’homme sans citoyen planté dans le c.. !
Alvaro Canyon dit
La nostalgie du conservateur…
Le Conservateur vit quelque part dans la nostalgie d’un passé, d’une tradition qui voudrait qu’il ou elle fût éternellement le présent. Il vit dans un regret de ce que ses valeurs ancestrales puissent disparaître dans l’avenir.
En somme, cela inclut qu’il connait profondément la nature de l’homme pour comprendre que celui-ci soit capable de progressisme et de nouveauté. Seulement, il n’en reconnait ni le génie ni la légitimité.
L’Ours, comme vous le dites si bien, il faudrait paralyser ceux qui “à vos yeux” sont des salauds. Mais où s’arrête cette considération? Staline ne l’étendait-il pas jusque sous les poêles et les redingotes de ses concierges?
Ne faut-il pas déterminer à l’échelle de notre espèce ce qui peut nous nuire?
Effectivement, le simple fait qu’on puisse vouloir nous inclure à la potence par le simple fait que nous existions a de quoi faire fondre un glaçon entre deux orteils. Mais en allant combattre jusque chez l’ennemi (entendons, le traitre au genre humain), ne l’alimentons-nous pas de sa propre haine et de l’influence de son fanatisme?
Tout cela, en fin de compte, pour dire que l’on se s’est pas attaqué à l’empereur de l’empire galactique quand il en était temps. Si Ben Laden avait péri sous les bombes américaines qui firent tout pour l’éviter, on aurait au moins désarçonné un pan entier de l’organisation des talibans. Car des tyrannies, sans têtes pensantes, ce sont des couin-couin qui s’agitent sous l’effet encore catharsique de la guillotine.
Désormais, nous sombrons dans un manichéisme de lutte du bien contre le mal quand le bien et le mal se confondent dans la guerre.
C’est une contradiction qui peut apporter plein de lumière.
vingtras dit
Confrontation ? Je croyais que le “choc des civilisations” ça n’existait pas… Quelque chose a dû m’échapper. Mais je suis prêt, ma kalach’ est bien graissée et mon bandana à portée de la main. PS / Merci Mam’ Elisabeth, ça m’évite d’acheter le livre. J’aime bien le choix de vos entretiens (ah ! le fayot…) Et Gauchet à nouveau, c’est pour quand ?
L’Ours dit
Jardidi,
vous n’avez pas l’impression de faire un grand écart?
Je veux juste qu’on arrête de se cacher derrière son petit doigt. On est tellement choyé dans notre société béate qu’on n’arrive plus à imaginer que quelqu’un puisse vouloir notre peau, nous tuer! Dans les pires moments, on va jusqu’à accepter des adversaires, mais des ennemis? Non! personne ne nous hait à ce point!
Voyez-vous, j’irais même jusqu’à me contenter de ne tuer personne. Je demande juste qu’on ne veuille pas nous tuer. A ceux qui le veulent, il faut les combattre, je ne connais pas d’autres moyens!
claude b. dit
robespierre:
vos arguments sont d’une telle force, d’une telle pertinence, d’un tel humour qu’on ne peut que s’incliner devant tant d’intelligence comprimée en un seul homme!!!
David Desgouilles dit
Intermède pileux :
Régis Debray sans la moustache, ce n’est plus tout à fait Régis Debray.
Pour le reste, je suis plutôt en phase avec Robespierre.