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Touche pas à ma pute!

Le manifeste des 343 « salauds »

Publié le 30 octobre 2013 à 15:30 dans Médias Politique Société

Mots-clés : , , ,

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Dans le numéro de novembre de Causeur, nous nous mobilisons contre une proposition de loi visant à sanctionner les clients des prostituées, sans interdire formellement la prostitution. Punir ce qui n’est pas interdit, ça laisse rêveur.

Causeur a décidé de batailler par l’humour pour cette cause sérieuse : au cœur de notre dossier sur la question, nous lançons la pétition « Touche pas à ma pute », contre la criminalisation des clients de prostituées. La question est d’importance : car au-delà de la prostitution, les propos tenus par les « abolitionnistes » indiquent que, sous couvert de protéger les femmes, c’est une guerre contre les hommes, considérés comme des délinquants sexuels en puissance, qui a été ouverte : « Les victimes sont presque toujours des femmes (….). Les clients sont toujours des hommes : ils achètent et imposent leurs propres désirs », peut-on lire dans la « Pétition des jeunes pour l’abolition de la prostitution ».

Nous ne défendons pas la prostitution, nous défendons la liberté. Et quand le Parlement se mêle d’édicter des normes sur la sexualité, notre liberté à tous est menacée.

Nous avions souhaité attendre la sortie en kiosque du numéro de novembre (le jeudi 7) pour publier ce « Manifeste des 343 salauds ». Malheureusement,  certains de nos confrères n’ont manifestement pas respecté la tradition de l’embargo. Ainsi, depuis 24 heures, ce texte est cité et discuté partout, sauf à Causeur… Pour mettre fin à cette anomalie, nous avons décidé de le publier avant même la sortie du journal, son envoi aux abonnés et sa mise en vente en kiosque.  L’essentiel reste d’avoir ouvert le débat.

 

Le manifeste des 343 salauds

En matière de prostitution, nous sommes croyants, pratiquants ou agnostiques.

Certains d’entre nous sont allés, vont, ou iront aux « putes » – et n’en ont même pas honte.

D’autres, sans  avoir été personnellement clients (pour des raisons qui ne regardent qu’eux), n’ont jamais eu et n’auront jamais le réflexe citoyen de dénoncer ceux de leurs proches qui ont recours à l’amour tarifé.

Homos ou hétéros, libertins ou monogames, fidèles ou volages, nous sommes des hommes. Cela ne fait pas de nous les frustrés, pervers ou psychopathes décrits par les partisans d’une répression déguisée en combat féministe. Qu’il nous arrive ou pas de payer pour des relations charnelles, nous ne saurions sous aucun prétexte nous passer du consentement de nos partenaires. Mais nous considérons que chacun a le droit de vendre librement ses charmes – et même d’aimer ça. Et nous refusons que des députés édictent des normes sur nos désirs et nos plaisirs.

Nous n’aimons ni  la violence, ni l’exploitation, ni le trafic des êtres humains. Et nous attendons de la puissance publique qu’elle mette tout en œuvre pour lutter contre les réseaux et sanctionner les maquereaux.

Nous aimons la liberté, la littérature et l’intimité. Et quand l’Etat s’occupe de nos fesses, elles sont toutes les trois en danger.

Aujourd’hui la prostitution, demain la pornographie : qu’interdira-t-on après-demain ?

Nous ne céderons pas aux ligues de vertu qui en veulent aux dames (et aux hommes) de petite vertu. Contre le sexuellement correct, nous entendons vivre en adultes.

Tous ensemble, nous proclamons :

Touche pas à ma pute !

Premiers signataires: Frédéric Beigbeder, Nicolas Bedos, Philippe Caubère, Marc Cohen, Jean-Michel Delacomptée, David Di Nota, Claude Durand, Benoit Duteurtre, Jacques de Guillebon, Basile de Koch, Alain Paucard, Jérôme Leroy, Richard Malka, Gil Mihaely, Ivan Rioufol, Luc Rosenzweig, François Taillandier, Eric Zemmour.

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  • 3 Mai 2014 à 17h45

    Sisyphe dit

    Une femme prostituée parle de ses clients. Je suis sûr que ça intéressera les signataires de ce manifeste: “Le plus grand danger pour une p***, c’est la lucidité” http://sisyphe.org/spip.php?article3294

  • 14 Décembre 2013 à 4h07

    archeofructus dit

    Voisin! Touche pas à ma pute! Hey tourist! don’t touch my bitch! La charité s’il vous plaît! Ma pute, ça va? Mon seigneur, on ne compte pas les kilos mais votre satisfaction. Sucer c’est tromper? Ça dépend de la divinité. “Causssssse toujours!” dit le serpent.

  • 21 Novembre 2013 à 15h27

    JBi dit

    Sur mon blog du Monde :
    petite réponse à Sylviane Agacinsky, de la part d’un confrère
    http://jbillard.blog.lemonde.fr/2013/11/
    où il est souligné que la pénalisation de ce qui n’est pas interdit est le début de la fin de l’état de droit.
    Billard, Paris I, honoraire.
    http://www.jacques-billard.fr/

  • 16 Novembre 2013 à 19h46

    Guarnerius Del gesus dit

    Suite du suivant… faites aux animaux et surtout on peut leur proposer tout un tas d’idées sur plein d’autres sujets. Il ne manque pas de vrais chantiers dans notre pays pour s’assurer le succès aux élections, (ré)apprendre à vivre par exemple. Toute ma vie j’ai fait l’amour aux prostituées. D’abord timidement, la première fois j’avais 17 ans. Aujourd’hui, bien plus tard, c’est un loisir qui occupe une grande partie de mon temps puisque ces dames m’ont élu dans leur cénacle, où elles me donnent l’impression d’être Bernard Pivot parmi les jurés de l’Académie Goncourt. Stupide mais heureux. C’est ainsi que les meilleures accompagnatrices de la capitale jouissent des perceptions qu’elles m’inspirent. J’écris pour elles des textes rapportant une analyse motivée de leurs arômes, comme le ferait un dégustateur de grands crus Ce sont des amies parfaitement fidèles, du moins celles qui retiennent mon amitié car le monde des putes n’est pas idyllique, c’est juste le décalque du monde avec ses paradis et son esclavage, dans lequel je ne suis pas l’ami de tout le monde, mais celui des filles de rue, des boulevards intérieurs à une époque, celui des filles qu’on rencontre où l’on veut à l’envi, me sont familiers. J’aime me laisser troubler par leur magnétisme envoûtant, leur mises grisantes, établir l’enchantement droit dans mes bottes. Amorcer l’étincelle d’un contact jamais falsifié parce qu’en nous se tend un projet avec cette certitude que quand parleront nos corps, notre loyauté est là pour accréditer le contrat de confiance que nous avons passé. Femme et homme dans notre vérité anatomique, nous sommes une bombe atomique. Ma fréquentation des prostituées m’a fait transcender la possessivité, les sentiments d’envie, m’a forcé à dépasser mes peurs, m’a éduqué, grandi. Les attitudes des professionnelles ne sont pas simulées, tout est senti très fortement, très directement et il est gracieux d’en ensemencer le sublimé sur l’ensemble de la communauté, tant féminine que masculine. Je crois qu’elle y gagne en retour car nous redonnons à cette société désormais sans chimère à nos yeux, tout ce que nous avons récolté de meilleur, au gré d’une expérience menée sans œillère. Ce mode d’existence n’est pas une marotte maladive, au pire un hédonisme consommé, où mitonnent nombre d’autres gourmandises. Comme tout le monde j’ai des copines. Souvent une permanente avec qui je cohabite, sans que la porte ne soit fermée à des régulières et d’autres occasionnelles, les unes n’étant pas plus ni moins prostituées que moi et les autres. Le plaisir sexuel ressort de la culture et comme le dit Raphaël Enthoven s’appuyant sur Arthur Schopenhauer, cultiver le plaisir sexuel entre sujets parfois non capables de reproduction, et de surcroît par des voies dévolues à l’expulsion des déchets, ne relève plus de la nature mais bien de la culture, comme nous l’apprit Jean Jacques Rousseau. Le sexe est amoral et l’amoralisme du sexe, ferment intime de son esprit libertaire, n’est en rien le rejet de toutes les morales, mais un dépassement par le haut de toute morale, il échappe à ce dualisme du bien et de mal, car il n’est pas question de faire le bien mais de se faire du bien, ni de faire le mal mais de ne pas se faire mal, car d’où vient le mal ? de la souffrance. Et d’où vient la souffrance ? de la peur. et nos peurs dépendent exclusivement de nous. Ce sont des fantasmes, des projections, des souvenirs pénibles ou des craintes improbables, d’ailleurs lorsque le danger est bien réel et qu’il faut agir, la peur disparaît. Si elle apparaît c’est que l’ego joue à s’angoisser en s’inventant des futurs calamiteux et cela se retourne contre nous car notre imagination a le pouvoir de faire advenir ce que nous craignons. La morale est la prothèse de ceux qui ont de mauvaises raisons de faire le bien et d’aussi bonnes de faire le mal, ceux qui se font peur et souffrir, mais de quoi pourrait bien avoir peur et de quoi pourrait bien souffrir celui qui est dans le détachement du plaisir, celui dont chaque parole, chaque geste sont parfaitement adéquats, en parfaite harmonie avec le cosmos, contrairement à la doctrine chrétienne dans laquelle on a tenté de me noyer, profitant que je n’avais pas encore atteint l’âge de raison. Le plaisir sexuel semble être une voie à conseiller pour émanciper les sociétés. Nous ne sommes pas les premiers à l’avoir découvert, il me semble. Mais les sociétés ont-elles besoin d’être émancipées, d’avoir une élite toujours neuve et combative ? Pas si sûr. On a pu constater que les phalanstères de Godin, conçus par Fourrier produisaient une élite trop importante, trop importante pour les places à pourvoir qui sont soigneusement protégées et puis si la société s’émancipe l’élite montante risque fort de se rendre compte du trucage des cartes et prendre la place de ceux qui sont jalousement rivés aux manettes. Bloquer la sexualité c’est bloquer la voie de ce côté là aussi.