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Une soirée au Parc des Princes avec les Finkielkraut et Yasmina Reza

Publié le 17 octobre 2011 à 12:25 dans Société

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Parc des princes. Photo : Néric Blein

Lors d’un dîner auquel je ne participais pas, une discussion a, comme cela arrive parfois, mené à un projet improbable. Quand mes parents m’en ont parlé, j’ai eu le tort de les vexer. « Encore un truc que vous ne ferez pas ! », ai-je répliqué. Je ne l’avais pas vu venir, mais mon père m’a pris au mot et chargé de prendre des places pour le prochain match du PSG au Parc des princes dans l’un des « kops» : pour les non-initiés, les « kops », ce sont ces tribunes situées dans les virages où se regroupent les supporteurs les plus turbulents et les plus assidus − en somme ceux qui font l’ambiance. On y voit peu d’intellectuels parisiens.

Les filles désiraient lever une partie du mystère qui enrobe cette passion masculine en découvrant l’ambiance d’un stade et mon père, qui n’y a pas mis les pieds depuis que je suis assez grand pour y aller seul, s’est gentiment laissé convaincre.

Voilà comment je me retrouve, sur le quai de la station Sèvres-Babylone, à distribuer à l’écrivain et cinéaste Yasmina Reza ainsi qu’à mes parents, Alain Finkielkraut et Sylvie Topaloff, leur place pour la tribune Boulogne.

[...]

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  • 19 October 2011 à 7h15

    L'Ours dit

    2 choses.

    Quand j’étais gone et que mon père m’amenait à Gerland dans les tournants, il y avait une ambiance extraordinaire. On chantait, on s’amusait, on encourageait, et on applaudissait même les belles actions de l’équipe adverse. A part “aux chiotes l’arbitre”, peu ou prou, la vulgarité ne dépassait pas ce genre de tournure, et les mots “enculé” ou “niqué” n’étaient jamais prononcés ( encore moins à la télé). Et même s’il y avait d’autres énormes grossièretés, elle n’atteignait pas l’espèce de violence qu’elles contiennent aujourd’hui. Les choses ont bien changé, et je n’ai aucune envie d’aller au stade.

    Ensuite, une certaine personne ci-dessous, hormis le fait que nous n’avons pas du tout la même vision du métro parisien ( je lui propose de discuter politique en soutenant l’Etat d’Israel sur certaines lignes à certaines heures), oublie tout bonnement qui est Finkielkraut père.  Pour cela, il suffit d’inscrire son nom sur google, pour voir le déferlement de haine à son endroit. Il ne peut se promener en toute liberté car s’il est reconnu, il sera au mieux insulté, au pire tabasser. 
    Alors, ce qui lui apparaît comme une vanité de bourge est ni plus ni moins qu’un acte de courage. Car pour certains, vivre du banal pour le commun des mortels, doit passer hélas par un petit mensonge à soi-même sur le risque pris.

    • 18 October 2011 à 22h49

      skardanelli dit

      Ça change de Lièvremont !

    • 18 October 2011 à 22h49

      skardanelli dit

      Mais j’aime bien Lièvremont.

  • 18 October 2011 à 10h01

    Thalcave dit

    J’ai failli tomber de ma chaise ce matin. Le billet de Thomas Finkielkraut était cité sans aigreur dans la revue de presse de France Inter (la radio de ma femme, prof d’histoire et géo à la retraite).

    A la différence de l’intervenant précédent qui a l’air de sortir de sa lumpeninteligentsia avec une furieuse envie de dézinguer tout le monde, lui compris, comme un quelconque kamikaze islamiste ou un simple d’esprit afghan portant une bombe télécommandée par téléphone portable. Mais sur Internet c’est moins dangereux que de prendre en otage des fonctionnaires de pôle emploi.
    Qui se prend pour un intellectuel ici? Pas grand monde! On n’écrit pas dans les “Temps Modernes” sous l’égide de Francis Jeanson ni dans le “Débat” sous celle de Marcel Gauchet. On a la plupart du temps exercé des professions “normales” quitte à pratiquer des violons d’Ingres.
    Pour ce qui est de la vindicte à l’endroit de Finkielkraut (je ne crois pas qu’il habite à St Germain), c’est devenue une antienne bien connue de la lumpenintelligentsia. Un miracle qu’il ait préservé son émission à France Culture dans un service public dont l’auditoire, essentiellement des fonctionnaires, se raidit dans un sectarisme comparable au mccarthisme des années 50 que l’on croyait apaisé depuis la chute du mur de Berlin.
    Il est vrai que la méga crise financière rebat les cartes. Comme celle de 1929 qui a donné naissance à Hitler. Après la fin du communisme, on attend maintenant la chute du capitalisme. Pour faire quoi? Du Hollandisme! Quelle exaltation!

    • 18 October 2011 à 10h09

      isa dit

      Toujours beaucoup de plaisir à vous lire, thalcave!

      Et bye bye aux coincés du c…

    • 18 October 2011 à 13h04

      kacyj dit

      Je suis un peu comme AF, je bougonne et je ronchonne au petit déjeuner un jour sur deux lorsqu’on écoute France Inter ou France culture. Alors ma compagne a décidé d’attendre que je m’en aille pour ma journée de travail avant d’allumer la radio, ne supportant pas les autres stations en raison de la pub.

      • 18 October 2011 à 13h04

        kacyj dit

        Qui était le lumpeninteligentsia de ce matin?

      • 18 October 2011 à 13h27

        skardanelli dit

        Jean Fabrice Raoul

      • 18 October 2011 à 13h28

        skardanelli dit

        de Raoul, pardon

    • 18 October 2011 à 22h33

      sausage dit

      Il habite pas très loin.

  • 17 October 2011 à 22h17

    JeanFabricedeRaoul dit

    Le métro, temple de la désincarnation, auberge d’une ribambelle de zombies alors y parler politique mais quel courage ! Outre le grossier cliché et la méconnaissance des mœurs réels du métro parisien – Franchement qui n’a jamais parlé politique dans le métro ? – il est drôle de voir comment cette clique d’intellectuels de Saint-Germain se voit en héraut d’une résistance imaginaire. Le prête moderne, celui de l’Église politique, prêchant dans la masse informe et horrible des païens. Le tout avec beaucoup d’instance ! On veut bien leur apporter la bonne parole mais surtout ne pas confondre avec eux. Je suis unique, je suis différent ! Et ce n’est pas fini, on vous donne en veux-tu en voilà plein d’autres moments où l’intellectuel se différencie malgré lui de la masse. Les insultes ça suffit ! Que tout le monde marque et tout le monde sera heureux ! Il montre par là ce doux décalage qui est sensé faire toute sa saveur : il est attaché à des valeurs archaïques : il est juste et généreux, respectueux d’autrui et de la langue française. C’est à ce moment là que vous êtes, chers lecteurs, sensé éprouver nostalgie et dans un semblant d’identification – car franchement, chez causeur, nous sommes tous des intellectuels ratés et péteux – compatir. Là encore, il est, nous sommes différents mais malgré tout, il y a une rencontre. La communion dans la grande messe footballistique a lieu…ou plutôt doit avoir lieu… Alors tata Yvonne avec un retour de naturel – pas très naturel – cloue le bec gentiment au Finkye. Quel drôle de luron que ce Finkye, nous, on est comme tata Yvonne, on sait de quoi et fait la vrai vie alors on peut rire – gentiment bien sur – entre gens cultivés et intelligents. Le pire est là, peut-être, car à se croire multiplier les prises de distance pour sans cesse avoir le dernier mot, vous finissez par croire avec un mélange de cynisme à vos propres mensonges. Peut-importe quelle idole la masse vénère, le principale c’est que dans ce culte réside la vie, l’enthousiasme, l’attachement…oui c’est beau ! Le saint Graal de la politique est là : le consensus tant rêvé, enfin dans les actes ! Buvons la bière de la Sainte communion !

    Pour parodier Saint-louis, on pourrait dire :
    Qu’après tout, un match de foot vaut bien un peuple…

    Bien non ! Retour de réel et retour de l’impossibilité de croire ! Malgré tous nos efforts, non, désolé, mais c’est impossible. Ma différence est irréductible, je serais condamné à avoir toujours raison…

    Voilà le vrai visage des journalistes de causeur et de son lectorat de classe moyenne malade.

    • 17 October 2011 à 23h17

      skardanelli dit

      On dirait Blanche ! En moins concis.

      • 18 October 2011 à 8h27

        Mangouste1 dit

        Et avec une grosse imprécision dans le règlement de sa mire quand même : il reproche à l’auteur  - et à nous tous – sa prétention à être supérieur à la masse, mais le sel de cet article vient du fait que l’auteur lui-même est un supporter lambda qui promène sa petite famille au Parc, qui elle est décalée.

    • 18 October 2011 à 8h43

      pirate dit

      jean fabrice de raoul t’écris bien, mais la finalité ici c’est quoi, une espèce de masochisme dans la flagellation ou une dénonciation confidentielle ?

    • 18 October 2011 à 8h44

      agatha dit

      Louis 75?
      Peut-être pas. Peut-être un nouveau.
      En tout cas, j’adore : “nous sommes tous des intellectuels ratés et péteux”. Ce n’est pas que j’aime particulièrement être insultée, mais je ne le prends pas au tragique. Et puis, malgré ce jugement, je trouve qu’il y a vraiment des gens (très) cultivés ici et s’ils ont la patience de supporter les moins cultivés comme moi, tout va bien.
      Et être un authentique intellectuel, ça veut dire quoi? Penser à toues les sottises et les ignominies produites par les intellectuels patentés, ça console en partie.

    • 18 October 2011 à 15h10

      Saul dit

      y’en a un qui n’a pas prévu les retours de flammes..

      Jugnon était meilleur….

      Mangouste,
      et le sel de ce post est l’idée sous jacente que se fait notre nouvelle Blanche de sa superiorité sur l’auteur et les commentateurs.
      parce qu’en gros c’est ça qu’il exprime

      • 18 October 2011 à 18h08

        Mangouste1 dit

        Ben voyons, à “intellectuel raté et péteux”, intellectuel raté et péteux et demi, c’est-à-dire conscient de l’être.

        Ceci dit, il écrit bien, en effet. 

  • 17 October 2011 à 21h56

    Lejeun dit

    Il est intéressant de faire un article sur les tribunes du parc des Princes au moment où celles-ci ont vu les plus fidèles supporters du PSG les quitter.

    On fait semblant de se donner des sensations, de se faire peur en allant à Boulogne, mais tout cela est factice aujourd’hui.

    Le football que l’on aime n’existe plus et n’existera plus. Il a perdu son essence populaire.

  • 17 October 2011 à 21h38

    Saul dit

    j’y connais que dalle en foot, mais je sais que chez nous, les matchs Bordeaux/Nice sont considérés comme match à haut risque : il paraitrait que les supporteurs de Nice sont les pires de France (d’après ce qu’on m’a expliqué, les clubs de supporters niçois seraient en réalité composés de Marseillais qui sont interdit de stade à l’OM. si quelqu’un peut confirmer ou infirmer…)

    • 17 October 2011 à 21h59

      Lejeun dit

      J’infirme.

      Un supporter marseillais, interdit de stade, qui irait à Nice, se ferait accueillir de façon “chaleureuse” au stade du Ray.

      Les supporters niçois est un public chaud et enthousiaste. le bloc identitaire a une influence non négligeable.

      • 17 October 2011 à 22h06

        Saul dit

        merci pour votre réponse, je trouvais ça étonnant (bien que n’y connaissant rien, mais je voyais pas trop la motivation d’un Marseillais à aller supporter un club “étranger”)
        par contre je confirme sur l’appréhension dès qu’il y a un match contre Nice, c’est vraiment considéré comme à haut risque ici.
        sans doute du à ce coté “chaud et enthousiaste” qui vient du sud :-)