Theresa May s’est sabordée en faisant gagner le Brexit | Causeur

Theresa May s’est sabordée en faisant gagner le Brexit

Sans May, fais le Brexit qui te plaît

Auteur

Jeremy Stubbs
Président des Conservateurs britanniques de Paris.

Publié le 13 juin 2017 / Monde

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Theresa May, juin 2017. SIPA. Shutterstock40516473_000004

Il y a pratiquement un an, David Cameron, Premier ministre du Royaume Uni, se sacrifiait sur l’autel du Brexit. Aujourd’hui, son successeur Theresa May, nouvelle Brunehilde, vient de procéder à une auto-immolation en règle. Certes, David Cameron est parti en moins de trois semaines, tandis que Theresa May reste pour le moment aux commandes. Mais, semblable à quelque figurante de la série Walking Dead, l’espérance de vie de la locataire du 10 Downing Street est désormais strictement limitée.

Comptant sur cette élection pour augmenter sa majorité et asseoir sa légitimité, face aux 27 partenaires européens, mais surtout face à son propre Parlement, Theresa May se retrouve avec 318 sièges sur 650, une perte de 13 par rapport au score antérieur. A la vérité, les Conservateurs ont fini avec 319, mais le 319e est celui du président de la Chambre des communes, John Bercow, et ne compte donc pas. Loin de consolider sa domination du Parlement, Theresa May a perdu sa majorité absolue et, afin de garder son poste de Premier ministre, se voit contrainte de s’allier avec les dix députés du Parti unioniste démocrate de l’Irlande du Nord. Autre cadeau potentiel en provenance de l’Ulster : les sept députés du parti républicain, Sinn Fein, selon leur habitude, refuseront de siéger au Parlement, réduisant le nombre effectif des députés de l’opposition. Bilan : 328 contre 314. Sur le plan strictement arithmétique, cette alliance, si elle se confirme, permettra à Theresa May de continuer à gouverner, mais fera d’elle l’otage de chacun de ses propres députés, ainsi que de ses alliés irlandais. Dans ces conditions, sa marge de manœuvre sera très limitée : des projets de loi ambitieux ou controversés ne supporteront pas la plus petite rébellion de la part de ses troupes.

Une campagne désastreuse centrée sur sa personne

Sa position à la tête du parti est en plus fortement contestée. Ses collègues lui reprochant à la fois son style de leadership, centré jalousement sur elle-même et sa garde rapprochée, et la très mauvaise campagne électorale qu’elle vient de conduire. En fait, ces deux problèmes n’en font qu’un. Elle a l’habitude, depuis l’époque où elle devenue ministre de l’Intérieur, de ne consulter que ses deux conseillers, Nick Timothy et Fiona Hill, qui ont tendance à traiter de haut tout autre interlocuteur. Devenue Premier ministre, Theresa May persiste dans ce style autocratique qui met à distance les autres membres de son gouvernement. Le manifeste, dont le lancement désastreux a empoisonné sa campagne électorale, a été écrit, au moins en partie, en petit comité. Terne, austère, manquant de souffle et d’inspiration, son contenu a souvent surpris les candidats conservateurs, même ministres, qui n’avaient pas été consultés avant sa rédaction. Le cafouillage au sujet du financement des aides sociales pour les personnes âgées a probablement éloigné beaucoup des électeurs naturels du parti parmi les retraités. La campagne, qualifiée par les commentateurs de « présidentielle », était axée sur la personnalité de Theresa May. Or, au moment où il fallait s’ouvrir pour montrer son humanité et ses sentiments personnels, elle s’est raidie encore plus que d’habitude, exhibant un extérieur métallique d’automate sans compassion, répétant son slogan sans joie : « Force et stabilité ! » — un croisement entre Dark Vador et le fameux canard mécanique de Vaucanson.

Dans la tradition de la psychologie médicale française, on parle de « folie à deux » pour décrire deux personnes qui s’enferment dans leur propre univers délirant. Il y avait sans doute une certaine « folie à trois » dans les relations entre Theresa May et ses deux conseillers. Aujourd’hui, elle a été obligée de s’en défaire. Restée seule, isolée, elle est devenue la marionnette des ténors du parti. Ironie du sort, Philip Hammond, le chancelier de l’Echiquier (ministre des finances), dont elle se serait débarrassée si elle avait gagné son pari, est maintenant en position de force et lui impose ses conditions. Parmi ces dernières, la nomination possible d’un Premier ministre adjoint (« Deputy Prime Minister ») pour la surveiller. Si le Parti la laisse aux commandes, c’est pour assurer – ô comble de l’ironie ! – une certaine « stabilité » dans la transition. D’ailleurs, selon la coutume constitutionnelle, si Theresa May n’arrivait pas à former un gouvernement, ce serait à son adversaire travailliste, Jeremy Corbyn, de tenter de le faire – ô comble de l’horreur !

Le Brexit n’est plus la priorité des Britanniques

La position de ce dernier au sein de son propre parti est d’ailleurs renforcée. Celui qui était contesté par la plupart de ses propres députés pour ses positions d’extrême gauche, celui que Theresa May renvoyait régulièrement au tapis dans leurs joutes hebdomadaires à la Chambre des communes, a réussi à augmenter de 30 le nombre des sièges des travaillistes, le portant à 262. Lui et ses supporteurs attribuent cette réussite à sa personnalité apparemment sympathique et aux politiques soi-disant compassionnelles et visionnaires proposées dans son manifeste. En réalité, Jeremy Corbyn a surtout profité de la manière spectaculaire dont Theresa May s’est tiré une balle dans chacun de ses pieds si élégamment chaussés. Se posant en Père Noël, il a promis aux électeurs des cadeaux somptueux. Le financement de cette générosité était totalement utopique, mais beaucoup de citoyens, face à une Theresa May spartiate et dépourvue d’empathie, avaient besoin de rêver. Dans le climat instauré par les terribles attentats de Manchester et de Londres en pleine campagne, ils avaient peut-être besoin, même momentanément, de voir la vie en rose.

Theresa May comptait mettre le Brexit, et les négociations qui sont censées débuter le 19 juin, au centre de cette élection. Elle n’a pas réussi. Les gens voulaient penser à autre chose. La mode et les rengaines changent. Si le tube de l’été 2016 et du référendum était l’immigration, celui de l’été 2017 est le social. Pourquoi le Brexit n’est-il plus au cœur des préoccupations des Britanniques ? Pourquoi les électeurs du UKIP, et même de la gauche, qui ont voté pour le Brexit n’ont-ils pas voté pour Theresa May ? Eh bien, c’est précisément grâce au travail remarquable accompli par celle-ci entre juillet 2016 et mars 2017, entre sa prise de fonctions et son déclenchement de l’article 50. Au cours de cette première période, il a fallu réunifier un pays fortement divisé par le référendum et faire accepter par le plus grand nombre une décision collective controversée. Elle y a réussi si bien que ce n’est plus la priorité des électeurs. L’élection, décidée de manière opportuniste par Theresa May,  était censée consolider cette phase. C’est en partie un succès : les ultras du UKIP ont été complètement ratatinés, et les nationalistes écossais sévèrement corrigés. Ceux-ci, sous l’autorité de leur égérie Nicola Sturgeon, ont perdu 31 sièges – la majorité à l’avantage du parti conservateur, éloignant ainsi toute idée d’un référendum imminent sur l’indépendance écossaise.

Tout cela est à mettre à l’actif de Theresa May. Le problème, c’est que toutes les qualités personnelles qui étaient si bien adaptées à la première phase – intransigeance, autoritarisme, combativité, contrôle, même sa nature cachottière – ne sont plus du tout adaptées à cette nouvelle phase, post-Article 50, qui réclame collégialité, souplesse, et sympathie, accompagnées par une tendance à ne pas vouloir tout contrôler soi-même. Theresa May restera à la tête d’un nouveau gouvernement, tant qu’elle sera utile à ce poste en termes de politique domestique et en termes de négociations avec les 27. Son utilité dépendra de sa capacité à muter, à faire preuve de ces autres qualités personnelles. Sinon, elle sera remplacée par quelqu’un d’autre – Boris Johnson, David Davis… – qui les incarnent beaucoup mieux.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 18 Juin 2017 à 11h07

      José Bobo dit

      Et alors ? Mme May a tout simplement essayé d’assoir son pouvoir sur une nouvelle élection car lors de la précédente elle n’était pas encore leader du parti: elle voulait une majorité de soutien élue sous son nom. Comme dans toutes les autres élections les électeurs ont voté plutôt “non” puisque nous sommes dans une époque dont la seule constante est la volonté de “dégager” les élites. Cela ne remet en rien en cause le Brexit et, puisqu’elle a la majorité à la chambre, cela ne l’empêchera aucunement de négocier les termes de la sortie de l’UE avec Bruxelles. Le reste n’est qu’agitation médiatique d’une l’opposition et d’une UE dépitées…

    • 15 Juin 2017 à 11h49

      Moshé_007 dit

      Monsieur May était très inquiet de savoir que sa jeunette de femme rendait visite au président français !

    • 14 Juin 2017 à 12h03

      jim42 dit

      Je constate que les Britanniques sont des Français qui parlent Anbglais….?!
      Des ambivalents-versatiles, comme disait mon professeur d’Histoire-Géo disait des Français en 1957/58 (il avait alors cet âge là, au moins, et avait connu la Grande Guerre et la fin de la monnaie-or et l’instauration des Impôts sur le Revenu…!

    • 13 Juin 2017 à 17h01

      L'Ours dit

      J’ai quand même l’impression que les Anglais ne veulent plus sortir de l’UE…

      • 13 Juin 2017 à 18h39

        saintex dit

        A force de l’entendre répéter…

      • 13 Juin 2017 à 18h44

        durru dit

        Quels Anglais? Les Ecossais?

      • 14 Juin 2017 à 0h58

        Warboi dit

        Non, je ne crois pas.
        Les Anglais ont acté le brexit. Il n’y aura pas de retour.
        Mais ils n’ont pas acté le brexit dur qui serait pour eux une vraie catastrophe.
        En même temps, ce n’est plus notre problème.

        • 14 Juin 2017 à 15h16

          Theodule dit

          A priori le parlement qui vient d’être élu est plutôt de nature à favoriser un Brexit dur. Ce à quoi les Européens sont parfaitement préparés, puisqu’ils ont déjà entamé leur retrait en bon ordre. Ceci dit on observe que Macron et Schaüble ont mis sur la table la possibilité d’annulation pure et simple du Brexit, qui peut encore survenir. Qu’une telle option soit envisagée montre que plus personne ne croit à la possibilité de conclure des négociations de sortie d’ici à 20 mois. On laisse la porte ouverte à un retournement de situation, mais sinon… tant pis.

    • 13 Juin 2017 à 16h38

      Warboi dit

      Primo, Theresa May va aborder les négociations avec l’Union européenne dans une position de très grande faiblesse.
      Secundo, elle a perdu l’élément de chantage qu’elle avait sur l’Union en menaçant, si on ne faisait pas droit à ses exigences, de transformer son pays en paradis fiscal et social puisque les Britanniques ont montré qu’ils ne voulaient pas d’un démantèlement de l’Etat social.
      Tertio, elle n’aura pas la majorité à sa main qui lui aurait permis de conclure un accord de libre-échange après 2019, puisque les européens lui refuse de régler le statut futur du Royaume-Uni vis-à-vis de l’Union avant la conclusion des négociations sur le Brexit.
      On peut divorcer soit de manière ordonnée, c’est-à-dire en donnant au pays des périodes de transition nécessaires afin de limiter les effets négatifs du Brexit, soit de manière désordonnée. Avec de toute façon face à elle le bloc des Vingt-Sept qui n’a jamais été aussi uni, et uni sur une ligne dure. Et là ça fera très très mal.

      • 13 Juin 2017 à 17h41

        CYNORRHODON dit

        Paradis fiscal et social : ça existe?
        Paradis fiscal et enfer social ou l’inverse me pararissent plus compatibles.

        • 13 Juin 2017 à 18h01

          Warboi dit

          Paradis fiscal : Pas de taxes.
          Paradis social : Pas de réglementation sur le travail.
          c’est ce que promettait cette truffe de May. Apparemment son peuple n’est pas vraiment d’accord.
          Elle l’avait oublié. Ce que c’est con un peuple.
          Capito ??
          Quant à l’avenir de la city, il est plus que compromis. Pas de passeport européen, pas de City. J’aime beaucoup quand les grands partageux identitaires se font les chantres du libéralisme le plus échevelé.

        • 13 Juin 2017 à 18h23

          durru dit

          Paradis fiscal: le Luxembourg de Juncker.
          Paradis social: la Pologne de Tusk.
          Qui donne des leçons à qui, exactement?

        • 13 Juin 2017 à 18h34

          Warboi dit

          Eh oui… mais ils n’ont pas scié la branche sur laquelle ils étaient assis, eux.

        • 13 Juin 2017 à 18h43

          durru dit

          Ils ont fait comme n’importe quel autre politique européen, effectivement. Ont voté blanc pour ensuite faire noir. Et après on se demande pourquoi l’UE, dans son expression politique, n’est pas aimée.
          Et pourquoi les peuples européens, contrairement à certains de leurs dirigeants, ne tiennent pas autant à faire mordre la poussière aux Britanniques pour le Brexit. Car leurs dirigeants, au moins, sont honnêtes et essaient de suivre le choix fait par leur peuple.
          Mais ce n’est pas un argument que Nadia pourra comprendre, je ne doute pas une seconde. Car la duplicité, le mensonge et le mépris sont sa vraie nature.

      • 13 Juin 2017 à 17h48

        Prince Murat dit

        Warbol,

        Votre argument ”Paradis fiscal” est inexact ! Les Bahamas et Singapour ne sont pas des paradis ficaux parce qu’ils affament leur population !

        La Suisse et le Luxembourg ont perdu leur statut de paradis à cause des exigences européennes de transparence.

        La City de Londres a encore un bel avenir !

        • 14 Juin 2017 à 0h55

          Warboi dit

          en ce moment c’est May qui est en très mauvaise posture.
          Mais elle s’y est mise toute seule la pauvre fille.

      • 13 Juin 2017 à 18h07

        golvan dit

        “le bloc des 27 qui n’a jamais été aussi uni, et uni sur une ligne dure…”
        Hilarant. Rien que d’y penser j’ai peur.

        • 13 Juin 2017 à 18h26

          durru dit

          Le Président roumain vient de rentrer d’une visite historique à Washington, où le partenariat stratégique entre les US et la Roumanie a été réaffirmé, ainsi que la priorité donnée par la Roumanie (et par la Pologne, d’ailleurs, mais ce n’était pas le sujet) à la coopération transatlantique par rapport aux rêves de Merkel d’une force de défense européenne indépendante.
          Nadia est dans ses rêves… Mais qu’est-ce qu’on rigole !

        • 13 Juin 2017 à 18h41

          Warboi dit

          Comment dire…
          En ce moment moi je rigole beaucoup en effet !! A gorge déployée.
          Vous… ça va la soupe à la grimace ?? Pas trop amère ? La déroute de votre chère May c’est la cerise sur le cup cake non ?
          Quant à la Roumanie, elle est dans l’UE et bien dans l’UE.
          Les états membres ont certes un domaine propre mais ne peuvent passer aucun traité avec un Etat tiers… Beurre argent du beurre et cul du crémier, c’est pas trop possible.

        • 13 Juin 2017 à 18h47

          durru dit

          Hé, la débile de service! On refuse le Schengen à la Roumanie sans le moindre argument recevable, mais la Roumanie doit se gêner pour avoir une politique extérieure indépendante! Faudrait apprendre tes basiques, il n’y a pas de pays de seconde zone, Chirac l’a appris à ses dépens (et la France avec) suite à son “vous avez manqué une occasion de vous taire”.
          Le salut de l’Europe, si salut il y aura, viendra de l’Est, à n’en pas douter.

        • 14 Juin 2017 à 0h53

          Warboi dit

          sur la forme et le fond, c’est beau comme du Le Pen. On ne vous a jamais dit que les insultes étaient une marque de faiblesse ?
          si la Roumanie veut une politique étrangère indépendante elle fait comme le RU, elle se barre et bon vent.
          Mais j’ai peur que ce ne soit pas son intérêt, hélas.

        • 14 Juin 2017 à 9h15

          durru dit

          Voilà qui donne maintenant des leçons de modération. Nadia, qui enfile les insultes comme des perles à chaque post. Ri-di-cu-le.
          Toujours rien compris. Bien sûr que l’intérêt de la Roumanie n’est pas (à l’heure qu’il est) de sortir de l’UE. Mais il n’y a strictement aucune raison de faire des courbettes à des clampins qui montrent chaque jour qu’ils sont incapables de respecter le moindre engagement. Il n’est pas question ici de peuples et de pays, juste de “représentants” indignes, comme évoqué un peu plus haut.

        • 14 Juin 2017 à 11h53

          Warboi dit

          Les insultes sont inutiles et contre-productives. Alors j’évite. Relisez cet échange et vous verrez qui insulte qui. Passons.

          Sinon, vous préférez que la sécurité de la Roumanie soit assurée par le malade mental qui trône à la Maison-Blanche ? Pas moi.
          L’Union doit prendre son destin en mains et devenir capable de se défendre seule, sans l’OTAN.
          Merkel et Macron veulent remettre l’Union sur ses rails, marcher vers une harmonisation fiscale et sociale de la zone euro et faire coup double, industriel et politique, en esquissant bientôt, dès juillet, les contours d’une Europe de la Défense. 
          Après l’avoir si longtemps moquée et repoussée, l’Allemagne s’est ralliée à l’idée française d’Europe-puissance, d’une Union à même de devenir acteur de la scène internationale. Enfin ce sont surtout les deux affreux, Donald Trump, Vladimir Poutine et la poudrière proche-orientale qui l’ont convaincue.
          Il n’y a pas d’autre issue pour nous.
          Alors les visites historiques du président roumain chez le barge… comment vous dire.

        • 14 Juin 2017 à 21h17

          durru dit

          Tout le monde n’a pas votre mémoire de poisson rouge, et les US ne se limitent pas à Trump.

    • 13 Juin 2017 à 16h25

      ruanluis dit

      L’article me fait penser aux médias télé qui tous centrent le temps d’antenne sur les apparences et le “people” évitant le débat de fonds avec une énergie farouche. Le Brexit c’est le contrôle de l’immigration. On peut en faire d’autres lectures mais ça ne mène pas loin. Les britanniques ne reviendront pas sur le contrôle de l’immigration, enfin avec la démographie actuelle.

    • 13 Juin 2017 à 14h34

      Caminho dit

      Dès qu’un vote va à l’encontre des intérêts des bobos et de l’élite ceux-ci n’ont de cesse de le nier. La réalité d’une caste avide, egoïste et dont la peur pour sa situation et son fric lui fait mépriser le principe de “un homme, une voix”.