Le prix de la liberté à l’heure de la menace terroriste | Causeur

Le prix de la liberté à l’heure de la menace terroriste

Pourquoi la “fête” continue malgré Al-Qaïda, l’EI, Boko Haram…

Auteur

Ana Pouvreau et Mark Porter
Ana Pouvreau, est consultante en géopolitique. Mark Porter est journaliste britannique.

Publié le 23 juin 2016 / Culture Économie Société Sport

Mots-clés : , , , ,

Un policier lors d'un exercice au stade de Lyon (Photo : SIPA.00758318_000008)

La fusillade contre le Pulse, club homosexuel d’Orlando, le 12 juin, par un individu se revendiquant de l’Etat islamique (EI), attentat le plus meurtrier des États-Unis depuis le 11 septembre 2001, a fait 49 morts plus le tireur et 53 blessés. Cette nouvelle tuerie de masse du terrorisme islamiste contre une communauté ciblée va-t-elle conduire les Occidentaux à se pencher sur les sacrifices croissants qu’impliquent l’exercice de notre droit à la liberté et la préservation de notre mode de vie, alors que s’intensifie la menace terroriste ?

L’EI a annoncé, dès le 22 mai 2016, que le mois de Ramadan serait, cette année, « un mois de malheurs pour les infidèles ». Cependant, c’est un été radieux qui s’annonce pour les fans de sport (foot, cyclisme, athlétisme, etc) et de musique live. Les Jeux olympiques, qui auront lieu en août au Brésil, accueilleront 7,5 millions de spectateurs. Même estimation concernant le nombre de personnes attendues dans les fans zones pour l’Euro de foot. Deux millions et demi de tickets ont été vendus. Autre exemple, dans la capitale autrichienne, 3 millions de jeunes participeront, fin juin, au festival de musique, le Donauinselfest, qui est un exemple de démesure. Le festival Tomorrowland, l’un des plus grands festivals de musique électronique du monde, qui attire plus de 400 000 personnes pour écouter les meilleurs DJ internationaux, se tiendra comme chaque année en juillet, en Belgique, dans la ville de Boom.

La résilience a un coût

Vu l’état de la menace, chaque événement programmé cet été est une cible potentielle pour les terroristes. Maintenir et continuer de programmer de grands événements festifs, en dépit de l’intensité du risque terroriste, est également un moyen d’exprimer sa résilience face à l’ennemi qui a juré de nous détruire. Oui, mais à quel prix ?

« Le tout-festif est le grand cauchemar de notre temps » déclarait le philosophe Alain Finkielkraut en mai dernier, en condamnant la tendance que l’on prête à la jeunesse de ne pouvoir être sensibilisée aux événements tragiques de l’histoire, que par le seul biais de « la fête ». Cette citation est prémonitoire si on l’applique plus largement aux exigences du contexte sécuritaire actuel.

Le tourbillon sportif et festif de l’été 2016 constitue en effet un défi colossal pour les services en charge de la sécurité dans toute l’Europe. En France, les forces de police et les militaires, menacés d’épuisement, sont à la limite de leurs capacités. D’après Jean-Claude Mailly, le secrétaire général du syndicat Force ouvrière, en mai, avant les grèves contre la Loi travail et les violences liées à l’Euro de foot, les policiers attendaient déjà le paiement de 18 millions d’heures supplémentaires. Le contexte dans lequel ils exercent leur mission est de plus en plus périlleux. Les forces de sécurité et leurs familles constituent plus que jamais des cibles désignées du terrorisme islamiste, comme l’a montré l’assassinat, revendiqué par l’EI, d’un couple de policiers dans les Yvelines, le 13 juin.

La « double peine » du supporter de base

Mais une des raisons pour laquelle les grands événements de l’été sont maintenus coûte que coûte malgré la menace, est économique. Les billets pour les JO de Rio se sont vendus jusqu’à près de 1 200 euros l’unité. Selon A.T. Kearney, cabinet américain de conseil en gestion mondiale, l’industrie du sport représente, à l’échelle globale, 450 milliards d’euros par an et le football européen 16 milliards d’euros. Dans un rapport intitulé The Sports Market, A.T Kearney indiquait déjà en 2011, que ce secteur avait de belles perspectives avec une base de supporters et de fans d’événements sportifs qui ne cessait de s’élargir et le gâteau de grossir d’année en année. Les enjeux sont donc si importants – en 2016 en particulier – que, sans états d’âme, il va de soi que « the show must go on », quel qu’en soit le prix à payer pour sécuriser ces innombrables événements sportifs.

Et ce prix est exorbitant. A titre d’exemple, la question du financement de la sécurité des seules fans zones pendant l’Euro 2016 (17 millions d’euros), met en lumière le poids financier que supportent l’Etat et les villes-hôtes, même si l’UEFA apporte sa contribution à ce défi majeur. A noter que ce sont 7 millions d’euros supplémentaires qui ont dû être rajoutés au coût initial de 10 millions, en raison de l’intensification du risque terroriste. Ne faudrait-il pas dans ces conditions augmenter la participation – autant en moyens humains que financiers – consentie par les organisateurs de ces grands événements pour en garantir la sécurité ? L’Etat et les collectivités locales seraient ainsi partiellement délestés de ce fardeau de plus en plus lourd à porter. La « double peine » du supporter de base, qui paie non seulement son billet mais ses aussi ses impôts, serait ainsi allégée.

D’autant plus que la menace est partout et que les forces de sécurité sont sollicitées sur d’autres fronts. Sur les lieux de culte par exemple et même sur les plages. Dès la fin avril 2016, le quotidien allemand Bild, s’appuyant sur une source des services de renseignement allemand, faisait état de menaces sur les plages et dans les stations balnéaires du littoral méditerranéen européen, notamment en France, en Italie et en Espagne. Des terroristes de l’EI et plus précisément des kamikazes sénégalais affiliés à Boko Haram (groupe terroriste rallié à l’EI en mars 2015) et déguisés en vendeurs ambulants, y réitéreraient le scénario de Sousse de juin 2015. On se souvient, en effet, que, le 26 juin 2015, un seul individu, se revendiquant de l’EI, avait semé le chaos et la mort, sur une plage de Tunisie, en abattant à la kalachnikov et avec une grenade, 39 touristes européens et en blessant 39 autres personnes. La vulnérabilité des stations balnéaires est aujourd’hui une évidence, comme l’a montré l’attentat de Grand-Bassam en Côte d’Ivoire, le 13 mars 2016, attaque revendiquée par Al-Qaïda au Maghreb islamique (AQMI), qui fit 19 morts (dont 4 français) et une trentaine de blessés. Les assaillants s’en sont pris à des gens qui étaient tranquillement en train de se baigner.

Une fuite en avant dans la fête perpétuelle

Mais au-delà du coût de la sécurité, qui croît de manière exponentielle au fil des attaques terroristes, le problème de fond est en fait celui du déni de réalité de nos sociétés face à la menace grandissante. Comme le remarque Pierre Servent, expert en stratégie militaire et auteur de l’ouvrage Extension du domaine de la guerre, cet aveuglement s’explique par le fait que « nous sommes sous l’emprise de la dictature des trois “I” »« Insouciance, Idéologie et Individualisme » et ne savons pas comment affronter ces « drôles de guerres ».

Cette situation affligeante et les risques futurs qui se profilent sont malheureusement d’ores et déjà prévisibles mais, dans notre fuite en avant dans le sport et dans la fête perpétuelle, nous continuons à ne rien vouloir voir venir. En 1945 déjà, l’écrivain britannique George Orwell avait identifié ce problème central : « Les gens peuvent anticiper l’avenir seulement lorsque cela coïncide avec leurs souhaits, écrivait-il. C’est ainsi que les faits les plus grossièrement évidents finissent par être ignorés lorsqu’ils ne sont pas bienvenus. »1

  1. George Orwell, Partisan Review, hiver 1945.

  • Article en accès libre. Pour lire tous nos articles, abonnez-vous !

    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 26 Juin 2016 à 18h53

      kelenborn dit

      Je dois dire, qu’à la réflexion , cet article me laisse interrogatif. Ce que nous disent les auteurs me parait assez juste mais me semble occulter une réalité moins spectaculaire mais à la limite plus inquiétante.

      1.Il n’est pas douteux que le terrorisme fait d’autant plus peur qu’il frappe fort, n’importe ou et n’importe qui. Personne n’est à l’abri et d’abord la ménagère de plus ou moins de 50 ans qui fait ses courses au supermarché. Il faut avoir la bêtise et l’ignominie crasses de Melenchon pour oser mettre en parallèle le Bataclan et le suicide de chômeurs ou de sans abris!!
      Pour autant quelle est la probabilité d’être victime ? Si le terrorisme islamique se montre efficace quand il s’agit de massacrer , il réussit surtout à provoquer la colère des citoyens (au premier chef contre ceux qui sont responsables de son développement en ayant pratiqué la politique de l’autruche) . Il ne terrorise pas vraiment.

      2. En revanche, le règne de la peur dépasse celui du terrorisme : Luc Ferry notait avec raison qu’autrefois on apprenait aux enfants à ne pas avoir peur. Aujourd’hui c’est devenu une vertu! La peur est omniprésente: peur du nucléaire, peur des pesticides, du réchauffement climatique, de la pollution , des aliments, du vent de la pluie, de la neige, du soleil!!! Il n’y a que le croquemitaine qui fasse rigoler…
      Le coût de tout cela est infiniment supérieur à ce qu’évoque nos auteurs. C’est que, derrière ces peurs il y a foule de marchands de trouille de tous poils, les escrologistes en tête. Ce n’est pas seulement affaire de pépettes mais aussi de pouvoir. Faire peur et fournir ensuite les remèdes pour la conjurer, c’est le jackpot pour encaisser et se faire élire. A ce jeu, même Tapie n’est qu’un pitoyable amateur.
      Sortir de cette régulation par la peur , c’est une des clés de la sortie de crise, bien plus que toutes les lois Travail, censées mettre au boulot les fainéants et les nantis!
      MK
      kelenborn;e-monsite.com

      • 26 Juin 2016 à 19h31

        i-diogene dit

        Quel rapport entre les marchands de trouille et Tapie..?

        D’ autre part le terrorisme n’ a qu’ un seul moyen de pression: la terreur (par définition),

        Le terrorisme, c’ est la réponse armée du plus faible dans une guerre asymétrique..(résistance, FLN, Viet Cong, etc..),

        Il suffit juste de supprimer les causes pour que le mal disparaisse..

        C’ est bien joli de renverser des gouvernements pour faire de la finance offshore, mais ce n’ est pas sans conséquences..!

      • 26 Juin 2016 à 19h52

        durru dit

        Tapie: escroc, menteur – c’est ça, le rapport.
        Le terrorisme est aussi la réponse du minoritaire qui veut imposer son point de vue (les Brigades Rouges, Action Directe, etc). Ca dépend de l’interprétation. Impossible du coup de supprimer les causes.

    • 26 Juin 2016 à 10h09

      kelenborn dit

      « Les gens peuvent anticiper l’avenir seulement lorsque cela coïncide avec leurs souhaits, écrivait-il. C’est ainsi que les faits les plus grossièrement évidents finissent par être ignorés lorsqu’ils ne sont pas bienvenus. »

      Il disait vraiment de grandes choses ce Orwell!!!!
      Appliqué au réchauffement climatique cela devrait donner
      Les faits les plus grossièrement inventés ont toutes les chances d’être crus lorsqu’ils sont les bienvenus… pour servir la soupe à Hulot-, Gore et tutti quanti!!
      Suis hors sujet, OK, mais l’occasion ne repassera pas!
      MK

    • 26 Juin 2016 à 10h03

      walkyrie dit

      Le grand remplacement en marche dans toute l’Europe a été stoppé par les Britanniques. Chez eux. Nos technocrates illégitimes de Bruxelles et leurs mentors, Hollande, Merkel, Schulz, Draghi et consorts, eux préparent une “nouvelle Europe”. Ils ne parlent plus de Schengen en faillite. Merkel elle, accueille le monde entier chez elle, puis le redistribue généreusement. Pendant ce temps le niveau de vie baisse en France. Faut bien entretenir les clandestins et les rejetons de Merkel.
      Un coup ne leur a pas suffit à nos politicards aux ordres de l’Europe. Il leur faut être assommés par un autre référendum, en France. Et celui qui sera contre un référendum aura perdu la présidentielle.

    • 26 Juin 2016 à 9h57

      kelenborn dit

      Au passage, je vous signale que l’Obserfoireur, latrine de Joffrin-Mouchard, vient de découvrir l’eau chaude

      http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20160624.OBS3334/l-inquietant-temoignage-d-un-ancien-policier-de-l-etat-islamique.html

      La mère Lelièvre (De Haas en version Vlaams-et… eh … oui!!! … felicie aussi en version wallonne) va en être toute retournée, elle qui fustigeait le racisme de ceux qui affirmaient que des terroristes étaient infiltrés parmi les migrants!
      On a quand même la chance d’avoir des merdias aussi clairvoyants!
      MK
      kelenborn.e-monsite.com

    • 23 Juin 2016 à 23h07

      Sancho Pensum dit

      Et quelque chose ne va pas dans le titre. Il ne s’agit pas du prix de la liberté. Mais du prix de la sécurité. La sécurité n’est là que pour garantir notre droit à la liberté, premier de nos droits. La rédaction du titre, malheureuse (volontairement malheureuse ?) consacre de fait une inversion de la hiérarchie des normes.

    • 23 Juin 2016 à 22h47

      IMHO dit

      Ce sont des piqûres d’épingles, pas des coups de poignard .
      Ça fait très mal à l’endroit de la piqûre, mais pas plus loin .
      Personne n’est insouciant mais tout le monde sait que le risque d’être victime d’une de ces piqûres d’épingle est très faible et inévitable .
      A part les islamophobes, tout le monde sait aussi que les djihadistes vont perdre: l’Islam est un rafiot pourri sans embarcations de sauvetage, seuls ceux qui auront appris à nager survivront .
      Il n’est pas nécessaire d’être courageux ou frivole pour faire comme si de rien n’était, il suffit de savoir compter .
      D’autre part, personne ne fait la fête du matin au soit et du soir ua matin, c’est quelques heures par ci par là, un moment de la vie .

      • 24 Juin 2016 à 5h13

        IMHO dit

        et on n’apprend pas à nager dans une école coranique, il faut aller à la piscine, avec les roumis .

      • 24 Juin 2016 à 7h32

        Archebert Plochon dit

        Mais arrêtez à la fin avec votre “phobie”.. Est-il encore possible d’avoir des aversions et des convictions sans être renvoyé à une catégorie clinique inventée sur le pouce ? Vous-même ne semblez pas déborder de bienveillance pour ledit culte.

        • 24 Juin 2016 à 8h25

          malaimé dit

          Tout à fait d’accord

        • 24 Juin 2016 à 12h16

          IMHO dit

          Une phobie (du grec ancien φόβος / phóbos, frayeur ou crainte) est une peur DEMESUREE et irrationnelle d’un objet ou d’une situation précise.
          Il peut s’agir de l’agoraphobie (peur de la foule et des lieux publics), de phobies spécifiques comme par exemple la claustrophobie (peur des lieux clos), ou de phobie sociale, qui est une crainte handicapante de relations sociales comme la prise de parole en public, la rencontre de nouvelles personnes ou de l’opinion ou jugement des autres. La phobie est généralement ressentie comme irrationnelle par le patient lui-même.
          Ce qui n’est pas le cas des islamophobes

        • 24 Juin 2016 à 19h39

          i-diogene dit

          Bien sûr que oui, c’ est aussi le cas des islamophobes..:

          - Ils alimentent leur phobie avec des angoisses démesurées irrationnelles qu’ ils font tourner en boucle dans leur petite cervelle..!^^

        • 26 Juin 2016 à 19h03

          kelenborn dit

          i_diogene

          Puisqu’on est dans la rubrique étymologique…. I-Diogene, c’est bien ce qui génère l’idiotie , ce qui rend idiot en d’autres termes. A vous lire je ne dois pas faire erreur!
          MK

        • 26 Juin 2016 à 19h14

          i-diogene dit

          Kalembour,

          … Et encore une victime de plus..!^^

    • 23 Juin 2016 à 20h15

      Sancho Pensum dit

      Exiger de l’UEFA une contribution accrue au financement de notre sécurité revient à exiger d’un cancéreux du tabac qu’il prenne une quote-part des soins dont il bénéficie.
      Va-t-on également demander, après l’attentat de Merah contre une école juive, que le CRIF mettre à disposition des moyens humains et financiers pour sécuriser les abords de synagogues ou d’écoles ?
      Après l’assassinat de deux policiers à leur domicile, va-t-on mettre en place une taxe prélevée sur les salaires des policiers pour prendre en charge leur protection ?
      Ce n’est pas sous la dictature des trois I que nous vivons mais sous celle des deux S : souleur et sécurité !
      Tous nos actes sont désormais assujettis à la peur panique de l’incontrôle de nos vies. Que ce soit sur la route, dans un festival, à la terrasse d’un bistrot, il faudrait que l’on nous garantisse le risque zéro. Cela est pourtant impossible. Le citoyen qui formule cette exigence est aussi irresponsable que l’Etat qui abonde dans son sens. On est aux antipodes d’une supposée insouciance. Tout, partout, tout le temps nous fait tracas. Cette article en est une illustration. Le journal de 20h, préposé aux mauvaises nouvelles, que le téléspectateur gobe avec délectation masochiste en est une autre.
      Ce qui peut faire crever nos démocraties, ce n’est pas les atteintes épisodiques à notre intégrité physique, mais la peur irraisonnée dont nous sommes des victimes consentantes.

      • 23 Juin 2016 à 21h22

        Patrick dit

        Sancho,
        Votre propos ne tient pas !
        Si l’on peut considérer qu’il faut demander une contribution de l’UEFA, c’est parce que celle-ci organise des grands rassemblements et ramassent les royalties.
        Ni les juifs assassinés de l’école toulousaine, ni les policiers n’ont de telles prétentions : ils ont été assassinés parce que juifs ou policiers, et non parce qu’ils auraient organisé des rassemblements qui leur rapportent des tonnes d’argent.

        • 23 Juin 2016 à 22h48

          Sancho Pensum dit

          “Si l’on peut considérer qu’il faut demander une contribution de l’UEFA, c’est parce que celle-ci organise des grands rassemblements et ramassent les royalties.”

          C’est un argument qui pourrait se tenir. Vous invoquez deux raisons pour justifier la mise à contribution de l’UEFA :
          1. la notion de rassemblement
          2. les recettes financières
          Pour vous, le point 1. ne serait pas suffisant pour exiger une contrepartie financière, en dépit du fait que les cibles juives représentent une priorité pour les islamistes. Et en dépit du fait qu’il suffirait de répartir les élèves juifs dans des écoles lambdas pour annuler totalement ce risque.
          Il est difficile de plaider que cette solution est inacceptable quand dans le même temps, on ne verrait que peu d’objection à annuler des manifestations festives qui concernent un nombre d’individus bien plus important.
          En réalité, cet argument à double entrée peut se traduire de la façon suivante : “puisqu’il y a de l’argent, payons-nous sur la bête”.
          Ma position est claire : ce n’est pas aux victimes potentielles de payer pour leur sécurité, que ces victimes soient des manifestations sportives et leurs spectateurs ou des écoles juives et leurs élèves. C’est à l’Etat d’assumer ce risque et les couts associés. C’est une de ses fonctions régaliennes, peut-être la plus importante. Qu’il y ait ou non de l’argent en jeu ne doit pas entrer en considération. Que les associations concernées aient les moyens financiers ou non de payer pour la sécurité de leurs membres, non plus.

        • 23 Juin 2016 à 23h09

          Sancho Pensum dit

          Et par ailleurs, il va sans dire que tout prélèvement supplémentaire sur les recettes de ces manifestations serait immédiatement reportées sur le consommateur final, c’est à dire le supporter de base…

        • 23 Juin 2016 à 23h37

          Patrick dit

          Si l’Etat ne doit pas pouvoir demander de contribution financière alors il devrait avoir la possibilité d’interdire les rassemblements.
          Ce n’est pas au contribuable de payer, tout simplement.

        • 23 Juin 2016 à 23h38

          Patrick dit

          Ou du moins pas outre mesure.

        • 24 Juin 2016 à 12h08

          Sancho Pensum dit

          Votre affirmation est lourde de questions et/ou de conséquences.
          1. S’agit-il d’une forme de chantage : sois tu raques soit tu dégages ?
          2. A quoi sert de contribuer à l’entretien d’une police si au premier virage, ou quand ça lui chante, l’Etat peut décider de se retirer ?
          3. Sur quelles bases faire la distinction entre le maintien de l’ordre sans condition et le maintien de l’ordre avec condition (et participation) ?
          4. Le risque terroriste doit-il nous faire oublier que nous payons une police pour assurer notre sécurité en tout lieu et toute circonstance ?
          5. Qui jugera de l’intérêt général de tel ou tel rassemblement ? En quoi le rassemblement d’élèves juifs dans une école juive est-il plus acceptable, donc finançable par le contribuable, que le rassemblement de supporters de sport dans un stade ?
          6. N’y a-t-il pas un risque à confier à l’Etat la décision d’interdire une manifestation, en dehors de tout risque de trouble à l’ordre public causée par ladite manifestation ?
          7. Est-on encore dans une démocratie si on accepte cette situation ?

      • 26 Juin 2016 à 9h48

        kelenborn dit

        Ah beh… pour une fois, Mr Sancho, tout à fait d’accord avec vous. Cette société crève de ce que vous décrivez fort bien . Il reste à en établir les causes et les remèdes et la mediacrassie comme dit un certain ici doit y être pour beaucoup mais pas seulement elle!
        MK

    • 23 Juin 2016 à 18h47

      Guillaume-Salluste dit

      la question est : on investit dans les stades, les fan zones, les festivals ou les écoles, les hôpitaux, les maisons de retraites ?
      On distrait le vulgus pecum ou l’on traite les urgences?

    • 23 Juin 2016 à 16h55

      Patrick dit

      Cardinal dit : “Bien mais que faut il faire à part, bien sûr et logiquement, faire payer le coût de la sécurité aux bénéficiaires de tous ces divertissements ? Ou faut il se terrer peureusement chez soi ?
      Cela résume tout à fait ma pensée.
      Personne, absolument personne n’est à l’abri d’un attentat islamiste. Que ce soit au restaurant, sur une plage, dans un concert, un cinéma ou un théâtre, ou même chez soi ! Et si on transforme son logement en bunker, il faut tout de même sortir de temps en temps pour faire ses courses etc.
      Il est impératif que les autorités fassent ce tout ce qu’il est possible de faire pour mettre ces malfaisants hors d’état de nuire. Et les mettre en prison ne suffit pas puisqu’un juge d’application des peines peut les libérer à tout moment.
      Il faut avoir des services de renseignements efficace, filtrer les gens aux frontières extérieures et intérieures et être sans pitié pour ceux que l’on attrape sur le fait ou en train de préparer un attentat.
      Un voyage en hélicoptère au-dessus de la mer, aller simple par exemple.

      • 23 Juin 2016 à 17h58

        Cardinal dit

        On en arriverait à regretter les barbouzes.

    • 23 Juin 2016 à 16h08

      Cardinal dit

      Bien mais que faut il faire à part, bien sûr et logiquement, faire payer le coût de la sécurité aux bénéficiaires de tous ces divertissements ?
      Ou faut il se terrer peureusement chez soi ?
      Daesh et Al Qaida doivent être éradiqués. Si nous avons pu éradiquer Hitler et l’Empire du Japon nous devrions pourvoir disposer de tous ces fanatiques sans difficultés. Il ne manque que la volonté et des politiciens concentrés sur ces problèmes, ayant une notion de priorités, et de ne pas de spéculer sur les intentions de Poutine et des Chinois, de décider que “neutraliser” Daesh, Al Qaida, Aqmi et Boko Haram est plus urgent que de discuter et se disputer sur comment remplacer Bachar el Assad et savoir qui soutenir en Ukraine.
      Que les gens continuent à se distraire et à chanter est exactement ce qu’il faut faire pour contrer ces fanatiques tout en les éliminant physiquement.
      Il faut aussi faire comprendre aux populations qui les abritent en Syrie et Iraq que, de fait, ils collaborent au lieu de résister, et donc s’exposent aux dommages collatéraux des bombardements.

      Par ailleurs le raisonnement exposé dans cette article peut se généraliser.
      On vient de nous dire que 48000 français meurent chaque année des micro-particules de polluants dans l’air, rien de nouveau d’ailleurs il y a longtemps qu’Internet nous signale que la pollution en France dépasse la limite supérieure tolérable d’après l’OMS. On sait aussi que les accidents routiers et l’alcoolisme massacrent quelques dizaines de milliers de citoyen
      annuellement. Faut il interdire les automobiles et les camions, la production du vin,…?
      Daesh est une maladie, un cancer dont on connait parfaitement le traitement, nous avons, littéralement, toutes les armes pour cela, les musulmans seront les premiers à nous en remercier car ce sont eux qui en paient le prix le plus élevé.

      Une remarque les auteurs écrivent : “du coût de la sécurité,qui croît de manière exponentielle”. Ont ils une idée de ce qu’est une exponentielle ?

      • 23 Juin 2016 à 16h59

        i-diogene dit

        Bien vu, sauf que le terrorisme n’ a pas d’ uniforme et qu’ il se noie dans la masse des civils..

        Faut-il sacrifier tout les civils..?

        Le terrorisme n’ est que la conséquence de l’ interventionnisme colonialiste de la coalition occidentale en Afrique, Maghreb et Moyen Orient..

        Il suffirait seulement de faire cesser la cause pour voir disparaître les conséquences..!^^

        • 23 Juin 2016 à 17h55

          Cardinal dit

          Ayant vécu et travaillé un total de 34 ans entre l’Afrique et le Moyen Orient (pétrole) permettez moi de vous dire que vous vous plantez royalement en rabâchant le discours sur la culpabilité colonialiste. Vous tirez sur la mauvaise cible.
          Le Califat est un vieux rêve de certains musulmans sunnites. Les chiites et les sunnites s’entre-trucident depuis longtemps. Saddam Hussein avait fait la guerre à l’Iran il y n’y a pas si longtemps et elle était brutale. Ce qui se passe au Yémen n’a rien à voir avec l’occident, pas plus que Boko Haram, les héritiers de Maïtatsine, au Nigeria.
          Je ne suis d’accord que dans un cas : l’intervention de G.W. Bush en Iraq pour éliminer Saddam et ses missiles car il a considérablement compliqué les choses.
          Dans le cas de G.H. Bush en 1991 la chose est plus complexe. Les résidents à Kuwait en 1954 dont j’étais, savaient déjà que l’Iraq, alors une royauté Hachémite sous protectorat britannique, considérait Kuwait comme une province de l’Iraq. La paix régnait parce que les britanniques avaient toute la région sous son “protectorat” depuis que Lawrence of Arabia y avait sévi.
          Kuwait n’était alors qu’un petit bout de désert au bord du Golfe Arabique (il n’est Persique que pour l’Iran) plein de roches et de sable ou traînaient quelques bédouins et leurs chèvres et chameaux, mais qui flottaient sur une vaste mare de pétrole. Nous y avons foré pour chercher en vain de l’eau, à chaque nouveau forage nous ne trouvions que du pétrole.

        • 23 Juin 2016 à 18h56

          i-diogene dit

          Bof,

          Le vieux rêve de califat, c’ est juste le moyen de fédérer des troupes pour se dégager du colonialisme financier américain..

          Les missiles de Saddam..? Quels missiles, les commissions successives n’ ont jamais rien trouvé.. INTOX, Bush a menti, c’ est un fait reconnu..

          Et pour Boko Haram, ça a plutôt a voir avec la France-Afrique, rien à voir avec le Dollar..

          Mais c’ est un peu la même histoire qu’ avec la Libye: Kadafi voulait, lui aussi créer une réserve monétaire africaine..

          Tu peux raconter ce que tu veux, l’ intervention de l’ occident ne se fait pas systématiquement au grand jour: printemps arabe, attaque aérienne surprise du palais de Kadafi, interventions de mercenaires au Mali, au Burkina Faso, au Burkina Bisau, au Rwanda, en Ethiopie, intervention militaire en Côte d’ Ivoire, pour mettre Ouatara au pouvoir (ami de Sarko, Bouygues et Bolloré)..Etc…

          Tu peux raconter ce que tu veux, mais les faits sont là..!^^

    • 23 Juin 2016 à 14h42

      IMHO dit

      Est-ce qu’il n’y aurait pas là un soupçon de souhait, d’espérance ?.
      Hein ?

    • 23 Juin 2016 à 14h17

      Aristote dit

      Lors du sac de Rome, en 410, des Romains fuirent en bateau et accostèrent à Hippone, dont Saint Augustin était l’évêque.

      Il raconte sa surprise de voir que l’une des premières préoccupations des réfugiés fut de s’enquérir du programme des théâtres locaux… 

      • 23 Juin 2016 à 14h38

        IMHO dit

        C’étaient des gens raisonnables

      • 23 Juin 2016 à 16h21

        L'Ours dit

        Dîtes pas du mal, je suis né là-bas!
        ;o)

        • 23 Juin 2016 à 16h27

          Aristote dit

          Moi, dire du mal d’Augustin ? Jamais !

          :-) 

      • 23 Juin 2016 à 17h34

        Pierre Jolibert dit

        Merveilleux !
        (allais-je dire sans scrupule avant l’attentat dans un cinéma en Allemagne)
        Mais alors qui l’évêque avait-il besoin de convaincre que ce sac n’était pas encore la fin du monde ?