Terreur dans la “représentation”
Attention, la Halde barde !
Publié le 09 mars 2009 à 6:00 dans Société
Mots-clés : Halde
Dans le sillage des trois hilarants papiers de Marc Cohen et de la lettre ouverte écrite par François Taillandier, Basile de Koch et Marc Cohen, je poursuivrai ici les réflexions autour du consternant rapport sur la Place des stéréotypes et des discriminations dans les manuels scolaires commandé par la Halde à l’Université Paul Verlaine de Metz.
Ce rapport parle à tout bout de champ de “situations”, d’”images” ou de “représentations”, dont certaines sont supposées être “positives” et d’autres, figurez-vous, “négatives”. En matière de discrimination entre le positif et le négatif, il n’y va pas de main morte. Il insiste sur la nécessité de “représenter” les minoritaires de tous poils “dans des situations positives”. En ce qui me concerne, et toutes minorités mises à part , j’espère vivement que je ne serai jamais représenté par personne dans aucune des diaboliques “situations positives” labélisées par la Halde. Et je ne le souhaiterais pas non plus à mon pire ennemi.
Le but de ce rapport semble bien être, tout bonnement, la pénalisation du non-kitsch. Le kitsch est, par définition, le contraire de l’art : une représentation mensongère excluant par principe tout mal, toute négativité. Selon la formule célèbre de Kundera : “Le kitsch est la négation de la merde.” Or, le minoritaire, pas davantage que le majoritaire, ne saurait se soustraire à la nécessité parfois contrariante de la défécation. Rendre le non-kitsch hors-la-loi, tel semble bien être l’horizon radieux visé par les purificateurs éthiques de la Halde. Ces triathlètes autoproclamés de la démocratie ne perçoivent-ils réellement aucun paradoxe dans leur désir de définir un nouvel “art dégénéré”, un nouveau « réalisme socialiste » à la sauce bio-citoyenne ?
Qu’est-ce que ces salopards criminels et méthodiques jugent “négatif”, au juste ? Disons le simplement : la pauvreté, la maladie, la mort.
Mais moi, qui suis pauvre, malade et mort, qui me “représentera” ? “Les seniors sont souvent associés à des représentations liées à la maladie et à la dégénérescence du corps. Ces représentations ne sont pas compensées par d’autres images positives sur leur rôle citoyen et leur apport dans la famille.” Qui me “représentera” demain, moi le vieillard que la Halde insulte à longueur de journée en me traitant de “senior” ? Moi le vieillard malade et refusant la “positive attitude” face à ma maladie ? Moi le vieillard intraitable qui refuse de faire du trampoline, du kayak et qui ne suis engagé dans aucun combat citoyen ? Moi le vieillard suffisamment libre et réel pour n’avoir que faire de mon “image”, et moins encore de celle de l’ensemble de ma “classe d’âge” ? Est-ce moi désormais qui constitue une vivante offense à la cohorte des seniors à roulettes ? Après avoir interdit ma “représentation”, ne deviendra-t-il pas bientôt utile de supprimer également ma personne ?
“Le stéréotype du “Noir pauvre et malade” entretient une vision inégalitaire entre Noirs et Blancs.” Moi, le Noir pauvre et malade, la Halde m’apprend que je suis un cliché vivant ! Une offense à tous les businessmen africains et à tous les Noirs en bonne santé ! N’est-ce pas à cause de moi et de ceux qui me “représentent” que l’ensemble des hommes noirs, et tout particulièrement ceux qui sont riches et en bonne santé, subissent un grave préjudice quant à leur “image” ?
Considérer la pauvreté, la maladie et la mort comme des réalités répugnantes et sans honneur est une grande ignominie. Mais par ailleurs, la Halde oublie un autre détail : personne n’est “un homosexuel”, “un Noir”, “une femme”, “un senior” ou “un handicapé”. Ce langage est faux et rend fou. Les personnes humaines ne sont pas des “exemples” de catégories abstraites, personne n’est un “exemple de femme” ou un “exemple d’Arabe”. Une personne humaine est un mystère infini qui ne se résume jamais à un “quoi ?”, ni même à plusieurs. Personne n’est “une femme-Noire-lesbienne-handicapée”. Chaque être que la Halde désignerait ainsi excède infiniment ces quatre prédicats, n’est pas la somme de quatre “quoi ?” abstraits, mais l’unité incarnée, vivante, d’un seul “comment ?”. Une personne humaine est à chaque fois une manière d’être absolument singulière. L’histoire intime de chaque être crée une certaine manière d’être femme, d’être Noir, d’être lesbienne et d’être handicapée. Le langage mensonger ressassé par la Halde et par une large part du discours politique et médiatique est doublement pernicieux : parce que, d’une part, de plus en plus de gens en viennent à imaginer qu’ils sont vraiment “une lesbienne” ou “un Noir”, à imaginer que tout leur être infiniment riche et complexe, ambigu, pourrait se résumer à ce seul prédicat transparent, et à ne plus parler en leur nom propre, mais en son nom à lui ; parce que, d’autre part, les autres ne me considèrent plus comme une personne, mais comme un représentant abstrait de ma minorité.
Pour terminer, je mentionnerai encore un fait humain essentiel, un fait d’expérience, qui cadre assez peu avec l’imaginaire de la Halde, mais qui est pourtant bien réel. Tous les lieux (et ils sont nombreux) où il m’a été donné de baigner dans un cosmopolitisme réel, vivant, chaleureux, incarné, sont aussi les lieux où j’ai entendu les plus splendides feux d’artifices de blagues racistes. Nous sommes tous porteurs de “représentations stéréotypées” des autres – et même, si ça se trouve, de nous-mêmes. Pour les dissoudre, l’humour me semble être d’une efficacité beaucoup plus éprouvée que la terreur morale proposée par la Halde.
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L'auteur
Bruno Maillé est un paria timide.
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solitude dit
RESISTANCE
N’obéissez jamais aux injonctions et aux menaces de la Halde
lundi 9 mars 2009, par Roger Heurtebise
http://www.ripostelaique.com/N-obeissez-jamais-aux-injonctions.html
R.heurtebise explique comment opposer une résistance passive à cette police politique qu’est devenue la Haute Autorité de Lutte contre les Discriminations et pour l’Egalité.
Je vous donne quelques extraits de ce texte qu’il est important de faire circuler:
“Contrairement à ce qu’elle tente de faire croire, la Halde n’a quasiment aucun vrai pouvoir ni législatif ni juridique. Autrement dit, personne n’est tenu à obéir à aucune de ses injonctions et recommandations, quelle que soit la force de l’intimidation (lettre recommandée, sommation de s’exécuter dans un délai de trois mois, etc.)”
“Il en est de même pour des règlements qui refuseraient tout aménagement de nourriture, d’horaires ou de locaux à des fins religieuses dans une entreprise ou une collectivité quelconque : la Halde ne peut vous obliger à aucun « accommodement raisonnable ».
Là encore, l’étude des délibérations le démontre : plus une victime de la Halde entre dans l’engrenage en tentant de s’expliquer et de se justifier, et plus la Halde pond une délibération longue et alambiquée pour tenter d’exploiter des imprécisions ou des contradictions dans les explications données, et plus ses oukases sont péremptoires. Si la victime ciblée par la Halde ne se rend même pas aux convocations, et refuse de s’expliquer par téléphone et par courrier, la Halde ne peut que faire des hypothèses oiseuses et sa délibération est alors bien plus concise et incertaine.
Attention en particulier à la première prise de contact, souvent par téléphone : on essaiera de vous faire parler d’une manière informelle, et, comme dans les feuilletons télé, tout ce que vous direz sera retenu contre vous. Sauf que là, on ne vous prévient pas. C’est inutile et parfois contre-productif de commencer des récits ou de donner votre version des faits. Dites simplement : « Je n’ai pas à vous répondre et je n’ai pas de temps à perdre. Au revoir. »
Merci aux causeurs de ne pas lâcher prise et de revenir régulièrement sur le sujet.
Jardidi dit
La Halde n’est pas une quelconque entreprise stérilisante ou totalitaire mais exprime les valeurs différentialistes des Etats-Unis, peut-être de l’Allemagne et des régions françaises de type contre-révolutionnaire.
Aux USA, un noir est un noir et un PD, un PD. Dans le Bassin parisien, un noir est ou va devenir un être humain qui a la peau noir et l’essentiel est sa personnalité. Cela vous paraît évident? Il ne s’agit là que du merveilleux universalisme du Bassin parisien ou du monde latin que vous défendez à pine.
Cet universalisme est rejeté par nos élites. Même pour celles des régions révolutionnaires, nous avons l’influence du modèle américain, de plus, il est toujours intéressant de pouvoir exciter les blancs pauvres contre les noirs et les Arabes, cela peut toujours servir. Enfin, si un noir est un noir, cela signifie aussi qu’un pauvre est un pauvre et qu’il doit le rester.
En tout cas, votre passivité indique que l’on peut vous qualifier “d’handicapés de l’action”. Je demanderai à la Halde de vous trouver une dénomination précise, plus souple que “Râle mais ne fait rien”.
Allez vivre en Flandres belges et en Flandres françaises puis venez faire votre rapport.
dom dit
Le passage que propose Cormary est effrayant de justesse.
Mais comment peut-on se détester autant, comment peut-on vouloir détruire tout ce qui fait le génie de l’occident ? Que quelques dingues vomissent leurs élucubrations d’accord, mais comment une communauté peut-elle leur emboîter le pas ? Comment résister à cela ?
Gwendan dit
A mes yeux le “Kommissair” Sabeg est ebaucoup plus dangereux pour notre pays et notre culture que les élucubrations de la Halde.
Hubert B. dit
D’accord avec votre article… Il faudrait emmener la Halde voir le dernier film de Clint Eastwood.
Joëlle dit
Je voulais dire : Sabeg. Lire maxiton à 13. 48.
Joëlle dit
La Halde, comme entreprise de kitschisation du monde, c’est bien vu.
Et son objectif semble, hélas, parfaitement raccord avec celui de Begag, tel que défini ci-dessous.
On peut commencer par expurger la littérature française, ce sera une première étape, on parachèvera l’œuvre en éliminant de nos vies toute culture générale, si discriminante et si mal répartie , comme on le sait bien.
Retour à la barbarie : c’est à pleurer!
ramon mercader dit
@ vingtras
c’est moi ,m’sieur,qui prend l’euro symbolique des gros mots!
après ,on fait une cagnotte pour le café (ce qui est discriminatoire pour le thé ,la soupe et le gros bleu qui tache)
Stoemp dit
Comme le disait Pascal, “L’homme passe l’homme”. Aucune définition n’enferme l’homme.
Rotil dit
Je suis très préoccupé par l’mage très négative que l’on donne des terroristes.
Ce mot même est une infamie… Ne pourrait-on plutôt parler d’halloweenistes ?
Et cette façon de toujours les montrer à visage entouré d’étoffes souvent sombres !
Ces kalatchnikov, sans l’ombre d’un brin de laurier pour mettre en valeur le canon ?
Je pense vraiment qu’il faut changer tout cela, je suis convaincu que notre peintre préféré, M. Cazals, saura disposer d’agréables colombes autour de ces têtes valeureuses.
maxiton dit
Pour se faire bien voir par la ” halde ” ??
Une proposition – entre autres – de Yazid Sabeg , le nouveau commissaire à la diversité -qu’il compte faire :
“Parallèlement, il faut rendre moins discriminants les concours aux grandes écoles, en pondérant différemment la culture générale et le français. Il faut être beaucoup plus démocratique à l’entrée des grades écoles, et probablement plus sélectif à la sortie”
La pochette surprise n’est pas loin
montalte dit
Armande :
Pour la langue, on verra dans peu nos règlements,
Et nous y prétendons faire des remuements.
Par une antipathie ou juste, ou naturelle,
Nous avons pris chacune une haine mortelle
Pour un nombre de mots, soit verbes ou noms
Que mutuellement nous nous abandonnons ;
Contre eux nous préparons de mortelles sentences,
Et nous devons ouvrir nos doctes conférences
Par les proscriptions de tous ces mots divers
Dont nous voulons purger et la prose et les vers.
Philaminte :
Mais le plus beau projet de notre académie,
Une entreprise noble, et dont je suis ravie,
Un dessein plein de gloire, et qui sera vanté
Chez tous les beaux esprits de la postérité,
C’est le retranchement de ces syllabes sales,
Qui dans les plus beaux mots produisent des scandales,
Ces jouets éternels des sots de tous les temps,
Ces fades lieux communs de nos méchants plaisants,
Ces sources d’un amas d’équivoques infâmes,
Dont on vient faire insulte à la pudeur des femmes.
Trissotin :
Voilà certainement d’admirables projets !
Bélise :
Vous verrez nos statuts, quand seront tous faits.
Trissotin :
Ils ne sauraient manquer d’être tout beaux et sages.
Armande :
Nous serons par nos lois les juges des ouvrages ;
Par nos lois, proses et vers, tout nous sera soumis ;
Nul n’aura de l’esprit hors nous et nos amis ;
Nous chercherons partout à trouver à redire,
Et ne verrons que nous qui sache bien écrire.
Molière, Les Femmes savantes, III-2
robespierre dit
Nom d’un petit bonhomme ! Mais c’est bien sûr. Cher Bruno, vous êtes une révélation. Ce glorieux rapport de l’université de Metz-Paul Verlaine, je ne l’avais point envisagé sous cet angle.
Maintenant que vous le dites, je me souviens de ces images de petits enfants africains, maigrelets, faméliques. Rien de positif la dedans. Alors qu’au contraire, il fallait po-si-ti-ver car il s’agissait d’une campagne importante pour lutter contre la faim dans le Monde.
Au regard des nouvelles règles de la Halde, toutes les campagnes médiatiques de SOS Faim, Au secours Afrique, Médecin du Bien, etc, etc ne devront montrer à la télé que des enfant noirs, bien portant (1m40, 40kg) avec de belles dents blanches. S’ils pouvaient s’écrier ensemble “Bananania” ça serait mieux.
PMB dit
Koz, je voudrais être sûr que la fin de Jean-Paul II a été ce que vous dites.
Que l’Eglise, qui est autant une création divine (à ce qu’on l’a dit) qu’une institution terrestre, n’a pas fait avec lui comme l’Espagne avec Franco, l’Algérie avec Boumedienne, Cuba avec Castro. Etc.
Sur l’excellence du 4° âge une chanson :
http://www.frmusique.ru/texts/f/font_val/vieille.htm
enzolior dit
il faut supprimer la halde qui est une entreprise totalitaire !
Pirée dit
A Malte, on servait nos seigneurs les malades dans de la vaisselle d’argent.
koz dit
J’ai des petites réserves sur certains points, normal.
Mais j’opine fortement sur la question de la maladie. Il ne s’agit évidemment pas de prétendre que la maladie serait quelque chose de positif, primesautier et que chic, chic, chic, on aimerait tellement tous être malades. Mais, au final, il est vrai que le fait de catégoriser le fait d’être malade comme étant une représentation négative aboutit à une occultation de la maladie. On finit également par occulter le handicap. Par occulter la faiblesse.
Une fois occultés, on se sent spécialement mal à l’aise lorsque l’on y est confronté. Et l’on finit par reprocher leur état aux personnes concernées. On regarde les parents de l’enfant trisomique l’air de dire qu’ils auraient pu éviter ça. On regarde le malade en pensant qu’il serait bien inspirée de “mourir dans la dignité“.
Bon, je sais que mon exemple va en indisposer certains, mais je trouvais plein de sens, en fin de compte (après, soyons franc, un malaise), de voir Jean-Paul II dans ses dernières années. Il était la preuve vivante de ce qu’un vieillard malade, diminué, restait une personne, restait quelqu’un qui avait toute sa tête, alors que l’on ne croise pratiquement plus de personnes âgées dans l’état qui était le sien.
Si l’on ne veut pas penser à JPII, on pourrait penser à d’autres responsables (quoique l’on voit mal une autre institution maintenir à sa tête une personne dans l’état qui fut le sien). Tiens, on pourrait aussi penser à Hawkins.
vingtras dit
A-t-on, dans ce salon, le droit d’employer le mot “cons” (au pluriel) ? Parce que je donne un euro à mon petit-fils à chaque fois que j’emploie ce terme… Qui prend l’argent à Causeur ?
Pirée dit
Et Ronsard, Monsieur?
L’Ours dit
Si je comprends bien, il ne faut pas “négativiser” quelqu’un qui aurait perdu les 4 doigts extérieurs de sa main? Il deviendrait pour La Halde un gars qui leur brandirait fièrement un majeur bien droit?
OK!