La Chapelle-Pajol: “Télérama” détourne les regards | Causeur

La Chapelle-Pajol: “Télérama” détourne les regards

Quand les lanceurs d’alerte sont psychiatrisés

Auteur

Daoud Boughezala

Daoud Boughezala
est rédacteur en chef de Causeur.

Publié le 31 mai 2017 / Médias

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Pour "Télérama", il n'est pas question de nier la ségrégation sexuelle à Paris, Sevran, ni même les viols de Cologne. Les "dénis oui-oui", comme les appelle François Bousquet, sont passés à l'étape suivante : relativiser, déconstruire, détourner les regards. Grâce à deux universitaires, l'attention n'est plus mise sur les bourreaux des femmes mais sur les prétendus racistes qui les dénoncent.
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La candidate LR aux législatives Babette de Rozières, Paris, Sipa. Numéro de reportage : 00807402_000007.

S’il y a bien un domaine dans lequel l’activité de “lanceur d’alerte” n’a pas bonne presse, c’est la question identitaire. Autant il est de bon ton de s’appeler Assange ou Snowden pour cracher sur les chancelleries mondiales, à commencer par la première d’entre elles, dont la puissance certes déclinante, ne va pas sans poser question, autant il reste malséant d’aborder certains sujets qui fâchent. Prenez le harcèlement des femmes dans le dix-huitième arrondissement de Paris, plus précisément au cœur du quartier de La Chapelle-Pajol.

Ne surtout pas “stigmatiser”!

Sous prétexte de ne “stigmatiser” personne1, certains éditocrates refusent de nommer les choses, quand ils ne détournent pas carrément le regard vers le doigt qui les désigne, accusé de tous les maux. Ainsi, dans le cas qui nous intéresse, est-il couramment reproché à la candidate LR aux législatives Babette de Rozières, cuisinière cathodique antillaise pourtant peu suspecte de racisme, de manipuler la misère sociale et culturelle du quartier Pajol à de basses fins électoralistes. Peu importe qu’une adjointe communiste au maire de l’arrondissement corrobore ses dires. Lorsqu’Alain Finkielkraut, Céline Pina ou le Printemps républicain dénoncent l’existence de “no go zones” où il ne fait pas bon être une femme tant le machisme y règne, d’aucuns les traitent de racistes ou rappellent les heures les plus sombres du patriarcat cisgenre, blanc et chrétien.

La stratégie de l’édredon

Si je résume, cette stratégie de l’édredon marche à deux goussets :

- le voyage dans le temps, étant entendu que les errements d’hier justifient ceux d’aujourd’hui (suivant cette logique implacable, les crimes des totalitarismes du XXe siècle devraient être relativisés du simple fait qu’on s’étripe depuis les balbutiements de l’humanité).

- le voyage dans l’espace, façon “Rendez-vous en terre inconnue”, à la recherche des derniers reliquats de patriarcat blanc et catholique. Réalisatrice et comédienne d’un clip contre les mariages forcés, Lisa Azuelos et Julie Gayet excellent dans cet exercice de fiction, qui consiste à dénicher de vieux barbons leucodermes qui enferment leur fille.

Nous y voilà. Le choc des cultures engendré par l’immigration de masse aboutit à un multiculturalisme de fait qui ne profite pas aux minorités, singulièrement aux femmes. Demandez aux assyro-chaldéens de Sarcelles ce qu’ils pensent de l’immigration musulmane, vous aurez grand-peine à obtenir une réponse acceptable par la XVIIe chambre correctionnelle. Dans le 18e, comme d’ailleurs à Sevran et tant d’autres territoires occupés de la République, ce sont les femmes qui trinquent, ou plutôt qui ne trinquent pas. Une tradition immémoriale exacerbée par le “revival” islamiste de ces dernières années réserve en effet les cafés aux hommes et voit d’un mauvais œil les femmes non-accompagnées, tout comme les “musulmans d’apparence” se bâfrant en plein Ramadan. Soit dit en passant, les médias obsédés par le racisme et le contrôle au faciès devraient se pencher sur la pression subie par les enfants d’immigrés réfractaires de ces quartiers, des Femmes sans voile d’Aubervilliers aux mères de Sevran.

Télérama encore plus loin dans le déni

Mais revenons à La Chapelle. Si je me fend d’un articulet, c’est que Télérama va un pas plus loin qu’Arte dans la stratégie du déni. Quand la chaîne hertzienne déprogramme préventivement un documentaire sur le nouvel antisémitisme, qui n’a pas l’accent teuton, le magazine branché la joue plus finaud. Dans un article mémorable, il n’est pas question de nier la ségrégation sexuelle à Paris, Sevran, ni même les viols de Cologne. A l’instar d’Osez le féminisme, les “dénis oui-oui”, comme les appelle François Bousquet, sont passés à l’étape suivante : relativiser, déconstruire, détourner les regards.

Démonstration. Avec le concours d’une historienne et d’un anthropologue auteur de l’essai Paniques identitaires, Télérama procède en trois temps :

- Sans nier les faits, psychiatriser ceux qui les dénoncent
- Chasser le “facho” (qu’on appellerait lanceur d’alerte s’il se contentait de dénoncer un fléau économique)
- Faire “débattre” deux Monsieur Homais qui dénoncent la violence anti-migrantes des “dominants” (une catégorie incluant les femmes blanches harcelées ?).

Migrants ou immigrés?

Le plus regrettable de l’opération, c’est sans doute la confusion mentale qui en résulte. Disculper les migrants du quartier est louable et justifié, puisque d’après les témoignages que j’ai recueillis çà et là, ces pauvres hères ne participent pas à l’apartheid sexuel. Les bourreaux des femmes sont français, de papier, sinon de culture, et implantés de longue date sur notre territoire. Mais analyser ce choc des cultures relève de ce que les deux experts interrogés, Laurence de Cock et Régis Meyran, appellent les “paniques identitaires”. En gros, cela consiste à extrapoler une situation de crise pour la mettre au service d’une idéologie nauséabonde qui fera-le-jeu de qui vous savez… Le sociologue Gaël Brustier, autrement plus brillant, décortiquait-il les “paniques morales” sans moraline, en s’interrogeant sur leurs conséquences politiques. Il n’est pas anodin que le terme de “panique morale” ait été forgé par l’essayiste américain Thomas Frank, auteur de Pourquoi les pauvres votent à droite. Tout à leur oeuvre d’exorcistes, Cock (qui dément tout lien de parenté avec Basile !) et Meyran accouchent d’une vieille resucée des Damnés de la terre. Le danger ? Essentialiser les cultures, les figer, les résumer à quelques traits peu sympathiques. Fort juste : mais qui les essentialise, sinon ceux qui s’en prévalent pour houspiller les femmes et faire la loi ? Que je sache, Ibn Khaldoun n’a jamais joué au phallocrate, mais bien peu des “dominés” que choient nos deux universitaires l’ont sans doute lu.

Expliquer, c’est excuser?

La parole est à la défense. Pour Laurence de Cock, qui entend préparer les enfants à l’immigration dès le cours de Préhistoire, “il ne s’agit surtout pas de relativiser ou de rendre illégitimes ces frayeurs. Ce que l’on dénonce, c’est le culturalisme, cette façon de réduire le comportement d’individus à leur identité culturelle au détriment d’autres domaines d’explication”. Qu’on se le dise, Les Territoires perdus de la République est un livre d’extrême droite, assène-t-elle sur Twitter.

On ignorait que le coordinateur de cet ouvrage collectif, Georges Bensoussan, fût un idéologue fascisant. La Revue d’Histoire de la Shoah, une Libre parole revisitée ? Soyons sérieux. Et Laurence de Cock de conclure : “Penser les choses de façon sociologique, c’est donner du sens donc apaiser”.  Expliquer, apaiser… puis excuser?

  1. Un jour, il faudra retracer la généalogie de la sécularisation médiatique de ce terme chrétien. Depuis quand est-il infamant d’avoir des stigmates ? Sont-ce forcément les mâles blancs chrétiens qui les posent ? Saint François, au secours !

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 3 Juin 2017 à 11h27

      MGB dit

      Il faudrait dire “immigration musulmane de masse”.

    • 3 Juin 2017 à 11h11

      Alaintassin dit

      Mais qui lit encore cette feuille de chou ?

    • 2 Juin 2017 à 15h39

      Gavroche64 dit

      Ces déconstructeurs me font penser au proverbe chinois. Quand le sage montre la Lune du doigt, l’imbécile regarde le doigt.

    • 2 Juin 2017 à 13h08

      José Bobo dit

      Vous avez évidemment raison, l’immigration est la source d’une terrible régression sociétale dans tout le monde occidental, et singulièrement en France. Toutes les personnes de bon sens qui sont un peu sorties de chez elles le savent pertinemment. Mais s’attaquer à des torchons comme Télérama, L’obs, Libération , Le Monde même… c’est vouloir nettoyer les Écuries d’Augias sauf que là ce ne sont pas 3000 bœufs qu’habitent ces poubelles médiatiques mais des centaines de milliers de gros et gras ruminants bien nourris qui défèquent à temps plein…

    • 2 Juin 2017 à 13h01

      soloje dit

      La presse des Bobos-crétins , il n ‘y a rien a attendre d’eux à part des actes de négationismes

    • 2 Juin 2017 à 8h46

      Pol&Mic dit

      lire ou relire le fameux (exceptionnel) article de Mme Badinter dans le dernier “Le Point” !
      le reste est “bien pensant” ou “mieux pensant”

    • 2 Juin 2017 à 8h43

      Pol&Mic dit

      (j’adore) ces journaux ou revues qui NOUS disent comment penser ET ce qu’il faut penser!
      pfff!

    • 2 Juin 2017 à 8h34

      Pol&Mic dit

      Proclamation des droits des femmes dans l’islam de France !

    • 2 Juin 2017 à 8h33

      Pol&Mic dit

      hum!!!! voila qui va faire jaser dans les bleds!

    • 2 Juin 2017 à 4h16

      Naif dit

      télérama montre bien ce qu’était le nazisme. cette essentialisation des cultures qu’ils ont appelé race. Donc télérama est un torchon raciste et devrait, à ce titre, être jugé. 

    • 1 Juin 2017 à 23h06

      Fixpir dit

      Télérama, le journal Bien Pensant par excellence. Bayard Presse, ex”Maison de la Bonne Presse” jusqu’aux années 50 (ils devraient reprendre le nom, cela leur va si bien!). Télérama, dans les années 60, c’était déjà le journal progressiste, quitte à choquer les lecteurs. Il faut bien les éduquer!
      À cette époque, il s’agissait de choquer le catho en lui parlant de sexe. Quitte à brûler aujourd’hui ce qu’ils ont adoré hier.
      Bref, Télérama, c’est comme Daniel Cohn Bendit, un guide sûr. Il suffit juste de savoir qu’il faut faire le contraire de leur recommandation, comme avec ces boussoles qui indiquent le Sud.

    • 1 Juin 2017 à 20h47

      marrosie dit

      Avez-vous lu les réactions négatives des lecteurs sur le site de télérama (qui va encore perdre des abonnés)? Il y a là une évolution des mentalités qui devrait intéresser les sociologues!
      Cet article est un exemple criant de la sociologie de bazar non argumentée qui envahit les médias. Il faudrait peut-être rappeler aux sociologues de tout poil que cette “science” est humaine et non pas exacte.

    • 1 Juin 2017 à 16h42

      Terminator dit

      Mes potes Padamalgam et Fopastigmatisé sont morts de rire…
      Les patriotes ont clairement identifié le danger, ils se tâtent encore pour offrir une stratégie de défense adaptée. Il ne faudrait pas qu’ils se tâtent trop longtemps !

      • 3 Juin 2017 à 11h35

        MGB dit

        Vu la quantité d’immigrés en France, je crains qu’il ne soit trop tard. Car à supposer que des pouvoirs publics décident la reconduite au pays de manière autoritaire, encore faudrait-il en avoir les moyens et la volonté de le faire…

    • 1 Juin 2017 à 15h19

      jlboy62 dit

      Il y en a marre de tous ces faux-culs !

    • 1 Juin 2017 à 13h45

      nico dit

      Elles ont voté Macron ? Hollande?Sarkozy et ses 200 000 immigrés par an ? Elles n’ont donc aucune légitimité à se plaindre.
      http://les-minuscules.blogspot.fr/2016/03/angelisme-et-barbarie.html

    • 1 Juin 2017 à 13h41

      alainpeulet dit

      Que faire contre la mauvaise foi …? Cela se résume à : Gentil c’est bien , méchant c’est pas bien ……. on ne discute pas , cela ne sert à rien , on ignore , on méprise !!! et on organise les retours à l’envoyeur , assos comprises , ça nous fera des vacances et des économies ! Quant aux piaillements des vierges effarouchées , et autres ravis de la crèche , il reste de la place dans les charters ……….!!!

    • 1 Juin 2017 à 11h47

      Alaintassin dit

      Mais qui lit ce magasine de dixième zone?Et à qui appartient-il?Je pense que la réponse expliquera le reste.

    • 1 Juin 2017 à 11h08

      Lafayette78 dit

      que font les femen ?

    • 1 Juin 2017 à 7h56

      QUIDAM II dit

      Les choses sont simples : il y a des méchants. Ce sont les Occidentaux.
      Et puis il y a des gentils. C’est-à-dire tous les autres qui sont, par nature et par essence, des innocents.
      Si les gentils font quelques fois des méchancetés, c’est toujours, – si on relativise ou si on déconstruit les faits, – à cause des méchants dont la responsabilité est essentielle envers les gentils qui ont ainsi une créance éternelle sur eux.
      C’est pourquoi, quand les gentils excisent, violent, égorgent, massacrent en masse, trafiquent, etc… ils restent des innocents.
      Les lecteurs de Télérama, de Le Monde, de Libération et des Inrockuptibles savent tout cela très bien : ce sont des méchants dans le camp des gentils.

      • 2 Juin 2017 à 13h12

        José Bobo dit

        Ou plutôt ils sont les rares gentils (parce qu’éclairés par leur connaissance infuse du monde) dans le camps des méchants.

    • 1 Juin 2017 à 7h50

      philpat dit

      les occidentaux d’aujourd’hui préfèrent leur dogme à la vie de leurs enfants!
      évidemment jamais les dames des ministres n’iront dans ces quartiers, ils s’en fichent donc!! lamentable