Taxe carbone : Sarko plus mort que vert…
Une droite écolo est une droite battue
Publié le 31 décembre 2009 à 12:22 dans Politique
Mots-clés : Écologie, Nicolas Sarkozy, Taxe carbone

La Taxe carbone : usine à gaz électoral de l'UMP ?
Le retoquage de la taxe carbone par le Conseil constitutionnel est un coup de grisou politique dont Nicolas Sarkozy se serait bien passé en cette période de vaches maigres sondagières.
Le plus grave, dans cette affaire, est la cruelle mise en lumière par les “sages” du caractère inégalitaire de cette taxe, dont les lecteurs de Causeur avaient été informés par plusieurs de ses contributeurs réguliers.
Nicolas Sarkozy s’est mis dans une seringue dont il lui sera difficile de sortir totalement indemne : le rafistolage de la loi dans un sens souhaité par le Conseil porterait atteinte à la compétitivité d’industries stratégiques pour notre commerce extérieur, comme les cimenteries. Son abandon – la solution la plus sage dans l’absolu – détruirait l’édifice idéologique instable sur lequel repose le pouvoir présidentiel.
Ne pouvant plus être, en raison de la crise économique, le président du pouvoir d’achat qu’il avait promis d’être pendant la campagne électorale de 2007, il s’est mué en paladin de la sécurité sous toutes ses formes, dont l’écologie et la panique climatique sont le volet catastrophiste à moyen et long terme.
Signature du pacte de Nicolas Hulot, Grenelle de l’environnement, taxe carbone, moulinets inefficaces de ses petits bras à Copenhague ont marqué les étapes d’une reddition idéologique sans réel combat face à une bande de politicards rusés, souvent plus rouges que verts, habilement drivés de Bruxelles par Dany Cohn-Bendit.
Une droite écolo, c’est-à-dire qui abandonne aux idéologues de l’apocalypse le soin de poser les termes du problème de la préservation de la nature, est une droite qui court à sa perte.
Ce que le peuple – et même le peuple dit de gauche – demande à la droite, c’est qu’elle fasse marcher l’économie, qu’elle privilégie la production avant de penser à en redistribuer les fruits équitablement.
Le nouveau paradigme politique qui est en train de s’installer sans tenir compte des actuelles divisions partisanes va se structurer autour du clivage croissance/décroissance. Les oxymores comme “développement durable” ou “croissance maîtrisée” sont en fin de course, et la radicalisation des discours de part et d’autre de la “fracture environnementale” ne va plus permettre de jouer dans le registre de l’ambigüité où la droite serait “un peu” écolo, comme une femme serait “un peu” enceinte.
Le signal lancé par la bande dirigée par Jean-Louis Debré au pouvoir actuel est, à cet égard salutaire : la fausse taxe carbone est le symbole de la pantomime pseudo-écologiste jouée par Sarkozy pour flatter une opinion droguée par les bateleurs de l’apocalypse environnementale Nicolas Hulot, Yann Arthus Bertrand et Al Gore.
Pour que la droite redevienne la droite et qu’elle soit capable de rallier à elle ceux qui, à gauche, ont fait l’expérience désagréable de gouverner avec les Verts, il faut qu’elle redevienne elle-même, c’est à dire pas seulement le parti de l’ordre, mais aussi celui du développement et de la prospérité.
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L'auteur
Luc Rosenzweig est journaliste.
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Mnésiclès dit
La Droite écologiste, c’est comme l’anarchiste de Droite, une rareté introuvable mais une posture très revendiquée par les fumistes. Mais il en est une autre tout aussi tendance et partagée par Luc Rosenzweig, c’est celle qui consiste à nier l’évidence des problèmes environnementaux et à déconsidérer comme prophètes de malheur ceux qui ont pris la mesure des dangers. Même si on peut déplorer avec lui que certains fassent profession de jouer les Cassandre de manière un peu trop ostentatoire. Prétendre que les gens de Gauche attendent bêtement de la Droite qu’elle fasse marcher l’économie est une autre mystification à laquelle se prête l’auteur de l’article. Elle participe de la réaction idéologique de ceux qui ne veulent pas voir leur monde se déliter et qui persistent avec constance à instiller dans les consciences l’hégémonie des doctrines productivistes et scientistes alors que le réalisme commande de se résigner aux restrictions commandées le bon sens devant l’extinction inéluctable des ressources.
fatback dit
@ Luc Rosenzweig
Une fois de plus, bravo pour votre article.
Juste un point. J’ai du mal à envisager notre ‘droite’ comme un parti de la croissance et du développement : ce sont, pour la quasi-totalité d’entre eux, des conservateurs au moins aussi interventionnistes que Mme Aubry qui feraient passer Obama pour un ‘ultra-libéral’ (selon la terminologie officielle de Mr Leroy) bon teint.
Notre malheur vient du fait – je crois – que droite comme gauche nous servent la même soupe interventionniste depuis 30 ans et que leur seules différences se résumes à une basse question de postures.
Le Saint dit
Un impôt imbécile (la taxe pro) remplacé par un impôt encore plus imbécile (la taxe carbone), que voilà une idée idiote !
phloppe dit
@ MarieNo
“Certes cette taxe est sur le dégagement de CO2 mais elle a pour idée de pousser les français à modifier leurs conportements “.
En d’autres termes, on sait bien que l’influence du carbonne (français !) sur le climat est de la foutaise, mais nous qui sommes éclairés avons bien le droit de faire peur au bon peuple avec un enfer imaginaire. C’est pour son bien !
zoumit dit
@ Marie 46
Parce qu’en France, on n’a pas encore assez tapé au portefeuille! L’essence est déjà taxée à 300%, vous voulez la mettre au prix du caviar?
Vous aurez beau sortir toutes les arguties que vous voudrez sur les prix en Suède, il n’en demeure pas moins que leur essence est moins cher que la nôtre malgré leur taxe carbone. Et comme vous le dites, ils sont malgré tout respectueux de l’environnement. QUOI QUE! Saviez vous que pour produire 10 millions de dollars de PIB la France émettait 180 t de CO2 alors que la Suède en émet 340? Etonnant, non?
Mais on s’égare: la raison ORIGINELLEde cette taxe stupide n’est PAS la pollution mais le supposé réchauffement climatique anthropique. Il ne faut donc pas la justifier par la pollution ou la rareté du pétrole, ce sont des problèmes différents.
claude b. dit
j’oubliais: en ce qui concerne les sondages, un article de P. BOURDIEU, à lire et à relire: “l’opinion publique n’existe pas”…