Taxe carbone, c’est reparti comme en 14
Merci aux tontons flingueurs du Palais-Royal
Publié le 30 décembre 2009 à 18:53 dans Politique
Mots-clés : Écologie, Taxe carbone

Palais-Royal : les vieux sages sont toujours verts.
On peut se demander s’il n’y a pas une certaine malice, voire un côté joueur chez les Sages du Conseil constitutionnel. Ils viennent en effet d’attendre le 29 décembre pour retoquer le texte de loi sur la taxe carbone qui devait entrer en vigueur… le 1er janvier.
On admirera la vacherie calendaire et l’élégant sadisme temporel. À deux encablures du foie gras, du Champomy élyséen1 et des vœux présidentiels pour la France, ce moment sacré d’unité nationale, de communion patriotique, d’espoir et de mâles mouvements du menton, pan ! Un bourre-pif, et en pleine paix !
Les tontons flingueurs du palais Palais-Royal sous la direction de deux caïds du monde d’avant qui sont bien décidés à ce que ne soit pas dilapidé l’héritage du Grand, alias De Gaulle le Mexicain, ont à nouveau profité du manque de professionnalisme de ceux qui ont rédigé la loi pour l’atomiser façon puzzle.
C’est sans pitié qu’ils ont achevé le texte à coup de tatane et dans une joie manifeste qui transparait sous la froideur juridique, genre incandescence sous le givre. Le gang des affreux a ainsi souligné qu’“étaient totalement exonérées de contribution carbone les émissions des centrales thermiques produisant de l’électricité, les émissions des 1018 sites industriels les plus polluants (raffineries, cimenteries, cokeries…) et les émissions du transport aérien” ou encore “celles du transport public routier de voyageurs”.
Ça, c’était la préparation d’artillerie. Ensuite les cent derniers mètres de la charge se font à la baïonnette : “Ces exemptions auraient conduit à ce que 93 % des émissions d’origine industrielle, hors carburant, soient exonérées de contribution carbone”. Autrement dit, à part les pauvres avec chaudières au fuel et automobiles miraculées de leur cinquième contrôle technique, tout le monde y échappait, au point que le bouclier fiscal du début du quinquennat faisait presque figure de mesure sociale-démocrate.
La taxe carbone, c’était un peu la danseuse du président Sarkozy et de l’aimable ministre d’Etat Borloo. Avec la taxe carbone, rebaptisée en Novlangue certifiée “Contribution Carbone”, on regardait un peu niaisement cette gracieuse jeune fille moderne, une jeune fille verte aurait dit notre cher Paul-Jean Toulet, faire ses entrechats à Copenhague et ses demi-pointes dans les prés d’Europe Ecologie. On en oubliait le climat fétide du pays qui ne l’était pas seulement à cause des rejets de CO2 (dioxyde de carbone) dans l’atmosphère mais aussi par les rejets de CP2 (dioxyde de Pandore) qui polluent l’atmosphère avec des blagues racistes, des débats menés en en préfectures et autres douceurs identitaires qui pour le coup n’ont rien de nationales, mais c’est une autre histoire.
L’air de rien, ce qui devait être le tournant écologique du quinquennat et donner au sarkozysme une peinture très gauche moderne vient de se transformer en Warterloo politique. Sans compter que malgré tout, la contribution carbone malgré son côté usine à gaz (ce qui est un comble) devait bon an mal an rapporter ses 4,1 milliards de recettes fiscales, avec encore une fois la moitié à la charge des ménages2, ce qui n’est pas négligeable pour nos brillants gestionnaires du déficit actuellement au pouvoir.
Ceci étant dit, c’est une défaite politique et seulement politique.
On s’en remet. Plus ou moins bien mais on s’en remet. Cela va être un peu plus compliqué pour Europe Ecologie. On se souvient de la rapidité avec laquelle madame Cécile Duflot était accourue sur le perron de l’Elysée pour dire que “tout cela allait dans la bonne direction”. Les néo-verts d’Europe Ecologie, le social, ce n’est pas trop leur truc, enfin pas pour tout de suite. Ces salauds de pauvres allaient moins faire tourner leurs caisses pourries, c’est d’abord ce qui comptait, pour les jolis poumons de la bourgeoisie de moins en moins bohème des centres-villes muséifiés.
Quand on interrogeait cette jeune femme politique, celle qui veut transformer l’Ile de France en village, on sentait bien que ce qui lui faisait plaisir, au fond, c’est que ce problème, réel au demeurant, entre dans le discours politique dominant.
Que cela se fasse au détriment des ploucs, tant pis. Espérons que les militants de cette formation si glamour vont enfin voir, au travers des motifs du Conseil constitutionnel, la conclusion qui s’impose en ce qui concerne l’écologie.
Tant qu’il n’aura pas été clairement admis que l’écologie ne peut exister sans bouleverser les modes de production et disons-le sans rompre avec le capitalisme comme l’a signifié Chavez dans son discours de Copenhague 3 mais aussi, par exemple, Melenchon, ce beau combat pour une terre vivable se terminera comme la pantalonnade danoise ou le règlement de comptes qui vient d’avoir lieu à OK Palais Royal.
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L'auteur
Jérôme Leroy est écrivain et journaliste. Dernière parution, Le Bloc (Gallimard)
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Philippe Laurent dit
bzzzzzzzz bzzzzz bipbipbip …scriiiiiiiitchhh
Carbone 14 a cessé d’émettre ……… bzzzz …
hO-Chi-Binh dit
Mazette, le Conseil constitutionnel donne son avis comme la constitution le lui permet… Mais où va t’on ? Vers un état de droit ?
Scandale, vraiment !
Il reste que la remarque de David Desgouilles reste pertinente : l’ensemble des textes et principes constitutionnels peuvent apparaître contradictoires, du moins maléables en fonction de la composition du Conseil.
@ brunoy : vous voir crier au “coup d’Etat” pour l’annulation d’une taxe, c’est plutôt croquignolesque, ça me ferait presque regretter 2009.
Philippe Laurent dit
Hélas, aymé n’est pas qui veux. Les Causeurs ne seraient-ils pas les nouveaux hussards de l’arnarchisme de droite ?
Spiruline dit
philippe a pas bu la meme tizane que sa mémé à l’hospices… on comprend pas un mot sur deu, et il voi des jument vertes! fait gaffe comanelchi, il fait le jars,mais…
Philippe Laurent dit
@ Nadia
Ah, fréquenter les génies et adorer une jument verte ! Héla, moi, je serais plutôt du genre stollenwürm.
nadia comaneci dit
Les hussards écrivaient surtout divinement bien. Ensuite, vous avez des sous catégories. Des grognards, des chasseurs, des voltigeurs, des tirailleurs et sûrement des dragons… et même des génies.
Philippe Laurent dit
@ Nadia
Vu. Plutôt grognards que hussards ? J’ai bien aimé “Humeur vagabonde ” d’Antoine Blondin. Et oui, un jour il faudrait que les trains se croisent …
Philippe Laurent dit
Coucou les amis (es). Je vais faire ma visite dominical à ma mère (qui est à l’hospice) et je reviens mettre quelques pieds au cul (façon Charlot) à ces abrutis de vigiles d’à côté (qui ont du papier journal dans leur cerveau – A. Jarry).
Tiens, l’encart publicitaire de Carrefour a disparu du site ! C’était désopilant de voir l’article de Bennasar et à côté la pub “gagner des boins d’achats pour …” avec le rectangle indiquant “cliquer pour jouer”. Vraiment, je n’ai pas osé jouer. J’ai eu peur car aucune info dans le cas où vous perdiez.. CLIQUEZ : GAGNEZ = UN BON, PERDU = UN GNON !
Et tu te vois te pointer à Carrefour avec tes bons d’achats. Dis, toi le petit mec en costume noir, les bons, ça marche pour les canettes ?
ramon mercader dit
@ philippe laurent
ha……..
le verre d’eau du rhin c’est une pouésie de vigny (ou de l’autre le nerval peut être)
mais je penche plus pour vigny
on recommence
“nous l’avons eu…
………
un refrain qu’on s’en va en chantant
efface-t-il la trace altière
du pas de nos chevaux marqué dans votre sang”
ça reference aux conquètes napoléonniennes
nadia comaneci dit
Philippe Astrid Laurent, je suis pour le moment solidement arrimée à Londres. Mais Bruxelles ne me déplairait pas ensuite, loin de là. J’ai tout à faire avec les Belges. Encore que je n’ai rien contre Bucarest, Sofia, Zagreb, Caracas et même Paris et même n’importe où. La planète est mon jardin. J’ai des semelles de vent.
Sophie, laissez les filles à mon chéri et venez à Londres vous changer les idées ?
Eurostar est reparti comme en 40.
Sophie dit
Y en a même qui cherche un job tout court.
Nadia, vous feriez une Belge qui ne déparerait pas le tableau. Hâtez-vous, le rattachement est pour bientôt.
Vous êtes mon hôte, aubergine comprise, quand vous voulez.
Philippe Laurent dit
@ Nadia Comaneci
Décidément, il y a de la friture dans nos ondes radios. La malice concernait Astrid, prénom femme.
PS : On cherche un job à Bruxelles ?
nadia comaneci dit
Jacques Laurent, un beau hussard qui fit quelques bêtises en son temps. Sans malice aucune.
Ma belgitude est virtuelle, mais je pense tôt ou tard à la concrétiser en me bruxellisant. La Commission y offre d’infinies possibilités.
Philippe Laurent dit
Ici, c’est tranquille – comme dirait un suisse. Pire que le carbone 14, le catho 17.
Philippe Laurent dit
@ Nadia Comaneci
Je me suis mélangé les pinceaux car je n’ai pas saisi votre malice. Mon deuxième et mon premier ou vice et versa.
PS : Sans paraître curieux, késako votre belgitude ?
Philippe Laurent dit
@ Ramon Mercader
J’ai parlé de nitrates car vous disiez avoir bu un verre de … Rhin et je faisais le lien avec le post de Susheela. Bof, ma blague tombe à l’eau ! Mais vous m’apprenez quelquechose. Merci