Tarnac paranoïaque

Coupat prisonnier de ses idées simples

Publié le 27 mai 2009 à 12:10 dans Politique


Comme dirait Jackie Berroyer : “Parlons peu, parlons de moi.” La notice qui suit mon nom sur causeur et me qualifie d’anarcho-réactionnaire en dit plus sur mon parcours que sur l’état de ma pensée. En fait, j’étais proche des milieux anarchistes jusqu’à une date trop récente pour que je puisse la révéler sans honte. Et un jour, à l’inverse de Lazare quand il retrouva la vie, j’ai cessé de marcher en traînant mes savates de République à Bastille et je me suis assis. J’ai ouvert les yeux sur le réel et en devenant clairvoyant, je suis devenu réactionnaire. En un mot je suis devenu adulte.

Il est vrai que dans ma jeunesse militante, aucun abus de pouvoir ne m’a envoyé en prison. Qui sait si je n’en serais pas sorti persuadé que ma pensée était dérangeante ? Maintenu dans l’illusion par effet de répression, soutenu par les écrits talentueux mais irresponsables de mes amis, au fond de quelle impasse idéologique cracherais-je aujourd’hui un anti-sarkozysme de rigueur ? Sur quel site d’info non-aligné et payant ou dans quel hebdo devenu bête et méchant pour de bon aurais-je fait acte de résistance contre la tyrannie libéral-sarkozyste qui enferme les dissidents et diffame les vrais libérateurs ? L’idée que j’aurais pu devenir une espèce de Frédéric Bonnaud me fait frémir.

À la lecture de l’entretien donné au Monde par Julien Coupat, incarcéré depuis plus de six mois, un constat s’impose : la prison ne remplit pas toutes ses missions. Si elle protège les honnêtes gens des criminels jugés, si elle dissuade une large majorité de personnes de violer la loi, la solution pénitentiaire semble peu efficace pour la réinsertion des prisonniers. Je ne parle pas de réinsertion professionnelle, je doute que ces contingences préoccupent beaucoup le penseur de Tarnac, mais disons d’un retour à des pratiques politiques respectueuses des exigences démocratiques, c’est-à-dire des autres gens.

Comme Jean-Marc Rouillan hier, Julien Coupat nous démontre que si on se berce de l’illusion qu’on est un prisonnier politique en France de nos jours, si on croit vraiment que “le pouvoir prend peur à cause d’un livre”, ou que “ce qui fonde l’accusation de terrorisme, c’est la coïncidence d’une pensée et d’une vie”, on a peu de chances de retrouver en sortant le chemin du bon sens. En effet, la compréhension du monde par Julien Coupat semble en être totalement dénuée. Si vous prenez la peine de lire l’entretien, vous mesurerez l’ampleur du fantasme.

Je vais tenter d’en extraire la substantifique moelle par quelques morceaux choisis.

– La répression : la France, “régime (…) de rafles de sans-papiers ou d’opposants politiques, de gamins bousillés par la police dans les banlieues (comme à La Courneuve ?) ou de ministres menaçant de priver de diplôme ceux qui osent encore occuper leur fac”. Rappelons à titre d’exemple que la fac de Saint Etienne, c’est 6000 étudiants et 200 bloqueurs.

– Le sarkozysme : “un tel régime, même installé par un plébiscite aux apparences démocratiques, n’a aucun titre à exister et mérite seulement d’être mis à bas”.

– L’opposition : la gauche “est trop lâche, trop compromise, et pour tout dire, trop discréditée pour opposer la moindre résistance à un pouvoir qu’elle n’ose pas, elle, traiter en ennemi”.

– Le peuple : le seul ennemi réel du “gang sarkozyste”, “c’est la rue, la rue et ses vieux penchants révolutionnaires” : “Les ouvriers de Clairoix, les gamins de cités, les étudiants bloqueurs et les manifestants des contre-sommets.” On peut s’interroger sur ce qu’il adviendrait de cette étonnante coalition si la police, mandatée par la justice dans le cadre de lois votées par les représentants du peuple ne protégeait les droits des uns contre les abus des autres.

– La solution : “une révolte cruelle mais bouleversante”.

On peut discuter toutes ces affirmations mais la question essentielle n’est pas là. On peut dans notre République penser comme Julien Coupat et diffuser ses idées. On peut fonder un mouvement et, par sa seule force de conviction, entraîner une majorité de Français pour devenir chef de l’Etat, ce qui est beaucoup plus contraignant et donne moins de pouvoirs que faire chef de bande. La tenue d’élections libres le permet. C’est moins romanesque que la prise du Palais d’Hiver mais plus civilisé. On peut choisir un mode de vie autarcique et communautaire, ce qui, je le dis sans ironie, tente ma misanthropie et emporte toute ma sympathie. Notre société abrite en son sein des citoyens qui théorisent sa destruction. La loi protège la liberté de leur expression et autorise leur réunion et c’est très bien comme ça.

Ce qu’on ne peut pas faire en revanche, c’est arrêter les trains même si on trouve qu’ils roulent trop vite. Et encore, même pour ça, la loi a prévu des dispositions, le droit de grève pour les cheminots et le signal d’alarme pour les voyageurs. Dans le cadre de la loi : c’est comme ça que ça marche.

C’est ainsi qu’on peut partager ce pays, sans être d’accord et sans être ennemis.

Depuis que les élections sont libres, que la candidature à la fonction suprême est ouverte à tous, le gouvernement élu, c’est la volonté du peuple. S’attaquer à l’Etat, c’est s’attaquer au peuple. L’Etat de droit a aboli la révolution. En régime despotique, sans la liberté de choisir les dirigeants, prendre les armes c’est résister. En démocratie, c’est du terrorisme.

Ces idées simples, largement partagées, semblent avoir du mal à pénétrer les esprits compliqués des penseurs révolutionnaires.

Julien Coupat n’est pas un démocrate, voilà ce que révèle cet entretien au Monde. D’accord, ça ne mérite peut-être pas la prison.

Quant à l’affaire elle-même, j’aurais apprécié que les journalistes reprennent la seule question qui vaille, déjà posée par les enquêteurs : que faisait Coupat à proximité des rails, dans la nuit du 7 au 8 novembre ?

Réponse du présumé innocent : “Malgré mes talents avérés de voyance, je n’ai pas de solution à cette énigme.”

Julien Coupat se paie la tête des flics, la justice s’offre la tête de Coupat. Quel scandale.

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  • 3 June 2009 à 1h58

    Antoninus Lucretius dit

    Mon cher Delcuse,
    Bienvenue au Caligula Fan Club!!
    Bon. D’abord les Palestiniens, pour se mettre en jambe. Je trouve qu’on en a pas tué assez.
    Demande à Mandon. Qui c’est Mandon? Un gars qui aime bien les baleines..
    Dans moins d’un siècle les territoires “occupés” feront de nouveau partie d’un Etat juif et la capitale sera Jerusalem, purgée de ses immigrés musulmans.
    Et ce n’est pas Bwana Obama qui y changera quelque chose.
    Et quand j’appuie là, çà fait mal?
    Tu comprends rien mon mignon? C’est pas pas grave, d’autres comprennent..
    Bien. maintenant, Julien Coupable.
    Si tu était doté d’un milligramme de logique dans ta tête de traumatisé, tu comprendrais que la justice, même de classe, à autre chose à foutre que d’emprisonner des Julien Coupables au prétexte qu’ils exploitent (c’est le terme exact, ne t’en déplaise) des épiceries de campagne et qu’ils écrivent des livres métaphysico-ésotériques que personne ne lit, à part quelques intellectuels de gôche tout aussi abscons qu’inoffensifs.
    En revanche la justice (de classe, et je t”emmerde) se doit de mettre au trou les gens qui sabotent les lignes de chemin de fer.
    Et comme elle est régie par des textes qu’elle se doit de respecter, elle met le petit Coupat en préventive pour six mois aux termes, fais moi confiance, de tous les justifications légales requises. De ce côté là c’est inattaquable. Bétonné, blindé.
    Pourquoi en préventive et pas juste mis en examen et laissé en liberté?
    Je t’explique, gros naïf: c’est bien Julien Coupat et ses complices qui ont saboté les caténaires. Mais, effectivement, il n’y a ni preuve flagrante, ni témoin.
    Autrement dit, un procès se conclura par une relaxe. Parce que la justice “de classe” n’est pas la justice “révolutionnaire” que tu appelles de tes voeux, celle qui se passe de preuves et qui crée des faux témoins quand il n’y en a pas de vrais.
    Et comme on ne pouvait tout de même pas laisser ce malfaisant en liberté pour qu’il puisse aller se vanter auprès de ses fans d’avoir saboté impunément les chemins de fer du grand capital on le punit par avance de six mois de préventive. Comme je l’ai déjà écrit ailleurs, c’est toujours çà de pris..
    Mais évidemment toi tu est bien au dessus de tout çà. Tu rejettes cette justice “de classe”, tu méprises, tu fi donc, tu compisses cette société petit bourgeoise, parce que toi, tu es une créature su-per-ieure., plus intelligente que les autres-qui-n’ont-rien-compris. Toi tu n’es pas le genre à te faire exploiter. Tu ne tomberas jamais dans le piège de la consommation, tu es le carrément surhomme nietzchéen…
    Il y a une vieille chanson des Who qui s’appelle “The Punk and the Godfather”.
    Elle commence comme çà:
    “You declared you would be three inches taller,
    “You only became what WE made YOU.
    “Thought you were chasing a destiny calling,
    “You only earned what WE gave YOU..
    Tu ne deviendras que ce qu’on voudra bien te faire devenir, et tu ne gagneras que ce qu’on daignera te donner;
    Et sinon? Me diras-tu sur le ton du jeune homme rebelle. Si je refuse?
    Sinon, si tu refuses, tu sera broyé. Sans états d’âme. Comme Julien Coupat va être broyé.
    C’est très lâche, mon petit Delcuse, de faire porter aux autres la responsabilité de son mal être.
    Le seul responsable du fait que tu n’es à l’évidence pas content d’être né, c’est toi, et personne d’autre.
    Les autres ont assez de leurs problèmes, de leurs soucis et de leurs propre mal être sans être obligés d’assumer le tien.
    Effectivement, tu devrais aller consulter, non pas un psychanalyste, mais un psychothérapeute.
    Comme çà, au bout de cinq ans, tu pisseras toujours au lit mais tu t’en foutras complètement..
    And thank you for making my day, punk.

  • 3 June 2009 à 1h07

    Antoninus Lucretius dit

    Moin cher Delcluse,
    Bienvenue au Caligula Fan Club!!
    Bob. D’abord les Palestinioejs, pour se mettre en jambe. Je trouve qu’on en a pas tué a