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Tam-tams dans les Dom-Tom

Guy Sitbon en direct de Pointe-à-Pitre

Publié le 26 février 2009 à 10:26 dans Politique

Quand Elisabeth Lévy ne sait pas, elle ne fait pas semblant de savoir. “Moi, les Antilles, je n’y connais rien”, avoue-t-elle dans Causeur et je la lis à Pointe-à-Pitre, à la porte de la capitainerie du port où se tiennent les négociations entre le LKP (syndicats), les patrons et le préfet. J’attends, avec les autres reporters, les caméras et les radios qu’on nous annonce si c’est fumée blanche ou chou blanc, fin de la grève ou grand chambardement. Je serai peut- être obligé de m’interrompre en milieu de phrase, vous m’en excuserez Elisabeth. Puisqu’on a un peu de temps, je vais vous raconter deux ou trois choses que je sais d’ici.

La capitainerie donne sur une place noire de peuple, noire de Noirs. Ils sont là pour réconforter leurs délégués en musique. Tam-tams, chants, danses, battements de main ne cessent pas une seconde. Dans la salle de délibérations, les pourparleurs reçoivent le vacarme autant que moi. Le militantisme en liesse vous ravit les premières heures, au bout de quinze jours, vous brûlez d’envie de crever tous les tambours. J’imagine le préfet les nerfs en boule. Est-ce un supplice pour obliger les patrons à signer ? Faut voir.

Dans un mauvais jeu de mots, je vous ai décrit une place noire de Noirs, mais est-ce qu’ils sont vraiment noirs ? Tenez cette splendeur de fille, devant moi, à Nice on dirait qu’elle est bronzée. Mulâtresse, métis, quarteronne, il ne lui reste plus grand chose de la peau d’un de ces ancêtres africains. Ici, on la classe, elle s’identifie noire, négresse en somme. D’un Blanc doté d’une goutte de sang noir on dira qu’il est noir. D’un Noir aux ascendants 90 % blancs, on dira aussi qu’il est noir. Je vais vous dire pourquoi cet étrange partage, Elisabeth : les enfants d’une esclave engrossée par un maître blanc, sauf rarissimes exceptions, n’étaient pas affranchis pour aller grossir le nombre des asservis et maintenir la pureté de la race blanche. Aujourd’hui encore, nous conservons précieusement cette règle arrêtée par les marchands de chair humaine. On est comme eux ou quoi ? Il nous reste quelque chose d’eux ? Franchement ? Je le crois.

Je parlais tout à l’heure, sur la place, dans le boucan des bamboulas, avec Jean-Marie, un jeune instituteur. Un de ses grands pères, toujours vivant, est un fonctionnaire corse, ses parents sont métis, lui est assez foncé. Il en a plein les bottes de la race, des races, des racistes et des anti-racistes, Jean-Marie. “Je ne vais pas passer ma vie à m’interroger sur la couleur de ma peau, s’exaspérait-il. Je me fous de ma couleur et de la vôtre. L’esclavage ? Je l’ai étudié dans les livres comme vous, ça a été abject, abominable mais ce n’est pas ma vie. Il n’y a pas un seul souvenir de cette époque dans notre famille. C’est aussi lointain que Charlemagne. Et je vais gâcher mon existence à me définir sur ma pigmentation qui compte moins que votre gros nez ?” Jean-Marie voudrait entrer dans le post-racial. En élisant Obama, les Américains n’ont pas mis fin à la société de races – loin de là – mais ils ont exprimé le désir d’en ouvrir la voie.

Dans la foule, on distingue les tee-shirts bleus du service d’ordre marqués LKP Sécurité. Le LKP c’est un mouvement de libération nationale comme un autre, comme le FLN jadis en Algérie ou le Viet Minh d’Ho Chi Min. Rien de spécial, j’en ai rencontré mille dans ma vie. J’ai parlé des heures avec son chef, Elie Domota. C’est un nationaliste normal, il veut l’indépendance de son pays et puis c’est tout. Les 200 euros et les 200 autres revendications, c’est de l’habillage. Il est soutenu par tous les Guadeloupéens, comme tous les leaders nationalistes des pays colonisés sauf que je jurerais que l’indépendance, il n’en veut pas pour tout l’or du monde. Domota porte deux masques. Le premier c’est de se dire simple syndicaliste alors qu’il est un pur et simple leader indépendantiste. Le second masque c’est son indépendantisme. Il est plus français que vous et moi et il défendra bec et ongles sa véritable identité. Tous les Guadeloupéens, et Domota d’abord, tiennent à la France comme à la prunelle de leurs yeux mais ils voudraient bien devenir des Français à part entière, pas rester des Français entièrement à part, comme ils disent. Et pourquoi à part ? C’est bête comme chou, parce qu’ils sont noirs. La peau. Pas le nez, la peau. (Voilà près de six heures qu’ils négocient à l’étage. Nous, on leur envoie toujours nos coups de tambours).

Quel intérêt pour la France de s’incruster dans ses derniers lambeaux d’empire, “ces points imperceptibles dans le vaste océan” ? Pas le moindre. Si on y décelait un jour du pétrole croyez bien qu’ils nous videront dans le quart d’heure. Collons-leur l’indépendance de gré ou de force et qu’on n’en parle plus. La page des colonies est derrière nous, les dernières miettes ne nous occasionnent que des emmerdes. Bye bye la Guadeloupe, bon vent ! Oui, Elisabeth, on pourrait. Mais serait-ce bien futé ? Il y a quelque chose de grand, de très grand à faire ici et ce serait bien dommage de passer à côté.

La découverte de l’existence des races date de quelques siècles, d’hier. Souvenez-vous, nos grands parents exhibaient un Nègre en spectacle comme une incroyable curiosité. Les Africains pensaient que le Blanc débarquait d’une autre planète. Des gens si différents n’appartenaient sûrement pas à la même espèce. Etant ce que nous sommes, la pire des engeances, jouant de nos mousquetons, nous avons mis les Africains à l’amende dans trois siècles d’Auschwitz. Si les Africains avaient eu les armes, c’aurait été le contraire. Personne ne dira jamais ce que fut l’esclavage et la déportation en Amérique, c’est indicible. Dès lors, la peau noire fut associée au degré zéro de l’humanité. L’abolition a tout changé sauf la valeur de la peau. N’est-il pas venu le temps d’une deuxième abolition ? Les Antilles donnent à la France la chance, non de proclamer, mais d’œuvrer à une nouvelle déclaration des Droits de l’Homme. C’est en train de se faire en douceur. Pas mal de “métropolitaines” viennent ici pour trouver l’homme de leur vie, je les ai vus, ils sont très amoureux, merci, et leurs mouflets sont adorables. La nature a offert à la Guadeloupe le plus beau des cent départements français. Le post-racial, la prochaine étape le plus cruciale dans l’histoire de l’humanité, peut s’accomplir ici, pas encore aux Etats-Unis où il n’est encore qu’un espoir. Plus personne n’obéira au cri, à la politique du sang, ni les Blancs, ni les Arabes, ni les Juifs, ni les Noirs. Aux Antilles, la France peut se donner une mission qui la dépasse : réconcilier l’homme avec lui-même, pour le dire comme les cons. Mettre fin à la connerie humaine, pour le dire en vérité. Belle rupture, non Elisabeth ?

(Bon, on n’a pas que ça à faire, ils vont la finir cette négociation ? Ces tam-tams, j’en peux plus.)

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  • 27 February 2009 à 22h23

    XP dit

    J’évoquais leur culture pour pour mieux préciser que vous étes un abruti.
    Je n’argumente pas avec vous pour une raison très simple: les deux autres ont répondu point par point à vos délires, ce à quoi vous avez répondu à votre tour par des attaques ad hominem et psychologisantes et sans contre-argumenter. Il y a des règles, dans une confrontation d’opinion, la plus importante voulant qu’une réponse soit en rapport avec ce à quoi elle fait suite.. .

    Vous n’échangez pas, vous faites le singe.
    Fin de la conversation.

    http://www.dailymotion.com/belleve/video/x516ci_fernand-raynaud-avec-deux-croissant_fun

  • 27 February 2009 à 21h39

    JeanD dit

    @XP

    Sauvagerie civilisée. Merci de vous abaisser à polémiquer avec un “garçon” (sic) – merci, c’est frais – qui ne pense pas comme vous, même si c’est par l’insulte. Cela montre vos limites, vous grandi peu, c’est touchant (je ne m’attends à rien d’autre de la part ces excités de la blanchitude refoulés) mais au moins, c’est courageux.

    Même si la teneur de vos propos sont de même nature que ceux de Robert : pas d’arguments de fonds contre celui qui ne pense pas la même chose, attaques ad personem (et non ad hominem, revoyez les définitions, ça sera toujours ça d’acquis dans nos échanges) et maintenant insultes. Prochaine étape…? Escalade de violence classique, ça fait des siècle que cette nature, cette culture, sévis sur le globe.

    PS: entre “ad hominem” et “ad personam”, que vous avez piteusement confondu, (moi j’utilise bien des arguments ad hominem, merci de le souligner, les attaques personnelles sont vos apanages) ce n’est pas une faute de frappe, rassurez-moi, ou alors vous avez en plus de votre délire de vous considérer comme “blanche” (vu, E.L.) un gros problème au niveau des doigts… En revanche, écrire soutien avec ou sans “t”, c’est une faute de frappe.

    PS2: C’est gentil de soutenir vos petits camarades en les disant “cultivés” (décidément, l’esprit de meute vous meut). Pourquoi ce besoin de le préciser? Serait-ce de nature à objection? Je ne les ai pas encore pris les doigts dans une macédoine d’hominem et de personam, donc, eux, leur culture n’est pour le moment pas en cause.

  • 27 February 2009 à 21h28

    XP dit

    “jamais d’arguments de fond, attaques “ad personem” (une couche pour XP :)”

    Ah oui, tiens, les abrutis de la toile se reconnaissent aussi à ça. ils se ridiculisant à chaque ligne, mais se persuadent qu’ils ont “mis des couches aux contradicteurs, et qu’ils sont drôles parce qu’ils collent des smileys à la fin de leurs phrases.

  • 27 February 2009 à 21h10

    Pirée dit

    le citoyen JeanD est Homme, comme le Dr Fanon. Retour au FLN.

  • 27 February 2009 à 21h03

    JeanD dit

    @Robert

    jamais d’arguments de fond, attaques “ad personem” (une couche pour XP :) On est au coeur de la logique d’affrontement. On élimine du débat dès que l’autre dis ce qu’on ne pense pas. Réflexe primitif, primaire. Ci-vi-li-sa-tion, oh oui, encore!

  • 27 February 2009 à 20h57

    XP dit

    Ah, il ne manquait plus que le relevé des fautes de frappes du contradicteur pour que ce soit complet. Voilà qui est fait.

    Et rassurez-vous je n’ai pas besoin de soutient. On n’a pas besoin de soutient pour polémiquer avec un garçon qui écrit “soutient” en donnant des leçons d’orthographe dans la même phrase.

    Pour le reste, vous en avez eu, des arguments, auxquels vous avez bel et bien répondu par des attaques personnelles et psychologysantes.

    Je n’ai pas tenté de vous externaliser, mais il se trouve que vous l’êtes, et vos idées n’y sont pour rien. Quoi que vous pensiez de celles de vos contradicteurs, ce sont de toute évidences des gens cultivés sachant manier le clavier, et vous êtes de toute évidence ce qu’il est convenu d’appeler un imbécile doublé d’un fat, ce qui constitue le coctail le moins ragoutant qui soit.

  • 27 February 2009 à 20h50

    Robert Marchenoir dit

    Le blogueur Franck Boizard préconise de s’abstenir de polémiquer avec les commentateurs qui sont, visiblement, par trop perturbés psychologiquement. C’est une règle sage, issue de la charité chrétienne millénaire, caractéristique de la civilisation blanche et occidentale.

  • 27 February 2009 à 20h19

    JeanD dit

    @XP

    d’ailleurs, pourquoi ce “…les gars” qui de fait tente de m’externaliser? Vous avez besoin de soutien? C’est le genre de “…les gars” qui n’appelle qu’une seule réponse, un borborygme primaire du style “Ouais, ah!, ouais”. Vous avez à ce point besoin de soutient? Vous sentez mieux parti prenante d’un troupeau?

    Par ailleurs, si vous aviez pris la peine de lire les “réponses” de vos confrères de conviction à mon premier post , vous vous seriez rendu compte que mes soit-disant “attaques ad personam” – c’est je crois ce que vous avez voulu dire par “attaque ad Hominem” (n’oubliez pas le “H”, comme dans “Humain”) – sont en fait une réponse aux attaques de mes contradicteurs. La locution latine est un bel effet de style, mais vérifiez-la avant, ça vous évitera de vous prendre les pieds dans le tapis. Bien le bonsoir.

  • 27 February 2009 à 19h55

    JeanD dit

    @XP

    Amen.

  • 27 February 2009 à 19h53

    XP dit

    La, je crois que vous êtes vraiment tombé sur une vedette, les gars.

    De l’attaque ad ominen à la psycholisation de l’adversaire, tout y est.

  • 27 February 2009 à 19h25

    JeanD dit

    @SK

    Ce que je dis est issu “de la machine à formater de l’éducation nationale”….?? Eh bien, la tranche de rire, elle est là !
    Par exemple, vous, vous croyez aux fameux “chasseurs cueilleurs” – laissez-moi deviner : c’est tous les “indigènes” entre autres américano-africains avant leur rencontre avec les civilisations (mmmm, c’est bon ce mot hein, ci-vi-li-sa-tion, allez-y, mettez-vous en un peu aux poignets, c’est pour moi) occidentale. Et vous croyez donc apparemment qu’entre ces primitifs de chasseurs cueilleurs et une société économique, il n’y a rien. En Afrique par exemple, par déduction de vos dires pavloviens, il n’y aurait rien eut entre les fameux chasseurs-cueilleurs (s’il y a un mythe grotesque, c’est bien celui-là…) et la société capitaliste-exclavagiste (les deux vont de pair, la grande majorité des économistes le disent), il n’y a rien. Nada. Walou, Nitchevo. Eh ben, S’il y a un formatage scolaire, assez épais d’ailleurs, c’est bien celui-là.

  • 27 February 2009 à 19h04

    JeanD dit

    @qq’uns qui m’ont répondu (SK et Robert entre autres)

    votre haine génétique, si vous ne pouvez la ressentir, tellement vous en êtes pétris, vous pouvez au moins la lire, vous relire. C’est soit des réactions sans aucun arguments (“un coup de massue et ferme-la”, réaction néandertalienne classique de quotient intellectuel trouble @SK – au passage, vu le poids de votre réponse, vous ne risquez pas d’avoir de “merdier” dans votre tête, puisque il semble n’y avoir pas grands chose), soit des réactions suintant la négrophobie, puisque (@Robert) les exemples cités ne sont que rappel d’exactions supposés des noirs (vous leurs en voulez hein? normal, tant que vous vous verrez comme “blanc”… ) ou rappel de supposés traitement humiliant pour les noirs (les arabes leurs coupaient les c…). Si je vous suis, le noir est sauvage, a été traité comme de la m…., et vous avez une certaine jouissance, et très probablement une jouissance certaine, à rappeler cette supposée vérité.
    Ce qui est étonnant avec la partie des humains névrosés qui se considèrent comme “blanc” (rappel, se considérer “blanc”, “noir”, ou autre, c’est une névrose – cf. Fanon. Toute personne qui se considère en premier lieu comme autre chose qu’humain a un problème. Névrose collective et largement partagée? Tu l’as dis triste sire, une parmi d’autres.) Donc je disais chez tous ces psychopathes de masse qui se considèrent comme “blancs”, dès qu’on remet en cause, ne serait-ce qu’un peu, un chouilla, un poco, tchutchut un poil de duvet de leur fausse intégrité, leur fierté crasse et leur ego dont la taille n’a d’égal que l’extrême médiocrité, immédiatement ressortent tout de go une agressivité sanguine et des attaques de bas niveau. Il a bon dos le “noir” pseudo sauvage et qui a eu ses c… coupés pendant des siècles. Ils ont bons dos les arabes qui on fait ci qui ont fait ça etc.
    La question n’est pas de ressortir les clichés les plus bêtes sur les prétendues exactions des “autres”. La question, c’est, si on se reconnaît – névrotiquement – comme “blanc”, alors il faut avoir les c… de reconnaître la bassesse que cela implique aussi (il y a bien quelque grandeurs, mais 1 – ce n’est pas le sujet ici, 2 – la grandeur d’une névrose n’a pas vocation à devenir un mètre étalon). Et sans reconnaître sa par de bassesse, impossible de prétendre à prendre de la hauteur. Car, et c’est un fait, dès que ces fameux blancs ont pu aller exterminer des peuples entiers aux Amériques, en Afrique (les premiers camps de concentration allemands sont nés en Afrique, d’ailleurs, Goering père y officiait – cf. l’extermination des Héréros en Namibie), en Australie, en Tasmanie (la dernière tasmanienne est morte en 1977, elle a été empaillée, je vous fait grâce du point d’exclamation) et ailleurs j’en passe et des meilleurs, dès que ces “blancs” ont eu la possibilité de le faire, ils n’ont pas boudé leur plaisir. Ca vous arracherait les doigts que de reconnaître cela? Le “blanc”, dès qu’on OSE le remettre en cause, ressort immédiatement le gourdin. Heureusement, le “blanc” et avec lui tous ses avatars (noirs, jaunes et autres “races”) bat de l’aile. 400 ans après, nous voyons enfin le bout du tunnel (nos enfants verront eux, la lumière. Symboles (je précise, Cro magon a parfois du mal à faire se toucher ses files).
    Et re @Robert, aucune “haine de soi” dans mes propos : je ne suis pas blanc. Ni noir. Ni jaune ni violet. Tout cela N’EXISTE PAS. Je suis Homme. C’est CELA, la réalité.

  • 27 February 2009 à 18h50

    SK dit

    j’ai beau chercher , je ne vois pas d’autres sociétés “non-économiques” que les sociétés primitives de chasseurs-cueilleurs. Pas d’accumulation de denrée, pas de diversification dans les tâches, pas de sédentarisation, pas de propriété, pas de commerce, de village, de ville, de civilisation. Le rêve, en effet.

  • 27 February 2009 à 18h31

    Robert Marchenoir dit

    Vouloir instaurer “une société non économique”, cela a à peu près autant de sens que de vouloir instaurer une société non psychologique, non physique ou non humaine.

    A moins que cela ne veuille dire appeler de ses voeux une société produisant beaucoup moins qu’aujourd’hui. Si c’est le cas, j’espère que les auteurs de ce texte se réjouissent de la crise actuelle et remercient tous les matins les inventeurs de subprime, banquiers, spéculateurs et autres capitalistes “ultra-libéraux”.

    Car la baisse brutale de la production, nous y sommes.

    Il ne faudrait juste pas que nos “intellectuels” antillais viennent, par la suite, se plaindre du chômage et de la pauvreté qui en découleront immanquablement; qui en découlent déjà.

    Mais je ne compte pas trop sur autant de lucidité — ou autant d’honnêteté.

  • 27 February 2009 à 18h02

    Nicolas dit

    @jeanD
    Vos propos sont ridules, ils n’auront comme résultat que d’attiser des haines que tout le monde voudrait pouvoir dépasser.

    @Pierre Régnier
    Merci.
    J’insisterais particulièrement sur cette phrase: “Beaucoup de “noirs” et de “blancs” ne veulent pas en effet, gâcher leur à se définir sur leur pigmentation”.

    Etant moi meme martiniquais, je déplore le racisme anti-blanc qui sévit en ce moment chez CERTAINS antillais, il serait peut être temps que les antillais oublient un peu l’esclavage et songent à aller de l’avant. Les “français” en tant que peuple actuel ne sont en effet pas responsable du malheurs des Noirs (surtout des antillais).
    Je déplore également le mépris (voir racisme) que CERTAINS blancs,métropolitains ou antillais, ont à l’égard de ces antillais noirs (qu’ils mettent dans le même sac que les antillais les plus stupides) qui ne demandent qu’a vivre normalement, sans tirer profit d’une quelconque discrimination positive.

    La Négritude de Césaire est à mon sens non pas un replis communautaire, mais une quête d’une nouvelle identité. Les antillais étant un jeune peuple, leur identité n’est pas encore clairement définit. Césaire les invite donc à effectuer une introspection ayant pour finalité une construction clair et stable de cette identité,dépassant de simples considérations raciales ou ethniques.
    C’est comme ça que j’interprète la Négritude Césaire, mais elle est évidemment beaucoup plus profonde et complexe et nécessiterais une plus longue analyse.

    Nicolas, un jeune franco-antillais.

  • 27 February 2009 à 17h57

    XP dit

    @Pierre Régnier

    ““La haute nécessité est de tenter tout de suite de jeter les bases d’une société non économique, où l’idée de développement à croissance continuelle serait écartée au profit de celle d’épanouissement; où emploi, salaire, consommation et production seraient des lieux de création de soi et de parachèvement de l’humain”.

    S’il fallait donner une définition du totalitarisme,ou plutôt de “l’envie de morbide de totalitarisme”;ça pourrait être cet épouvantable projet.

    L’anti-libéralisme cache immanquablement des passions morbides et un appel aux charniers, à la reéducation de son prochain, l’édifaication d’un homme nouveau, comme le démontre ce texte-programme absolument répugnant.

  • 27 February 2009 à 18h46

    solitude dit

    @“La vision haineuse, raciste, immédiatement violente, est une conception exclusivement européenne-blanche.”Source : AFP
    20/07/2008 |
    .
    Bien sûr.Un petit exemple récent:

    “L’ancien archevêque anglican sud-africain et prix Nobel de la paix, Desmond Tutu, a, lors d’un sermon aujourd’hui devant des milliers de fidèles, présenté des excuses aux victimes des violences meurtrières xénophobes survenues en mai dans les quartiers pauvres d’Afrique du Sud.

    Des étrangers, notamment des Zimbabwéens, Mozambicains, Nigérians, ont été pendant une quinzaine de jours en mai la cible d’attaques, en Afrique du sud, qui ont fait au moins 62 morts – dont une vingtaine de Sud-Africains – et entraîné le déplacement de dizaines de milliers de personnes.”

  • 27 February 2009 à 17h04

    SK dit

    jean D : merci pour cette fameuse tranche de rire. Vous êtes clown, c’est cela ?
    Cours niveau 3ème, effectivement.
    L’embêtant avec les gens comme vous, passés par la matrice à formater de l’éducation nationale, puis s’en ayant contenté, c’est qu’ils croient savoir des choses. Ce n’est pas comme avec quelqu’un qui sait qu’il ne connaît pas grand chose. Avec lui, on peut partir sur des bases saines. Et s’appuyer sur le bon sens, l’intelligence de la vie. Vous, vous avez un tel merdier dans la tête, la tâche est décourageante.

  • 27 February 2009 à 16h44

    Pierre Régnier dit

    Si j’ai voulu vérifier l’exactitude des salaires des dockers de Fort de France c’est que, ancien militant syndicaliste, je suis bien conscient que certains “acquis sociaux” sont parfois de véritables nouveaux obstacles à l’amélioration du sort des plus démunis, lesquels doivent avoir selon moi, DANS TOUTES LES SITUATIONS, la priorité absolue.

    Régis Debray remarque que la fratrie n’implique pas nécessairement la fraternité. S’il y a bien une “fratrie mafieuse” chez les dockers de Fort de France, qui profite de sa situation de force pour détourner à son profit des augmentations de salaires qui devraient être réparties entre tous les salariés antillais, il s’agit alors d’une fratrie d’individus, fussent-ils “noirs Congo ou noirs Guinée” – comme on disait des plus noirs habitants des Antilles lorsque j’y habitais moi-même – aussi méprisables que les békés refusant de partager leurs richesses, acquises par le travail de tous les antillais.

    Ceci étant dit, le mépris des autorités françaises pour les antillais existait bel et bien lorsque je vivais à Pointe-à-Pitre en 1967. Dans l’une des deux chansons que j’ai écrites sur la Guadeloupe à mon retour j’ai mis ces lignes :

    Guadeloupe
    on a colorié les façades
    de tes habitations malades
    pour plaire aux gens de la Louisiane
    de New York et du Saint Laurent

    façades, malades… ce n’étaient pas que des mots pour satisfaire la rime et le chant. Je jure que ceci est vrai : quand la métropole a décidé à l’époque, dans sa politique de valorisation touristique de l’île faisant appel aux fonds publics, de peindre certaines cases pour rendre le paysage plus gai, on a effectivement colorié trois seulement des quatre murs de planches des cases visibles de la route. On a estimé qu’il n’était pas indispensable de peindre le quatrième, la plupart des touristes américains qu’on souhaitait voir plus nombreux dans l’île se contentant, entre deux bateaux qui les déposaient et les rembarquaient à Pointe-à-Pitre ou à Basse Terre, d’une “visite” en taxi sur la route côtière.

    Malgré le bien réel mépris qui s’est prolongé très au-delà de l’abolition de l’esclavage, Guy Sitbon a pourtant raison de dire que “le post-racial, la prochaine étape la plus cruciale dans l’histoire de l’humanité” peut s’accomplir aux Antilles. Beaucoup de “noirs” comme de “blancs” ne veulent pas, en effet, “gâcher leur existence à se définir sur leur pigmentation” et les couples d’amoureux “bicolores” dont “les mouflets sont adorables” sont nombreux aux Antilles comme en France métropolitaine. Les causeurs de ce site, souvent cultivés, connaissent au moins l’un d’eux, en bonne place dans les bibliothèques de Pointe-à-Pitre comme de Paris : Simone et André Schwartz-Bart.

    La fière négritude de Césaire n’était nullement, comme le pensent bien des français de métropole – dont certains se croyant “de gauche” exploitent parfois leur illusion dans de mauvais combats d’ “indigènes de la République” – un “racisme à l’envers”. Le poète politicien a largement prouvé qu’elle était un DÉPASSEMENT de toute espèce de racisme. Et les Neuf intellectuels antillais qui viennent de publier le beau, le grand, le superbe “Manifeste de la révolte” invitent à poursuivre ce dépassement dans la responsabilité, mais en “abandonnant les vieilles routes” comme le conseillait Césaire. Ils écrivent : “Le déficit en responsabilité crée amertume, xénophobie, crainte de l’autre, confiance réduite en soi… La question de la responsabilité est donc de haute nécessité”

    Chamaillons-nous ici avec plus ou moins d’esprit – si le mien est “lourdingue” allez vite au suivant – plus ou moins respectueusement ou méchamment, mais lisons et faisons lire ce Manifeste, dont je prétends qu’il est humainement ET POLITIQUEMENT plus avancé, et donc plus utile, à Paris comme à Pointe-à-Pitre ou à Fort de France, que tous les programmes actuels de TOUS les partis politiques, lesquels n’ont toujours pas pris conscience de “la plénitude hystérique du dogme” qu’est aujourd’hui le “capitalisme contemporain”.

    C’est bien partout dans le monde que “La haute nécessité est de tenter tout de suite de jeter les bases d’une société non économique, où l’idée de développement à croissance continuelle serait écartée au profit de celle d’épanouissement; où emploi, salaire, consommation et production seraient des lieux de création de soi et de parachèvement de l’humain”.

    Pardonnez-moi d’avoir été long. Mais surtout, lisez et faites lire LE TOUT du Manifeste des Neufs antillais. Un texte qui constitue un événement véritablement historique.

  • 27 February 2009 à 16h32

    Robert Marchenoir dit

    “La vision haineuse, raciste, immédiatement violente, est une conception exclusivement européenne-blanche.”

    Mais bien sûr. C’est pour cela que l’Afrique regorge de guerres ethniques ultra-violentes entre Noirs. C’est pour cela que certains Africains chassent, capturent, tuent et découpent en morceaux des Africains albinos, afin de vendre à d’autres Africains des philtres magiques fabriqués avec leurs restes. C’est pour cela que des Sud-africains noirs brûlent vivants des immigrés noirs venus des contrées voisines (sans songer à les faire secourir par le Réseau éducation sans frontières, bizarrement).

    C’est pour cela que les Aztèques faisaient des sacrifices humains à leurs dieux.

    C’est pour cela que les Arabo-musulmans ont capturé des millions d’Africains noirs pour les réduire en esclavage, non sans avoir amputé les hommes de leurs testicules et de leur pénis, afin qu’ils ne se métissent pas aux Arabes (80% en mouraient , naturellement; mais c’est un détail de l’histoire de l’humanité).

    Mais JeanD va sans doute nous expliquer que c’est la faute aux Occidentaux colonialistes, qui ont enseigné la violence et la haine aux populations pacifiques du monde entier.

    A ce niveau de haine de soi et de déni de la réalité, je crains qu’on ne puisse pas faire grand’chose.