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Ta gueule, Verhofstadt !

Ce Flamand a perdu une bonne occasion de se taire

Publié le 12 février 2010 à 11:58 dans Médias

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Guy Verhofstadt (photo Parlement européen, flickr.com).

Guy Verhofstadt (photo Parlement européen, flickr.com).

Je ne me serais pas permis d’apostropher aussi cavalièrement Guy Verhofstadt, président du groupe libéral au Parlement européen, si je n’avais pas regardé la vidéo (voir ci-dessous) du discours de Dany Cohn-Bendit lors du vote sur la validation de la nouvelle commission Barroso par le parlement de Strasbourg. Verhoftstadt, celui qui a une tête de grand Duduche à la Cabu, n’a pas l’air de s’offusquer lorsque Dany essaie de faire taire d’un “Ta gueule !” sonore son collègue socialiste allemand Martin Schulz, qui ne cesse de l’interrompre dans sa péroraison. Et puis, j’ai appris à connaître suffisamment les Flamands lors d’un long séjour à Bruxelles au début de ce siècle pour savoir qu’ils préfèrent qu’on leur dise sans détour ce qu’on a sur la patate (à frites), plutôt que de tourner autour du pot.

Guy Verhofstadt, donc, ancien premier ministre du royaume de Belgique, originaire de Gand et membre du parti Flamand Open-VLD (libéral, centre-droit laïc) a commis, jeudi 11 septembre, un article dans Le Monde sobrement intitulé “Il y a quelque chose de pourri en République française…” On sent déjà que l’auteur vise haut : rien moins que la notoriété persistante que vous garantit la petite phrase qui fait mouche dans un contexte donné, comme “La France s’ennuie” de Pierre Viansson-Ponté à la veille de mai 1968, ou “La France moisie” de Philippe Sollers en 1999.

La suite, hélas pour son auteur, ne devrait pas favoriser la promotion de son titre au rang des formules prophétiques. Il ne s’agit, en fait, que d’une prise de position d’un voisin belge, sous-catégorie flamande, à propos du débat lancé par Nicolas Sarkozy et Eric Besson sur l’identité nationale. Il reprend à son compte, sans aucune valeur ajoutée qu’aurait pu apporter un regard extérieur, les arguments développés par les adversaires français de ce débat : il aurait servi de défouloir aux beaufs racistes, stigmatisé les musulmans de France au nom de la lutte contre la burqa, etc. C’est, à ses yeux, une remontée de la France maurrassienne, comme on parlerait d’une remontée d’égouts.

Ce papier n’aurait mérité qu’un haussement d’épaule distrait avant d’être confié à son destin de contenu de poubelle de tri sélectif, s’il n’émanait pas d’un ressortissant d’un peuple dont le rapport a l’identité nationale se manifeste de manière brutale et provocatrice, avec des excès racistes et xénophobes plus violents, en paroles, que partout ailleurs en Europe occidentale.

Il s’agit des Flamands, dont la tolérance à l’autre, en particulier à leurs compatriotes francophones établis au delà de la frontière linguistique est si admirable qu’elle fait régulièrement l’objet de remontrances du Conseil de l’Europe. Certes, Guy Verhofstadt ne fait pas partie de la frange la plus ouvertement flamingante de la classe politique flamande : l’OpenVLD, parti de la bourgeoisie laïque des villes, ne clame pas de manière tonitruante sa volonté de “flamandiser” au kärcher tous les individus demeurant sur la terre des Flandres, comme l’extrême droite du Vlams Belang ou les sociaux-chrétiens de l’actuel premier ministre Yves Leterme. Mais, au parlement, le parti de M. Verhoftstadt vote comme les autres pour la division de l’arrondissement électoral Bruxelles-Halle-Vilvorde, qui interdirait aux francophones de la périphérie de Bruxelles de voter pour des partis s’exprimant dans leur langue. Ce parti est happé, sans grande résistance, par un courant nationaliste impulsé par les Bart De Wever et Jean-Marie De Decker. Je n’ai jamais entendu Guy Verhofstadt, ni aucun de ses amis, protester contre les tracasseries mesquines dont sont régulièrement victimes les résidents de Wezembeek-Oppem ou de Rhodes-Saint-Genèse, qui ont le défaut de vouloir d’exprimer dans la langue de Molière.

Monsieur Verhofstadt trouve grotesque et ridicule que l’on apprenne La Marseillaise dans les écoles françaises, mais il oublie de dire que c’est par rejet profond de la Belgique unitaire que la plupart de ses compatriotes refusent de chanter l’hymne du Royaume, La Brabançonne. L’épisode d’Yves Leterme piégé par un journaliste et confondant cet hymne avec La Marseillaise est resté dans toutes les mémoires. “La loi, le roi, la liberté” : ces mots sur lesquels s’achève le chant des Belges sont considérés comme ringards par la plupart des Flamands. À ceux qui voudraient, comme Verhofstadt, que les Français les imitent en snobant La Marseillaise, il n’est pas interdit de conseiller qu’ils s’occupent de leurs oignons. Ou de leurs chicons.

Lutter contre le nationalisme borné, celui qui exclut au lieu d’intégrer, voilà une bonne idée qui nous est rappelée sans ménagement par un voisin qui, apparemment, ne nous veut que du bien.

Je serais curieux de voir la réaction de Guy Verhofstadt si un homme politique français de premier plan s’avisait, par exemple dans une tribune publiée par un quotidien francophone belge de qualité, à proclamer qu’il y a quelque chose de pourri dans les provinces de Flandre, avec des arguments autrement plus probants que ceux avancés par lui pour nous faire honte.

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  • 16 February 2010 à 9h41

    Alpin dit

    @Sophie,

    Bonjour,

    Votre vidéo de 15h46 d’hier:délicieuse.

    Une chose est certaine,ici,le talent belge pour l’humour serrait d’un grand apport pour
    ce pays!

  • 16 February 2010 à 9h17

    Porc dit

    Moi aussi, je veux jouer au meccano, donc j’exige (quand on revendique, on exige) :
    - que Bruxelles devienne district européen, sous le sceptre impérial des Habsbourg;
    - que la Flandre prétendue française soit rattachée à la mère-patrie;
    - que la Flandre ainsi réunie prenne le nom de royaume de Belgique, avec capitale à Gand, sous le sceptre de la dynastie belge actuelle;
    - que l’ancienne principauté de Liège fasse retour à sa mère-patrie allemande;
    - que la Wallonie, dont nul ne veut, échoie à la famille Gendebien;
    - qu’enfin, les républicains, tant flamingants que wallingants, soient livrés à Vladimir Poutine, grand-croix de la Légion d’honneur, qui les exterminera “jusque dans les chiottes”.

  • 16 February 2010 à 7h45

    JRG dit

    Mais, ma chère Sophie, je suis moi-même Français… Et les questions identitaires me sont assez familières, étant Parisien de naissance et Corse d’origine – mais Français avant tout. Et je tiens à préciser que, parlant couramment vos langues ‘internationales’ que sont l’allemand et l’anglais, j’ai vécu à Bruxelles plus de trois ans. Seule cette expérience m’a permis de constater à quel point rien ne fonctionne en Belgique, et plus particulièrement en Belgique francophone. Il a fallu que je m’installe par la suite au Yémen pour trouver quelque chose de comparable.
    Ne vous méprenez pas, les Français ne seront jamais gagnés à la cause wallonne, dans un débat qui ne les intéresse guère. Un débat éternel que par ailleurs personne en Europe ne comprend ni ne cautionne en raison de son anachronisme, et de l’instabilité qu’il représente pour notre Union, que la Belgique héberge –faut-il le rappeler. L’intérêt français pour les propos de Verhofstadt n’a rien en commun avec ce qui vous meut, mais n’est dû qu’au rejet, certes teinté de chauvinisme, de voir un dirigeant politique étranger se mêler de questions considérées comme franco-françaises. Mais ceci a déjà été allègrement commenté dans les posts précédents, avant que vous ne vous égariez sur des questions linguistiques.

  • 16 February 2010 à 6h29

    Porc dit

    Les cons tout court et tribuables français convoitent Bruxelles car c’est une poule aux œufs d’or mais n’ont aucune envie de payer pour les Wallons. Payer pour les zimmigrés leur est déjà infiniment désagréable.

  • 16 February 2010 à 0h05

    JNB dit

    Rions un peu, et pas de jaloux.
    Comment faire fortune en Belgique?
    Acheter un français au prix qu’il vaut et le revendre au prix qu’il s’estime.

    Les toilettes “à la Turque” sont Belges à l’origine.C’est bien plus tard que les Turcs ont décidés de faire un trou dans la planche.

  • 15 February 2010 à 22h59

    expat dit

    Après tout ce chalala, il me semble que Saul a sorti un truc très parfait (est-ce qu’on peut être très parfait ?) Mais bon les peuples trouvent leurs langages leurs coutumes, qui dit mieux ?

  • 15 February 2010 à 22h54

    Sophie dit

    “Sinon la solution de Saul proposée (”retour de la Wallonie et Bruxelles à la mère Patrie, et pour les Flandres…et ben l’ indépendance ou retour aux Pays Bas, au choix….) me semble la bonne !”

    TOUT A FAIT! Et le plus vite sera le mieux.

  • 15 February 2010 à 22h41

    expat dit

    @ Alpin : bonsoir. Merci pour cela : “Un signe de l’irréalité irénique de cette Europe,mais nous devrions remonter les bretelles
    de tous ceux et celles qui jouent les injecteurs de moraline ou les matamores,sans
    savoir de quoi il retourne.”
    Qui sait comment on aurait réagis à l’époque ? Moi je vous dis que cela me fait réfléchir tous les jours – qu’aurais-je fais ?
    Sinon la solution de Saul proposée (“retour de la Wallonie et Bruxelles à la mère Patrie, et pour les Flandres…et ben l’ indépendance ou retour aux Pays Bas, au choix….) me semble la bonne !

  • 15 February 2010 à 21h28

    Sophie dit

    J’ai dit que je serais ravie de faire votre connaissance à tous. Mais j’avais cru comprendre que vous n’alliez à Paris qu’avec des pieds de plomb!!!

  • 15 February 2010 à 21h24

    rackam dit

    Alpin,
    bonsoir,
    le lien que Sophie a mis à 15h46 est à secouer un hardi montagnard comme vous. Tout y est: cours de langues, humour, réflexion politique pointue, mise en scène avant-gardiste, décor pharaonique. Un must.
    Ne me remerciez pas, c’est pour faire plaisir à une fille qui boude.
    Et qui ne vous a pas invité non plus au banquet qu’elle organise pour les causeurs qu’elle apprécie…

  • 15 February 2010 à 21h01

    Sophie dit

    Bonjour Alpin,

    Tout le monde bon pied bon oeil. Et votre sollicitude me touche beaucoup.

  • 15 February 2010 à 19h11

    Alpin dit

    @Saul,

    Bonsoir,

    Merci,j’avoue ne plus supporter cette impudeur de gens grandis dans la sécurité et qui
    n’ont jamais eu à serrer les dents pour tenir bon devant la barbarie et la terreur.
    Qui ne se sont jamais affrontés ,pour la plupart ,à la douleur et aux trauma de personnes
    torturées,démolies par un régime qui ne supportent pas leur opposition politique.

    Un signe de l’irréalité irénique de cette Europe,mais nous devrions remonter les bretelles
    de tous ceux et celles qui jouent les injecteurs de moraline ou les matamores,sans
    savoir de quoi il retourne.

  • 15 February 2010 à 18h58

    Saul dit

    Alpin,
    bonsoir,
    et merci pour votre 18h14…

  • 15 February 2010 à 18h17

    Alpin dit

    @Sophie,

    Bonjour,

    J’espère de tout mon cœur qu’aucune personne de votre connaissance n’a été atteinte dans le terrible accident de Bruxelles.

  • 15 February 2010 à 18h14

    Alpin dit

    @Michel,

    Vous vous prenez pour qui !!!

    Les 2/3 des juifs vivants en France ont été sauvés de la déportation ,je vous rappelle que
    dans la Hollande voisine,libérale et peu antisémite,la MOITIE de la population juive fut
    déportée et exterminée.

    La France divisée et dirigée par un gouvernement de collaborateurs est un des pays
    d’Europe qui a le plus protégé sa population juive,et cela malgré son extrême droite
    et ses collaborateurs.

    Et surtout à cette mise à l’épreuve terrible,à quelle hauteur vous situez vous en
    matière de courage espèce de professeur de moraline de la 25° heure!

    Qu’on fait les membres de votre famille pendant cette guerre,car là vient peut-être
    votre bonne conscience au doigts levé?!

    Les miens ont caché des proscrits très tôt,dont des enfants juifs d’âge scolaire et un
    de mes grand-pères fut dénoncé pour ses actes de résistance à la Gestapo.

    On m’a toujours appris à juger avec prudence des actes commis pendant cette guerre
    et à ne pas tenir rigueur à ceux dont les parents ou grands parents avaient fait
    des mauvais choix!

  • 15 February 2010 à 15h46

    Sophie dit

    http://www.youtube.com/watch?v=L6L5rs6cbHI

    Le comédien est prof de flamand et d’anglais et Bourgmestre d’une commune bruxelloise.

  • 15 February 2010 à 15h09

    Mnésiclès dit

    @ Sophie
    Bonjour. Admettez tout de même que, pour un locuteur exclusivement wallon ou picard comme il devait en exister en ces temps anciens ( mais combien y en avait-il réellement à l’époque ? ), ce n’était pas une difficulté insurmontable de saisir le français. Moi-même qui ne l’ai jamais parlé, j’arrive plus ou moins à suivre une conversation en wallon les rares fois où il m’est donné d’en entendre. La réciproque devait donc être vraie. C’est aussi en raison de la proximité des dialectes wallons avec le français, qu’il n’a pas fallu deux générations pour franciser totalement le sud de la Belgique et réduire le wallon à un espace maintenant limité à quelques lettrés ou aux nostalgiques du théâtre dialectal.

  • 15 February 2010 à 15h08

    Saul dit

    ah j’ oubliais, Michel, pour etre honnete vous n’ avez pas tout à fait tort sur “l’ unification”…mais plutot que ce terme, il s’ agit de centralisation ( jacobinisme sous sa forme républicaine ) qui fut effectivement une constante dans l’ Histoire de France, que ce soit sous la monarchie ou la République…mais pas unification au sens politique en un seul état, celle ci était déja faite.

  • 15 February 2010 à 15h04

    Saul dit

    @ Michel,
    un peu simpliste votre raccourci..
    concernant la croisade contre les cathares, il s’ agit d’ un conflit religieux qui au départ était voulu par la papauté, le roi de France renaclait à y envoyer des troupes, il a changé d’ avis par la suite, y voyant son avantage..il s’ agissait surtout de détruire un état dans l’ état que representait le comté de Toulouse et autres possessions..mais ces terres étaient déja françaises..
    quand à la Vendée, la aussi problème religieux, les vendéens de l’ époque se considéraient quand meme comme français et ne voulaient pas l’ indépendance..

    pour l’ “ogre”, il s’ agit d’ une légende…ce sont les britanniques qui le surnommaient ainsi dans leur propagande, pas les français ( le taux de conscription sous l’ empire a toujours été inferieur à 3% de la pop totale…quand on compare au 20¨% de 14/18…)

    de plus je ne comprends pas votre “goldwin” sur Vichy…certes ce n’ est pas la page la plus glorieuse mais si on va par là, et qu’ on regarde la Belgique durant cette période…2 divisions SS belges quand les allemands peinaient à en recruter une seule ( et encore…) en France…..y ‘ a pas de quoi pavoiser non plus…

  • 15 February 2010 à 15h03

    Saul dit

    bon apparement en lisant tout ces posts, ça confirme bien que la Belgique n’ est pas une nation mais un ensemble de 2 peuples…et que ça fout le bronx chez eux…
    pour y remedier je propose :
    retour de la Wallonie et Bruxelles à la mère Patrie, et pour les Flandres…et ben l’ indépendance ou retour aux Pays Bas, au choix….