Syndrome de Copenhague
Climat de terreur, climat d’erreur
Publié le 11 décembre 2009 à 13:56 dans Société
Mots-clés : Copenhague

Copenhague : faut-il tirer la sirène d'alarme ?
Chers amis téléspectateurs, je ne sais pas si vous êtes comme moi, mais depuis une semaine, à chaque fois que je tombe sur un reportage en direct depuis le sommet de Copenhague, j’ai une furieuse impression d’être dingue. Je retombe toujours sur le même film, un peu comme Henri Salvador dans le scopitone de Zorro est arrivé. Mon syndrome de Copenhague à moi, c’est que je suis pris en otage par l’écolomania médiatique, mais qu’en fait d’empathie, j’ai envie d’égorger mes kidnappeurs à l’Opinel émoussé.
De Tf1 à Arte, de France Soir à Télérama, c’est la même chanson avec la sécheresse qui va lyophiliser l’Afrique, les ours blancs du pôle Nord qui vont se retrouver SDF, les forêts amazoniennes transformées en parking et les Iles Tuvalu qui vont être rayées de la carte – où personne ne serait d’ailleurs fichu de les situer.
Comme si cela ne suffisait pas, on aura aussi à endurer les jeux de mots calamiteux qui enjolivent cette monophonie : “Ça chauffe !”, “Dossier brûlant”, “Climat de tension” et autres “Au chevet de la planète pour faire baisser sa température”. Pour filer nous aussi la métaphore thermométrique (remixée par Roland Barthes, quand même), on dira que ce degré zéro de l’écriture est si absolu qu’on croirait ces titres issus du cerveau d’un rédacteur du Canard privé de whisky depuis au moins deux heures.
Bien sûr, tout le monde ici aura compris, et sans mon aide, qu’avec Copenhague on aura surtout atteint des sommets d’ineptie. À titre personnel, ma préférence va à une chroniqueuse de RMC dont je n’ai hélas pas retenu le nom, et qui faisait la leçon à ses auditrices en leur expliquant comment préparer un réveillon copenhaguo-compatible : des pommes, mais pas d’ananas qui viennent par avion, du chapon mais surtout pas de bœuf qui fait des pets au méthane. Je n’ai pas pu supporter la démonstration jusqu’à la fin, mais j’imagine qu’il faut aussi boycotter le champagne à cause des petites bulles pleines de gaz carbonique, et n’allez pas vous rabattre sur le Perrier : même motif, même punition.
Devant tant d’unanimisme gluant, le causeurophile lambda a pigé tout seul qu’il y avait un loup quelque part et que cette fois, les écolos avaient réussi à l’introduire bien au delà du massif du Mercantour. On ne va donc pas vous faire perdre votre temps à vous expliquer que tous ces bons sentiments sentent à peu près aussi bon qu’une émission anale de méthane par un bovidé australien.
Et c’est bien là le problème. Parce ce flot d’âneries nous amène à penser spontanément que les experts qui parlent de danger climatique sont aussi crédibles que les scientifiques d’il y un siècle qui postulaient mordicus que la masturbation rendait sourd. Alors que si ça se trouve, le danger climatique existe pour de vrai. Gardons-nous de nous laisser induire en erreur par ce climat de terreur.
Personnellement par réaction spontanée au hulotisme ambiant, j’ai été longtemps ce qu’on appelle un “climato-sceptique”, appellation non contrôlée que se partagent les vrais sceptiques, et aussi ceux qui pensent que tout cela, c’est des foutaises, qu’aucun argument scientifique ne corrobore les retombées nocives des activités humaines sur le climat et que l’effet de serre n’est qu’un effet de manche.
Climato-sceptique, je ne le suis plus vraiment. Le sujet me passionne depuis longtemps, alors, je lis, je me renseigne, je discute, et j’ai même fini par changer d’avis. Je pense qu’il y a un problème, mais qu’il est redoutablement mal posé. N’étant pas plagiaire, ma peur d’être pris la main dans le sac l’emportant sur ma paresse, je vous renverrais au blog Sciences2 de mon ami Sylvestre Huet de Libération qui ne cesse de démonter, à contre-courant de ce qui s’écrit partout, y compris dans les éditos de son propre quotidien, les caquetages alarmistes du moment, tout en en cognant régulièrement sur Claude Allègre et le camp noproblémiste, qui en vérité, est aussi peu sceptique, en vérité, que les hystéros façon Greenpeace.
J’en suis donc arrivé à la conclusion que le problème du réchauffement climatique est à la fois moins grave et plus grave qu’on nous le dit. Je m’explique.
D’un côté, le danger est réel. Seulement, les décisions à prendre ne se posent pas en termes d’années, mais de siècles. Aucune catastrophe climatique sérieuse n’est en vue pour cet hiver, ni même pour 2012, voire pour 2050. Comme tout ce qui concerne les choses de la Terre, on baigne ontologiquement dans le long terme ou disons le moyen-long (trois siècles, c’est que dalle à l’échelle du temps planétaire). On se dit qu’il vaudrait mieux commencer à bouger aujourd’hui, mais on pourra encore agir demain, ou après-demain. Que tout ce qui va dans le mauvais sens est réversible. Qu’on aurait radicalement tort de prendre, pour amuser l’opinion, des mesures trop violentes qu’on ne mettra jamais en œuvre, à l’image de la nana qui se lance mi-juin dans le régime 100 % thé vert et œufs durs, lequel se clôt rapidement et logiquement en overdose de macarons chez Ladurée. Et qu’à part ça, il y a des tas de coins sur terre, dits émergents, où les gens ont envie de polluer avec des usines, des gros steaks et des bagnoles, comme nous le faisons nous-même depuis quelques décennies. Je ne vois vraiment pas au nom de quelle morale nous serions autorisés à les en dispenser. Tout ça se passera dans le long. Pas de panique, donc.
Mais manque de bol, c’est peut-être justement là qu’il faut paniquer, et pour de vrai. Parce que pour être réglée, cette question climatique réclame du débat d’idées, de la concertation mondiale, et surtout implique une vision et une action à long terme. Et c’est là que le bât blesse. En matière de vrai débat, ces dernières décennies, le niveau baisse bien plus vite que celui des océans ne s’élève. Quant au caractère séculaire des décisions à prendre, c’est encore pire : en politique, à Washington comme à Paris, à Moscou et bientôt à Pékin, le long terme, c’est la prochaine élection, et le très long terme, la suivante. Et alors là, les amis, on est vraiment mal pris. Il faut s’y faire : la complexité est peut-être de cette terre, pas de ce monde.
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L'auteur
Marc Cohen est rédacteur en chef brèves de Causeur.
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Odilon dit
@Laborie
“Les Capitalistes comme EXXON MOBIL (je le sais, j’ai travaillé 25 ans pour eux..) ont toujours au moins deux fers aux feu”
Vous reconnaissez implicitement qu’ils en ont au moins un, celui que j’ai décrit. Et je ne doute absolument pas qu’ils en ont bien d’autres. La stratégie de BP en faveur des énergies renouvelables est connue depuis longtemps.
Laborie dit
Votre naïveté (vraie ou fausse?) est confondante, Odilon. Les Capitalistes comme EXXON MOBIL (je le sais, j’ai travaillé 25 ans pour eux..) ont toujours au moins deux fers aux feu. Un pour continuer à exploiter et vendre leur pétrole et l’autre pour s’immiscer partout ou les retombées des politiques économiques en rapport avec le soi-disant réchauffement anthropogénique leur permettront de continuer à s’enrichir.
Par exemple,qui est mieux placé qu’EXXON pour se lancer dans l’économie d’enfouissement du CO2?
Il n’y a pas de complot mondial des multinationales, elles sont le “complot mondial”, c’est l’essence même du capitalisme.
Après, savoir si c’est profitable au plus grand nombre, c’est une autre question….
Laborie dit
Encore un expert vendu aux affreux capitalistes. Le Dr. Madhav L. Khandekardit, Canadien dit dans sa relecture pour le GIEC du rapport de 2007:
“Il est important d’améliorer notre compréhension de l’évolution de la température de la terre et ses variations avant de consacrer des millions (des milliards !) de dollar pour réduire la quantité de gaz à effet de serre (GES). Malheureusement, les rapports sur le changement climatique du GIEC ne fournissent pas une évaluation objective des tendances de température et du changement climatique associé.”
Encore une expert relecteur de la prose du GIEC, après bien d’autres, qui n’est pas du tout d’accord, mais alors pas du tout !
Vous avez bien dit “Consensus” ?
Laborie dit
Il est un peu gêné aux entournures vu sa position…..ce serait un comble mais je ne désespère pas de le voir démissionner….surtout s’il trouve un job aussi bien payé avec l’aimable contribution des bailleurs de fonds.. .
Odilon dit
@Laborie
A propos de la déclaration de Mike Hulme, qu’on peut trouver ici, en voici une autre citation: “Climate change is a reality, and science confirms that human activities are heavily implicated in this change”.
Il a d’ailleurs omis de signer votre laborieuse pétition.
Laborie dit
Le peuple est souverain et vous êtes souverainement débile, le Pape du Sophisme Alternatif, continuez….
Exercice pour 3ème
La hausse des températures est indiscutable
Ce qui est indiscutable n’existe pas
Donc la hausse des températures n’existe pas
Vous devriez reprendre vos humanités par les oeuvres de John Stuart Mill….°
Odilon dit
Mon pauvre Laborieux, pourquoi vous ne proposeriez pas un référendum d’initiative populaire pour savoir si le climat se réchauffe à cause de l’activité humaine? Après tout, le peuple est souverain, c’est à lui de dire combien font 2 et 2. Et ça coûterait moins cher que de payer tous ces universitaires qui n’ont pas le bon goût d’être d’accord avec Exxon.
Laborie dit
et encore et toujours de Mike Hulme:
” Je suis moi-même incroyablement agressé par les fanatiques du changement climatique quand mes déclarations publiques et mes conférences ne satisfont pas leur soif pour les catastrophes environnementales et leur discours outranciers. Il semble maintenant que c’est nous, les scientifiques climatologues professionnels qui sont devenus des sceptiques (des catastrophes). Comme la roue tourne !”
Odilon nigaud…….
Laborie dit
T’as raison Odilon, plus de 9000 de docteurs es sciences dans le monde, tous vendus à EXXON MOBIL, ont signé cette pétition:
http://www.petitionproject.org/
Et le Vice Président du GIEC Mike Hulm dit ceci
“Le GIEC n’annoncera pas que nous arrivons à un point de basculement du climat. Il n’annoncera pas que la mer va monter de 5 mètres ; il ne va pas dire que nous allons entrer dans un nouvel âge glaciaire à cause de l’effondrement du Gulf Stream, et ce qu’il dira n’aura rien à voir avec les prédictions économiques du rapport de Sir Stern. Tout se passe comme si un gouffre s’était creusé entre ce que pense le public anglais et ce que pense la communauté scientifique internationale…”
Odilon dit
@Jerome
J’ai déjà pas mal discuté ici sur le plan scientifique, et vous le savez très bien. Et je vous signale que les universitaires seraient payés de la même façon s’ils soutenaient des thèses inverses. C’est toute la différence entre une université et un think tank. Espérons que ça continue, je veux dire que les universités ne soient pas un jour obligées de se mettre au service d’intérêts privés.
Jerome dit
Odillon, incapable de debattre sur le plan scientifique, se lance dans l’accusation stalinienne des gens qui osent ne pas etre d’accord avec la doctrine officielle. Le probleme, c’est que cette accusation complotiste minable n’est plus trop utilisee par les “rechauffistes”, parce qu’a ce moment la on leur rappelle que le GIEC et consorts recoivent, eux, des dizaines de *milliards* grace a leur theorie du rechauffement. S’il s’averrait que c’etait faux, c’est des dizaines de milliers de scientifiques et surtout de fonctionnaires qui seraient au chomage.
On voit donc ou se trouve les veritables interets financiers.
thierry bruno dit
J’aurai tendance à partager l’opinion de Marc Cohen qui refuse le catastrophisme tout autant que l’immobilisme. Donc, sans rentrer dans des bagarres de chiffres, des disputes de cours de récré “mon scientifique, c’est que lui qu’a raison”, si simplement sans sombrer dans l’idéologie que je trouve un peu bête -mais sûrement toute idéologie est par construction un peu bête” d’un Bové ou Cohn-Bendit, nous arrivions à moins de consumérisme, un peu plus d’attention à notre environnement -simplement des comportements de propreté, ne pas jeter ces détritus n’importe où; ou économiser l’eau, les ressources, non pas par peur d’en manquer mais parce qu’il est stupide de gaspiller- et si ainsi nous arrivions à un peu plus penser à l’intérêt commun avant notre intérêt particulier, peut-être en reviendrions-nous à des hommes publics qui entreprendraient des politiques sur le long terme et non sur la prochaine élection, sous la pression des électeurs enfin citoyens.
Odilon dit
@Kastals
Quels lobbies? Financés par qui? Avez-vous des faits documentés, comme ceux que j’ai présenté? Par ailleurs, les industries de l’isolation et du solaire représentent un CA infinitésimal comparé aux industries du carbone. Ceci dit, il est vrai que toute l’industrie ne partage pas les intérêts des pétroliers, et il y a donc dans le monde économique des résistances à leur lobbying. Mais la vraie question est de savoir si on doit accorder plus de confiance à des lobbyistes (d’un bord ou d’un autre) qu’à des universitaires. La réponse va de soi, mais apparemment pas pour tout le monde.
Kastals dit
@ Odilon
Parce que vous croyez qu’il n’y a pas des lobbys derrière la canicule torride qui nous étreint ? Les marchands d’isolation, de solaire et de vent ne s’y intéressent pas ?
Souvenez-vous de la terrible sécheresse qui s’est abattue sur la France il y a quelques années et qui avait rendu notre pays presque aussi aride que la Sahel.
Une fois que les marchands d’eau ont pu doubler, tripler le prix de cette denrée devenue si rare, on n’a plus entendu parler de cette sécheresse imaginaire.
Odilon dit
Bonjour à tous,
j’invite ceux à qui il resterait quelques naïvetés sur l’origine de la désinformation dite climato-sceptique d’aller lire cette page sur wikipedia, et en particulier la lettre de l’American Petroleum Institute intitulée “Global Climate Science Communications – Action Plan”, qui y est référencée en note 25. Ce plan date d’il y a plus de dix ans, et il est visiblement toujours en action. Exxon avait promis de cesser ses financements de lobbies mais continue de le faire, voir ici.
susheela dit
Je suis convaincue par l’argumentaire de Marc Cohen, cet immense scientifique que le monde entier (et sa proche banlieue) nous envie.
Kastals dit
Jérome,
Savez-vous que les vieux ne vivent pas éternellement ?
Alpin dit
Vision américaine et immigrée des problêmes de compensation migratoire:
http://puzzledelintegration.blogspirit.com/archive/2009/12/07/3a61508a8dda9fa19bd5c1777a346104.html
Alpin dit
Suite,
Tout à fait d’accord avec Jérome,c’est cela qu’il faut commencer à évaluer et penser.
Les réveries confortables de beaucoup d’écologistes européens,souvent allemands
(par mauvaise/bonne conscience probablement) n’ont rien à voir avec la réalité des enjeux.
On ne peut ni diminuer par contrainte de politique publique,ou par contraction spontanée
une population à fécondité mesurée sans rentrer dans des problêmes insolubles notament
dans l’équilibre de la population active.
Certain rêvent(rêves bobo ou techno,tout à l’ego) de substituer des populations immigrées
aux indigènes occidentaux pour solde de tout compte.
L’ennui réside dans le fait que les humains ne se déplacent pas sans leurs moeurs et
leur culture et que la aussi un problème d’équilibre et d’optimum se pose.
Lire notament:
” La vieillesse des nations” d’Alfred Sauvy (ed:gallimard)
et:
“La fin de l’humanité” du philosophe Christian Godin ed :Ch Vallon.
Alpin dit
@Loulou,suite,
Quelques autres dont Le Pakistan,le Yémen.
Jetez un coup d’oeil à un annuaire démographique ou à un recueil courant de statistiques
comme Celui du “Nouvel observateur” qui reprend celles des nations unies,de bonne
qualité pour ce qui concernes la démographie.
D’ailleurs beaucoup de spécialistes pensent que la stabilisation dans les environs de 2050
se fera autour de 8,5M d’ha et non 9.
Par contre le déséquilibre massif par vieillissement accéléré(Cas INELUCTABLE de
la Chine dans~20ans)pose des problèmes ,sociaux ,culturels et économiques encore
plus graves et sous estimés.
Pourquoi inéluctable pour la Chine par ex,simplement parceque les phénomènes démographiques ont une inertie très forte,surtout à échéance de 20 ou 30 ans,
temps d’une génération,la Chine sur le plan de la population n’a pas grand chose d’un
miracle.
Mais la capacité d’une bonne partie de l’humanité à se perpétuer se pose.