Syndicat du Livre, syndicat du crime ?
Les prolos en pétard n’ont plus bonne presse
Publié le 31 octobre 2008 à 11:08 dans Médias
Hier matin, réveil en fanfare : j’ai eu le trop rare plaisir de voir le placide et policé Christophe Barbier péter un plomb en direct sur LCI ! Sa coutumière onctuosité avait laissé la place à une nervosité mal maîtrisée. Clark Kent s’était soudain métamorphosé en Superman imprécateur : “Violence !”, “Destruction de biens !”, “Commando !”, “Nihilistes !” et même, au diable l’avarice, “Prise d’otage !”.
Quels actes criminels gravissimes vitupérait ainsi l’homme à l’écharpe rouge ? Les faits d’armes de Jean-Marc Rouillan, le cover boy de L’Express ? Que nenni ! Les exactions du Hezbollah ou le refus du Hamas de libérer Guilad Shalit ? N’y pensez même pas ! Il ne s’agissait pas non plus des forfaits supposés de Franz-Olivier Giesbert, un des rares sujets qui, hebdomadairement, fasse perdre son sang-froid à Christophe Barbier. Non l’inique objet de son ressentiment, c’était le syndicat CGT des NMMP, qui appelait à la grève générale ce jeudi et dont quelques adhérents avaient, la veille, réagi sans prendre trop de gants à l’annonce prochaine de leurs licenciements. En plus des rituelles échauffourées avec les képis, figurez-vous que ces voyous ont osé, Barbier dixit, briser une vitrine ! Une vitrine ! On a échappé de peu à l’accusation de terrorisme…
A peine m’étais-je remis de mes émotions, rebelote. Je ne sais pas ce qu’ils mettent dans le café des invités, à LCI, mais vers midi, je voyais à nouveau un chat angora lymphatique se transformer sous mes yeux en tigre mangeur d’hommes. Cette fois, c’était au sympathique Laurent Joffrin – un des directeurs les plus affables et ouverts d’esprit qu’ait connu la presse parisienne ces dernières décennies – de piquer sa crise de nerfs à l’antenne. Je ne vous rapporterai pas ses mots, c’étaient grosso modo les mêmes que ceux de son confrère de L’Express. D’ailleurs, il abordait lui aussi le même sujet : l’abominable homme du Livre. Les exagérations de Barbier, passe encore, mais Joffrin reconverti en Hersant de choc, c’est quand même épatant. Lui qui en temps ordinaire n’a pas de mots assez durs pour agonir les patrons-voyous, ne le voilà-t-il pas en train de reproduire les mots et la rage des maîtres des forges, d’assimiler délibérément des salariés en colère à des délinquants ordinaires – quoique quand il s’agit de véritables truands, Libé est beaucoup plus bienveillant, cf. la mesrinomania de cette dernière semaine.
Les anglo-saxons ont une expression plaisante pour qualifier ce genre d’attitude : NIMBY, Not in my back yard (pas dans mon jardin). Elle caractérise les gens qui sont très contents de pouvoir bénéficier d’un TGV, d’une autoroute, d’un aéroport près de chez eux, mais qui veillent à ce que les travaux, donc les nuisances, aient lieu le plus loin possible de leur pré carré. Et bien Libé, c’est pareil ! Pendant tout ce printemps, le quotidien de Joffrin et Pourquery (à moins que ce soit devenu l’inverse) nous a gavé d’hommages enfiévrés à mai 68, ses cocktails Molotov, ses barricades, sa France paralysée par une formidable grève générale d’un mois… Dis-moi, Laurent, tout ça c’était pour rire ? Les ouvriers en colère, en vrai, tu les aimes seulement figés en noir et blanc dans les photos d’époque de Raymond Depardon ? Et le droit de grève, tu es toujours pour, mais seulement en Chine. Ou bien en France aussi, à la seule condition qu’il ne gêne pas la parution de ton journal ? Faut-il, pour mettre fin à ce scandale, faire un avenant à la Constitution ?
Bon, c’est vrai, je suis un peu de parti pris dans cette affaire. J’aime bien les ouvriers, et plus spécialement ceux du Livre. Toujours grandes gueules, parfois gros bras et généralement aussi lestes du cerveau que du gosier, ils sont, eux aussi, ce vieux monde que je ne veux pas voir disparaître. C’est parce qu’il reste encore des correcteurs, des monteurs et quelques autres dinosaures du Livre au siège des rédactions que celles-ci ne ressemblent pas totalement à des antennes régionales de la BNP ou à des start up de buzz corporate.
Je ne connais pas les détails du dossier des NMPP. Il paraît qu’il faut moderniser le système de distribution de la presse, que le statu quo c’est la mort annoncée de l’entreprise, et toutes autres choses qu’on raconte toujours avant de jeter les gens à la rue. Il paraît qu’il n’y aura que des départs volontaires, qu’on a garanti aux futurs licenciés des reclassements au cas par cas, une aide personnalisée à la recherche d’emploi, de confortables indemnités, et toutes autres choses qu’on promet toujours quelques années avant de baisser définitivement le rideau de fer pour tout le monde et de requalifier les usines en friches industrielles, puis en loft pour jeunes créateurs.
Je ne connais pas bien le dossier, et si ça se trouve, les chiens fous des NMPP sont vraiment des “jusqu’au-boutistes”, comme l’on dit aussi MM Barbier et Joffrin au beau milieu de leurs logorrhées d’épithètes relevant du Code pénal ; et comme semble aussi le penser la majorité de la CGT du Livre, qui ne s’est pas gênée pour critiquer leur refus de négocier. Mais je connais d’autres dossiers où les victimes de plans “sociaux” n’ont pas eu raison d’être raisonnables. Aux temps anciens de l’accumulation primitive du Capital et des barricades (les vraies, celles de mai-juin 48), Gustave Flaubert, avait déjà cadré en peu de mots (n’est pas Attali qui veut) les données du problème : “Je ne comprends rien à la politique, sauf l’émeute.” Eh bien, comme le disaient les Poppys depuis, rien n’a changé, et ce qui est vrai en politique l’est encore plus pour le social : quand faut y aller, faut y aller ! De la même manière que je n’irai pas réclamer quinze ans ferme contre le boulanger qui a été cambriolé trente fois et finit par craquer et sortir son fusil de chasse, je n’ai que compréhension pour ces “commandos”, coupables de “destructions de biens” ces “nihilistes” qui pratiquent la “prise d’otage”. Et je n’ai qu’incompréhension – empathique – pour les licenciés , les dégraissés, les délocalisés, les modernisés et autres plansocialisés qui font-confiance-à-la-négociation. En fait, je n’imagine pas qu’on puisse rester non-violent quand un puceau sorti mal classé il y a six mois d’une école de commerce de troisième ordre décrète au bout d’un audit bâclé qu’on doit vous condamner au chômage à vie pour restaurer la compétitivité de l’entreprise. Je ne comprends pas que les employés modèles de la CAMIF ne mettent pas la bonne ville de Niort à feu et à sang. Je ne comprends pas que les ouvriers klennexisés de LU n’aient pas contraint sous la menace Frank Riboud à bouffer dix kilos de petits beurres. Une bonne amie qui était retournée enquêter dans les ex-cités ouvrières du bocage normand quelques années après que les fermetures d’usine les ont transformées en cités fantômes m’a raconté dans le détail ce qu’elle avait vu sur place. Voilà le genre de propos qu’elle à souvent entendu dans la bouche des ouvrières licenciées par Moulinex : “En 2001 au lieu d’écouter sagement le ministre venu promettre aux syndicats un bon plan social, on aurait dû lui couper une phalange. On aurait sûrement gardé nos emplois au lieu de nos yeux pour pleurer…” Non, je ne sais pas si les gars des NMPP ont raison, mais je suis certain que les rmistes de feu Moulinex sont dans le vrai.
Je ne connais pas bien le dossier, mais il faudra bien qu’on m’explique pourquoi, si le plan social des NMPP est si idyllique que le prétendent Barbier et Joffrin, ses heureux bénéficiaires ne réagissent pas en hurlant de joie comme les gagnants à six numéros du Loto.
Travailleuses, travailleurs : si par malheur on vient un de ces jours vous proposer un bon plan social, ayez en mémoire les paroles de Serge Gainsbourg quand il racontait sa première – et dernière, car désagréable et douloureuse – expérience homosexuelle : “Le dernier truc qu’il m’a dit dans l’escalier de l’hôtel, c’est qu’il me jurait de pas essayer de m’enculer…”
-
L'auteur
Marc Cohen est rédacteur en chef brèves de Causeur.
-
Plus








La rédaction de commentaires est reservée aux abonnés
77Nos offres
1 an : 59 € ............................................ >
1 an : 34,90 € ....................................... >
ZORAN dit
Tout selon le gré “des entrepreneurs privés locaux”. Traduisons : encore plus de “tribus chacun pour soi” et encore moins de langage commun, si je comprends bien?
Agathon dit
Comment sait-on où sont encartés les lecteurs de Causeur?.
Moi je suis encarté chez les “carré_libertins”.
Parfois rose, mais souvent rouge.
schneider dit
@ epurator
Qu’est-ce que je fous au PS? Mais de la m**** mon bon epurator, de la m****!
Je déteste (politiquement) tout le monde, ai signé une motion tout en m’apprêtant à voter pour une autre, etc… J’ai quitté Chevènement en 2002 suite à la défaite de la ligne Morvan au congrès (pour les non-initiés à la mystique chevènementiste, c’était la ligne « continuons Vincennes », du nom du discours d’entrée en campagne plaçant sa candidature au-delà du clivage gauche droite, incluant ainsi la droite gaulliste, pasquaïenne, etc…), pour opter pour un retour dans le giron de la gauche socialiste.
Je me suis dit, quitte à n’être qu’un satellite , autant assumer que le bipartisme est incontournable et être dans la tête de l’hydre à deux têtes UMPS qui me convienne le mieux.
J’y suis entré en 2005 suite au débat sur le TCE. Je me suis dit que c’est là que je pourrais être le plus efficace. Sauf que c’est faux, c’est une machine qui tourne toute seule, et dont la force d’inertie (résultante de sa sociologie) fait que seul le sens du vent peut faire bouger sa ligne d’un iota.
Là, j’ai vraiment envie de partir. Sans doute pour ce qu’on appelle une organisation qui se réunit comme on dit, « dans une cabine téléphonique ». Mais vous savez, on peut avoir l’âme militante, on n’en reste pas moins un homme, soit un être social. Et me manquent vraiment de croiser des gens avec qui j’ai un minimum envie de prendre un pot de fin de campagne, de refaire le monde à la buvette d’un congrès, enfin bref des gens avec qui j’ai un minimum de choses humaines à faire.
Vous allez voir, c’est éclectique. J’aime bien Mélenchon (même si pour le coup, certaines options politiques me débectent, et ses troupes sont des curés pas forcément meilleurs que le reste des socialistes). Nicolas Dupont-Aignan m’intéresse énormément. Et, je vais être tricard pour le restant de mes jours sur ce site, j’aime beaucoup ce que dit et fait Alain Soral (d’accord il est antisémite, et je le regrette, mais pour moi, ça ne sort pas quelqu’un du champ des empathies intellectuelles possibles, sur le reste évidemment).
Je crois que je vais aller papillonner un petit peu, aller à des réunions, rencontrer des gens, discuter des choses du monde, continuer à lire tout ce qui me tombe sous la main. Je verrais après si je m’engage quelque part, pour l’instant je suis dans une impasse.
elvin dit
@schneider, et aussi à Agathon et Zoran
vous écrivez: “produire de la richesse, c’est difficile à organiser socialement. Il faut assurer la santé des travailleurs, leur bon niveau d’éducation, construire des infrastructures solides et efficaces, et tout cela coûte des sous…”
bien d’accord jusque-là. C’est précisément pourquoi les libéraux comme moi pensent que c’est trop difficile pour être fait de façon centralisée au niveau de l’Etat, et qu’il vaut mieux laisser les initiatives individuelles s’en charger
et vous ajoutez “… des sous, qui doivent être prélevés sous forme d’impôts… ”
là, nous ne sommes plus d’accord. Les sous que prélève l’Etat seraient beaucoup mieux utilisés s’ils restaient à a disposition des entrepreneurs privés
expat dit
et aussi car quelqu’un va surement le mentionner, il a aussi trouvé un mutuel de santé pour pas cher…
expat dit
Je ne peux pas parler des autres pays, mais je peux parler des USA, car c’est mon pays natal.
Je lis tellement de bêtises concernant mon pays que c’est impossible de les lister tous… Je vous donne juste un exemple concret – j’ai un fils de 19 ans, après son bac (qu’il a eu Dieu merci !) son seul souhait était de partir aux USA. Pourquoi ? Pour lui tout était ‘impossible’ en France ; trouver un travail à Macdo fallait être bac + deux, trouver un apartement (ou plutôt chambre de bonne) tout est cher : vêtements, cafés, livres, etc. Donc il est parti (oui çà fait mal) il s’est inscrit dans un fac, trouvé un apartement, trouvé un job – dans l’espace de deux semaines. C’est pour çela que je dis que la France est sclérosée.
epurator dit
@ schneider (et aux autres un peu aussi)
Schneider, je vous lis avec attention (surtout depuis que le ton baisse et que le niveau monte , Marchenoir, encore un effort, please) et je me demande ce que vous fichez au PS (c’est une vraie question, pas de l’ironie à deux balles)
Agathon dit
Trois secteurs clés:logement, santé et éducation en Europe.
La liitérature ne manque pas sur la toile. Des études compartaives.
Les écarts sont flagrants d’un pays à l’autre.
La mortalité, le sans-logisme, l’accés aux soins…
Des dispositifs compliqués pour les ultra-liébraux.
Quand on cite le cas de l’Irlande(en fait trois villes dont Dublin), les conditions de logements des expats et leurs témoignages sont édifiants.
Combien ont coûté les cadres qui ont “émigré” en Irlande?. Zéro euro.
Combien ont-ils coûté aux pays dont ils sont originaires?.
C’est cela la belle idée de l’immigration choisie.
Et je connais de hauts cadres, profs de fac dans les pays cités qui n’ont pas coûté un seul dollar à la G.B et l’Irlande.
Je parle bien entendu de Français partis vivre dans ces pays.
schneider dit
@ Robert Marchenoir
Le problème quand vous parlez des Etats qui auraient choisi, à raison selon vous, une fiscalité moins lourde que la France, c’est que vous laissez dans l’ombre une distinction fondamentale (une summa divisio, moi aussi je peux me faire plaisir) entre deux types de stratégies économiques, celle qui consiste à vouloir produire de la richesse, et celle qui consiste à vouloir la capter.
L’exemple parfait est le Luxembourg, dont les mésaventures industrielles lui a fait dire dans les années 80 que capter la richesse était un peu moins compliqué que de la produire. Ce en quoi il a tout à fait raison.
Seulement le problème avec les stratégies parasitaires, et ce qui empêche de les donner en modèle comme vous le faites, c’est qu’elles postulent que tout le monde ne les suivra pas. Evidemment, pour jouer les parasites, il faut qu’il y ait quelque chose à parasiter. On ne peut se limiter à capter la richesse produite ailleurs que si dans cet ailleurs on continue à accepter de la produire.
Du coup, si elles deviennent trop efficaces, les stratégies parasitaires tendent à supprimer toute possibilité de produire de la richesse.
Parce que produire de la richesse, c’est difficile à organiser socialement. Il faut assurer la santé des travailleurs, leur bon niveau d’éducation, construire des infrastructures solides et efficaces, et tout cela coûte des sous, qui doivent être prélevés sous forme d’impôts… ouvrant ainsi la porte aux stratégies parasitaires de ceux qui ne supportent pas ces coûts car ils ne produisent rien.
Votre programme exposé plus bas, on en connaît le bout. Régression du niveau éducatif moyen, baisse de la durée de vie, baisse de la productivité du travail, misère noire pour la grande majorité, mais par contre luxe inégalé par le passé pour une minorité, ce qui est bien le but depuis le départ.
Agathon dit
La Suisse
Selon la nouvelle estimation de Caritas, la Suisse compterait un million de pauvres. Soit 150’000 de plus qu’il y a deux ans. Avec un septième de la population vivant dans la précarité, la garantie de la sécurité matérielle doit devenir une tâche prioritaire de l’Etat, estime l’oeuvre d’entraide.
La dernière estimation de Caritas Suisse, qui remonte à fin 2003, faisait état de 850’000 personnes pauvres en Suisse, indique mercredi le porte-parole de l’oeuvre d’entraide Bertrand Fischer. Mais depuis, la précarité s’est accentuée et le pays s’est encore éloigné du plein emploi, constate l’organisation dans un communiqué. Caritas a recoupé les résultats de l’Enquête suisse sur la population active (ESPA) en 2003, la statistique 2004 sur les « working poors » établie par l’Office fédéral de la statistique (OFS) ainsi que les données de l’Association suisse pour la protection de l’enfant. Cette dernière signale que 200 à 250’000 enfants seraient actuellement en dessous du seuil de pauvreté. Les personnes âgées de 20 à 59 ans sont quelque 604’400 (soit 13% des actifs) à ne pas pouvoir subvenir à leurs besoins. Cette proportion atteint même 17% chez les seniors : au total, 196’600 retraités helvétiques n’arrivent pas à joindre les deux bouts, selon l’OFS.
n additionnant ces chiffres, le nombre de personnes frappées par la pauvreté atteint pour la première fois la barre psychologique du million, écrit Caritas dans son Almanach. Bertrand Fischer précise que les spécialistes suisses n’ont pas de réponse claire à la question de savoir à partir de quand on est considéré comme pauvre en Suisse. Selon la Conférence des institutions d’action sociale, le seuil est à 2’480 francs de revenu par mois pour une personne seule et 4’600 francs pour un couple avec deux enfants.
Pour Carlo Knöpfel, responsable du secteur « Etudes » de Caritas Suisse, cette situation reflète la crise que connaît actuellement le marché du travail. Malgré la relance économique, de plus en plus de gens sont exclus de l’embauche. Le nombre officiel de chômeurs était de 146’000 en novembre 2005. Mais en réalité, les personnes qui n’entrent plus en ligne de compte selon les critères du marché du travail sont beaucoup plus nombreuses. Seul un tiers des sans-emploi qui bénéficient de mesures d’intégration retrouve une place de travail. Les chômeurs en fin de droit, les personnes forcées de prendre leur retraite avant l’heure ou à demander l’assurance invalidité n’apparaissent plus dans la statistique, souligne l’économiste. Il en va de même pour les jeunes adultes qui ne parviennent pas à trouver un premier emploi. La masse des personnes qui dépendent de l’aide sociale grossit et ce dernier filet de sécurité approche du point de rupture, explique Carlo Knöpfel.
Caritas rappelle aussi que l’Etat social ne protège pas, et de loin, tous les démunis. Quelque 450’000 personnes, actives ou retraitées, ne reçoivent pas l’aide financière ou les prestations complémentaires auxquelles elles auraient droit. Une part de 6% de la population, soit plus d’une personne sur 20, est indigente et sans ressource. « La sécurité matérielle doit être placée au centre de la conception de la sécurité sociale », demande l’économiste. Il propose de simplifier le système actuel en couplant une assurance sociale de base à une assurance contre la perte de travail, qui couvrirait le chômage et l’invalidité.
En Suisse, 6,8% des enfants sont pauvres
« La conviction répandue que la pauvreté des enfants dans les pays riches diminue régulièrement ne correspond nullement à la réalité », affirment les auteurs de l’étude du Centre de recherche Innocenti du Fonds des Nations Unies pour l’enfance (UNICEF). Au total, dans les 24 pays de l’OCDE étudiés, près de 50 millions d’enfants vivent au-dessous du seuil de pauvreté. Au cours des dix dernières années, la proportion d’enfants pauvres a augmenté dans 17 pays industrialisés sur 24.
Dans les pays nordiques, la situation est moins mauvaise. Au Danemark, en Finlande, en Norvège et en Suède, la proportion d’enfants qui vivent au-dessous du seuil de pauvreté ne dépasse pas 4%. En Suisse, elle atteint 6,8%, tout comme en Tchéquie. Le Mexique (27,7%) et les Etats-Unis (22%) sont les pays qui comptent la plus forte proportion d’enfants pauvres. En Europe, c’est l’Italie (16,6%) qui enregistre le taux le plus élevé. L’Irlande, le Portugal et la Grande-Bretagne ne sont pas loin (plus de 15%).
Le rapport montre que des dépenses publiques importantes dans le domaine social vont de pair avec des taux faibles de pauvreté des enfants. En moyenne, ces transferts aboutissent à une réduction de plus de 40% de la pauvreté. La réduction est de 80% dans les trois pays aux taux les plus bas, Danemark, Finlande et Norvège. D’ailleurs, les transferts sociaux en faveur des familles sont faibles en Grèce, en Italie, en Irlande, au Portugal et en Espagne, où la proportion des enfants pauvres dépasse les 10%.
L’UNICEF relève que dans la plupart des pays, la hausse des dépenses sociales constatée dans les années 90 s’est concentrée sur la santé et les retraites plutôt qu’en faveur des enfants. En Suisse, pays où les transferts sociaux ont augmenté de 7,5% sur dix ans, cette hausse a été dirigée pour l’essentiel vers l’aide aux personnes âgées et la santé. L’aide aux familles a seulement bénéficié d’une toute petite hausse de 0,14%. Globalement, les transferts sociaux en faveur des familles ont baissé dans 13 des 28 pays de l’OCDE étudiés. Et lorsqu’il y a une hausse des dépenses pour les familles, elle est toujours très modeste, sauf en Australie.
Selon les chercheurs de l’UNICEF, les taux de pauvreté ne découlent pas seulement de l’ampleur de l’aide publique. Les changements sociaux, économiques et politiques se combinent. Le rapport note que les revenus des classes inférieures de la société ont eu tendance à diminuer dans beaucoup de pays, par exemple en Italie et en Hongrie. Des facteurs comme la hausse du chômage et l’augmentation du nombre de familles monoparentales expliquent aussi la forte proportion d’enfants pauvres dans les pays riches.
Zoran dit
Dans beaucoup des discours que vous nous tenez, vous avez agité la menace. Vous voulez qu’on fasse un petit bilan?
La violence de l’infima plebs dont je vous parle est une possibilité que je ne souhaite nullement, mais qui pourrait se produire avec votre genre de “projet de réforme” où, comme je crois le comprendre, tous les services deviendraient plus ou moins payants.
C’est d’ailleurs à cause de ce risque qu’ils ne le sont pas encore : on fait les choses progressivement. Et qu’on ponctionne le “plébéien” par des moyens détournés : exemple, les loteries qui renflouent le Trésor. On dirige “les pauvres” vers des voies de garage et des activités stériles, qui ne font que les exaspérer davantage. Ou les rendre amorphes.
Il y a aussi le coût du billet (plus taxe) pour aller au stade : du pain et des jeux. Pour avoir une idée de la civilisation : observons l’ambiance dans les stades.
Pour ce qui est de la Suisse (pourquoi pas Monaco?) : vous devez plaisanter !
En outre, la France est un ex-empire : vous semblez vouloir l’oublier … cela influe sur ses choix (ou cela implique des contraintes).
Quant aux autres pays cités : attendez donc ! Si l’Espagne a fait des gains, ses difficultés ressemblent énormément aux nôtres. L’Irlande, je ne sais pas : elle a profité de la mise en place de nouvelles infrastructures, et a attendu très longtemps son tour.
Pour les multinationales : leur imposition est minimale, malgré leurs échecs et leur manque de créativité, par comparaison avec les petites entreprises.
Les actionnaires des multi achètent des entreprises et s’en débarrassent sans avoir aucun compte à rendre au niveau national.
En outre, ce qui m’amuse, c’est que vous êtes prêt à tout balancer, en super-gestionnaire utopiste.
Et vous éludez plusieurs questions : que produire et pourquoi? Quel créatif peut se satisfaire de fabriquer des produits inutiles dont beaucoup seront jetés très peu de temps avoir été conçus et fabriqués?
Et quid de la psychologie en paradis capitaliste ? Mimétisme, lutte des places, stimulation perpétuelle des pulsions d’envie et de jalousie?
Vous êtes convaincu d’avoir toutes les “solutions”, qui pour vous, ne peuvent qu’être économiques.
Vous avez peut-être des raisons pour vous accrocher désespérément à cette idée: mais moi, je n’y crois pas.
C’est pourquoi je préfère, pour l’instant, miser plus ou moins sur la préservation de ce qui existe, dans les principes, et sur un retour à une éducation humaniste fondée sur l’excellence, pour tous, ce qui implique une dépense gigantesque. Un effort national, quoi !
Utopique sans doute mais pas plus que votre système prétendument bien huilé qui n’existe que dans votre tête.
Agathon dit
L’Irlande?
je rêve.
Aller travailler en Irlande Marchenoir.
Allez scolarisez vos enfants en Irlande.
Allez faire des études en Irlande Marchenoir.
C’est le plus mauvais exemple que vous avez cité.
Vous n’avez vécu nulle part je crois.
Demandez aux expats qui viennent se soigner en France et qui scolarisent leurs enfants en France.
Il se trouve que je connais une diziane de personnes qui y vivent et qui ne rêvent que de revenir au pays.
De même qu’en Grande-Bretagne.
Faites un tour cher ami.
En revanche si vous avez du fric, je comprends mieux vos exemples.
C’est pour cette raison que les universités françaises accueillent beaucoup d’anglo-saxons et nombre d’entre eux viennent vivre en France.
Voyez ce qui marche “un” peu en France au lieu de toujours dénigrer votre pays Marchenoir.
Robert Marchenoir dit
Zoran, je me suis donné la peine de répondre dans le détail à vos questions. J’aimerais bien que vous preniez la peine, en retour, de me lire attentivement, de ne pas trahir mes propos, et, si vous souhaitez en discuter, d’apporter des arguments compréhensibles et qui tiennent debout.
Vous écrivez:
“Abolissez donc tous les mécanismes mutualistes et de redistribution…”
Je n’ai jamais préconisé cela nulle part. L’assurance est un système mutualiste. Même quand elle est privée. Vous proposez de nationaliser l’assurance auto et l’assurance habitation ? Pour ma part, je ne propose même pas d’abolir l’assurance-maladie publique (la Sécurité sociale). Simplement de la mettre en concurrence. Je ne propose pas d’abolir l’impôt. Simplement de le rendre moins confiscatoire, partant plus juste et plus efficace.
« L’infima plebs viendra vous chercher par la peau des fesses et rapido, sans même avoir besoin de plan. »
Jeter négligeamment quelques mots latins dans la conversation ne rendra pas vos arguments plus intelligents. En revanche, cette phrase montre votre propension à la violence physique. Je constate qu’une fois de plus, il ne faut pas pousser bien loin un gauchiste pour qu’il ait recours à ce genre d’ « argument ». Nous en revenons aux méthodes de nos braves nervis de la CGT du Livre, par où a commencé cette conversation.
« Que produire? Qui achète? Avec quoi? »
Votre question ne veut rien dire.
« Au rythme ou nous allons, nous finirons bientôt dans une poubelle. »
Et donc ? Qu’essayez-vous de démontrer ?
« En faisant le moins de bêtises possible:toutes celles que vous leur conseillez. »
Quand on n’a rien à dire, on se réfugie dans l’invective. Les Suisses (pour ne citer qu’eux) doivent effectivement être de sombres imbéciles, puisqu’ils « ont adopté » les solutions « que je leur ai conseillées » (rassurez-vous, ils n’ont pas eu besoin de moi…).
« Avez-vous un seul exemple susceptible de démontrer la viabilité de votre système idéal ? »
Bien entendu. Des dizaines. J’ai cité la Suisse, l’Irlande et Singapour dans mon texte, mais vous ne l’avez visiblement pas lu. On peut aussi citer, à divers égards, le Portugal, la Suède, le Danemark, l’Allemagne, l’Italie, l’Estonie, la Nouvelle-Zélande, l’Australie, les Etats-Unis, le Chili, et bien d’autres.
A condition de ne pas réclamer naïvement, comme vous le faites, un « système idéal ». Je n’ai jamais prétendu proposer de système idéal. Il n’y a pas de système idéal.
Ce sont les gauchistes comme vous qui entretiennent en permanence le rêve du « système idéal ». C’était auparavant censé être le marxisme, qui s’est vautré lamentablement au sein du bloc soviétique. Mais cela ne leur a pas suffi. Ils gardent toujours cette nostalgie, cette croyance qu’un jour viendra, où leur Système Idéal adviendra. Bien entendu, ils se gardent de nous dire en quoi ça consiste – sinon en la perpétuation du système stato-socialiste français actuel, avec plus d’Etat et plus de socialisme.
Donc, soyez gentil, ne venez pas me dire : il y a tel truc qui ne marche pas aux Etats-Unis, tel truc qui ne marche pas en Suède (à supposer que vous sachiez le trouver). Il y a plein de trucs qui ne marchent pas, partout (y compris et surtout en France), et il en sera toujours ainsi. La question est d’améliorer la situation, pas de trouver un « système idéal ». Désolé de casser votre rêve.
ZORAN dit
Quel merveilleux programme, Marchenoir ! Abolissez donc tous les mécanismes mutualistes et de redistribution, des choses qui ont été inventées peu à peu, il y a des siècles, et vous verrez : l’infima plebs viendra vous chercher par la peau des fesses et rapido, sans même avoir besoin de plan.
Deuxièmement : Que produire? Qui achète?
Avec quoi?
Troisièmement : au rythme ou nous allons, nous finirons bientôt dans une poubelle. Question non négligeable.
Quatrièmement : la question pour les élites, c’est de sauver leur peau – comme tout le monde – en faisant le moins de bêtises possible : toutes celles que vous leur conseillez gentiment.
Cinquièmement : avez-vous un seul exemple susceptible de démonterr la viabilité de votre système idéal?
Robert Marchenoir dit
A Zoran :
« Approuvez-vous le fait que des actionnaires, qui ne sont même pas propriétaires des entreprises, décident de tout et ramassent le pactole? »
Une erreur dans votre question : les actionnaires sont, par définition, propriétaires des entreprises. Une autre : ils ne « ramassent pas le pactole ». Surtout en ce moment. Les actionnaires gagnent de l’argent quand ils ont choisi les bonnes entreprises sur lesquelles investir, que ces dernières gagnent de l’argent, qu’elles décident de distribuer des dividendes, et que leurs actions montent en Bourse. Ca fait beaucoup de conditions.
L’argent gagné par les actionnaires, quand ils en gagnent, est la contrepartie du risque qu’ils prennent quand ils en perdent – et ils en perdent, et beaucoup. Sans prise de risque de la part des investisseurs, l’économie ne saurait fonctionner. Il est normal que cette prise de risque soit rémunérée.
Je suppose que votre question porte en réalité sur le partage du pouvoir entre les actionnaires et les dirigeants qu’ils emploient. C’est un vrai problème. Il est exact que l’évolution récente du capitalisme a déséquilibré le pouvoir en faveur d’actionnaires qui ne sont pas impliqués à long terme dans le sort de l’entreprise, au détriment des fondateurs et des dirigeants du capitalisme paternaliste traditionnel, qui étaient souvent plus attentifs au sort à long terme de leur entreprise – et par ricochet à celui de leurs salariés.
Le poids de la Bourse et des actionnaires a un avantage, celui de mobiliser les capitaux énormes nécessaires au lancement et à la réussite d’entreprises innovantes telles qu’Amazon ou Google. Il a un défaut, celui de soumettre l’entreprise à des décideurs moins impliqués dans son avenir.
La présente crise risque d’inciter un nombre significatif d’entreprises à sortir de la Bourse, ce qui peut contribuer à corriger ce déséquilibre.
Je suis, à titre personnel, sensible aux avantages et à l’éthique du capitalisme familial type Mulliez, qui fuit la Bourse comme la peste, sachant qu’il me paraîtrait stupide de se priver des avantages de la finance contemporaine – elle en a aussi.
« Approuvez-vous la foule de privilèges accordées aux sénateurs et autres grands et moyens fonctionnaires? »
Non.
« Approuvez-vous tous les avantages non déclarés? »
A priori non, bien que je ne suis pas sûr de comprendre ce que vous entendez par là.
« Les abris fiscaux? »
Oui, dans une large mesure. Ce que vous appelez un « abri fiscal » est un pays qui a décidé souverainement de pratiquer une fiscalité moins lourde que la France. Je ne vois pas au non de quoi on prétendrait le leur interdire. Il faudrait pour cela recréer l’Empire français, les envahir et les coloniser. Vous êtes pour ?
L’existence de ces pays est la preuve que le système français de fiscalité punitive, loin d’être le « modèle social que le monde entier nous envie », est refusé par de nombreux peuples à travers le monde, qui se portent bien mieux avec le système qu’ils ont choisi.
Prétendre interdire à tels individus ou telles entreprises de s’installer dans ces pays, au motif qu’ils sont attirés par une fiscalité inférieure, donc plus juste, est attentatoire aux libertés et supposerait d’instaurer une interdiction de sortie du territoire de type soviétique.
On peut, en revanche, se poser la question de certains Etats-boîtes postales, qui attirent les sièges sociaux virtuels au moyen d’une fiscalité nulle et d’une opacité des comptes totale. C’est une toute autre catégorie.
« La non-imposition des multinationales? »
Précisez votre question. Il n’y a pas de non-imposition des multinationales. Il est exact que les multinationales ont beaucoup plus de facilités que les PME pour jouer des législations fiscales des différents pays. N’oubliez pas que la prospérité passée de la France – ne parlons pas trop des années à venir – est largement dûe à une poignée de ces grandes multinationales qui sont actives dans le monde entier. Si elles avaient dû cantonner leur activité au territoire français et à sa fiscalité, elles n’auraient certainement pas connu l’essor mondial qu’elles ont connu, et qui bénéficie à notre pays.
Où sont les espoirs d’embauche, aujourd’hui, pour un jeune diplômé ? Pas dans la fonction publique, qui, nolens volens, va devoir massivement dégraisser dans les années à venir. Pas dans les PME, dont la croissance est étranglée par le code du travail et les prélèvements obligatoires français. Ils sont chez l’Oréal, chez Areva, chez Carrefour : ces fameuses « multinationales non imposées ». Vous voulez leur couper les ailes qui leur restent ?
Les prétendus paradis fiscaux bénéficient, par ce biais, aux pays non vertueux en matière fiscale, c’est-à-dire aux impôts et aux cotisations sociales trop élevés. Ils fournissent à la France le ballon d’oxygène dont elle a besoin, celui qu’elle se refuse à donner à ses entreprises.
La Suisse ne me gêne pas. L’Irlande ne me gêne pas. Singapour ne me gêne pas. On peut discuter des Bahamas, si vous voulez.
« Les parachutes dorés? »
Non.
« Les privatisations tous azimuts? »
Oui, sous réserve de préciser votre question. Là encore, vous donnez dans le slogan. De quelles privatisations parlez-vous ? L’industrie, les services et le commerce, en France, sont privés. Dieu merci.
Parlez-vous de la diminution du nombre des fonctionnaires ? Elle est indispensable. Pas une pseudo-diminution à la Sarkozy, bien sûr. Une diminution massive, à la portugaise ou à la suédoise. La dépense publique en France est beaucoup trop élevée. Elle nous conduit tout droit à la faillite. De nombreux esprits forts prétendaient, jusqu’ici, que la dette ne posait aucun problème, qu’on pouvait l’augmenter tant qu’on voulait, que la France ne pouvait pas faire faillite.
J’espère qu’avec la crise actuelle, ils se rendent au contraire que c’est tout à fait possible. En fait, une faillite de la France à assez court terme est parfaitement vraisemblable. Savez-vous ce qu’est la faillite d’un pays ? Vos économies disparaissent. Vous ne pouvez plus retirer d’argent à la banque. L’inflation atteint 1 000%. Les fonctionnaires ne sont plus payés. Les retraites non plus. Les gens n’ont plus de billets et ont recours au troc.
Votre question porte-t-elle sur EDF, sur la SNCF, sur la poste ? Sur le papier, je suis favorable à ce que ce type de service soit assuré par des entreprises d’Etat. Il y a une logique. Cependant, quand je constate le gaspillage éhonté de l’argent des citoyens, le foutage de gueule permanent à l’égard du client dont ces entreprises se rendent coupables, je me dis que la privatisation est bien souvent, désormais, la seule solution.
C’est en particulier ma position concernant la poste. C’est aussi ma position concernant l’Education nationale et la Sécurité sociale. Oh… je suis bon prince. Je consentirais à ce que l’une et l’autre restent autorisées à proposer leurs services aux clients. Mais à la condition qu’elles soient soumises intégralement au vent vivifiant de la concurrence privée.
Pour l’Education nationale, cela signifie l’abolition de la gratuité, l’instauration du chèque-éducation et la liberté quasi-totale d’ouvrir des écoles privées. Les familles reçoivent la contrepartie de l’impôt affecté à l’éducation, et sont libres de la dépenser auprès de l’école de leur choix, privée ou publique.
Même chose pour la Sécurité sociale. Le salaire intégral est versé à chacun (cotisations sociales « patronales » et « salariales » non déduites), et chacun est libre de payer ses cotisations auprès de l’assureur de son choix, que ce soit la Sécu ou une entreprise privée. Ca marche très bien en Suisse, où les citoyens ont adopté ce système par référendum.
Accessoirement, pour pas mal de gens, une telle mesure doublerait instantanément leur salaire, ou peu s’en faut. Inutile de dire qu’à garanties égales, une fois payées les primes d’assurance-maladie, le pouvoir d’achat bondirait de façon significative. C’est là qu’on se rend compte du vol à main armée que constitue la Sécurité sociale française aujourd’hui.
Beboper dit
Techniquement, Cohen a raison: les salariés qui croient aux formules du genre “gagnant- gagnant” sont des cons. Gagnant – gagnant, ça signifie toujours double gain pour celui qui est le plus fort. Regardons l’état dans lequel se trouve le droit du travail aujourd’hui et arrêtons de déconner: On nous encule, ça crève les yeux (et ça pique aussi, je l’avoue)! Alors le syndicat du livre CGT, je m’en tape, il n’est qu’un exemple conjoncturel, mais il ne faudrait pas croire qu’on obtient quoi que ce soit dans ce pays si on n’ouvre pas sa gueule, et en grand. J’attends qu’on me démontre le contraire.
Si je comprends bien, les parachutes dorés, les avantages divers, c’est dégueulasse quand c’est pas destinés aux riches…
Patrick dit
Cher Borgo,
Là-dessus, vous avez entièrement raison : la CGT du livre appuie ses manifestations d’actes de violence et d’intimidation très désagréables. En outre, sa position exclusive ne compte pas pour rien dans la chute de la maison Presse (ce n’est pas la seule raison).
En fait, je pensais que Marc avait introduit dans son récit, inattendu, il faut bien l’avouer, une nuance de mélancolie, de provocation, et un zest de réalité. Individuellement, les gens du livre (ouvriers, correcteurs) sont souvent intéressants.
J’ignore tout de la législation et des mœurs syndicales en Angleterre, en revanche, je connais leur presse, leurs quotidiens et leurs magazines : l’offre générale, relativement à la qualité et à la quantité de lecture, est très supérieure à l’offre française. Les suppléments du samedi, très riches, très variés, constituent un atout considérable.
Une dernière chose : en Italie, pays qui nous est si chère à tous deux, on peut acheter des journaux jusqu’à minuit, à des kiosquiers aimables, jusque dans les petites villes. Viva Italia !