Sur France Culture, l’esprit privatisé

L’émission de Philippe Meyer s’est transformée en robinet d’eau tiède

Publié le 29 novembre 2008 à 15:00 dans Société

Longtemps je me suis levé de bonne heure le dimanche matin, aux alentours de onze heures, pour écouter “L’Esprit Public”, l’émission animée par Philippe Meyer. Quand on a la gueule de bois, “L’Esprit Public rassure”. Philippe Meyer a la voix radiophonique, comme on dit. Une voix rassurante, voire anxiolytique, même si l’on a parfois l’impression qu’il en joue juste un peu trop, comme un crooner de casino qui appuierait ses effets ou comme un Barry White du centrisme policé. Néanmoins, sa manière d’articuler le français détonne suffisamment dans le paysage radiophonique pour qu’on puisse lui pardonner ses coquetteries vocales.

Ce qui est plus difficile à admettre, en revanche, gueule de bois ou pas, est l’évolution de plus en plus discutable de son émission dont les thèmes ressemblent de plus en plus à des questions fermées : “La gauche française est-elle la plus bête du monde ou la plus imbécile de la galaxie ?”, “François Bayrou est-il un génie ou Dieu ?”, “La manière dont Nicolas Sarkozy affronte la crise économique est-elle sublime ou grandiose ?”, “Les fonctionnaires sont-ils des fainéants ou des inadaptés ?”

Certes, nous connaissons la règle du jeu : le bon ton. On n’est pas chez les pouilleux des radios périphériques, faudrait voir à pas mélanger grandes gueules et bons esprits qui, pour être publics, n’en sont pas moins distingués. La compagnie est choisie et composée d’une équipe de permanents bon chic bon genre dont il n’est pas question ici de mettre en doute la valeur intellectuelle. Le problème est plutôt qu’avec les années, ils tiennent tous le même discours. En cela, il semble bien qu’ils soient au diapason de l’idéologie dominante qui refuse toute marge de manœuvre au Politique, sauf quand ces charmants parleurs (j’allais dire causeurs…) voient une crise financière si redoutable qu’elle risque de faire fondre comme neige au soleil leur patrimoine de flamboyants soutiers de la génération lyrique, toujours prompts cependant à dénoncer cette jeunesse frileuse qui ne se résigne pas à la glorieuse incertitude du travail précaire et des salaires étiques.

Nous retrouvons ainsi, le plus souvent, Denis Olivennes, Yves Michaud, Jean-Louis Bourlanges et Max Gallo, le doyen.

Denis Olivennes, directeur du Nouvel Obs, est auréolé de son image de patron de gauche : je sais, ce n’est pas moderne de voir dans cette expression un oxymore définitif ou une bonne blague. Yves Michaud, lui, se présente comme un philosophe iconoclaste : l’expression est d’une banalité tellement affligeante qu’elle est en passe d’être lexicalisée et qu’il pourra l’inscrire bientôt sur sa carte de visite. Un philosophe iconoclaste, ça veut dire que l’on est à l’origine de l’Université de tous les savoirs, que l’on veut apporter la philosophie chez les tout-petits et qu’en même temps on voue une détestation froide à tout ce qui ressemble de prêt ou de loin à un enseignant. Sans compter le mépris pour les hommes politiques qui veulent encore, les présomptueux, faire de la politique comme Chirac en son temps ou Mélenchon aujourd’hui. Jean-Louis Bourlanges est au bout du compte le plus cohérent : il aime les modérés, fait preuve d’une tolérance qui n’est pas de la faiblesse et est capable de références tout à fait inattendues pour un centriste. Ainsi lui sera-t-on éternellement reconnaissant d’avoir signalé dans une brève la mort de l’immense écrivain méconnu Frédéric1. La brève, donnée par chaque invité à la fin de l’émission, est en quelque sorte le Ite missa est de l’Esprit Public.

Et, pour finir, Max Gallo… L’ai-je aimé, Max, avant qu’il ne devienne un “lou ravi” du sarkozysme ! Ai-je été fier de suivre sa crinière blanche lors de la campagne pour Chevènement en 2002 ! C’était le temps des Contes de campagne2 : il avait fédéré des écrivains de tous bords, Max, et on y croyait alors… A l’écouter, on sentait que Chevènement, c’était gagné : demain le CNR… Mais désormais, je ne le reconnais plus, Max : il confond Sarkozy et Clemenceau, Sarkozy et de Gaulle, Sarkozy et Bonaparte. Il est devenu le Plutarque de l’Elysée : avec lui, c’est Les vies parallèles tous les dimanches.

À une époque lointaine, il m’en souvient, il y eut des journalistes étrangers et même, figurez-vous, des femmes à “L’Esprit Public”. Oui, des femmes, mais Philippe Meyer a sans doute voulu renouer avec la bonne vieille tradition française de l’apéritif dominical pris entre notables au café de la préfecture comme dans un roman de Simenon ou de Marcel Aymé. Non, excusez-moi, la référence est un peu trop popu, disons comme dans une pièce de Giraudoux où les inspecteurs d’Académie font des vers et chassent les vilains fantômes de la contestation. “L’Esprit Public” est ainsi devenu un Intermezzo de blancs largement sexagénaires (à l’exception d’Olivennes). En soi, cela n’a rien de scandaleux et ce n’est pas ici que l’on va défendre une politique de quotas mais reconnaissons qu’il est toujours savoureux de les entendre chaque semaine donner des leçons aux partis politiques (vous savez, ces endroits où des gens un peu simplets se présentent devant des électeurs et non des auditeurs) sur le renouvellement indispensable des générations, le peu de place fait aux minorités visibles ou aux femmes, (la dernière en date, répétons-le, a dû être entendue à “L’Esprit Public” lors de la mise sur le marché des premiers téléphones portables).

Se présentant implicitement, avec cette fausse modestie des vrais arrogants, comme l’animateur d’une “émission de référence”, Philippe Meyer, avec ses comparses, couvre un prisme idéologique allant, pour faire simple du libéralisme social au social-libéralisme.

Cela ne fut pas toujours le cas : Meyer et Gallo incarnaient il y a quelques années un certain républicanisme jacobin face à Jacques Julliard et Jean-Claude Casanova qui représentaient plutôt la pensée girondine. C’était assez malin, d’ailleurs, cela évitait de sombrer dans le clivage droite/gauche (tellement vulgaire, n’est-ce pas ?) tout en montrant malgré tout que d’autres lignes de forces traversaient les enjeux contemporains. Cela nous valait même parfois, ô surprise, quelques éclats de voix, chose aussi rare dans cette émission si convenable qu’un communiste invité à un journal de vingt heures.

Ce temps est révolu, “L’Esprit Public” qui déteste tellement l’action publique qu’il devrait se rebaptiser L’Esprit Privatisé est devenu le prototype de l’émission pour démocrates-chrétiens et notaires pharisiens qui évitent d’aller à la messe et qui font bien. Ils risqueraient d’y entendre des choses bien plus dérangeantes que l’eau tiède de Philippe Meyer et ses amis : la force révolutionnaire de l’Evangile, par exemple.

  1. Frédéric Berthet (1954-2003), prix Nimier 1988 pour Daimler s’en va (Gallimard).
  2. Contes de campagnes, 2002, (Mille et une nuit). Ce recueil de textes pour Chevènement vit notamment les signatures de Philippe Muray, Michel Houellebecq ou Régis Debray.

A lire aussi

La rédaction de commentaires est reservée aux abonnés

39

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous :

mot de passe oublié | Vous n'arrivez pas à vous connecter ?

Pas encore abonné ? Pour commenter cet article :

  • 13 December 2008 à 11h33

    Jean-Kevin dit

    Rassurez-vous : je serai bientôt amené à prendre la direction de la station (je connais les bonnes personnes), et j’ai l’intention de délocaliser toute la station au Café El Sur, laissé vacant par Jean Lebrun. Nous aurons une grande table ronde pour les débats, et un comptoir pour les chroniques. Seuls les chroniqueurs auront le droit de s’alcooliser avant leur passage à l’antenne (ce sera d’ailleurs obligatoire). Les autres seront à la grenadine.

  • 9 December 2008 à 22h44

    Jérôme Leroy dit

    Et vous, apparemment, de confirmer ce que j’écris de votre aptitude au mépris, jusque dans l’utilisation latine du démonstratif.
    Un des nombreux avantages de l’alcoolisme, voyez-vous, c’est d’être sûr de ne pas retrouver ce Michaud autour d’un verre.

  • 7 December 2008 à 22h19

    yves michaud dit

    Je crois qu’effectivement ce Leroy a raison de se consacrer à l’alcoolisme.

  • 6 December 2008 à 11h28

    Orestie dit

    La plus grande qualité de Philippe Meyer, (qualité introuvable chez les jeunes prods de la station), c’est l’éclectisme éclairé : on y retrouve l’esprit d’une certaine forme de radio, qui existait il n’y a pas encore si longtemps : le producteur n’était lié à aucune mode, ne satisfaisait aucun corps de métier bien précis, mais partageait une certaine érudition avec ses auditeurs, et ce toujours avec esprit et humour. A présent, France Culture est une radio de techniciens : techniciens de la politique, techniciens de l’économie, techniciens de la fiscalité, techniciens de la militance, techniciens de la culture. Vous êtes avocat? Ecoutez le Bien Commun. Vous êtes un professionnel de la culture? Ecoutez Frédéric Martel (le plus grand intellectuel du 20è siècle). Vous êtes politologue? Tenez-vous au courant en écoutant le RDV des politiques. Cette façon très élitaire de faire de la radio, fractionnée par grands corps, n’apporte plus rien à la grande majorité des auditeurs. Même Florian Delorme, qui remplace Finkie en ce moment, surenchérit avec les sujets soporifiques partout ressassés (aujourd’hui, l’écologie politique, palpitant…).
    Il sera bientôt plus passionnant de remplir une feuille d’impôts que d’écouter une émission de France Culture. Les Philippe Meyer de la station, et ce qu’ils représentent, sont en voie de disparition. L’avenir est aux Frédérics Martels de ce monde!

  • 5 December 2008 à 19h51

    halifax dit

    “Philippe Meyer, avec ses comparses, couvre un prisme idéologique allant, pour faire simple du libéralisme social au social-libéralisme.”

    Comme vous avez raison. C’est pourtant là que je me situe, mais cette émission m’ennuie prodigieusement tellement je la trouve souvent lénifiante et consensuelle. Peut-être ont-ils jugé à Culture qu’il fallait fidéliser un public qui n’aime pas les excès de langage, les opinions par trop tranchées. Ce qui donne une émission sans surprise mais tellement confortable sur le plan intellectuel.

    Il faut quand même préciser que le libéralisme social et le social-libéralisme représentent le très gros du bataillon de nos politiques. Restent les purs libéraux, cyniques et sans scrupules, en dehors des réalités sociales et très idéologues, donc inadaptés. Restent les extrémistes des deux bords, aux discours “originaux” et exotiques. Eux aussi sont des idéologues patentés, incapables de comprendre que leurs théories fumeuses sont inapplicables dans notre société. Quand on entend le facteur de Neuilly, on a le sentiment qu’il vit encore sous la Commune, le type a juste un siècle et demi de retard. Question crédibilité, il repassera…

    Faut-il inviter des exaltés de la sorte ? Je ne crois pas, ils apportent du poil à gratter mais aucune solution qui tienne la route. Dénoncer est un chose, fort utile, encore faut-il proposer par la suite. Et là, c’est le néant intersidéral…
    Donc Culture en reste à un entre-soi limite incestueux, ennuyeux certes, mais crédible (bon, pour Gallo, je reconnais que moi aussi j’ai du mal à suivre).

  • 4 December 2008 à 16h26

    Gerineldo dit

    Tout ça pour dire : espérons que l’Esprit Public ne suive pas le même chemin que la Rumeur du Monde, Philippe Meyer a certainement plus d’esprit et d’intelligence que la grande moyenne des débattologues poltiques de la station.
    A l’image de la Rumeur du Monde, il y a un certain nombre de nouvelles émissions de France Culture qui ont déjà décédé voici quelques temps déjà : elles continuent à émettre, mais leur “concept” est tellement mince et superficiel qu’elles en ont déjà fait le tour! (citons Frédéric Martel, qui remet le couvert toutes les semaines sans nouveaux sujets, mais qui continue à s’accrocher, faute de pouvoir ou savoir faire mieux)

  • 4 December 2008 à 15h19

    Gerineldo dit

    J’espère vraiment que le nouveau critère de qualité, pour une émission de France Culture, ce n’est pas de faire figurer autant de gauche que de droite! Voir la station sous cet angle, c’est être amené à faire des erreurs de jugement telles que celle formulée par Ilex (pardon), et imaginer des “bobos” réacs et adversaires de la nouvelle façon de faire de la radio.
    Et parlant de ronronnement, écoutez-vous la Rumeur du Monde? Cette émission réunit toutes les tares de la nouvelle France Culture :
    - production par de vieilles éminences du journalisme, déjà abondamment représentées partout ailleurs
    - suivisme de l’actualité : on ne se fatigue pas. On prend le sujet qui a fait le plus parler de lui et … on en parle. Regardez un peu le contenu de leurs archives, c’est édifiant d’indigence.
    - ennui palpable. Leur émission en les intéresse pas. C’est animé sans passion, humour ou intelligence. On a l’impression de voir trois ou quatre hippopotames, au bord d’un fleuve, qui baillent à tour de rôle.
    Cette émission est bien entendu un petit cadeau fait à des potes de la presse écrite. Les auditeurs ne comptent pas beaucoup dans l’histoire. Ce n’est pas du tout important de savoir qu’ils se moquent totalement d’intéresser leur auditoire. Le moins qu’on puisse dire, c’est qu’ils ne semblent pas torturés par un quelconque souci d’imagination. Il est très très facile, deux ou trois minutes avant l’émission, de deviner le sujet du jour. Cela, en soi, est condamnable. C’est l’exemple parfait du cadeau qui a épuisé ses ressources. Il n’y a pas d’ambition dans cette émission, car elle n’est qu’un service rendu entre journalistes. France Culture est en grève, aujourd’hui, pour des revendications salariales. On ne les voit pas très souvent se mettre en grève parce qu’on les force à appauvrir leur travail, parce qu’on installe un peu partout des potes, parce qu’on vire des producteurs talentueux, originaux, mais qui ont l’inconvénient de ne pas être des journalistes d’actualité (bonjour Jean Lebrun! Félicitations pour votre promotion! Un petit mot, peut-être, pour vos collègues licenciés? Alain Gerber? R.E. Bollinger? Non? Ah bon).
    On peut déjà proposer un nouveau slogan pour une station devenue instrument de récompenses internes : “France Culture : vous avez rendez-vous? Non? Alors sortez du bâtiment, s’ils vous plait”. (c’est très vendeur)

  • 3 December 2008 à 22h52

    Emma dit

    Pourquoi “grognon bobo” ? C’est plutôt l’esprit bobo qui sévit à France Culture (bonne conscience et bons sentiments, idées tendance, jeunisme branché…) que l’on récuse . Les auditeurs critiques ne “geignent” pas, faisons-leur au moins ce crédit. Certains d’entre eux, faits et arguments à l’appui, font l’analyse d’une évolution qui n’a cessé de dégrader contenus et style. Affaire d’opinion, si l’on veut, mais comme toutes, respectable.

    Le “vieillissement” des intervenants n’est sans doute pas un bon argument, soit. C’est plutôt la formule de l’émission qui est usée. À tout prendre, et puisqu’il s’agit de préférence, malgré les ronronnements des uns ou des autres, l’Esprit public est bien plus stimulant que les bavardes émissions de débat qui ont envahi la chaîne. Et P. Meyer a un sacré métier d’homme de radio… À côté des paroles approximatives et tissées de clichés que l’on entend désormais sur FC, écouter cette langue riche et cultivée reste un réconfort.

  • 3 December 2008 à 18h05

    bellini dit

    Ils ont vieilli, moi aussi. Ils sont devenu assez ennuyeux: Gallo en Sarko fan, Michaux en dérengeant n’aimant pas etre dérangé; Olivennes en vrai faux fan de Besancenot et Bourlanges qui ayant perdu son centre le cherche sur toutes les périphéries. Mais un symptome: autrefois c’était 2 de gauche contre 2 de droite. Où est la droite où est la gauche?

  • 2 December 2008 à 22h52

    Dibouës dit

    Perso, j’ai toujours autant de plaisir qu’il y a quelques années à écouter L’esprit public le dimanche matin… Je vieilli sans doute, mais le bon vin aussi…

  • 2 December 2008 à 18h14

    Ilex dit

    Les grogons bobos peuvent geindre, moi qui vis aux Etats-Unis, je suis en-chan-té de France Culture (grâce au podcast). C’est vrai que je trouvais “L’Esprit public” plus excitant sous Chirac. Philippe Meyer frole souvent l’anti-sarkozisme primaire, à la Badiou, encouragé par le contrarié Jean-Louis Bourlanges, plus brillant que profond. Je regrette aussi les approximations de Gallo, mais c’est quand même le meilleur. Quant à Olivennes, on croirait qu’il a toujours peur de se faire engueuler par sa rédaction. Continuez Ph. Meyer!
    P.S. Leroy est parfois drôle mais pour être un bon polémiste il faut d’abord s’informer. Avoir oublié la journaliste allemande du Financial Times puis du Herald Tribune/NY Times, ça fait léger.

  • 1 December 2008 à 18h37

    ramon mercader dit

    à emma
    ma douce amie, remarquez que vous etes seule à avoir écrit laure adler.
    moi,j’ai écrit loradler.
    c’est pas pareil
    impossible de me charger devant le juge d’instruction (ou pire “la juge,l’homme le plus puissant de france” ,au vu de l’actualité ça fait réfléchir )

  • 1 December 2008 à 18h07

    roger dit

    Je suis un auditeur assidu de F.C,je trouve cette radio reposante et intelligente par rapport à toutes les autres et elles sont nombreuses.Bien entendu je regrette le départ d’Elisabeth Levy,je pense que J.Leroy ne regarde pas la T.V et n’écoute pas souvent les autres radios.”LEsprit Public” comme la “Rumeur du Monde” “Répliques ” ou d’autres sont des émissions qui permettent aux invités de s’exprimer longuement sans interruption toutes les secondes.Je n’oublie pas l’émission d’Ali Badou.M.J.Leroy il ne faut plus aller voir de films sans tenir compte de l’âge des interprètes ni écouter de musique ni lire de livres sans ce critère extraordinaire. Enfin M.J.Leroy pouvez-vous me donner votre âge pour que je l’applique à votre encontre?

  • 1 December 2008 à 16h39

    L’extraterrestre dit

    M. Leroy, êtes-vous à ce point traumatisé par votre banquier que l’homonymie vous vaut des lapsus calimi ? : “tout ce qui ressemble de prêt ou de loin…”

  • 1 December 2008 à 14h22

    Patrick dit

    Marignac, toujours spirituel, écrit dans ce style qu’on envie tant aux chauffeurs de taxi, à propos de Max Gallo :
    «Pas ça. De grâce. Depuis la mort de Tonton on a enfin le droit de ne plus contempler cette vieille daube.»
    Doit-on rappeler à M. Marignac, fleurettiste élégant autant que redoutable, qu’il est délicat de «contempler» qui que ce soit à la radio. Quant à sa familiarité de complaisance à l’endroit du socialisme de Mitterrand, signalée par un Tonton de ravissement, je lui trouve un déplaisant fumet d’urine rance. Si j’étais un micro, j’exigerais qu’on mît un hygiaphone entre M. Marignac et moi…
    Pour ce qui est de la messe, à laquelle l’auteur de l’article invite à se rendre les notaires pharisiens, je rappelle qu’elle est célébrée avant l’excellente et ironique émission de Philippe Meyer.
    J’en profite pour saluer avec chaleur mon ami Borgo, et pour lui dire qu’il ne se passera pas trois mois avant que je retrouve notre chère Italie.

  • 1 December 2008 à 9h49

    ramon mercader dit

    @ jean-kevin
    l’ami ,vous avez oublié l’essentiel:
    -etre capable de s’emmerder sans rien en laisser paraitre (par exemple lors du “rendez vous des politiques”)
    -etre capable de frapper un homme à terre (par exemple en disant “ce n’est pas ma conception” ou en passant un morceau de grappe “ma fronce à moa”)
    -etre capable de refourguer dans la conversation l’expression “les heures les plus sombres de notre histoire ” et surtout,surtout “propos nauséabonds”
    -se complaire à deterrer une phrase d’il y a 10ans pour en demander raison avec hauteur ,façon flic de la pensée (tiens comme ça s’est passé y a 1 semaine avec renaud camus)

  • 30 November 2008 à 20h15

    Jean-Kevin dit

    Je complète un peu plus mon CV, car je m’aperçois que je n’ai pas encore de réponse de la part de France Culture (deux heures ont passé, et deux heures, en “temps Kévin”, ça correspond à trente ans).

    - Je suis bien évidemment sur Facebook, comme tous les vrais prods de France Culture. J’y ai 375 689 amis, que je compte et recompte (Jean-Jacques Aillagon vient de m’ajouter à sa liste!)
    - Je suis un grand admirateur de David Kessler, qui a su lisser la grille de programmes et retirer ces émissions originales qui se détonnaient un peu dans le paysage (bye bye de Bouche à Oreille! Coucou Vincent Lemerre!). Il a tout rangé dans des petites cases, en mettant des étiquettes comme “actualité”, “actualité”, “actualité”, “politique”, “économie”, “actualité”, “science-po”, “internet”, “pub”, “copain”. La France tient en David Kessler un technocrate de grand talent, qui, s’il ne s’était pas ennuyé à un poste en attendant un nomination, aurait réussi à faire de France Culture un mélange du France Inter et du Mouv’. Son seul défaut : il a viré Elisabeth Levy!
    - Voici le titre de l’émission que je pourrais animer, pour succéder à l’Esprit Public : le “Morning Live de Jean-Kevin”, ou la “Jean-Kevin Box”.

    Voilà voilà. Monsieur Patino, vous savez où me joindre.

  • 30 November 2008 à 17h50

    Jean-Kevin dit

    Bonjour,
    Je suis le jeune aux dents longues qui propose de remplacer Philippe Meyer, dont l’âge seul est un argument qui plaide en la faveur d’une éviction d’urgence. Je possède le profil i-dé-al pour produire une nouvelle émission à France Culture. Jugez plutôt :
    - je suis un ancien élève de Science-Po, et je peux ainsi faire appel en un clin d’oeil aux meilleurs technocrates pour traiter des sujets les plus arides
    - je suis fasciné par l’actualité : tout ce qui a précédé ma naissance n’existe pas, et je poursuis éperdument l’air du temps, espérant bien sûr que celui-ci ne me fasse pas trop réfléchir
    - je maîtrise parfaitement le jargon pseudo-anglicisant d’une certaine catégorie de cultureux dans le mouvement. Jugez plutôt : “ma spécialité, c’est l’instant-buzzing à travers l’interactivité de live-sessions, car, eeeuuuuh, ‘fectivman, le targeting de cible passe d’abord par un bon power-labeling”
    - je lis peu : mon temps de concentration est très faible, et mon intérêt pour l’actualité la plus brûlante et la plus superficielle exclut automatiquement toute autre considération
    - la forme légère et instantanée de culture que je prône est la seule qui existe. Je suis prêt à remplacer immédiatement tous ceux qui prétendent savoir des choses et vouloir les transmettre
    - je ne connais pas la radio. France Culture m’ennuie, et il me tarde de voir cette station adopter des formats beaucoup plus en vogue. Je pense notamment à Chérie FM.
    - je blogue beaucoup, et je surveille les statistiques de mon blog, car ma production m’intéresse moins que la popularité qui peut en résulter. Ma carrière compte beaucoup.
    - France Culture peut me faire rencontrer un nombre de célébrités susceptibles d’élargir mon carnet d’adresses
    - Frédéric Martel est mon idole. Son choix de chaussures n’altère en rien le culte que je lui voue.
    - Je n’espère pas rester à France Culture très longtemps. Il ne s’agit que d’un marche-pied.

    Voilà, comme vous le voyez, je suis le candidat idéal. Alors, cher Philippe Meyer, il ne vous reste plus qu’à acheter une paire de charentaises et partir vers une retraite bien méritée!
    J’attends le courrier confirmant mon recrutement.

  • 30 November 2008 à 16h11

    ramon mercader dit

    à emma et orane
    vous avez raison sur toute la ligne !
    et les chroniqueurs entreudeuzages de fc (assouline ,lebrun ….) tentent de se faire plus jeune et plus impertinents que les plus jeunes (badou ,martel ) ,c’est ,en quelque sorte le crapaud qui voulait se faire plus tétard que la grenouille .
    mais ça remonte à loin .
    par exemple assouline ,ne sévit plus le matin (toujours un vrai bonheur de se souvenir de ce matin mémorable ou élie de saint-marc lui avait remonté les bretelles…..)
    d’ou vient alors cette sensation de conformisme rédhibitoire qu’on éprouve en suivant les moins pires de leurs émissions ?
    de leurs idées si conformes à l’air du temps,à la dénonciation de toutes les inégalités (mais mon bonhomme y aura toujours des inégalités ,a-t-on envie de leur dire ,faut relire tes manuels de physique ! la différence de potentiel dans la pile électrique ,la différence de pression dans l’expérience du crève-tonneau ,la différence de pression osmotique à travers la membrane de dialyse……)à la revendication de la place de leurs idées (mais une idée s’impose par elle mème ,pas par ceux qui la portent )au subventionnement des thèmes dont ils font la promo (harggg , l’art contemporain …..).
    ou alors effectivement à cette posture du notable de province confortablement assis dans le fauteuil du rebellocrate apointé ?
    tel par exemple fréderic martel ,photographié dans un hebdo dont le nom m’échappe ,avec un pull lamda sur le dos ,un jean lamda sur le cul et des RICHELIEUS noirs rutilants avec brogues aux pieds !
    faute de gout !
    des richelieus pour un rebelle !
    pour mon banquier ,mon notaire ,mon agent de change (depuis c’est devenu mon clodo ,mais bon ,pas très longtemps ),pour moi eventuellement ,ça passe ,mais martel ?
    un tel rebelle !
    des godasses de vieux crouton !
    c’est comme aillagon ,photographié avec une barbiche de 3jours !
    alors qu’il est ,excusez du peu ,président de l’établissement public de versaille !(est ce la dénomination exacte ?) là aussi ,le crapaud se fait plus tétard que la grenouille .
    mais foin de tout ceci !
    l’esprit public est la moins pire des émissions de fc.
    regrettons la disparition programmée des papous ,l’éviction des fictions radiophoniques des tranches horaires audibles,pareil pour l’université de tous les savoirs et l’émission d’élisabeth levy .
    de toutes façon ,on peut regretter ,hein ,c’est pas ça qui nous les rendra .