Laetitia Strauch Bonart, par Hannah Assouline.

Daoud Boughezala : Au début de votre livre, vous revenez sur votre histoire familiale. En quoi vous a-t-elle portée vers le conservatisme ?

Lætitia Strauch-Bonart[1. Doctorante en science politique, Lætitia Strauch-Bonart vient de publier Vous avez dit conservateur ? (Le Cerf, 2016).] : Je suis née dans une famille sans père. Mon père ne voulait pas d’enfants : il n’a absolument pas assumé mon éducation et s’est contenté de payer une pension alimentaire sans jamais me voir. C’est très difficile de se construire dans ces conditions parce qu’il vous manque des repères essentiels. Symboliquement, un père représente beaucoup de choses : l’autorité, la verticalité, le respect de la parole donnée. Du coup, j’ai réfléchi au besoin de racines et aux ressorts de la société dès l’enfance, certes de manière très embryonnaire (rires) !

Qui plus est, bien qu’issue d’un milieu modeste où on ne lisait pas, ma mère, passionnée par la littérature et la musique, a réussi à devenir enseignante au conservatoire. Elle m’a transmis l’amour de la culture et le goût du travail, bref l’esquisse d’un conservatisme.

Ces valeurs conservatrices qui vous sont chères, les retrouvez-vous dans les programmes des candidats aux primaires de la droite ?

Pas du tout. La première chose qui me frappe dans les programmes présidentiels, c’est l’obsession de l’économie.

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Daoud Boughezala
est directeur adjoint de la rédaction et rédacteur en chef de Causeur.
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