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Deux euros pour le prix d’un?

Le prix Nobel d’économie Joseph Stiglitz propose de créer un euro pour le Nord et un autre pour le Sud.

Auteur

Jean-Luc Gréau

Jean-Luc Gréau
est un économiste français, ancien expert du MEDEF

Publié le 28 octobre 2016 / Économie

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gréau euro nord sud

Soleil

Il faudra que les bureaucrates européens et les économistes bien-pensants se fassent une raison. Le débat sur l’euro n’est pas près d’être clos – à moins, évidemment, que la monnaie unique ne s’effondre sur ses bases à la faveur d’une nouvelle crise financière au sein de la zone. En effet, les sacrifices consentis par les États pour sauver les pays en faillite – Grèce à trois reprises, Irlande, Portugal, Chypre, Espagne pour ce qui est de ses banques – n’ont pas permis de réinstaller l’ensemble du système sur une trajectoire stable de prospérité et d’assainissement financier. La croissance reste anémique en dépit de l’amélioration notable des conditions d’emprunt sous l’impulsion de la banque centrale de Francfort. Et les dettes publiques sont plus élevées que jamais, sauf dans la surpuissante Allemagne. L’Espagne elle-même, qui s’enorgueillit de la meilleure croissance économique en Europe, ne réussit pas à stabiliser une dette publique qui atteignait 35 % du PIB en 2007 – une misère – mais culmine aujourd’hui à 100 %. Nous comprenons intuitivement que les dettes publiques ne pourront être ramenées à une proportion raisonnable sans abandon de créances par les prêteurs des États. Mais comment réaliser cet abandon sans mettre en péril les prêteurs à leur tour, qu’il s’agisse des banques, des sociétés d’assurances ou des fonds de placement ?

La solution cartésienne de Joseph Stiglitz

Face à cet horizon bouché, un bon esprit libéral, couronné par le prix Nobel, vient de jeter sa gourme. Joseph Stiglitz a pris le risque de s’exposer à la critique des bien-pensants en proposant de couper l’euro en deux : un euro pour le Nord, un euro pour le Sud. Ce n’est pas tant l’idée qui est nouvelle, elle a déjà été suggérée, c’est la personnalité de son auteur, qui s’est affranchi des conventions pour relancer le débat, en consacrant son dernier livre à la question1.  

[...]

  1. The Euro: How A Common Currency Threatens the Future of Europe, W. W. Norton & Company, 2016.
  2. “Put simply, the euro was flawed at the base”

  • causeur.#39.bd.couv

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    publié dans le Magazine Causeur n° 98 - Octobre 2016

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  • La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 31 Octobre 2016 à 9h34

      mogul dit

      L’euro a déjà fait maintes la preuve de sa malfaçon congénitale. Ça ne marche pas, ne chinoisons pas, balançons le et tirons la chasse.

    • 30 Octobre 2016 à 17h28

      PAYARD dit

      Stiglitz a toujours été un adversaire acharné de l’heure, il reste constant. Ce n’est pas une raison pour bêler avec lui. Certes l’Euro est une construction politique mais il appartient aux paye de la zone de prendre les mesures nécessaires à son amélioration, ce qui a commencé d’être fait. La fin de l’Euro serait pour les français la fin des voyages à ‘étranger ! Ce n’est toutefois pas une raison suffisante, en voilà une : le mark ressuscité s’envolerait si haut que les allemands n’ exporteraient plus rien.

      • 2 Novembre 2016 à 5h19

        guasilas dit

        Si le mark devait s’envoler au point de paralyser les exportations allemandes, cela aurait deux effets: les industriels feraient des efforts de productivité, et, devant la dégradation des comptes nationaux, le mark baisserait, çe qui permettrait à nouveau des exportations. 
          C’ est du moins ainsi que les choses se passent dans un système libéral. Ça aide aussi de ne pas être fossilisé dans le  parasitisme et les rentes, et l’illusion que les politiciens peuvent apporter des solutions à la vie économique. 

    • 29 Octobre 2016 à 10h16

      keg dit

      Un €uro en disparité ce n’est plus une monnaie unique mais une monnaie duale…..

      Ensuite ce sera la nouvelle séparation cellulaire et à terme on retrouvera avec plaisir le SME…..

      http://wp.me/p4Im0Q-1m3

    • 29 Octobre 2016 à 10h00

      MONTAGNE dit

      Quelle nouveauté!
      L’Allemagne ne voulait pas abandonner le mark.
      Son ministre des finances a évoqué à plusieurs reprises la possibilité d’y revenir.
      Cela devrait se produire inévitablement si les taux d’intérêts augmentent.

    • 28 Octobre 2016 à 21h47

      Martini Henry dit

      Voilà une vidéo qui traduit exactement le sentiment du peuple face à ces élites déconnectées et arrogantes qui s’imaginent pouvoir faire leur sauce sans tenir compte du peuple et de son vote! J’aime beaucoup la tête que fait cette députée (au défaut de langue par ailleurs absolument grotesque) après avoir été rappelée aux principes les plus élémentaires de la démocratie par ce citoyen au langage clair et précis.
      https://www.facebook.com/ChangeBritain/?hc_ref=NEWSFEED

    • 28 Octobre 2016 à 17h46

      lafronde dit

      Le dernier budget voté à l’équilibre remonte à 1974, la dernière année de plein emploi aussi. Pourtant il y avait dévaluation et inflation sous Pompidou. Quels sont les liens ?

      Le “modèle social et administratif français” n’a jamais fonctionné qu’en période d’équilibre budgétaire et de dévaluation donc d’inflation.

      L’équilibre budgétaire est nécessaire, car la dévaluation rend la dette trop onéreuse. La dévaluation est rendue nécessaire pour la compétitivité des exportations, érodée par l’inflation intérieure, elle-même alimentée par le prix des importations. Un cercle vicieux ?

      En fait le coupable c’est le politicien, qui pour être élu ou réélu, promet et paye des rentes à ses clientèles électorales. L’effet est la hausse de la fiscalité et des charges. Minoration des revenus, à laquelle la société civile réagit en tentant d’augmenter ses prix ou son salaire. C’est ça l’inflation.

      Et lorsque les prix deviennent trop élevés à l’export, la France vend moins, rentre moins de devises par rapport au franc, le Gouvernement dévalue.

      Avec l’Euro, pas de dévaluation, donc si nos prix à l’export sont trop élevés, on vent moins, les entreprises se redimensionnent, délocalisent, le chômage croît.

      Heureusement tous nos produits ne se fonde pas sur la compétitivité-prix, nous avons des secteur compétitif sur la qualité, et des secteurs non-délocalisables.

      Pour s’adapter à l’Euro, nos politiques, nos syndicats auraient du suivre la voie allemande : moins de dépense publique, moins de taxe, moins de règlementation. Aucun pays du club Med n’a su le faire.

      L’euro empêchant la dévaluation et facilitant l’endettement en monnaie forte, s’est avéré non-conforme à nos intérêts, du moins au vu des politiques publiques suivies.

      • 28 Octobre 2016 à 18h01

        ZOBOFISC dit

        Je suis d’accord avec vous et j’en tire les conclusions :
        - la démocratie est le pire des systèmes,
        - les pays du club Med sont peuplés de feignants,

        Quand au fait que le “neuedeutschmark” baptisé “euro” était non conforme à nos intérêts, je l’ai toujours pensé et je n’ai pas changé d’avis depuis 15 ans. 

        • 29 Octobre 2016 à 10h37

          lafronde dit

          Mes conclusion diffèrent un peu.
          La Démocratie fonctionne bien à l’échelle locale : canton suisse, ou county américain. A ce niveau il est possible de gérer l’école, la police, la justice !
          A l’échelle d’un Nation la décentralisation, le fédéralisme sont nécessaire : la centralisation des intérêts, couplée avec la distance au citoyen favorisent le clientélisme, donc les rentes.

          Le club med dont France jacobine ont une pression fiscale qui doit favoriser l’inflation. Pourquoi travailler pour le fisc ? Pour une bouchée de pain ?

      • 29 Octobre 2016 à 9h33

        IMHO dit

        Moins de réglementation en Allemagne qu’il dit !

    • 28 Octobre 2016 à 15h44

      elvin dit

      Stiglitz, un “bon esprit libéral” ? C’est nouveau, ça ! Ça vient de sortir ?
      La solution, c’est pas un, c’est pas deux, c’est pas trois, c’est autant qu’on veut, avec la liberté pour chacun de choisir. On verrait bien lequel gagnerait …

    • 28 Octobre 2016 à 15h05

      ZOBOFISC dit

      Il y a deux ou trois ans, j’avais affiché dans notre bureau de vente le tableau ci-dessous :
       TAUX DE CHANGE -  En Euros français
       
      Euro allemand 1,30 
      Euro néerlandais 1,32
      Euro italien 1,05
      Euro espagnol 0,95
      Euro portugais 0,92
      Euro grec 0,64
      Ca va devenir d’actualité ! 

    • 28 Octobre 2016 à 14h16

      rolberg dit

      Les États à la merci des financiers. La vraie solution, on ne veut même pas y penser. Le spectre du communisme, un échec lamentable dû au fascisme, tiens donc, hante l’arrière cour.

      • 28 Octobre 2016 à 15h07

        Schlemihl dit

        Je ne sais pas moi , pour lutter contre la Haute Banque et l’ usure , on pourrait essayer le renforcement de l’ exécutif , un Parti populaire exprimant l’ âme de la nation , donc sans concurrents , un Chef , l’ éducation de la jeunesse , la lutte contre les influences étrangères dissolvantes , la défense de la race , la guerre déclarée à l’ ennemi cosmopolite de l’ intérieur …..

        Ca n’ a jamais été essayé et ça semble tenter beaucoup de monde en Grèce Turquie Ukraine Russie Pologne Hongrie et ailleurs . On ne risque rien , comme disait l’ épicier de Dresde en 1932 .

        • 28 Octobre 2016 à 15h32

          kriktus dit

          le chantage habituel: c’est nous les financiers ou la dictature.vous voulez nous faire croire pour paraphraser Churchill que la ploutocratie est le pire des régimes à l’exception de tous les autres.

    • 28 Octobre 2016 à 14h05

      René de Sévérac dit

      Malgré mon respect pour Joseph S.,
      l’abandon de l’euro et la création de €N et €S n’est pas une idée de génie qui oppose un €F face au €DM.
      Bref créer un hinterland de la France !
      Juste pour faire gémir l’Allemagne !
      Un partage des hégémonies !

      • 28 Octobre 2016 à 14h55

        Sancho Pensum dit

        En effet, cela revient à recréer une frontière monétaire interne à l’Europe. Donc un change obligatoire pour les biens ou les personnes qui traversent la dite-frontière.
        Ce qui revient peu ou prou à créer deux Europe. Deux politiques économiques, deux politiques financières, deux politiques fiscales, deux banques centrales (?)…
        C’est un peu con comme idée, de la part d’un économiste américain sauf… si c’est dans l’intérêt des Etats-Unis…

    • 28 Octobre 2016 à 13h45

      Sadim dit

      Le fractionement signifie la fin, soyons lucide. La fin pourquoi pas? Mais, soyons lucide encore une fois, les pays du nord ne renonceront jamais aux benefices que l’euro leur a donne, l’Allemagne au premier chef, et donc la dette souveraine des pays du sud sera toujours libellee dans la devise du nord. Autant dire un etouffoir fatale! Il n’y a aucune issue, en tout cas dans le cadre de la theorie economique et monetaire…

    • 28 Octobre 2016 à 12h36

      Schlemihl dit

      Il faut conserver l’ euro . Mais peut être pourrait on assouplir le système en créant un euro nord pour les pays nordiques donc riches et un pour les pays du sud ( par exemple la Papouasie au nord et l’ Australie au sud ) . Peut être faudrait il un euro par état .

      Mais pour ne pas s’ embrouiller , il faudrait donner des noms nouveaux aux divers euros . Par exemple le franc en France , la lire en Italie , la peseta en Espagne , la drachme en Grèce , le schelling en Autriche …. ce ne sont pas les noms qui manquent !

      Je ne fais que reprendre la pensée de oups .

      • 28 Octobre 2016 à 13h01

        Sancho Pensum dit

        Ou alors changer son appellation en “dollar”. Ce sera plus simple pour le TAFTA.

    • 28 Octobre 2016 à 11h45

      clark gable dit

      Cet Euro a fait exploser la valeur de l`argent , on arrondit de plus en plus largement désormais , idem pour toute augmentation
      Bref une vraie escalade dont personne n`échappe faute d`étre largué et se retrouver surtout sans des revenus suffisant pour arriver a suivre cette machine infernale

    • 28 Octobre 2016 à 11h24

      oups dit

      Et pourquoi pas autant d’euros que de pays européens ?

      • 28 Octobre 2016 à 21h10

        elvin dit

        et tous acceptés dans tous les pays ?