Sous la burqa… l’Angleterre
Les effets secondaires de la loi française
Publié le 22 juillet 2010 à 6:30 dans Monde
Mots-clés : Burqa, Royaume-Uni

Photo Flickr / Fabbio
Une fois n’est pas coutume, une loi votée en France s’est largement invitée dans le débat politique britannique qui n’a pas pour habitude d’aller s’approvisionner au Palais Bourbon.
L’interdiction du port de la burqa, puisque c’est de cela dont il est question, a pourtant fait la “une” de toute la presse londonienne, au moins autant qu’à Paris. On disait le sujet tabou et inopportun, voire inexistant, les chiffres officiels manquants ou contradictoires… Par la grâce de notre Assemblée nationale le couvercle a sauté, les sondages pleuvent, les opinions s’expriment enfin librement et le secrétaire d’Etat à l’immigration Damian Green a dû se fendre d’une explication en règle sur la ligne de son gouvernement. Ne dites pas merci, c’était un plaisir.
Premier enseignement, et il est de taille, contrairement aux idées reçues qui font d’eux des modèles de tolérance religieuse et les champions d’un communautarisme de bon aloi, l’Anglais de la rue n’aime pas y voir passer des burqas. Elles lui sortent même par les yeux. Ils sont deux tiers, à peine moins qu’en France, à souhaiter qu’on l’interdise purement et simplement. Le Gerin local s’appelle Philip Hollobone. Après avoir interdit sa permanence aux emburqées, ce député tory a annoncé le 14 juillet dernier avoir dans sa manche la petite soeur de la loi française (Face Coverings Bill). Les choses changeraient donc au Royaume ? Les choses changent, sauf l’essentiel.
En Angleterre, on n’interdit pas ce qu’on désapprouve
C’est le deuxième enseignement. Pas question, a répondu le ministre, plus conforme à la tradition de son pays. “Le caractère britannique n’interdit pas ce qu’il désapprouve”. C’est clair, mais qu’on ne s’y trompe pas. Le gouvernement de David Cameron n’est pas favorable à la burqa. Il considère même que son port est une insulte au XXIème siècle, un affront fait aux femmes et à la liberté, une relique de la barbarie médiévale, un outil du pire totalitarisme théocratique qui met l’accent sur la différence, rend difficile l’assimilation des musulmanes… sans compter quelques problèmes pratiques ou sécuritaires. Et caetera, et caetera.
Et pourtant, le voile intégral ne sera pas banni des rues londoniennes où on le croise de plus en plus, dixit ceux qui vendent le gracieux accessoire.
Pour le Français laïc et interventionniste par nature (aggressively secular… Merci Mister Green. Quand vous rencontrerez Eric Besson et le préfet Bousquet dans les comités bilatéraux des migrations, il vous faudra peut-être adopter un langage un peu plus conciliant), on marche sur la tête. Ce qui avec une burqa peut se révéler particulièrement réjouissant.
Pourtant, à l’exception notable du Daily Express toujours très en retrait sur le communautarisme, les arguments des Britanniques, ou plutôt de ceux qui s’expriment en leur nom, ne manquent pas de pertinence.
Une loi qui concerne moins de 2000 personnes sur 64 millions et sera bien difficile à appliquer était-elle concrètement indispensable et proportionné à l’objectif visé ?
En quoi ce voile est-il menaçant ? Quelles valeurs protégeons-nous réellement si jalousement ? Les quelques niqabées interrogées semblent nager dans la félicité et en redemander. Pourquoi s’obstiner à défendre contre elles-mêmes une poignée de cinglées qui jouent à Fais moi mal Mohammed à coup de rouleaux de tissus ? L’interdire ne transmet-il pas indirectement aux Musulmans un message de peur qui est toujours mauvaise conseillère ?
En politisant un problème essentiellement social, en faisant des martyrs de celles, instruites, qui se couvrent le visage pour protester contre (au hasard) la guerre en Afghanistan et le sort des Palestiniens, ne fait-on pas au bout du compte un joli cadeau aux extrémistes qui verront accourir aussitôt de nouvelles “sœurs” ?
La persuasion plutôt que la coercition
Les autorités britanniques nous disent préférer la persuasion et la concertation avec la “communauté musulmane” aux lois contraignantes. À elles l’éducation des plus traditionalistes. Fort bien. Normal, dans un pays qui a fait du communautarisme le socle de sa paix sociale et où l’on se définit d’abord par son appartenance religieuse. On peut bien sûr se poser quelques questions quand on sait avec quel succès le “dialogue” a mené droit aux attentats de juillet 2005. Ou encore quand, du bout des lèvres, off the record, ces mêmes autorités admettent refuser les contacts avec les femmes intégralement couvertes. On les tolère, mais on les ignore. Fantômes elles veulent être, fantômes elles sont de fait. Tant pis pour elles. Elles l’ont bien cherché.
Et si l’honneur de la loi française était précisément de refuser cette mise à l’écart, même volontaire, même choisie ? Difficile à appliquer effectivement, n’en doutons pas, sa portée est aussi symbolique, elle interdit qu’une femme, parce qu’elle est femme, soit exclue de notre communauté au sens le plus large, celle du genre humain, où se parler à visage découvert n’est tout simplement pas négociable.
Entre les folles de Dieu, les folles tout court et les intellectuelles exaltées qui instrumentalisent une religion qui ne leur a rien demandé et contre laquelle nous n’avons rien, n’oublions pas, pour finir, les femmes de mon quartier. Un quartier de l’Ouest londonien banal. Des petits fantômes qui ne sautent pas comme des cabris en réclamant “burqa, burqa, burqa”, ce dont elles seraient bien incapables vu qu’elles sont enceintes à longueur d’année, qui se fichent de Gaza qu’elles auraient du mal à situer sur une carte, à qui aucun journaliste ne viendra demander leur avis car elles ne parlent pas l’anglais et filent sur les trottoirs en rasant les murs avec leurs cohortes de gamins craintifs dans des poussettes triples. Je gage d’ailleurs que personne, jamais, ne leur a demandé leur avis. Sur rien. Elles arrivent de Somalie ou d’Ethiopie, elles n’ont pas vraiment le profil “je la porte, je m’éclate et je fais même du ski avec”. Si une loi, un jour, pouvait s’intéresser à ces malheureuses dont je vois croître le nombre mois après mois, ce ne serait peut être pas plus mal. Quand bien même on dût réduire leur “liberté” très relative de se vêtir comme elles l’entendent. Ou comme on le leur a soufflé. Dans les bronches.
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L'auteur
Agnes Wickfield est correspondante permanente à Londres.
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Alpin dit
@Hathorique,
Je suis rassuré.
Ce qui est saisissant ,et qu’il m’est déjà arrivé assez fréquemment de rencontrer,c’est l’incapacité à se mettre à la place de l’autre de la part de ce boulanger algérien ,et ceci dans le pays même des autres.
Une des plus grosses responsabilités d’une certaine intelligentsia ,celle qui avec
Sartre écrivait une préface aux” Damnés de la terre” de Frantz Fanon(que je vous recommande comme document édifiant),c’est d’avoir largement contribué à la
constitution,puis à la diffusion de cette évangile de la haine,dont nous voyons
maintenant les fruits empoisonnés.
Et comme on juge un arbre à ces fruits.
Alpin dit
@Expat,
C’est un plaisir.
Ce fut de votre pays ,une preuve d’énergie et de détermination,qui n’a pas à être
déformé par un masochisme détestable ,comme tout masochisme en politique.
Pensez à l’hymne des “Marines” qui dit :
“…to the Tripoli’s shores.”
expat dit
@ Alpin : excellent cet article ! je ne connaissais pas du tout (c’est pour Rackam ça) tout ça ! c’est fascinant, je vais acheter un des livres mentionnés dans l’article. Merci mille fois !
Personne parle de ça – tout le monde est comme moi, c’est à dire qu’ils ignorent cette histoire ?
hathorique dit
@ alpin
c’était le SEUL boulanger de ce petit village, de plus il avait épousé, la directrice de l’école et comble de malchance boulangère mais néanmoins citoyenne, son pain était très bon.
mais rassurez vous, lorsqu’une deuxième boulangerie s’est installée les villageois sont allés y acheter leur pain quotidien, ce qui a permis à notre boulanger fort marri et dépourvu de clientèle de traiter les savoyards de racistes.
et la boucle fût bouclée.
Marie dit
@Alpin
” Il serait bon s’il persiste dans son aveuglement de lui faire comprendre qu’il serait mieux
ailleurs que dans ce pays qu’il n’a pas à calomnier.”
La porte est en bas …le culot n’a plus de limite profiter des avantages d’un pays pour cracher dessus , ne merite rien de plus que le retour en Algérie.
Je remarque cependant que c’est le plus souvent avec les algériens que nous avons le plus de problème…pas avec les kabyles qui dans l’ensemble n’aiment pas être assimilé avec les arabes.
D’ailleurs si il y a des gens qui pourraient se plaindre c’est bien eux , coloniser qu’ils ont été par les arabes!
Alpin dit
@Expat,
Bien le bonjour,
Sur le même sujet ,pour vous:
http://www.city-journal.org/html/17_2_urbanities-thomas_jefferson.html
Alpin dit
@hathorique,
En voici un exemple:
http://knol.google.com/k/la-r%C3%A9gence-d-alger-capitale-de-l-esclavage-blanc#
Alpin dit
@Expat,
Bien le bonjour.
Alpin dit
@Hathorique,
Ceci répondait à votre post du 25 Juillet 2010: 9h14.
PS: A votre place ,après lui avoir expliqué pourquoi ,je ne fréquenterais plus ce boulanger,préférant faire mon pain moi même ,ou l’acheter ailleurs.
Il serait bon s’il persiste dans son aveuglement de lui faire comprendre qu’il serait mieux
ailleurs que dans ce pays qu’il n’a pas à calomnier.
Alpin dit
@Hathorique,
Votre boulanger algérien est visiblement marqué par la propagande ,le bourrage de
crâne incessant du régime algérien, bottant sans cesse en touche pour que ses citoyen(ne)s ne remettent pas en cause son impéritie,le pillage permanent de la rente
pétrolières par ses pseudo “élites”,bien plus intéressées par leur compte à n° que
par leur pays.
Ceci étant dis,on pourrait calmement faire observé à votre boulanger ,que son pays
est la terre d’origine ,pour une bonne part de pillards impitoyables(les sarrasins) sous couvert du djihad qui vidèrent presque la Provence jusque vers l’an 1000 appuyés sur leur base de “La Garde freinet” .
Que la prétendue harmonie de l’Andalousie mythique et rêvée ,s’appuyait sur les
résultat d’une guerre d’agression par des effectifs venus aussi d’Algérie,l’asservissement et la domination de sa population chrétienne (voir les récits d’Isidore de Séville par exemple) , la naissance d’une économie largement esclavagiste à la source de ce trafic innommable jusqu’à
L’Est de L’Europe d’où venaient la plupart des malheureux destinés aux marchés
de Cordou par exemple.
Le tout sans parler du poids d’Alger dans la course barbaresque du XVI° au XIX°
siècle, qui conduisit à l’asservissement de prés d’1 Million d’européenn(e)s.
Ceci avant que la puissance des marines occidentales et leur détermination
interrompe cela.
expat dit
p.s. je ne suis pas née à Seattle non plus,, hein ? J’ai grandi à Washington D.C.
expat dit
@ Pirate : si vous suivez toujours ce fil, pouvez-vous laissez derrière vous votre sarcasme pour dire quelque chose de concret ?
clemence66 dit
Quand on n’est pas capable de rétablir l’ordre républicain, on trouve des boucs emissaires.
Marie dit
@pirate
En quoi est ce gênant que des gens puissent être unis derrière un drapeau. C’est vrai qu’en France ce n’est pas dans le move mais je peux vous dire que dans beaucoup d’autres pays c’est important! Tiens j’ai en permance un drapeau sur ma terrasse …
Marie dit
@pirate
Il me semblait avoir lu que vous aviez 30 ans …cela aurait pu expliquer certaines de vos positions. Bref, je redis quand m^me que les distorsions que l’on fait à l’histoire afin d’y faire coller les actes ou les concepts qui vont dans le sens de la mode du jour. Ca , ça me je gêne terriblement.
Il vous faut accepter que pendant longtemps les nouveaux venus en ce pays cherchaient à vivre comme les habitants. Ce n’est pas une idiotie que de parler du français avec beret baguette .
pirate dit
moi expat ? Oh non voyons je n’y connais rien hein, je ne suis pas né à Seattle, je ne ne peux donc avoir une opinion sur les Etats Unis cet extraordinaire melting pot tous unis derrière le stars and stripe. D’ailleurs je ne suis jamais allé aux états unis et vous êtes la seule représentante de ce pays que je connais.
expat dit
@ pirate = “Quand au melting pot américain qui est extraordinnaire car pas du tout communautariste et en fait tous derrière la bannière étoilé… veut mieux lire ça que d’être aveugle je suppose, mais c’est quand même une belle farce”
Pourquoi, vous en connaissez quelque chose Pirate ? Vous voulez vous expliquer un peu plus ?
Alpin dit
“Si Mimouna (Hadjam) est suffisamment bien armée pour affronter la réalité complexe que vivent les populations immigrées,ce n’est malheureusement pas le cas de ses alliés
naturels:la gauche et les mouvements féministes.Fortement marqués par des positions anti-racistes,nombre de miltants de cette mouvance défendent la veuve et l’orphelin,soit en fermant les yeux sur les islamistes,soit en leur faisant un appel du pieds.Ces attitudes,fortement ambiguës,confortent ces derniers dans leurs positions et finissent
par les rendre plus puissants et plus nuisibles.”Le premier combat qu’on a mené contre le relativisme culturel,c’est le combat contre l’excision.La gauche n’a pas été capable,
à ce moment là,de porter l’explication sur ce qu’était la culture.Est-ce que la culture
c’est de mutiler le corps des femmes?Aujourd’hui c’est la régression.L’excision qui
avait connu un recul dans les années 1980 et 1990 est de retour.”
Djemila Benhabib,
“Ma vie à contre-Coran.” éditions vlb 2009, pp212-213.
pirate dit
Marie c’est pas une réponse surtout quand on essaye de me donner une leçon de chose en m’expliquant que votre grand âge vous permet de je ne sais pas quoi. Vous n’êtes pas encore à l’âge de la retraite ? Ca veut dire quoi ? Que vous avez à peine 10 ans de plus que moi ? En effet ça vous donne des droits… de ne pas me faire exploser de rire, j’ai ni vingt ans ni trente Marie j’en ai bientôt 46…
Quand au melting pot américain qui est extraordinnaire car pas du tout communautariste et en fait tous derrière la bannière étoilé… veut mieux lire ça que d’être aveugle je suppose, mais c’est quand même une belle farce.