Le S.O.S. de Léonid Andreïev | Causeur

Le S.O.S. de Léonid Andreïev

Le bolchévisme un siècle après

Auteur

Roland Jaccard

Roland Jaccard
Psychologue, écrivain, journaliste, critique littéraire, essayiste et éditeur suisse.

Publié le 27 mai 2017 / Culture

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leonid andreiev sos

Leonid Andreïev.

Ayn Rand a vingt ans lorsqu’elle décide de fuir, seule et sans un sou, mais avec Nietzsche dans sa besace, pour Saint-Pétersbourg. Elle a vite pigé quelle duperie est le communisme et quelle chape de plomb s’abat sur la Russie. Exilée aux États-Unis, elle sera engagée à Hollywood par Cecil B. De Mille.

Léonid Andreïev, pourtant adoubé par Maxime Gorki et écrivain d’une lucidité exceptionnelle, connaîtra un sort plus tragique : il se suicidera en 1919 après avoir dressé un réquisitoire implacable contre Lénine et Trotski et envoyé, comme une bouteille à la mer, un S.O.S. aux Américains. On ne sera guère surpris qu’il ait fallu cent ans pour que ces textes prémonitoires soient enfin traduits – et admirablement par Sophie Benech – en français. Ne nous faisons pas d’illusions : ils passeront inaperçus tant l’idéal communiste reste ancré dans l’âme française. “Si vous saviez, écrit Andreïev, combien est noire la nuit qui plane sur nous. Il n’y a pas de mots pour décrire ces ténèbres.”

L’idéologie du mensonge déconcertant

À la fois serviteur déloyal et chef corrompu, le bolchevisme à été dès sa venue au monde l’image même de la duplicité et du mensonge, de la tromperie et de la traîtrise.

Personne, en Occident, n’a prêté la moindre attention à cet appel au secours de Léonid Andreïev. Il est vrai que la Révolution est un si beau mot que même ceux qui la dénaturent bénéficient de toutes les indulgences. L’Histoire se répète avec une désarmante naïveté. Et il semblerait que chaque fois  les premiers à tomber dans le piège soient les intellectuels ou prétendus tels. La lecture de Léonid Andreïev les décillera-t-elle ? Rien n’est moins sûr.

Léonid Andreïev, S.O.S., traduit du russe par Sophie Benech. Éd. Interférences. 2017.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 29 Mai 2017 à 17h03

      netrick dit

      Et Maïakovsky ?

    • 29 Mai 2017 à 11h54

      Broquere dit

      L’impregnation idéologique communiste reste dominante en France mais est masquée.
      Le déni de certaines remarques est typique de notre soumission au marxisme.

    • 28 Mai 2017 à 15h48

      t hdo dit

      “On ne sera guère surpris qu’il ait fallu cent ans pour que ces textes prémonitoires soient enfin traduits – et admirablement par Sophie Benech – en français.”

      Pourquoi n’en serait-on guère surpris ? L’auteur a-t-il fait une étude bibliographique, pour affirmer ainsi qu’on se serait moins intéressé à la Russie soviétique en France qu’ailleurs, dans l’entre-deux guerres ?

      Quand les armées anglaises, américaines, italiennes et françaises sont venues en aide aux armées blanches, où était l’armée suisse, au juste ?

      Et qui a donné asile à Lénine et sa troupe de révolutionnaires, jusqu’à 1917 ?

      • 29 Mai 2017 à 17h37

        Schlemihl dit

        thdo , je crois que ça a été le gouvernement allemand et son Quézer Guillaume . Ils l’ ont expédié comme autrefois on envoyait par catapulte dans les villes assiégées des nids de guêpes ou des cadavres de pestifirés .

        Et ça n’ a probablement servi à rien car fin 1917 le parti des gens qui ne se tiennent pas était prêt à faire une révolution contre les gens qui ont de la tenue . Lénine ou les Cent noirs ou les haidamaks, comme aujourd’hui les rouges bruns ou les néo communistes ou les noirs ou les eurasiens …ça change quoi ?

        Et que ça soit contre Kerenski Millioukov Nabokov Witte Stolypine … ça change quoi ?

        Moralité : favoriser le crime chez les autres ça ne paie pas . Vingt huit ans plus tard les cosaques étaient à cinq étapes de Berlin , comme le disait le Matin en 1914 . 

        • 29 Mai 2017 à 18h49

          t hdo dit

          En tout cas, ce ne sont pas des socialistes français, mais des socialistes suisses, comme ce monsieur Jaccard très attaché, dit-on, à son patrimoine, qui ont joué les intermédiaires entre Lénine et sa suite, assez nombreuse ; et les agents allemands.

          D’où la demande logique à ce qu’il commence par balayer devant ses montagnes.

          Et, quand il aura fini, il pourra aussi balayer derrière la politique menée en Occident depuis la chute de l’URSS, pour favoriser les gens attachés à leur patrimoine.

    • 28 Mai 2017 à 15h41

      Bacara dit

      Il suffit de lire les grands écrivains russes pour comprendre que le bolchévisme a été une réponse salutaire aux dérives  du régime tsariste. 

      • 28 Mai 2017 à 15h49

        t hdo dit

        Sous le tsarisme, 6 000 exilés en Sibérie…voilà qui suffit à discréditer vos allégations.

      • 29 Mai 2017 à 12h29

        pachou dit

        Je ne sais pas de quels écrivains russes vous parlez. Moi je vais vous parler des deux plus importants: Dostoîevski, et Soljenistyne. Celui-ci dépeint un goulag effroyable, comme Chalamov. Goulag installé par les bolcheviks dès la révolution aux Solokov. 
        Dostoïevski, lui dans «Souvenirs de la maison des morts» parle de prisons tsaristes où l’on mange de la viande tous les jours. En Sibérie. Alors de ce pur point de vue, je ne crois pas que la réponse aux tsaristes fut la bonne. Et si vous avez lu Soljenistyne vous avez pu constater que les opposants au régime étaient à peine sermonnés, et non pas exterminés comme de la vermine.
        A moins, évidemment, que votre commentaire ne fut du second degré. 

        • 29 Mai 2017 à 12h34

          t hdo dit

          Dans la préface aux Souvenirs de la maison des morts, en livre de poche, le scribouillard osait pourtant prétendre que le livre établissait une continuité entre la Russie tsariste et le goulag (qui ne serait donc pas dû aux cocos).

        • 29 Mai 2017 à 14h14

          Muys dit

          Et vous pouvez ajouter à la liste Vassili Grossman, qui après avoir soutenu le régime dans sa lutte contre le nazisme, a constaté effaré la similitude entre les deux régimes.

    • 28 Mai 2017 à 15h23

      t hdo dit

      “Il est vrai que la Révolution est un si beau mot que même ceux qui la dénaturent bénéficient de toutes les indulgences. L’Histoire se répète avec une désarmante naïveté. Et il semblerait que chaque fois les premiers à tomber dans le piège soient les intellectuels ou prétendus tels.”

      http://www.europe1.fr/politique/presidentielle-fillon-en-appelle-a-une-vraie-revolution-celle-du-bon-sens-3217940

      …vous disiez ?

    • 28 Mai 2017 à 14h51

      Moumine dit

      “…tant l’idéal communiste reste ancré dans l’âme française.”, en tant qu’aspiration, c’est possible.
      Peut-être faut-il distinguer l’idéal qui est une invitation au rêve, de l’idéologie qui se présente comme une doctrine contraignante, voire terrorisante.

      • 28 Mai 2017 à 15h34

        gigda dit

        Moumine , il  est bon et sage de rappeler ce que vous dites… D’autant que “le communisme” n’est pas vraiment notre problème en ce moment ! On croit rêver devant ces haines d’arrière-garde ! Comme si ce que qui nous menace n’était ailleurs ? Se cramponner à cette peur là est ridicule.
        Reprocher aux hommes de gauche leurs dérives et leurs métamorphoses en moralistes obtus, est une autre histoire … à poursuivre.
        D’autre part assez d’accord avec Lucius, et d’autres sur le fait que vraiment nous ne manquons pas de littérature critique à ce propos… Au passage je suis heureuse d’entendre ici parler de Panaït Istrati, c’est si rare… mais pour toute son oeuvre.

        • 28 Mai 2017 à 15h44

          gigda dit

          Et ce qui est d’actualité, en matière de menaces effectives, c’est évidemment davantage du côté des théories de la presque inconnue Rand (j’ai dû me renseigner) !! Nos pauvres navires idéologiques penchent plutôt par là.

        • 28 Mai 2017 à 15h50

          t hdo dit

        • 28 Mai 2017 à 15h52

          t hdo dit

          Elle est plus connue aux US. Trouvé sur le site de Paul Krugman :

          “A Is Not A, It Seems
          April 27, 2012 8:54 am April 27, 2012 8:54 am

          Or maybe not.

          Paul Ryan is trying to repudiate Ayn Rand, who was his main inspiration for getting into politics.

          Just remember:

          There are two novels that can change a bookish fourteen-year old’s life: The Lord of the Rings and Atlas Shrugged. One is a childish fantasy that often engenders a lifelong obsession with its unbelievable heroes, leading to an emotionally stunted, socially crippled adulthood, unable to deal with the real world. The other, of course, involves orcs.

        • 28 Mai 2017 à 17h19

          Lucius de Geer dit

          “There are two novels that can change a bookish fourteen-year old’s life: The Lord of the Rings and Atlas Shrugged. One is a childish fantasy that often engenders a lifelong obsession with its unbelievable heroes, leading to an emotionally stunted, socially crippled adulthood, unable to deal with the real world. The other, of course, involves orcs. “

          Excellente citation t hdo, merci de nous la partager !  

        • 29 Mai 2017 à 0h25

          Moumine dit

          gigda, en distinguant idéal et idéologie, je ne pensais pas qu’au communisme.
          N’importe quelle idéologie me terrorise dès lors qu’elle se mêle de vouloir prendre le pouvoir : elle ne peut alors que se faire dictatoriale et coercitive.
          Je ne sais pas quelle idéologie est la plus puissante en France actuellement, rien n’est vraiment clair pour moi sur cette question.
          “Nos pauvres navires idéologiques”, très belle image, mais je ne veux embarquer dans aucun d’entre eux.
          Tiens, vous m’effrayez avec le tangage “du côté des théories de la presque inconnue Rand” (moi aussi, j’ai un peu cherché et très médiocrement compris). Vous pourriez bien avoir raison.

        • 29 Mai 2017 à 11h23

          Moumine dit

          En réalité, je n’opposais pas idéal communiste à idéologie communiste, j’opposais idéal à idéologie, en général.
          Je pense que, de toute manière, le communisme est une idéologie.

    • 28 Mai 2017 à 13h19

      Pom’ Potes dit

      Le communisme, comme d’autres idéologies connexes, est aux sociétés ce que le SIDA est aux individus.

      Personne n’est jamais mort du SIDA. On ne peut pas mourir par sa faute directe. C’est un virus qui diminue tellement nos défenses internes fondamentales qu’un simple rhume tue.

      Les sociétés adoptant le communisme, ou tout autre régime de la clique des idéologies réclamant le Paradis sur Terre, se sont toujours retrouvées avec un État totalitaire et corrompu.

      Démêler les responsabilités de l’idéologie elle-même et de la nature humaine n’a rien d’évident, surtout quand vous faites face à quelqu’un qui croit que l’être humain a une réalité générale partagée suffisamment étoffée pour qu’il soit automatiquement un citoyen tel qu’on le conçoit en Occident.

      Ces idéologies et ce sentiment d’universalité dans un socle de bonté et d’altruisme qui ne saurait vaciller sous le poids de circonstances naturelles ou sociales, et qui ne demande qu’à s’exprimer si le libéralisme à la langue fourchue ne détournait pas les gens avec les oripeaux de l’égoïsme, ces deux choses se répondent l’une l’autre: la Révolution, c’est simplement ouvrir le chemin au Bien.

      En pratique, on a constaté une boîte de Pandore inversée: beaucoup de maux se sont avérés plus rapides à s’engouffrer dans la brèche -ils sont toujours plus rapides- et l’espoir est resté à la porte.

    • 28 Mai 2017 à 12h48

      accenteur dit

      Et la stasi du califat, vous connaissez ? Déjà des femmes sont enfermées dans une camisole de force-volontaire-de-force-volontaire-de-force-volontaire.

    • 28 Mai 2017 à 10h47

      keg dit

      Le bolchevisme n’est pas le message du christ. Lequel s’est aussi heurté au capitalisme religieux de l’époque….
      L’échec communiste tient à son adossement politique. Le communisme ne peut réussir que hors de toute politique… Voyez la ‘réussite” initiale des kibboutz, il n’y a nulle trace politique “a chacun selon ses besoins, à chacun selon ses possibilités”.

      http://wp.me/p4Im0Q-1Sd

      • 28 Mai 2017 à 12h58

        Schlemihl dit

        Je crois que Jésus s’ est surtout heurté aux autorités politiques de son temps et qu’il est mort par ordre de l’ autorité romaine . C’est ce que disent les Evangiles et nous n’ avons pas d’autre témoignage .

        Une révélation … le terroriste de Manchester était manipulé par les services secrets britanniques .

        Et le complot sioniste , il arrive ?  

      • 28 Mai 2017 à 14h25

        accenteur dit

        objection Schlemihl ! L’autorité romaine s’en est lavée les mains. Mais bon, que cela ne nous empêche pas de causer.

        • 28 Mai 2017 à 21h11

          Schlemihl dit

          Accenteur , je suis sceptique la dessus . mais ce n’ est pas un sujet convenable pour des discussions entre gentilshommes .

          En attendant je persiste à croire qu’il y a dans le communisme et même le socialisme quelque chose qui ne va pas , et il me parait que ce qui ne va pas , c’ est le  communisme et le socialisme eux mêmes .  Après un siècle d’ horreurs , je suggère d’ arrêter les expériences . Les humains ne sont pas de la charcuterie . Gardons rois , reines , grands ducs , présidents de république , financiers , libéraux , capitalistes syndicalistes et volatiles congénères , et ne confions pas notre vie à des hommes de génies guides vojds premiers secrétaires fuehrers grands timoniers chefs raïs prophètes et sauveurs de la planète de l’ humanité de la biodiversité de la race de la nature du bien de la justice …… plutôt Mme Thatcher 

          Bonne soirée  

        • 28 Mai 2017 à 23h29

          Moumine dit

          D’accord avec vous Schlemihl, rien ne me semble pire que ces idéologies semblables à de monstrueuses machines à broyer la pensée – surtout celle d’autrui.
          Ça me rappelle un dessin animé, de Tex Avery sans doute, où l’on voit faire entrer des cochons dans un appareil tarabiscoté, à l’autre bout duquel ils ressortent en jambons, saucisses, boudins, etc.

    • 28 Mai 2017 à 10h30

      Moumine dit

      Ce témoignage anticipateur de l’horreur bolchevique doit être étonnant, j’ai très envie de le lire.

    • 28 Mai 2017 à 10h12

      accenteur dit

      Les Ecologistes sont déconcertants, ils vénèrent la nature, mais quand il s’agit d’appliquer à l’homme ses lois, ils disent que c’est du nazisme. En effet le nazisme a revendiqué des lois naturelles et le darwinisme pour commettre ses crimes. Le capitalisme aussi, sauf qu’il reste soft. Pourtant quand on étudie l’agressivité animale on en distingue 2 sortes 1° l’interspécifique, le loup/l’agneau comportement cynégétique, alimentaire ; 2° l’intraspécifique, (2 cerfs) qui se résume à la sélection du plus fort à travers des combats souvent non mortels qui règlent la hiérarchie dans le groupe, la rivalité pour pour les femelles, la défense du territoire et de la progéniture.
      Quand on considère l’agressivité chez l’homme, on la voit plus retorse. En dehors du vrai sadique, rare, des combats sanglants pour le pouvoir et le territoire, la plupart des persécutions et des crimes hors normes sont produits par des idéologies totalitaires.
      Les crimes les plus horribles des temps modernes ce sont des idéologues convaincus qui les ont commis. Ils ont commis ces crimes de bonne foi, convaincus d’être les porteurs de la civilisation.

      • 28 Mai 2017 à 10h16

        accenteur dit

        ajout: le nazisme a bien revendiqué la nature pour exalter la race biologique allemande supérieure aux autres races et détruire les races nuisibles dites inférieures.

    • 27 Mai 2017 à 21h13

      Lucius de Geer dit

      Nous savions déjà que Monsieur Jaccard, dû semble t-il à son grand âge, avait le souffle court. À peine l’oeil du lecteur (il en suffit vraiment que d’un) termine cet article d’asthmatique, nous apprenons, hélas, que Monsieur Jaccard souffre de gâtisme (est-ce une nouvelle ?). La face hideuse d’Ayn Rand sert de contrepoint à Léonid Andreïev, la courageuse (“l’entrepeneur !” crient à l’unisson ses thuriféraires) qui, elle, “décide de fuir, seule et sans un sou, mais avec Nietzsche dans sa besace, pour Saint-Pétersbourg. Elle a vite pigé quelle duperie est le communisme et quelle chape de plomb s’abat sur la Russie. Exilée aux États-Unis, elle sera engagée à Hollywood par Cecil B. De Mille.” (je prie le lecteur de m’excuser de lui avoir gâché un tiers du compte-rendu par cette citation). On doute de ce “pour”, on admettrait plutôt un “de” d’ailleurs. On met en doute aussi cette image de la jeune juive pauvre quittant l’URSS, en 1925 (!), pour connaître les joies du monde libre américain. La liberté prend parfois l’apparence d’objet curieux, comme celui d’un visa pour voir sa famille aux USA.
      Quant au désespéré Léonid, lui, dans sa retraite finlandaise, se tue (un suicidé du communisme !)… selon Monsieur Jaccard. Habitué aux tentatives de suicide, l’écrivain russe meurt d’un arrêt cardiaque. S’agit-il pour notre échotier suisse de nous ressortir son attirail de dandy de la mort volontaire … et crevant vieillard sur un lit d’hôpital ?! (toute ressemblance avec un grand écrivain roumain est totalement fortuite).   

      • 27 Mai 2017 à 21h31

        Lucius de Geer dit

        Mais revenons à nos soviets, visiblement la grande peur des bien-pensants en 2017 (une poussée de frayeur dû au centenaire de la Révolution d’Octobre ? à moins que ce ne soit le pourcentage de voix obtenu par le candidat de la France Insoumise, fier communiste orthodoxe s’il en est !). À lire ici ou là nos éditorialistes, la France connaît un retour du fascisme (la gauche le voit partout, du moins pendant quinze jours) mais aussi la survie tenace du léninisme-stalinisme (Monsieur Jaccard et certains lecteurs, du type “les chars russes vont déferler sur Paris suite à l’élection de Mitterrand !”) dans, n’en jetons plus, “l’âme française”, rétive à toute lecture anti-soviétique dites-vous. Misère ! La France, éditrice de tout samizdat passant par là, Paris, capitale de toutes les revues des immigrations venant du bloc de l’Est, etc… Non, à l’évocation du communisme, disparu jusqu’aux facultés de philosophie (et ce ne fut pas une mince affaire !), n’ayons pas ces pâmoisons de libéraux, soucieux de connaître le grand frisson rouge pour pas un rond (la belle affaire !), pour faire oublier qu’ils sont à l’exact ressemblance du marxisme. Nous refusons les deux faces de Janus (cf le discours d’Harvard de Soljenitstyne). 

        • 27 Mai 2017 à 22h02

          Schlemihl dit

          Qu’a t elle fait de si terrible cette Ayn Rand ?Elle a assassiné combien de personnes ?

          Avoir travaillé dans une morgue donne le sens des proportions , disait Eckart . Ce qui est vrai . Panaït Istrati , qui avait vu la misère de Braïla et la réalité de l’ URSS , ne me contredirait pas . 

        • 27 Mai 2017 à 22h33

          Lucius de Geer dit

          Votre confession de 18h54 n’a visiblement pas eu le mérite d’être suivie d’effets. Vous auriez ainsi pu éviter ce lieu commun de premier paragraphe. Quant au second, il serait plus efficace d’écrire clairement ce que vous souhaitez faire part à votre interlocuteur, au lieu de citer de manière plus que lacunaire. 

        • 27 Mai 2017 à 23h43

          Schlemihl dit

          J’ étais un peu surpris par la ” face hideuse ” de cette personne . si elle était moche , il était déplacé de le lui reprocher . Si l’ expression était une métaphore et si il s’agissait d’ une laideur qui vint de l’ âme , je m’ interrogeais sur ses crimes .

          Les assassins diversement épouvantables n’ ont pas manqué au vingtième siècle et tous n’ ont pas connu la notoriété .

          Si sa faute est d’avoir travaillé à Hollywood avec Cecil B de Mille , ou si elle a commis d’autres crimes du même genre , je pardonne , comme je pardonne aux faiseurs de calembours , poètes maudits , vaudevillistes journalistes et autres ingénieurs en calembredaines .

          Si elle s’ est conduite comme Brodniewicz Wieczorek Ante Pavelic Kaganovitch Eichmann Szalasi Ivan Serov et pas mal d’autres , c’ est plus embêtant . 

        • 28 Mai 2017 à 7h32

          t hdo dit

          La folle furieuse Ayn Rand aura contribué à l’émergence de la fuite en avant du reaganisme et du thatchérisme, et aura par là contribué à assassiner la sécurité des différents pays européens (dont les US) bien compromise à présent dans la mondialisation. Contribué, également, à promouvoir la cupidité et l’égoïsme.

        • 28 Mai 2017 à 10h41

          Moumine dit

          t hdo
          Pour ma part, toute idéologie me semble intrinsèquement morbide.
          Mais cette Ayn Rand devait être d’une vigueur peu commune pour parvenir à influer à ce point sur le XXe siècle, ainsi que vous l’expliquez.

        • 28 Mai 2017 à 12h44

          Schlemihl dit

          Reagan ! Thatcher !  

          A cette révélation l’ auditoire a frémi d’ horreur . Et dire que , comme Moumine , j’ ignorais son existence .  Sans oublier la cupidité , qu’ il faut arracher du coeur humain en créant un homme nouveau désintéressé ( j’ai observé ça moi même en URSS )  , et l’ égoïsme . Staline buvait à l’ homme rouage , et en Chine on a célébré l’ homme allumette .

          Seulement , comme je suis cupide , quand je travaille dur je souhaite que ça soit pour moi et les miens plus que pour l’ état  . Je dois d’ailleurs l’ être pour payer . Je prie les personnes désintéressées du forum de me faire parvenir de l’ argent , le leur qui doit les gêner , ça me serait fort utile . CCP 34442984502211145328

          A propos de gens horribles , je dénonce le PLUS CRUEL DICTATEUR DU VINGTIEME SIECLE : Pinochet !  j’ai lu ça deux fois dans un journal ( Le Monde ) Ayn Rand , encore elle !

          Guerre civile russe , massacres d’ Ukraine , terreur tchékiste , liquidation des nepmen , Holodomor , Goulag ( gak oublag ! ) , Lager , Choah , prisonniers de guerre soviétiques , extermination du quart des Biélorusses , Grand Bond en avant Révo cul , Pol Pot , Kim Il Merde , Albanie , Yougoslavie , URSS , pays frères , Vietnam Cambodge Ethiopie Cuba , la peste en Asie centrale , la guerre au Caucase , la guerre en Ukraine ( une niaiserie pour le moment ) , le Djoutche , la crétinisation , et pour finir par une note gaie les Verts et M Mélenchon .

          Tout ça , sans causer de Mélenchon et laissant de côté la guéguerre à Lougansque ça doit se rapprocher des cent cinquante millions de morts , le champion Mao en ayant tué le tiers à lui tout seul . sans oublier les Nkrumah Kadhafi Macias Nguema Sadam Hussein El Assad Idi Amine Dada Bokassa Chavez Madeiro et Mugabe .

          Aveu . Je suis cupide égoïste sceptique rationaliste libre penseur et je préfère encore Reagan Thatcher Pinochet …. Ils sont antipathiques ? d’accord . Facron Millon O ‘ land Felix Faure Deschanel plutôt que Lénine et Hitler . 

      • 28 Mai 2017 à 12h57

        Pom’ Potes dit

        “l’idéal communiste reste ancré dans l’âme française”

        C’était un court article mais vous semblez avoir raté son idée essentielle -alors que pourtant l’expression “âme française” a attiré votre oeil.

        Les “deux camps”, si on présente ainsi, ne sont pas dans la même posture. Seuls les bien-pensants frissonnent au retour du fascisme (consciemment et aussi sans retenue car c’est délicieux à leur palais). Ça fait d’ailleurs trente ans que c’est le cas…

        Les autres ne s’attendent pas à du concret, n’agite pas un réel supposé imminent et ne joue pas sciemment à justifier la légitimité de leurs vues par les déboires des autres visions. Le moins pire des systèmes a des choses positives pour lui, survenues par lui et explicitement visées par lui. Alignement imparfait mais comparé à souhaiter le Paradis sur Terre et obtenir et nourrir une horreur…

        C’est une question bien complexe mais je suis en ce moment sur une position consistant à dire que oui, communisme, léninisme, stalinisme, tout ça est mort. On retrouve néanmoins des gens qui s’en réclament. Et au contraire de ceux qui se réclament du nazisme, point d’anathème, beaucoup de complaisance.

        Ces personnes sont probablement les moins imaginatives parmi les complaisants. Communisme, léninisme et tutti quanti ne sont que des avatars d’idéaux auquel j’attribue un pouvoir de séduction éternel et implacable sur le coeur humain.

        Les moins imaginatifs réutilisent les notions du passé, même si elles se sont souillées dans l’abject. Pour le reste, je me retrouve dans l’avis de M. Jaccard: les idéaux demeurent et un idéal, c’est non seulement difficile à critiquer mais le critiquer à l’aune du réel et des avatars idéologiques pratiqués pour de vrai, ça semble déplacé et pas fair-play.

        L’âme française sourit avec bienveillance à ces idéaux; pas trop publiquement tout de même: c’est gênant, comme un premier émoi.

        • 28 Mai 2017 à 15h16

          Lucius de Geer dit

          Il serait un jour bon d’enfin comprendre que la notion de bien-pensant, c’est à dire le conformisme d’un parti, est la mieux partagée de toute la vie politique. Je maintiens qu’une partie, non négligeable, de la droite mais aussi d’une gauche qui est revenue de toutes les compromissions, joue avec la peur du rouge. Je vous donne rendez- vous lors de la prochaine loi travail pour goûter les écrits de nos anti-communistes de salon. 

          Moumine, à 14h51, répond parfaitement sur l’idéal. Soyons clair, ne confondons pas un idéal acceptable voire souhaitable  avec sa réalisation idéologique, communiste par exemple.Monsieur Jaccard écrit quand même que l’idéal communiste empêche la publicité et la lecture de ce livre en France. Je persiste que non, désintérêt pour la littérature, certainement, mépris de la Russie, pourquoi pas, silence idéologique, aucunement.

           

        • 28 Mai 2017 à 19h25

          Pom’ Potes dit

          Ok, c’est plus clair.

          Juste un truc: gardez votre “pas d’amalgame”. Je ne confonds pas idéal et réalisation et j’ai d’ailleurs noté cela en disant qu’au moins, nous avons un système qui a des choses positives à montrer, qui les a faites lui-même et que c’était intentionnel. Dans le genre grand écart entre ces points, l’idéal communiste et sa réalisation idéologique, c’est un record.

          Donc à mon tour d’être plus clair: cet idéal n’est ni souhaitable, ni acceptable quand, entre les mains des aspirants au rêve, pour reprendre l’effectivement parfaite réponse de Moumine, il a toujours donné des horreurs.

          La réponse de Moumine est parfaite parce qu’elle est révélatrice et typique de la création à la volée d’un espace intellectuel abstrait où, grâce à une tournure de phrase ou un bon mot, comme ici “idéologie”, on redirige les critiques et les, ah, désagréments factuels vers la partie d’entrée de jeu désignée comme affreuse.

          De fait, on imite explicitement le grand écart observé et, magique, on évacue la nécessité d’aborder ce grand écart. Focalisons-nous sur les berges, l’idéal d’un côté, l’idéologie de l’autre! Il n’y a jamais eu de pont! C’est l’idéologie qui s’est déplacée sur l’autre berge!

          Las! Une aspiration est une visée qui appelle la réalisation du rêve: cette imitation de grand écart n’est que poudre aux yeux pour cacher le désir de remettre ça, sauf que s’il fallait à nouveau réaliser le communisme de nos jours, vu les antécédents, il faudrait une sacrée préparation pour s’en justifier.

          En quelque sorte, les antécédents condamnent le communisme à rester un idéal. C’est trop d’efforts; il est plus payant de s’en détacher.

          Au final, comme vous le voyez, je suis donc d’accord avec vous: pas de silence idéologique. Votre désignation du coupable est tout à fait juste: c’est du désintérêt pur et dur.

          Alors mon blabla? C’est pour ajouter un point important: vu les antécédents, le désintérêt est mille fois pire que le silence idéologique.

    • 27 Mai 2017 à 18h59

      Schlemihl dit

      Je suis tout curieux . Jamais entendu causer de cet Andreiev . Mais il y a tant de gens dont je sais rien !

      Tout de même Martchenko Milioukov Ciliga Victor Serge Boris Souvarine Ciliga Margoline Kravchenko Buber Neumann Koestler Gide Kouznetsov Voslenski Boukovski Leys Revel Rangel , entre beaucoup d’autres …. 

      • 27 Mai 2017 à 20h26

        t hdo dit

        Pour l’avant-guerre, Ante Ciliga et Raymond Duguet (collecte de témoignages sur les bagnes, publié en 1927), également.

    • 27 Mai 2017 à 18h32

      A mon humble avis dit

      Pour les communistes d’aujourd’hui, il n’y a jamais eu de pays communistes, même si leurs leaders s’en réclamaient.
      Évidemment facile de se dégager ainsi de toutes les monstruosités commises au nom de cette idéologie, mais il faut bien que les idéaux survivent aux réalités.
      On pourrait peut-être leur répondre que le capitalisme n’existe pas non plus, et qu’il n’est donc pas possible de le critiquer…
      Ce dont on est sûr en revanche, c’est que l’exploitation de l’homme par l’homme pour s’enrichir, et celle de la crédulité humaine pour prendre le pouvoir et le conserver, ça existe. On ne connaît même que ça.

      • 28 Mai 2017 à 4h28

        Nolens dit

        Vous avez oublié une des réponses les plus importantes (donnée lorsqu’on ne pouvait pas nier l’évidence) : le communisme, ce n’est pas ça !
        On botte en touche et hop, tout est oublié, les dizaines et dizaines de morts et toute la misère et les souffrances engendrées. C’est très fort !
        Ils disent aussi, sans honte : mais c’est un mal nécessaire pour apporter le bonheur à l’humanité (les hommes, pas la feuille de chou de merde).

        • 28 Mai 2017 à 6h25

          QUIDAM II dit

          « Padamalgame » patrouillait déjà, une matraque à la main, pour démentir la réalité et fustiger les « mauvais esprits »…

        • 28 Mai 2017 à 8h55

          lisa dit

          Oui, il suffit juste de remplacer un mot

        • 28 Mai 2017 à 12h50

          Schlemihl dit

          Le communisme réel , ce n’ est pas celui qui dure depuis un siècle , celui la est faux . Le vrai n’ a jamais réussi à exister , il faut croire .

          Donc la réalité c’ est ce qui n’ existe pas et ce qui existe ce n’ est pas réel .

          Le communiste réel semble souffrir d’ une grande difficulté de commencer à être .  

    • 27 Mai 2017 à 18h00

      CVT dit

      honnêtement, je préfère encore le communisme à l’idéologie libérale-libertaire et darwiniste d’Ayn Rand… 

      • 27 Mai 2017 à 18h20

        Nolens dit

        Soit vous croyez sincèrement ce que vous dites et vous êtes un salaud, soit vous êtes vraisemblablement quelqu’un intoxiqué par le système gauchiste omniprésent en France.
        Peut-être les deux.
        Dans les deux cas vous ne faites que répéter des choses dont vous ne saisissez pas la portée (i.e libéral-libertaire) ou que vous ne comprenez pas (darwinisme).
        Le communisme et ses avatars sont pourtant, et les faits sont là pour le prouver, la forme la plus achevée et la plus meurtrière des totalitarismes. Mais ça vous êtes trop con et trop inculte pour le comprendre.

      • 27 Mai 2017 à 18h54

        Schlemihl dit

        CVT , j’aime votre franchise , mais quelques mois de communisme réel vous ouvriraient peut être l’ esprit .

        Ce que je ne souhaite pas , ne désirant ni vous affamer ni vous épuiser battre torturer geler assassiner , ne souhaitant pas que vous fissiez connaissance avec la faim ( golod ) le froid ( kholod ) les criminels ( ourki ) les communistes , ni la cécité nocturne ni les oedèmes de famine
        ni le scorbut ni la pellagre ni le cannibalisme ni  ni ……

        Faites comme moi . Restez con . 

        • 27 Mai 2017 à 19h39

          Lucius de Geer dit

          Il vous sera beaucoup pardonné pour cet accès de lucidité, Schlemihl. 

        • 27 Mai 2017 à 20h21

          t hdo dit

          ça dépend à quelle date. Après 1953, ce n’était plus tout à fait ça.

      • 27 Mai 2017 à 19h55

        Aristote dit

        Je ne suis pas un fanatique d’Ayn Rand, loin de là.

        Mais dans le monde de Rand, il est possible de mener une vie honorable.

        Dans le monde du bolchévisme, non. 

    • 27 Mai 2017 à 17h47

      rvbubu dit

      Dans le même esprit lisez “Vers l’autre flamme” de Panaït Israti, écrit dans les années trente et reçu avec la même indifférence… La saloperie communiste infecte encore la France, un siécle plus tard.