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Sortir de la crise. Maybe he can

A l’impossible, nul n’est tenu. Sauf Obama

Publié le 23 février 2009 à 20:05 dans Économie

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Premiers à avoir sombré dans la crise économique et à y précipiter le reste du monde, les Etats-Unis d’Obama sont aussi pionniers pour s’y coltiner. À part le nom, le plan de relance signé par le président américain le 17 février n’a pas grand-chose de commun avec ses équivalents européens ni avec les précédents plans américains. La nouvelle Administration prend à bras-le-corps l’ensemble des dimensions de la crise. Elle a la volonté, la crédibilité et elle met le paquet.

Des plans de relance, nous en voyons par wagons depuis septembre dernier. Avec des résultats pour le moins décevants. On me dira que c’est un peu tôt pour se prononcer. Le problème, c’est que même ceux qui ont concocté ces plans semblent sceptiques quant à l’efficacité de leurs mesurettes puisqu’ils ne cessent d’en annoncer de nouvelles.

Pour juger de l’efficacité d’un plan de relance, il faut se poser six questions : Prend-il en compte l’ensemble des difficultés ? S’attaque-t-il à tous les secteurs d’activité touchés ? Comment est-il financé (argent public/argent privé) ? Les moyens consacrés sont-ils à la hauteur ? Le caractère foncièrement mondial du problème est-il traité ? Enfin, qu’en est-il de la dimension politique du phénomène ? Ce dernier point est crucial : la mobilisation des nations derrière leurs gouvernements est une condition sine qua non pour une sortie de crise. Pour cela, il faut que les peuples aient confiance et qu’ils aient le sentiment que le fardeau sera équitablement partagé. Bref, la crise a beau être mondiale, la réponse dépend des Etats – donc des nations.

Les mesures engagées par l’administration Bush innovaient déjà par les moyens mobilisés et le fait qu’elles marquaient une rupture radicale avec l’idéologie dominante (et la politique) que le staff de W. incarnait jusque-là. Leur principal défaut était un énorme déficit en crédibilité, même si on peut difficilement reprocher à l’équipe Bush de s’être focalisée sur la dimension financière : il lui fallait jouer les pompiers de service. De plus leur responsabilité en aval dans la création de la situation catastrophique a ôté beaucoup d’efficacité à leurs actions. Et de toute façon, on avait affaire à des mesures prises par une Administration en fin de course.

Avec le nouveau plan piloté par le trio Obama, Geithner (au Trésor), Bernanke (à la tête de la Réserve fédérale), les Etats-Unis passent à la vitesse supérieure. Tout d’abord, par l’importance de moyens mobilisés, 787 milliards de dollars annoncés, mais en réalité deux, voire trois fois plus, si on comptabilise tout. L’Administration Obama lance la mère de toutes ses batailles : elle s’attaque en même temps à la crise financière et aux questions d’offre et de demande. À la fameuse “banque de mauvais crédit” qui rachètera (avec l’argent public) les prêts problématiques pour purger les bilans des banques, échoit l’assainissement du marché du crédit. La réponse à l’essoufflement de la demande consistera en aides massives aux consommateurs et aux PME. Quant à la crise immobilière, le séisme qui a déclenché le tsunami, elle sera contrecarrée par un ensemble de dispositifs d’aide aux propriétaires endettés. Plus généralement, une baisse des impôts soulagera un peu les autres débiteurs, surtout dans le domaine des cartes de crédit, un autre champ de mines à traiter d’urgence. Last but not least, on lancera une blitzkrieg sur le front de l’investissement avec comme objectif très ambitieux de jeter les bases (si possible avant les prochaines élections en 2012…) d’une croissance fondée sur l’éducation, la santé et les nouvelles formes d’énergie. Par cet ensemble des mesures budgétaires et monétaires coordonnées, la Fed et le Trésor se mettent ensemble en ordre de marche sous commandement commun.

Avec des dépôts de munitions bien garnis, les Etats-Unis lancent donc une offensive simultanée et coordonnée sur tous les fronts, sans attendre par exemple que l’assainissement nécessaire des bilans du système bancaire ou les investissements massifs portent leurs résultats en matière consommation et d’emploi. Il s’agit de ne pas gâcher l’élan crée par l’élection d’Obama.

Précisément, pour harnacher et pérenniser cette incroyable énergie politique, le nouveau président introduit une innovation majeure – la campagne électorale perpétuelle. Ainsi, représentants et sénateurs républicains et autres récalcitrants ont été soumis à une pression conjuguant lobbysme traditionnel et spots à la télé. Parallèlement, les réseaux de supporters et militants tissés et mobilisés pendant les primaires et la campagne présidentielle restent toujours sur le pied de guerre.

Seul bémol – et pas des moindre – Washington semble sous-estimer les risques liés à la dette publique. L’Etat, jadis providence et aujourd’hui providentiel peut effectivement plus qu’on ne le croyait il y a à peine un an, mais moins que beaucoup semblent le penser maintenant. Un scénario de chute brutale du dollar suite à un endettement public abyssal ne peut être totalement exclu. Mais il n’y a pas le choix.

Reste le talon d’Achille des armées engagées pour sauver l’économie mondiale : la coordination internationale. La stratégie d’Obama tient la route mais l’articulation avec les plans de guerre des autres pays, « le chainon manquant » de la gestion de cette fichue crise, reste à trouver. Ce week-end à Berlin, les membres européens du G20 en ont donné une preuve supplémentaire. Le commerce international et les écarts entre les excédents gigantesques de quelques pays et les déficits abyssaux de nombreux autres, pourtant au cœur du problème, n’ont pas été traités. On s’est satisfait d’un chapelet de vœux pieux, essentiellement des mesures contre les paradis fiscaux et les hedges funds et une réglementation accrue des acteurs des marchés. Tout cela n’est pas de bon augure pour le G 20 du 2 avril à Londres.

L’Europe en est encore à mobiliser ses troupes en ordre dispersé et avec des moyens relativement faibles même quand on cumule tous les efforts nationaux. Les divergences entre Français et Allemands qui n’ont pas du tout le même point de vue sur le système économique européen et mondial n’arrangent rien. Il ne s’agit nullement d’abdiquer toute marge de manœuvre nationale, mais il est difficile de nier qu’un certain nombre de décisions doivent être coordonnées, en particulier celles par lesquelles les Etats protègent leurs emplois – donc leurs peuples. Les premiers signes inquiétants sont déjà manifestés : les différentiels de taux d’intérêt entre les différents pays de la zone euro – la Grèce par exemple paye des intérêts supérieurs de 2,4 points à ceux de l’Allemagne. D’autre part, la menace de récession est encore plus importante de ce côté de l’Atlantique : autant de clignotants rouges vif qu’il ne faut plus ignorer. L’Europe aussi a besoin d’un New Deal.

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  • 26 February 2009 à 19h41

    Joëlle dit

    Pas grand rapport, vous avez raison, entre Obama et Bergé, c’est juste histoire de causer à propos de l’actu. Un peu comme au café du commerce.

    De la jalousie sociale, peut-être ; mais je suis capable de m’en rendre compte toute seule, sans votre aide, et d’analyser que, dans mon opinion mitigée sur cet homme, vu et revu dans les médias, il y a autre chose que cela. Je vois le type imbu de lui-même, qui cumule sans vergogne : il récupère l’argent tout en gardant le bénéfice symbolique de la “belle âme de gauche, altruiste, solidaire, citoyenne…”. En prime : la considération (réelle ou hypocrite) des gens des médias.

  • 26 February 2009 à 19h21

    Le diverti se ment dit

    @Rollo Tomasi / Joëlle / Addis
    Je vois pas trop le rapport entre P.Bergès et cet article.
    Cependant, Est ce si étonnant que cela qu’un homme d’affaire de son âge ayant connue personnellement bon nombres d’artistes majeurs du XXème siècle ai une telle collection? La marque YSL, ça vous dit rien? “In 1993, the Saint Laurent fashion house was sold to the pharmaceuticals company Sanofi for approximately $600,000,000″.

    Au fond n’ est ce pas sa réussite que vous jalousé?

    @ Pirée dit : le musée est un instrument de désertification culturelle.

    > Formule vide.

    @ Three piglets dit :Visiblement, vous n’avez toujours pas compris que l’affaire est pliée.
    Vous vous réveillerez dans 6 mois, lorsque le systéme bancaire sera à terre….

    > Vous criez tellement bien avec les loups

  • 26 February 2009 à 18h39

    Joëlle dit

    Rollo Tomasi, vous êtes un nouveau, me semble-t’il, et vous avez tout bon (voilà que moi aussi je me mets à distribuer des bons points).

    La thèse exprimée par GM paraît être le contraire de ce que je lis ces jours-ci sur Les échos. Le renflouement massif des banques par Obama ne serait qu’un geste politique destiné à rassurer son pays, et pas la mesure géniale et indispensable qu’un vulgaire Européen ne serait pas capable de concevoir.

    Comme je n’ai pas de lumière en économie, je me dis que je jugerai mieux…plus tard.

    Pour ce qui est de la vente Bergé, je me pose exactement les mêmes questions que vous, d’autant que cela fait un moment qu’il m’énerve celui-là, avec sa voix mielleuse et ses manières d’abbé qui dit le bien et le mal. Mais il est habile ou il a de la chance, il est bien vu à Paris et dans les médias, il aurait tort de ne pas continuer à se montrer.

  • 25 February 2009 à 20h41

    expat dit

    Après la lecture du ‘speech’ d’Obama hier, je n’ai qu’un seul sentiment pour mon pays natal (et en occurrence le monde entier) la peur.
    Il se trompe sur toutes les lignes. Toutes. Politique intérieure, extérieure, mauvais mauvais mauvais. Il est peut-être charismatique., mais il n’aurais jamais dû avoir le droit de prêter serment sur la Bible de Lincoln. Ca me choque.

  • 25 February 2009 à 18h53

    Spoon dit

    Merci pour ce franc fou rire que j’ai eu à la lecture de cet article………..

  • 24 February 2009 à 20h02

    expat dit

    @ robespierre : excellent

  • 24 February 2009 à 15h30

    BArry dit

    Gil Mihaely est un excellent journaliste.

  • 24 February 2009 à 10h50

    Addis dit

    Moi aussi j’aimerais en savoir plus sur l’origine de la fortune de Pierre Bergé.
    Quand j’ai vu sur internet les merveilles en nombre incalculables présentées à la vente aux enchères, outre l’admiration pour le goût parfait du propriétaire, je n’ai pu m’empêcher de me demander si c’était bien régulier d’avoir accumulé une telle fortune en une seule génération.

  • 24 February 2009 à 10h37

    claude b. dit

    vous savez ce qui serait bien: c’est que tout un chacun arrête de lire dans le marc de café en faisant des prévisions, parfois même des prophéties… Personne (sauf un ou deux et encore) n’a vu venir cette crise et j’ai bien le sentiment que personne ne la verra partir quand elle partira. Pas plus que personne ne peut sérieusement affirmer que telles ou telles mesures seront efficaces ou pas… Et surtout pas prendre les bourses mondiales, de NYC, Paris ou Londres comme indicateurs fiables… Les gouvernements font ce qu’ils peuvent face justement à un phénomène d’une telle complexité que personne n’est d’accord pour en expliquer la genèse…
    Et puis, de grâce, cessons de parler d’Etat Providence, surtout aux USA!!! Car parler de providence sous entend que tout vient gratuitement, facilement du “ciel”. Or même chez nous, l’Etat n’est pas une providence: nous payons la sécu, nos retraites, le chômage, les allocs et tout le reste, par nos cotisations et celles des entreprises!! Dit on que l’assurance de notre voiture ou celle de notre appart est gratuite au prétexte que l’assureur intervient quand il y a un pépin? Certes non! Alors quand la sécu rembourse nos soins, quand les assedic paient des indemnités, ce n’est pas un cadeau, mais le prix de nos cotisations. L’Etat est partie prenante car c’est lui qui organise tout cela et c’est très très bien! Mais dire qu’il est la providence est un abus de langage qui arrange bien le Medef et pas mal de gens qui nous ont mis dans la m… où nous sommes aujourd’hui!
    Et demandez donc aux américains, aux britanniques ce qu’ils pensent de leur sécu ou de leurs futures retraites… Même les suédois se font des cheveux blancs, c’est dire…

  • 24 February 2009 à 9h48

    Curieux dit

    Petite remarque : les fonds promit par Obama sont inouïs, pharaoniques, astronomiques et pourtant… aucune bourse ne le suit. Elles chutent toujours.
    Etonnant, non ?
    Alors quand un journaliste (GM) écrit “La stratégie d’Obama tient la route”, peut-être devrait-il s’interroger sur le bien fondé d’une telle assertion.
    Et les français devrait se demander si le “grand” Obama ne serait finalement qu’un homme ordinaire qui n’aurait pas compris la crise actuel.
    Hypothèse terrifiante, n’est-ce pas ?

  • 24 February 2009 à 8h16

    Béret vert dit

    Je me souviens qu’on nous expliquait combien les traders français, issus des grandes écoles, étaient apprécié à la City, pour leur capacité à manier les équations et à réaliser des montages financiers complexes. Depuis, ça a fait pschitt…

  • 24 February 2009 à 8h05

    L’Ours dit

    Le système de négociations boursières internationales( actions, futures, etc) par le vecteur electronique n’est toujours pas encadré comme il faudrait! l Des modèles de décision d’achats et ventes sont intégrés dans un programme et les ordres envoyés par des automates! Les aberrations et manipulations des marchés sont donc toujours possibles.
    Pour les VRAIES entreprises, il faut instaurer un système de charges salariales basées sur un ratio inversement proportionnel nombre d’employé/ charge!
    Tout le reste est littérature!

  • 24 February 2009 à 7h42

    Jerome dit

    Juste une precision: la responsabilite de la crise ne revient que partiellement a l’administration Bush, elle reviemt surtut a Clinton. C’est lui qui a force les banques a preter a des gens insolvables – mesure “sociale” – et qui a cree les subprimes qui sont a l’origine de tout ce bordel.

  • 24 February 2009 à 7h42

    Pirée dit

    Citoyen Tomasi,
    le musée est un instrument de désertification culturelle.

  • 24 February 2009 à 2h31

    Three piglets dit

    “Obama n’est ni pire ni meilleur que Brown, Merkel ou Sarkozy.”

    C’est vrai, il n’a pas le passif de Brown et de Sarkosy qui ont été ministre de l’économie et qui n’ont rien vu venir…

  • 24 February 2009 à 2h30

    Three piglets dit

    C’est sur que l’avenir d’Israel est compromis si son seul et principal allié disparait de la carte….
    On comprend l’inquiétude de Gil.
    Mais cela, fallait y réfléchir avant, au lieu de mettre ses intérêts dans le même panier.

  • 24 February 2009 à 2h22

    Three piglets dit

    Visiblement, vous n’avez toujours pas compris que l’affaire est pliée.
    Vous vous réveillerez dans 6 mois, lorsque le systéme bancaire sera à terre….

  • 23 February 2009 à 22h57

    Rollo Tomasi dit

    Même les journalistes qu’on aime bien sont impayables. Avec une carte de presse et un bon style , il est possible de décerner des bons points – Obama, quasi-parfait selon GM – ou des cartons jaunes – l’Europe, pas brillante la coordination entre chefs d’Etat- et le tout avec une ‘assertivité’ à toute épreuve.
    Le problème, c’est que la réalité est sans doute beaucoup trop complexe pour permettre de prévoir qui prend les bonnes ou les moins bonnes décisions.

    Aux US et en Europe, il y a des bataillons de super-économistes conseilleurs (pas d’accord entre eux, d’ailleurs) et des politiques qui doivent arbitrer du mieux qu’ils peuvent (sans oublier leurs intérêts nationaux naturellement. GM a oublié de parler des aspects protectionnistes du plan Obama -peur de ternir l’image de l’icône, sans doute).

    Obama n’est ni pire ni meilleur que Brown, Merkel ou Sarkozy. Seul l’avenir nous dira lesquels auront le mieux contribué à résoudre la crise (dans l’hypothèse optimiste). Pas besoin de l’avis personnel de journalistes qui n’ont, me semble-t-il, aucune lumière particulière sur le sujet.

    En revanche, ils pourraient utilement informer leurs lecteurs sur certains aspects de la vente de la collection de Mr Pierre Bergé. Par exemple les aspects fiscaux de la vente, ou la façon dont cet actif contributeur de la gauche mitterrandienne puis royaliste a accumulé une telle fortune, ou bien encore, les réactions -assez rares dans la presse, il faut bien le dire – au fait qu’il ait choisi de vendre ses trésors aux enchères internationales, plutôt qu’à les donner à des musées nationaux.). Peut-être un papier de D. Desgouilles ou J. Leroy quand ils en auront fini avec la Rolex de Sarko ?

  • 23 February 2009 à 20h20

    Béret vert dit

    La relance, certes, mais avec des tirelires vides, ça fait un peu casino.