Rencontre avec Personne
Qui donc a vraiment fait libérer nos otages en Afghanistan ?
Publié le 26 juillet 2011 à 16:59 dans Monde
Mots-clés : Afghanistan, Hervé Ghesquière, Stéphane Taponier

J’ai souvent entendu dire que la règle absolue, pour un rédacteur en chef, était de faire confiance à « ses » journalistes sur le terrain. C’est ainsi que la presse mondiale a publié d’émouvants reportages sur le massacre de Timisoara ou le génocide au Kosovo. Je ne crois donc nullement que le fait d’être sur place rende qui que ce soit plus intelligent. Ce n’est donc pas parce que Paulina Dalmayer est à Kaboul que je lui fais confiance mais parce que cette talentueuse jeune femme n’est pas née de la dernière pluie et qu’elle dispose de contacts privilégiés. Aussi ai-je tendance à croire que la personne qu’elle a rencontrée est réellement l’homme qui a négocié la libération de nos otages. Reste que ni elle ni moi ne pouvons êtres sûres à 100 % qu’elle n’a pas été manipulée. Nous vous livrons donc ce reportage tout en sachant qu’il est affecté d’un coefficient d’incertitude incompressible.
Elisabeth Lévy
J’ai rendez-vous avec Personne. L’artère principale de Taimani, un quartier situé à l’ouest de Kaboul, est lourdement encombrée. Des camionnettes équipées de haut-parleurs avancent lentement dans la direction opposée à la nôtre. Un ami me conduit en moto. Il s’est passé quelque chose mais nous ignorons quoi. Depuis plusieurs jours nous ne captons plus ni RFI ni aucune radio anglo-saxonne à la maison. Des banderoles couvertes d’inscriptions en dari pendent sur les côtés des véhicules.
Personne, avec qui j’ai rendez-vous, est celui qui a risqué sa vie ainsi que celle de sa famille, en négociant la libération des deux otages français, Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière, pendant les huit derniers mois de leur détention. Le lieu de notre rencontre est fixé en centre-ville, dans un restaurant connu et apprécié du personnel des ambassades étrangères, des fonctionnaires de l’ONU et plus encore de leurs femmes. Un vague parfum de Sex and the City flotte autour de quelques tables disposées à l’ombre de pommiers : hauts talons, jeans moulants et décolletés. À l’entrée, un commando de gardes du corps exhibe des muscles capables de supporter avec aisance le poids des gilets pare-balles sous le soleil de plomb.
Le restaurant fait office de bureau de presse officieux de quelques instances officielles, dont l’Ambassade de France. Entre deux bouchées d’un gâteau au chocolat « à la française », on peut y apprendre beaucoup, à condition de savoir gagner la confiance de ceux qui détiennent l’information. C’est ici que le chef du protocole du Président afghan m’avait annoncé l’imminente libération des deux journalistes français. Nous étions alors le 22 juin. « Est-ce un scoop ? », avais-je demandé sans prêter trop d’attention à son propos. En octobre dernier, lors de mon précédent séjour en Afghanistan, le même bruit courrait déjà à Kaboul.
Sept mois plus tard, le sort des deux Français préoccupe moins, sinon peu, les esprits. L’approche du ramadan avec les risques d’attentats qu’il sous-entend et le transfert du pouvoir de l’OTAN aux forces afghanes constituent désormais les sujets majeurs de discussions et de spéculations. « Juillet sera très chaud », entend-on par-ci par-là, venant de personnes habituellement très bien informées. L’attaque de l’hôtel Intercontinental par les taliban le 29 juin dernier, figera la communauté des expatriés dans la conviction que la sécurité de la capitale afghane n’est qu’une fiction vaporeuse. Depuis les toits de nos maisons entourées de barbelés, nous observons Kaboul aux allures de Beyrouth du début des années 1980, pour constater, mi-inquiets, mi-rassurés, que la guerre continuera, voire regagnera du terrain. Et avec la guerre, la présence des étrangers en Afghanistan paraît inéluctable, qu’ils soient journalistes, trafiquants, humanitaires ou employés des sociétés de sécurité privées. C’est dans ce climat que tombe la dépêche de la libération de Stéphane Taponier et Hervé Ghesquière.
Personne parle.
La veille de ma rencontre avec Personne, un coup de téléphone d’un contact à la fois proche du Palais présidentiel et des services de renseignements français me prévient que mon interlocuteur devra rester anonyme. J’ignore jusqu’à sa nationalité. Je ne sais pas s’il est français ou afghan. Tout ce que je sais c’est qu’il est allé récupérer les deux journalistes de France 3 au dernier endroit de leur captivité pour ensuite les remettre aux mains des autorités françaises. « Une fois ton papier publié, je t’en dirai plus sur le parcours de ce gars et, bien évidemment, ça restera entre nous. » Je tiens toutefois à savoir si Personne, que je dois rencontrer, est susceptible de parler avec d’autres journalistes. « T’inquiète. Quelqu’un qui n’existe pas ne peut pas parler. » J’attends donc Personne en compagnie de ce représentant officieux de l’amitié franco-afghane.
Je ne le vois même pas arriver. Il apparaît brusquement à notre table et donne une accolade à mon accompagnateur. « Je vous laisse », dit ce dernier. « Comment aimeriez-vous être présenté aux lecteurs français ? », demandé-je à un homme d’une quarantaine d’années au physique un peu lourd. « Comme la personne qui a été mandatée par le Président Karzai pour mener les pourparlers avec les taliban en vue de la libération des deux otages français. » C’est la seule phrase de notre conversation que j’enregistre pour l’effacer aussitôt à sa demande. « Je parlerai lentement », me dit-il en commandant un jus de pastèque. Il s’exprime en bon anglais. Le silence s’installe, dû à mon incrédulité.
Cet homme que l’on prendrait aisément pour un cadre dans une banque aurait-il partagé les dernières heures sur le sol afghan des deux journalistes français ? « Plusieurs fois, j’ai douté de pouvoir m’en sortir. J’arrive dans un village… Je dois rencontrer le chef des taliban mais au final je me retrouve entouré de 250 hommes armés. Je leur parle des valeurs afghanes d’hospitalité et eux me parlent de leurs combattants tués, de champs détruits, de manque d’eau et de nourriture. Alors, je leur fais des promesses, toutes sortes de promesses… Je leur dis qu’ils auront une route goudronnée, un hôpital et une école. Je ne sais plus quoi dire… Je montre du doigt les jeunes qui se tiennent à la porte de la pièce où nous discutons et parle du fait qu’ils devraient faire autre chose que combattre et mourir. Ils ne veulent rien entendre. Je n’ai plus d’arguments. Je me sauve in extremis, en m’engageant à faire en sorte que cessent les accrochages avec les soldats de l’ISAF présents dans la province. » La longueur des négociations et leur difficulté auraient en très grande partie résulté de l’obstination de l’armée française à opérer dans la région de Tagab. « Combien de fois il m’a fallu intervenir auprès de l’Ambassade de France pour demander que les troupes françaises se calment un peu sur le terrain où nous essayons de faire au mieux notre boulot », me confie l’homme.
À aucun moment toutefois, il ne met en cause la communication, pourtant à l’évidence défaillante, entre les ministères de l’Intérieur et de la Défense d’une part, et l’ambassade de France de l’autre. Or, qui dit « ambassade de France » dit « services secrets français » même si le rôle joué par ces derniers est officieusement « inconnu ». En sirotant son jus de pastèque, l’homme affirme sereinement « avoir aidé d’autres forces que militaires » et précise que « les sources militaires françaises n’étaient pas très fiables ».
Quel a été le moment le plus difficile des négociations ? Sans doute le début de la couverture médiatique de la prise d’otages. « Dès l’instant où les médias français ont commencé à afficher le nombre de jours passés en détention par les deux otages, la pression est devenue insupportable. D’une part, il fallait accélérer les pourparlers et d’autre part ces pourparlers étaient au point mort, les taliban étant convaincus qu’ils détenaient des espions. Des chefs taliban me téléphonaient du Pakistan pour me dire que si les deux otages n’avaient été que des journalistes, ils n’auraient jamais bénéficié d’un tel soutien. Selon eux, si on en parlait sans cesse à la télé, c’est parce qu’ils étaient très importants. De mon point de vue, cette mobilisation était totalement contre-productive. Si je me fais kidnapper, mes enfants n’ont pas besoin d’afficher sur la maison le nombre des jours de mon absence. Ils le connaissent par cœur… ». L’importance présumée des deux otages aurait-elle augmenté le montant de la contrepartie financière exigée par les ravisseurs et tous les intermédiaires ayant une information à vendre ? L’homme nie trop fermement pour qu’on ne le pense pas. Inutile d’insister, il ne lâchera rien sur le coût de l’opération, par ailleurs divulgué officieusement par des « sources proches de l’Ambassade » : 5 millions d’euros pour la libération des otages, auxquels il faut ajouter 2 millions dépensés au cours des négociations.
Personne n’a rien à dire.
Le téléphone de l’homme sonne à deux reprises, me rappelant que le temps nous est compté. Je veux qu’il me raconte la phase ultime de l’opération, telle qu’il l’a vécue après l’avoir organisée. « Tout s’est passé assez vite mais j’ai eu terriblement peur que les huit mois qu’avait duré ma mission soient anéantis par une erreur de dernière minute. Nous sommes allés les chercher à deux voitures, l’une dans laquelle devaient monter les journalistes et l’autre prévue pour emmener leur traducteur. Ils sont venus vers la voiture vêtus de blanc, dans les tenues traditionnelles offertes par les taliban. Ils ne savaient pas si j’étais l’un des ravisseurs. Les taliban ont pris une photo de nous trois, moi au milieu encadré par les deux journalistes. C’était une garantie supplémentaire pour eux. Si la suite des événements ne se passait pas comme prévue, ils disposaient de mon portrait. En clair, j’aurais payé un éventuel changement de programme de ma vie. Ensuite nous sommes montés dans la voiture où j’ai remis aux ex-otages une lettre rédigée en français dans laquelle il était écrit qu’ils n’avaient plus à avoir peur. Mais c’est seulement au moment où j’ai appelé l’Ambassade de France et que je leur ai passé le téléphone qu’ils ont vraiment compris qu’ils étaient désormais libres. Ils étaient très heureux. Ils ont pleuré aussi. Je les ai conduits jusqu’à la base militaire de Warehouse où ils ont été accueillis par les autorités françaises. Puis je suis rentré chez moi. J’ai dormi douze heures. » L’homme termine son jus de pastèque et jette un regard absent sur le jardin désormais plongé dans une semi-obscurité. Difficile de deviner ce qu’il pense de sa mission. Il se peut qu’il n’en pense rien, se contentant de l’avoir accomplie.
Encore une question. « Étiez-vous au courant du propos du Président français imputant aux deux journalistes une imprudence coupable dans l’exercice de leur métier ? ». Il confirme d’un hochement de tête. « Tous les deux méritent une bonne fessée… ». Autre chose à leur dire ? Un message à leur transmettre ? « J’aurai peut-être quelque chose à leur dire en tête à tête, à l’occasion, quand je serai à Paris… Sinon, rien. Je ne suis personne dans cette histoire. » L’homme se lève et disparaît.
Jamais nous ne verrons le reportage de Stéphane Taponier et d’Hervé Ghesquière qui a coûté aux contribuables français sept millions d’euros (sous réserve de la fiabilité des sources proches de l’Ambassade). Jamais non plus, j’en fais le pari, nous ne lirons dans les livres qu’ils publieront sans doute sur leur dix-huit mois de captivité, un remerciement autre que « collectif » à tous ceux qui ont contribué à leur libération. L’abnégation et l’incorruptibilité de l’homme à qui ils doivent la liberté, sinon la vie, ne seront ni récompensées ni même reconnues. C’est comme ça. Certes, Hervé Ghesquière a entièrement raison quand il dit qu’il faut que nous ayons, nous les Occidentaux, « un autre point de vue » sur certains faits ou conflits et qu’il est du devoir des journalistes de le présenter au public. Reste que nous devons quand même nous efforcer d’y parvenir de façon à ne jamais emmerder Personne.
Peu de temps après ce rendez-vous, je revois l’informateur qui m’a présenté Personne dans le restaurant où nous avons pris nos habitudes. « Il y a un souci avec mon texte, lui dis-je. Ma rédaction me demande, ce que j’arrive à comprendre sans problème, des éléments supplémentaires pour appuyer la crédibilité de notre ami… ». L’homme que j’ai en face de moi me regarde, impassible. « Je t’ai dit qu’en t’aidant à le rencontrer, je te faisais un cadeau empoisonné. Mais tu peux dire à tes collègues à Paris que personnellement, j’en ai rien à foutre et plus rien à perdre. S’il le faut, je suis prêt à faire tous les plateaux de télé pour dire que la France a été pour peu de choses dans la libération des deux gars. Il paraît que plusieurs jours après la fin de la mission, l’Ambassadeur n’a même pas remercié officiellement les Afghans pour leur aide. Si c’est vrai, c’est dégueulasse. » Nous nous quittons sur ces mots. Lui, cachant mal son amertume, moi essayant de m’accoutumer à un sentiment nouveau. Le sentiment d’impuissance du journaliste qui ne peut dévoiler le nom d’une source fiable et sincère parce que sa sécurité et sa confiance l’exigent.
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L'auteur
Paulina Dalmayer est journaliste et travaille dans l'édition.
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PapaDoc dit
…………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………………..(bruit de la caravane qui passe).
C’est facile, je sais, mais (hi ! hi ! hi ! ) l’effet est garanti. Je veux dire sur les aboyeurs. Et surtout pas les chiens que j’apprécie beaucoup. Contrairement à Millet (Richard, pas l’autre) qui les hait. Personne n’est parfait (de lui ou de moi à vous de choisir d’autant que lui comme moi connaissons bien le propos de WC Field à ce sujet). Et cette facilité évite de se retrouver au Café du Commerce, ou du Port, que semble être devenu ce forum où trop rares sont ceux qui ne se sautent pas à la gorge, rien que pour un mot de travers, à croire qu’ils ont abusé du pastaga généralement privilégié en ces lieux. Et, trop souvent, dans un charabia qui ne fait que témoigner de l’absence totale de considération que l’on a pour son interlocuteur. Il faut lire (Le Magazine littéraire de décembre 2010, pages 56 et suivantes) les lettres de la maman de Jean Genet à l’Assistance publique à propos de l’enfant qu’elle avait été obligée d’abandonner. Il n’y a pratiquement pas de fautes. Et halte au soupçon de recours à un écrivain public parce qu’en 1911, 12 ou 13, si l’on avait été à l’école c’est ainsi que l’on écrivait, comme écrivaient mes grands-parents et un peu plus tard mes oncles et tantes, mes parents, ces derniers nés respectivement en 1909 et 1911 et tous d’origine très modeste. A part mon père (boursier de la république) aucun d’eux n’est allé au delà du certif. Mais quand ils s’exprimaient verbalement et écrivaient tout était parfaitement compréhensible ce qui n’est pas toujours le cas sur ce forum. Il est certain qu’une langue, comme toute chose, peut, sinon doit, évoluer. Mais l’évolution peut se faire, en matière de langue comme pour tout autre chose, vers le bas comme vers le haut. Il semble que sur ce forum quelques-uns risquent dans pas longtemps de se retrouver à pratiquer la quadrupédie. En matière de langue cela signifie se retrouver à communiquer par onomatopées. Et pourquoi pas d’ailleurs. Le Marsupilami se faisait parfaitement comprendre à ce que je crois me souvenir. Et puis se sera utile sinon indispensable quand banlieues, beaux quartiers et entre les deux seront sous la même domination de populations qui, comment dire, seront partout les mêmes que celles qui actuellement au Royaume-Uni s’expriment de façon si ludique.
C’est vrai que j’ai écrit “pastaga”. Une touche supplémentaire à mon portrait. Beau joueur je précise que, bien évidemment, je ne bois que du single malt.
sausage dit
N’oubliez pas les schtroumps.
saintex dit
PapaDoc a dit, met ta cagoule
Je mets ma cagoule
^ ^
I I I I
I I I
I I
I ÂNE I
I I
——————
saintex dit
Zut alors, j’avais dessiné un bobo nez d’âne
saintex dit
PapaDoc vous avez mal digéré la relecture complète des oeuvres d’Achille Talon. Je pourrais répondre, oui vous êtes un cuistre et vous, mais vous en êtes un autre, très cher.
La vérité est que vous me les brisez menu avec vos charres et votre pensarde en berne. Aller au charbon pour fourguer du papelard sur la “haute tenue morale de l’accord du participe”, c’est de la salade pas de saison. Y’a gourrance sur les destinataires, c’est pas la bonne turne.
Aus autres.
Je suis attaché à l’orthographe, même si celle-ci peut et doit évoluer.
L’accent circonflexe a toujours sa place, qui nous raconte l’histoire de la vie du mot.
Orwell peut dire ce qu’il veut, il s’exprimait dans une langue qui est depuis longtemps décomposée. Hors le soutient dollar, c’est cette possibilité de l’utiliser en alignant simplement des mots qui en fait le succès et la faiblesse. Ceux qui voudraient la voir unique et universelle, qui pensent être “internationaux” en l’employant, auront beau nous dire successivement qu’elle est riche de plus de mots (80 000 – 100 000 – 160 000… j’ai tout vu), elle n’en restera pas moins totalement imprécise.
La structure d’une langue est le reflet d’une pensée, d’une vision et d’une organisation. C’est pourquoi il est raisonnable de dire la richesse de l’allemand et encore plus du latin.
L’importance de la sémantique est évidente dans l’expression, Pour une expression claire et un dialogue constructif, comprendre que l’on emploie, ou que l’autre emploie un accusatif ou un ablatif est tout aussi fondamental.
C’est d’ailleurs je crois, le principal manque du aux banlieues, que celui d’un état qui n’enseigne pas avant toute chose la construction de sa langue à ceux qui ne la connaissent pas ou la maîtrisent si peu.
C’est quand le verbe fait défaut que la violence apparaît.
Et au final, si j’ai jugé important de savoir s’exprimer sans faute, y compris d’orthographe, cela ne signifie pas qu’il faut en permanence mettre cela au premier rang.
Maître l’Ours dit ne pas se relire, moi non plus camarade, mais il est certain que nous nous signiions lui ou moi un article dans Causeur ou ailleurs, nous ferions attention à ce que le verbe soit bien traité, orthographe, syntaxe et rhétorique. Sans compter que l’Ours serait l’obligé d’un style bien léché. Fiorino ferait probablement relire et corriger ses fautes
Ma référence ne sera pas Orwell (que j’apprécie pourtant), mais Astérix disant à Obélix qui a boulotté tout le gâteau devant Cléopâtre, “il y a un temps pour les gâteaux, et un temps pour les reines”.
pirate dit
Les banlieues ont un langage riche. Un sens de la formule surprenant, un humour abrasif, un vocabulaire international (arabe, gitan, français, anglais) mais la syntaxe, ils la prennent en levrette et le verbe ils l’ont haut. Hélas, c’est un flux à sens unique. Ils ne prennent rien, ne veulent rien, les livres sont des abstractions qui parait-il ne parle jamais d’eux. Ils ont 20 ans donc.
L’anglais est créatif et désarticulé (l’anglais moderne) d’un pays à l’autre, ni les mêmes mots, ni parfois la même formulation pas même la même prononciation (voir la chanson d’Amstrong à ce sujet sur l’emploi du mot “either”). L’anglais est une langue commerciale, elle s’adapte au besoin du client, ce qui en fait sa force. Sur ce point le vaniteux veut s’appuyer pour étayer son propos, en ce qui me concerne, puisque je me sent ciblé : ça me fait une belle jambe. Il n’est ni ne sera le dernier à me conseiller Becherelle et Grévisse. Pas la première andouille que je subverti à ce qu’il prend pour de l’approximatif.
Le français est logique, analytique, complexe, émaillé de règles qui se contredisent en toute logique d’elles-même, c’est une langue de fou en ceci que même ses contradictions se trouve toujours justifié par un savant raisonnement. C’est une langue qui réclame qu’on lui présente patte blanche, ne se donne jamais, pas même auprès des vaniteux, mais se prête volontier. C’est une langue du raisonnement mais pas forcément de la raison.
skardanelli dit
À l’Ours qui perd du temps avec les vaniteux.
”On a trop réduit la connaissance de la langue à la simple mémoire. Faire de l’orthographe le signe de la culture, signe des temps et de sottise. ” Paul Valéry.
eclair dit
Très fort de celui qui m’a plusieurs fois fait remarqué l’orthographe.
La langue est quelque chose de vivant ce qui signifie qu’elle évolue.
Une langue qui reste figée c’est une langue morte.
Fiorino dit
C’est vrai qu’on devrait se poser la question (et moi je suis un militant de la francophonie) de l’impact de la rigidité française sur l’ortographie sur le développement du français dans le monde, Surtout en Afrique. J’avait entendu Erik Orsenna dire que les accents c’est le piment de la langue. Peut-être dans un milieu intelectuel en même temps est-on vraiment sûr que les masses s’amusent à chercher où mettre l’accent circonflexe qui à mon avis aujourd’hui n’a plus aucune utilité? D’ailleurs cette orthodoxie sur l’ortoghraphie (je sais c’est rédondant) me paraît une façon très pratique d’exclure les gens quand cela arrange.
pirate dit
ska vous avez parfaitement trouvé le qualificatif : vaniteux.
L'Ours dit
Croyez-vous que je ne voie pas mes fautes d’orthographe lorsque je me relis sur le site?
Comme je fais relativement souvent des commentaires, je ne me relis pas avant d’envoyer.
Pire! J’ai remarqué que si je me relis dans le mouvement, pris dans ce que je “pense”, je laisse la plupart des fautes, pourtant grossières.
Ce n’est qu’une fois le post envoyé, et donc avec un léger recul d’esprit, que je vois les fautes évidentes.
Il se trouve que dans un forum, je discute honnêtement. Je veux dire par là que je dis certes ce que je pense mais que je suis à l’écoute. Cela nécessite une certaine spontanéité.
Bien sûr l’orthographe est une politesse, je suis d’accord, mais cela nécessiterait de ma part de me mettre sur word, de prendre plus de temps, voire de m’écouter parler, de me faire briller en polissant les mots et en fournissant une copie impeccable.
Quand je relis mes fautes j’aimerais pouvoir les corriger, mais c’est trop tard.
Mon choix est fait.
Je préfère être direct.
PS
c’est quand même pénible et même vain de devoir se justifier sur ça.
Le seul autre site sur lequel je sévis, est un site pour les passionnés du travail du bois. Je vois de suite que quelques intervenants ont dû faire peu d’étude car leur orthographe est inexistante. Pourtant, ce qu’ils expriment est souvent de haute volée, voire génial. Mais comme c’est un site de bricolage, ils laissent leur gêne au vestiaire.
Je me dis qu’ils doivent être nombreux à souhaiter dévoiler leur pensée sur Causeur mais sans-doute n’osent-ils le faire de peur d’être déconsidérés. C’est une perte pour nous tous.
Mais la police de l’écriture veille.
PapaDoc dit
Lecture (re)faite je persiste et signe. Et je ne commente pas les commentaires sous peine de tomber dans le travers que je dénonçais précédemment. Désormais “silence radio”… jusqu’à ce que le sujet en vaille vraiment la peine ce qui, hélas me dit mon petit doigt, ne saurait tarder. En attendant aux uns et aux autres je conseille : “Ortho -dit l’Ortho vert- dictionnaire orthographique et grammatical” par André Sève et Jean Perrot, aux Editions sociales; Bescherelle “La conjugaison pour tous” chez Hatier; Ou bien, je le préfère, le “dictionnaire pratique de conjugaison” chez Nathan. Je tends les verges pour me battre car, à ma première faute, les pions ne me louperont pas. Oui mais, si je me permets de faire montre de ce qui peut paraître comme de la cuistrerie, c’est que “Orwell savait que la décomposition de l’ordre linguistique est le prélude, ou le résultat, d’une décomposition politique, laquelle suscite toutes les formes de totalitarisme”. C’est de Richard Millet dans “Arguments d’un désespoir contemporain” chez Hermann (depuis 1876, mais “Les opinions exprimées dans ce livre n’engagent que l’auteur”). En voilà un, Millet, de bien plus intéressant sur lequel vous devriez vous exciter, les un(e)s et les autres. Qu’attend Causeur pour rendre compte d’ “Arguments…” et aussi de “Fatigue du sens” chez Pierre Guillaume de Roux (depuis… pas longtemps je crois mais, comme papa, feu Dominique sauf erreur, on publie sans ouvrir le parapluie et, probablement même, en espérant l’orage). De toute évidence il en est des éditeurs comme des journalistes.
sausage dit
Sur l’ancienne version de Causeur, celle ou pullulait allègrement l’étroitesse d’esprit sous ses formes les plus variées (j’en suis presque nostalgique), ne m’avait-on pas rétorqué: “l’orthographe est l’hygiène des crapules”?
Je ne m’en suis toujours pas remis.
Je partage votre propos sur le lien entre la défaite du langage et celle de la pensée. Et la conclusion sur le totalitarisme. J’ai écrit sensiblement la même chose tout à l’heure sur le fil Oslo.
J’ai également un peu de mal à saisir ce qui gêne certains causeurs dans les articles de Paulina Dalmayer. Y compris celui-ci.
En revanche, si quelqu’un devait ne pas aimer votre ton, je crois que je le comprendrais aisément. Allez savoir.
pirate dit
un commentaire qui nous explique, en les commentant par la bande, avec le mépris qui avec, qu’il ne commentera pas les commentaire, j’appel ça un faux cul qui se la raconte. Silence radio ? C’est pas de refus.
L'Ours dit
Ok!
L'Ours dit
Pirate,
je pense que vous répondiez à quelqu’un d’autre.
Je ne saurais trop vous supplier de ne plus utiliser le bouton “répondre”.
Please…
pirate dit
j’ai répondu derrière vous à votre suite parce que je m’adressais à la même personne que vous.
L'Ours dit
Bon PapaDoc,
les mielleux qui volent au secours du courage des uns en usant de sarcasmes sur la couardise, la pusillanimité voire la mollesse passive et effacée des autres me font chier plus que tout.
Vous avez l’air de connaître tout le monde et savoir qui fait quoi ou qui a fait quoi dans sa vie. Bravo! vous êtes un devin. Personnellement ça m’a fait du bien, passé un temps de donner mon opinion. Mais je ne l’ai jamais rien pris pour autre chose que ce qu’elle est, une simple opinion, sans plus.
J’ajoute qu’à la lecture d’une contradiction intelligente, je change d’avis non seulement sans problème, mais avec joie.
Alors, si même une opinion est de trop, même si elle n’a jamais affirmé que cette journaliste était dénuée de talent et de courage – j’ai même affirmé le contraire – je vais vous dire, je m’en contrefiche. Ma petite vision des choses dans mon vase clos ne va pas changer le monde et si j’arrête de la donner, la terre s’en contrefichera.
Ah! si vous aviez été plus jeune, vous eussiez été un héros.
Heureusement que vous étiez là pour me rappeler mon insignifiance, mon museau sortait de trop de sa tanière.
pirate dit
Pour le patron des coupeurs de têtes, puisque c’est de moi dont il s’agit quand vous citez la phrase sur Kessel, je ne saurais dire qu’une seule chose : apprenez à lire. Je dis exactement le contraire de vos allégations sur le terme du journalisme, comme sur celui de cet article. Que je ne le trouve pas expressement bien écrit, ce n’est qu’une affaire de goût, ça ne se discute pas. Qu’il rentre dans les détails même insignifiant (et les rapports de police regorgent de ce genre de détail mais ne cherche pas à faire de phrase, comme quoi vous parlez ce dont vous ignorez tout) ma parait au contraire de l’Ours important (relisez nos échangent, vous avez vous aussi apparement du temps à perdre, votre intervention en témoigne). Parce qu’ils décrivent par le creux une réalité que nous n’avons pas vécu et ne vivrons pas. Et nous en donne des indices, comme il nous interroge au même titre que l’intéressé (ici Mme Levy) s’interroge sur la fiabilité de la source. Sans ceux ci je serais incapable de déceler un indice de Renseignement.
Quand au terme de mon oisiveté, en effet, ne travaillant pas, et n’ayant en ce moment aucun fond réel, je passe beaucoup de temps ici, trop sans doute. quand je travaille, c’est terminé, j’ai la tête totalement occupé. De plus j’adore écrire, désolé mon ordi est en panne et je ne peux pas me pencher sur mes romans.
pirate dit
quand à rêver d’être à la place de la dame là, en Afghanistan à essayer de comprendre ouh là que j’adorais ça. Soyez en sûr.
saintex dit
Et pis tout d’même, faudrai voir à pas piquer le taf de BLANCHE, tonton lacoute ou pas.
skardanelli dit
Ce n’est pas tant l’argent que nous dépensons qui me gêne, et ce ‘nous’ englobe la Nation que pourquoi on le dépense. Je le répète, il n’est pas admissible de continuer de payer des rançons, c’est la porte ouverte à toutes les manipulations, à tous les abus. C’est d’autant moins admissible que les deux dont on parle et Ingrid Betancourt tant qu’on y est, sont partis se jeter dans la gueule du loup au mépris de toute précaution, en dépit de tous les avertissements, à tel point que l’on peut légitimement se poser des questions sur des manipulations auxquelles les victimes elles-mêmes se seraient prêtées. Je ne vois pas en quoi quiconque devrait se sentir obligé après de tels comportements, et je suis d’avis que si les gouvernements doivent réclamer leur libération, que jamais ils ne paient de rançons. Je trouve écoeurant que la condition de journaliste soit considérée comme plus digne de compassion que celle des soldats défendant nos intérêts, qui tombent régulièrement sur ces théâtres d’opération, et qui sont parfois faits prisonniers eux aussi. Les émois outragés que j’ai pu lire dans ce fil sont absolument de convenance, et me laissent froid. Je crois que je n’aurai rien d’autre à ajouter sur cette affaire ridicule et cet article non moins ridicule.
pirate dit
Vous faites un parallèle qui n’a nullement lieu d’être, avec Betancourt. Il apparait clairement que la dame s’est jeté dans la gueule du loup pour servir sa cause personnelle (même ses alliés se posent des questions à ce sujet). Pour l’affaire de l’argent, j’ai déjà répondu. En gros Chuck Norris n’est pas toujours libre, et parfois ça vaut mieux. Et je ne trouve pas que les journalistes soient plus digne de compassion que les soldats, en fait ça ne se compare nullement. A ceci prêt que les uns y vont sans arme pour rapporter une dérisoire information à des citoyens ingrats dans votre genre. Ecrivez au SIRPA.