Soljenitsyne indésirable à Paris ?

Post-mortem, la gauche continue à vouloir le faire taire

Publié le 07 octobre 2008 à 14:01 dans Société

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En lisant le dernier numéro de Valeurs Actuelles, j’ai appris, grâce à mon avisée (et charmante) consœur Josée Pochat, un truc qui m’a laissé sans voix. Lors de la dernière réunion du Conseil de Paris, une proposition UMP d’attribuer le nom d’Alexandre Soljenitsyne à une rue de la capitale a failli être rejetée à cinq voix près (30 voix pour, 25 contre) ! Le maire de Paris – absent lors du scrutin – avait laissé la liberté de vote aux élus socialistes et il s’est trouvé parmi eux une majorité soit pour voter contre, soit pour s’abstenir, à l’instar des élus communistes et chevènementistes.

Le vote aurait pu ne pas avoir lieu du tout. D’après Jérôme Dubus – l’élu UMP à l’origine de cet hommage au Prix Nobel disparu le 3 août dernier – l’idée d’une place ou d’une rue Soljenitsyne a failli être enterrée par la majorité municipale dès les débats préliminaires en commission. Finalement, il semble que Bertrand Delanoë, plus fin politique que ses séides et peu désireux qu’on lui accroche cette casserole-là au fondement, a “préparé” le scrutin en Conseil de Paris de façon à aboutir à un vote ric-rac, mais positif. Mais avant d’en arriver là, les débats ont été d’une rudesse rare, et Jérôme Dubus raconte qu’il s’est cru téléporté en pleine guerre froide : “J’ai été surpris par la violence des propos tenus par les élus de gauche qui ne voulaient pas honorer l’écrivain. Ils étaient haineux, l’ont traité d’antisémite, d’ultranationaliste, lui ont reproché d’avoir soutenu le régime de Franco.” Renseignement pris, ce sont les élus du PCF qui ont porté l’accusation infâmante d’antisémitisme. La pudeur m’enjoint de ne pas épiloguer sur cette abjection. Par compassion pour ce qui fût autrefois et malgré toutes ses tares un grand parti communiste et français, je me contenterai d’un simple : “Pas ça, pas vous.” Je rappellerai néanmoins aux charlots et faux-culs qui siègent sous l’appellation communiste que, quand on marque au fer – fût-ce sur le front d’un mort – la lettre écarlate de l’antisémitisme, alors on ne s’abstient pas, on a le courage élémentaire de voter contre, sans quoi cela revient à considérer l’antisémitisme comme un point de détail.

Quant aux élus de gauche pour qui le soutien supposé de Soljenitsyne à Franco le disqualifierait pour donner son nom à une voie publique, j’espère qu’ils n’ont pas trop de suite dans les idées. Sans quoi, il va falloir débaptiser la place Charles-De-Gaulle. En juin 1970, quelques mois avant sa mort, le dernier chef d’Etat à qui le général tint à rendre visite n’était autre que Franco. Mais après tout, de Gaulle, n’était-il pas comme Soljenitsyne, un “ultranationaliste” ?

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  • 14 October 2008 à 2h43

    Jérôme Leroy dit

    Marc, enfin… De Gaulle est un bon écrivain, ce qui n’est pas le cas de Soljenitsyne. En plus, De Gaulle était communiste, comme tu le sais, puisque la CIA a passé son temps à le déstabiliser et a presque réussi en 68 avec l’aide d’un agitateur rouquin qui émargeait à Langley.

  • 10 October 2008 à 12h06

    robespierre dit

    Je vote Pour ! une rue Alexandre Solj…
    On pourra enfin peut être y mettre aussi une rue Louis Ferdinand Céline….

  • 10 October 2008 à 10h10

    Bouik dit

    Silence d’outre-tombe.

    J’attends tout de même l’ouverture de la discussion promise sur le communisme : entre ex-staliniens droitards, anarcho-capitalistes, maurrassiens, mussoliniens, et nostalgiques du Roi Soleil : cela devrait être un régal.

  • 10 October 2008 à 1h09

    BOUIK dit

    “on sait tout ça depuis longtemps; le parti s’est expliqué là-dessus dés 1956; on n’a pas attendu Soljenitsyne”… etc.

    Mmmm. Interprétation lourdement handicapée par la maladie qui s’appelle “l’anticommunisme primaire”. Donc naive.

    Sur les relations entre les juifs, les Polonais et les Russes, on peut citer par exemple, Israel Shahak, Israélien et ancien prisonnier des camps. Il s’est longuement expliqué là-dessus dans son ouvrage sur l’Histoire de la religion juive et des juifs.

    Bernard Lazare, sur le même thème mais en Europe de l’Ouest.

    Quelques juifs communistes ou “communisants” dont un dont j’oublie le nom (que je me ferai un plaisir de donner à notre assemblée de Très courtois, lorsqu’il me reviendra) liquidé dans les camps.

    Des Amércains, juifs et non juifs. Ce qui s’explique : les États-Unis ont été sans discontinuer une terre d’accueil pour les juifs, les Polonais, les Russes (et tous lees autres), les anciens communistes, les anticommunistes, les nazis : le thème des relations entre “les juifs” et “les autres” a donc été abondamment discuté et beaucoup de gens ont passé leur temps à essayer de s’estourbir, les uns les autres, dans des travaux universitaires sur ce sujet.

    Clin d’oeil au bon vieux Marx, qui avait effleuré le sujet dans un tout petit livre, qui a beaucoup choqué, a posteriori (très très a posteriori).

    Chomsky, dans Les Juifs et l’État – L’Étreinte fatale.

    (Limitation du nombre d’exemplaires de ce livre dans les ilbrairies françaises? Je ne sais pas : je n’habite plus là-bas : on dirait, à vous lire, que oui.)

    Et il ne faut pas oublier les ouvrages des chrétiens sionistes britanniques, qui explorent le sujet également, prédécesseurs intelligents et habiles des chrétiens sionistes américains.

    Le thème nécessite une analyse plus fine que l’analyse proposée ici à très gros sabots : “Les communistes ont exploité l’antisémitisme”.

    C’est exact mais seulement eux? Vous plaisantez !.

    Tout le monde a participé à “la fête”.

    Il fallait bien faire des États-Unis les vainqueurs, non ?

    Il me semblait pourtant qu’il était assez visible que l’Admnistration US exploitent le sujet et abondamment. La tendance a commencé là-bas dans les années 67 et le thème de l’antisémitisme a pris de plus en plus d’importance au fil des années, jusqu’à devenir central dans la politique américaine et dans les “cercles du pouvoir”. Pas de communistes en vue à ce que je sache !

    Il était également nécessaire, pour les “spin doctors” américains, de procéder à un petit “nettoyage” idéologique. Pas trop brutalement, tout de même. Assez discrètement, progressivement. En ménageant les susceptibilités.

    Le souvenir de Ford, inspirateur d’Hitler, et de ces grands industriels (notamment les Bush) qui voyaient Roosevelt comme un dangereux communiste et le nazisme comme une excellente solution, leur a donné quelques maux de tête, surtout après guerre.

    En tous cas, si l’on se fie à ce qui est écrit ici, on ne peut avoir qu’une immense admiration pour l’efficacité des spin doctors français et s’incliner devant leur ingéniosité et leur talent de censeurs.

  • 9 October 2008 à 23h28

    Sébastien dit

    Hitler n’était pas un aussi mauvais bougre comparé à ce fou-furieux de criminel communiste de Staline, ipso facto, il ne devrait se retrouver sur une couverture de livre en compagnie d’un coco !

  • 9 October 2008 à 19h47

    vingtras dit

    Cette nouvelle farce de la social-démocratie m’avait échappé… M’étonne pas. Imaginez-vous que pas plus tard qu’en l’an 2007, une librairie à bobos, de renom (usurpé), a refusé une couverture de livre où Hitler et Staline étaient présentés en Janus bifrons… au prétexte que “ça” risquait de choquer les clients.
    L’argument coco – les socialos en ont une peur bleue – d’antisémitisme est la dernière trouvaille. Il remplace celui qui a fait son temps et que reprennent seulement les vieux camarades pieux : “on sait tout ça depuis longtemps; le parti s’est expliqué là-dessus dés 1956; on n’a pas attendu Soljenitsyne”… etc.
    Les idiots utiles sont encore de sortie. Il n’y a que le veau d’or qui se casse la figure. Et le métal précieux ne sert même pas à construire les urinoirs de Lénine.

  • 9 October 2008 à 2h31

    BOUIK dit

    Des Israéliens ont fait ce travail de relecture de l’histoire des rapports entre les juifs, les Polonais et les Russes, il y a déjà vingt (20)ans déjà. Travaux souverainement ignorés en France, contrairement à d’autres.

    Retard déplorable !

    Un intérêt “littéraire” soudain, des convergences qui attirent l’oeil, éblouissent (il faut l’admettre) tellement elles sont déterminées – attendez : je cherche mes mots … par la conjoncture et le gain politique à court terme.

    Sauvons les meubles d’époque, pendant qu’il en est encore temps.

  • 9 October 2008 à 1h56

    BOUIK dit

    Ah oui : j’ai l’impression de vous avoir connu, Monsieur Cohen, mais à une époque lointaine, mais mes souvenirs sont flous.

    Je dois ENCORE confondre. Comme avec Patrick. Il y a tellement de fusions-acquisitions, en ce moment ! Ça donne le tournis.

  • 9 October 2008 à 1h46

    BOUIK dit

    Marc Cohen, je vous félicite : excellente idée pour le débat sur le communisme …

    Avec tout ce beau monde, c’est un spectacle splendide en perspective …je ne manquerais pas d’y assister.

    Après tout ! Tous les moyens sont bons pour essayer de rattraper les choses et éviter de gravissimes dommages … appelons-les … collatéraux et de faire revenir tout le monde à LA maison.

    Observons la suite.

  • 8 October 2008 à 13h55

    Marignac dit

    Soljé était une vieille baderne sans intérêt, un vieux réac abruti (il l’ a prouvé plus d’une fois). Mon ami Limonov (j’insiste) est allé à son enterrement. Comme il est mal vu, on a cherché à l’empêcher. Mais… trop de caméras, il a quand bien fallu le laisser passer. En sortant, il a dit :” Maintenant que la vieille peau est morte, il y a plus que moi, parmi les grands ancêtres”.
    Vieux farceur, j’en rigole encore.

  • 8 October 2008 à 8h47

    Odilon dit

    C’est vrai ça, faut pas le sacraliser le Solje. Un nom de rue, non mais franchement! Pourquoi pas un prix Nobel, pendant qu’on y est?

  • 8 October 2008 à 6h34

    Pirée dit

    L’usine à cadavres soviétique était connue dès les années vingt, notamment par le rapport, paru successivement en russe, en allemand et en anglais, de la commission de magistrats ayant suivi les armées blanches.

  • 8 October 2008 à 1h05

    Elisabeth Levy dit

    Cher Schneider,

    On n’est pas obligé de statufier Soljenitsyne pour trouver qu’il mérite sa place dans l’histoire du XXème siècle. Et par ailleurs, le sujet de cet article n’est pas Soljenitsyne mais le rapport de la gauche avec lui.

    Par ailleurs, permettez moi de vous signaler que “Eux et Nous”, le livre qu’il a consacré aux rapports (compliqués) entre les juifs et la Russie fait trois tomes, ie plus de mille pages. Alors laissons aux amateurs d’idées simples (dont vous n’êtes pas) le soin de le ranger dans la case “pour nous ou contre nous”.

    Par ailleurs, qu’il pose un tel poroblème à nos socialos encore plus qu’aux communistes devrait nous alerter: leur pb est que Soljenitsyne était effectivement un chrétien orthodoxe et un Russe échevelé (j’avoue une tendresse pour ces Russes qui persistent à l’être). Bref, tout le contraire d’un gaucho-moraliste… Mais cela mérite une plus longue discussion. Amitiés à tous, EL

  • 7 October 2008 à 23h59

    Pascal dit

    Avec Barry ,ce n’est pas très compliqué.

    Règle n°1
    Ne l’encouragez pas :il adore ça.
    Règle n°2
    quand il a fini,il arrête tout seul.
    Règle n°3
    Comme il faut bien se lever tôt pour aller au lycée ou à la Fac(1ère année),il finira bien par aller au lit,où il se récitera,avant de s’endormir,quelques versets de son livre de chevet préféré.
    Règle n°4
    Pour toutes ces raisons et parce qu’au fond,ce n’est pas un mauvais cheval,témoignez lui un peu d’indulgence.

  • 7 October 2008 à 23h48

    Pascal Adam dit

    Travaillant dans le milieu culturel, il m’est arrivé souvent de demander, ces deux dernières années, à des connaissances, dont je ne fais pas mystère que la plupart sont de gauche, si par le plus grand des hasard elles avaient lu Soljenitsyne. On m’a presque toujours répondu non, quelque fois en relayant les accusationsd’antisémitisme, de natio- ou d’ultra-nationalisme, de temps en temps en reprochant à ce russe d’être orthodoxe (ce qui est en somme une façon de regretter qu’il ne soit pas communiste!).
    C’est fascinant de constater à quel point cet écrivain n’est pas lu (est-ce seulement parce que ces romans ou cycles romanesques semblent énormes au pays où un roman contemporain français est une demi-nouvelle russe du XIX°?)
    J’ai fini par conclure que ces gens bien intentionnés, et amateurs de littérature par ailleurs (sinon ça ne vaut pas), reprochaient à Soljenitsyne, sans en avoir toutefois une claire conscience, d’être venu casser leurs rêves en exhibant l’usine à cadavres soviétique; et ces gens-là tiennent très fort à leurs rêves. Ils ne sont pas prêts de lui pardonner.

  • 7 October 2008 à 22h53

    Sébastien dit

    Mais ! Voyons Barry ! Reconnaissez que tout ce qui est à gauche, porte en lui les germes de la nuisance ! C’est comme certaines associations qui prétendent œuvrer contre le sida et qui font en fait l’apologie de l’homosexualité(si j’ai lu ça sur un blog et j’ai pas tout compris mais je suis d’accord quand même…) !

    Enfin bref, les élus communistes sont le mal absolu sur Paris comme partout ailleurs, blabla blabla…

    ps : excusez moi c’est l’heure de mes médicaments !

  • 7 October 2008 à 20h53

    BArry dit

    C’est booon! Je fais amende honorable.
    La monopolisation des ressources sur le fil de causeur, c’est pas bien!

  • 7 October 2008 à 20h45

    BArry dit

    Hit single.
    Le refrain, c’est:
    “H.A.S on est vraiment le crew le plus féroooce.
    On représente le hip hoooop.
    Mozefoook.”

    Et ça pendant toute la chanson!
    C’est à votre portée les gars