Ouigo : un enterrement de troisième classe pour le service public | Causeur

Ouigo : un enterrement de troisième classe pour le service public

Grâce à la SNCF, la France low-cost, c’est maintenant !

Auteur

Jérôme Leroy

Jérôme Leroy
Ecrivain et rédacteur en chef culture de Causeur.

Publié le 19 février 2013 / Économie

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tgv low cost sncf

Finalement, ils l’ont fait. Nous vous en avions déjà parlé ici La SNCF, malgré ce qu’elle avait déclaré initialement, a été jusqu’au bout de son projet de TGV low-cost. À l’origine, le projet s’appelait Aspartam, comme le sucre qui n’est pas du sucre. C’était une bonne idée puisque le TGV low-cost ne sera pas vraiment un TGV. Guillaume Pepy, le PDG de la SNCF, donne à ces nouvelles bétaillères le nom de Ouigo. À notre connaissance, ce nom ne veut rien dire. On se demande qui trouve des appellations de ce genre, aussi très à la mode quand il s’agit de désigner des nouveaux modèles automobiles. Des ordinateurs, sans doute, vaguement aidés par des communicants qui doivent être bien payés, et ne voyageront donc pas en Ouigo, eux. Ou alors, à force de le répéter à haute voix, entend-on subliminalement « Oui, go ! », parfait exemple de novlangue réduite syntaxiquement à sa plus simple expression où les monosyllabes sont le premier pas vers le grognement.
En quoi consiste le projet Ouigo ? À entasser plus de monde pour faire baisser le prix du billet sur certaines lignes. Il serait question de quatre rames doubles à deux étages qui effectueront huit ou neuf trajets par jour entre Marne-la-Vallée-Lyon-Montpellier ou Marseille et pourront transporter 1.200 passagers chacune en classe unique, contre 1.000 pour une rame classique entre la première et la deuxième classe.
Le nivellement par le bas… C’est pas possible, ils sont toujours soviétiques à la SNCF ou quoi ? Ou bien, ils se préparent au contraire à la privatisation du rail ordonnée par Bruxelles, privatisation dont on sait déjà, par de multiples exemples européens, que dans des domaines comme le train, la poste ou l’énergie, elle a surtout entraîné une dégradation générale du service public, sauf pour les usagers, pardon les clients mettant le prix pour obtenir des prestations particulières qui étaient la norme auparavant : cherchez l’erreur.
Evidemment, comme nous sommes dans un monde réellement renversé, la régression est présentée comme un progrès. À la limite, Guillaume Pepy nous tirerait des larmes : c’est un train social, le Ouigo. Sans rire. Il a déclaré : « Il faut que la SNCF aide les Français à voyager moins cher. » Le billet coûtera 25 euros. Les mauvais esprits font déjà remarquer qu’il faudra tout de même se rendre à Marne-la-Vallée mais on peut imaginer, dans le monde des gentils Mickey de la paupérisation programmée et aménagée du peuple français,  que la ville où se trouve Disneyland fera une excellente capitale low-cost pour la France de demain. Faire embarquer le prolo depuis une gare périphérique fait aussi réaliser à peu près 30% d’éconocroques à la SNCF car il n’y aura plus de frais d’acheminement des rames sur les voies à grande vitesse : ils seront déjà là.  Evidemment, les Ouigo auront leur design à eux. Un joli bleu ciel, un peu acide d’après les premières photos disponibles.
Les syndicats de cheminots, ces emmerdeurs, trouvent à redire. Pas de service à bord, un seul bagage sinon tu payes un supplément. Les syndicats ont néanmoins obtenu quelques concessions. À l’origine, il était prévu que les contrôleurs fassent le ménage entre deux rotations et prennent leur temps de pause à bord du train en marche. Quand j’avais lu que cette aimable proposition avait été envisagée, j’avais pensé à ces taxis de Pékin, où l’on voit parfois un chauffeur ouvrir le coffre de sa voiture, réveiller son collègue et prendre sa place pendant que l’autre se met à conduire. Bref, comme le dit l’UNSA, un « ersatz de TGV »
Ouigo est bien sûr un  symptôme. Celui d’un continent qui entre dans une nouvelle civilisation, sans jeu de mots, à deux vitesses. On a déjà plus ou moins une école low-cost avec un enseignement public réservé aux pauvres dans les quartiers. On va tranquillement vers une santé à deux vitesses avec la multiplication des assurances privées qui attendent le démantèlement du régime général pour se livrer au grand festin. Et on a manifestement déjà une bouffe à deux vitesses avec ceux qui mangent du cheval sans le savoir et ceux qui mangent des produits frais (cinq fruits et légumes par jour) en connaissance de portefeuille.
Ouigo est aussi le symptôme d’une société qui raisonne à l’envers en toute connaissance de cause. Plutôt que de se demander pourquoi les gens n’ont plus d’argent, on va faire avec. On réinvente la 3ème classe pour la SNCF, on généralise le discount, bref on vaseline l’existence d’un pays  qui compte 8 millions de pauvres, des working poors, et entre 3 et 5 millions de chômeurs qui, dans un grand élan patriotique pour respecter les 3% de déficit, ont actuellement tendance à se faire disparaître du paysage en s’aspergeant d’essence.
Alors que la seule question que l’on devrait encore et toujours se poser est la suivante : comment dans un pays riche, la part des salaires dans un PIB qui a explosé en trente ans a baissé de 10%, passant pour l’essentiel à la rémunération du capital et des dividendes ? Dans les années vingt, le train bleu était un train de luxe qui lui aussi menait vers la Méditerranée. Il ne partait pas de Marne-la-vallée. On y croisait Morand, Guitry, Cocteau. Il était beau, on aurait pu y réciter les vers de Larbaud :

« Prête-moi ton grand bruit, ta grande allure si douce,
Ton glissement nocturne à travers l’Europe illuminée,
Ô train de luxe ! »

Assez ironiquement, le Train Bleu sera maintenant le Ouigo. On m’objectera que jamais les pauvres n’auraient pu espérer prendre le Train Bleu. On répondra que longtemps notre projet de civilisation a été le luxe pour tous dans tous les domaines. Et que Ouigo est le symbole même du renoncement à cette utopie.

*Photo : protohiro.

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    • 22 Février 2013 à 9h32

      Alex73 dit

      “notre projet de civilisation a été le luxe pour tous dans tous les domaines”… le luxe pour tous ce n’est plus du luxe… cf “la société de consommation” de Baudrillard 

    • 20 Février 2013 à 18h34

      bea33 dit

      le nom de ouigo vient d’un héros de la littérature pour la jeunesse. Une sorte de contraction de “Oui-Oui part en train”

    • 20 Février 2013 à 13h50

      LeCapitaine dit

      La solution : la 1ere classe gratuite pour tous !

      La révolution n’est pas un diner de gala mais elle pourrait bien être un trajet en 1ère classe.

      • 20 Février 2013 à 17h22

        nadia comaneci dit

        On pourrait commencer par raser gratis avant de mettre la charrue avant les boeufs ?

    • 20 Février 2013 à 9h29

      luculus69 dit

      il a fallut une baudruche socialiste au discours inempte et mensonger pour que la SNCF réinvente la 3ème classe…Et donc si je résume bien les tartufferies de ce gouvernement de brnaquignoles grostesque..marier les fiottes c’est moderne..comme faire voyager les “ducons” de la gôche dans des wagons a bestiaux…Ah Nom de Dieu !! pendant combien de temps encore ces clowns au pouvoir ?

    • 20 Février 2013 à 7h04

      Porfirio Diaz dit

      Il y a longtemps que j’ai fait le deuil de la SNCF et de son prétendu service public.
      A une époque ou´la troisième classe fleurissait avec ses banquettes ne bois en 1950. Une vieille tante m’invita á voyager en seconde. Ce fut une grande révélation.
      Actuellement comme le dit l’auteur nous voyageons dans des bétaillères. La différence 1° 2° est minime, surtout si on la compare à l’Espagne, l’Allemagne 

    • 19 Février 2013 à 17h41

      laborie dit

      La destinée  même de l’Utopie c’est d’y renoncer!…

    • 19 Février 2013 à 17h22

      Alain Briens dit

      Jérôme,
      je suis d’accord avec plusieurs points de votre article, y compris vos réflexions sur la novlangue et sur les gentils Mickey. Bien qu’étant libéral, je réprouve la privatisation du rail dans la mesure où comme il n’y a qu’un réseau ferré il y a monopole de fait et que seul l’État est qualifié pour faire fonctionner un monopole de façon non abusive. Instaurer une concurrence sur un seul et unique réseau ne me parait pas de nature à faire progresser le service, mais au contraire à le désorganiser. Je préférerais que la SNCF fasse des efforts de productivité, par exemple sur l’âge de la retraite des roulants et sur l’emploi de communicants payés à prix d’or pour pondre des “ouigo” mais c’est un autre débat…
      Concernant cette innommable offre de la SNCF, je serais aussi négatif que vous si c’était une substitution. S’il s’agit bien d’une offre complémentaire, cela offre un choix intéressant, que je rapprocherais de la Logan en matière automobile sauf que l’offre SNCF ne sera pas délocalisée en Roumanie.
      Je comprends et je partage votre nostalgie poétique et littéraire du Train Bleu mais si cette merveille avait constitué la seule offre ferroviaire, le prolo n’aurait jamais fait que regarder passer le train, c’est le cas de le dire.

      • 19 Février 2013 à 17h29

        Jérôme Leroy dit

        C’est la première fois que je suis d’accord avec un libéral, (très tempéré me semble-t-il). Cher Alain, ça se fête. On va boire un verre au wagon restaurant? Zut, y en a plus, même pour les riches.
        C’est drôle, j’ai pensé à la Logan en écrivant. Disons que je suis toujours étonné que le système économique qui devait enrichir le monde et le rendre plus beau ait cantonné ses bienfaits à une hyperclasse, et que pour le reste tout commence à ressembler à du fonctionnel cheap qui ne fonctionne même pas très bien.

        • 19 Février 2013 à 18h58

          nadia comaneci dit

          Hyperclasse et masses misérables ou juste au dessus….
          Vous parlez bien du communisme là ? 

        • 19 Février 2013 à 19h06

          nadia comaneci dit

          Avant la Logan, y’avait la Dacia 2000… la trabant roumaine.
          C’était pas cheap c’était cadeau, réservée aux dignitaires et à la nomenklatura. Les Roumains allaient en charette tirées par des…

      • 19 Février 2013 à 17h32

        JeanBart dit

        Il n’y a qu’un seul ciel…

      • 19 Février 2013 à 18h53

        gafaroun dit

        L’argument d’il n’y a qu’un réseau ferré, donc… ne me semble pas pertinent. Comme a commencé à le dire JeanBart, il n’y a qu’un seul ciel, ce n’est pas pour cela qu’il n’y a qu’une compagnie. Il n’y a qu’un réseau électrique, mais plusieurs fournisseurs peuvent y cohabiter. Il n’y a qu’un seul réseau routier, etc…

    • 19 Février 2013 à 17h19

      girafe234 dit

      Je suis nulle avec mon i machin, je le reconnais sans problème.

      Banquettes en bois.

      Si vous pouviez éviter d’être si désagréable, on vous l’a déjà ordonne pourtant. Et si vous pouviez éviter d’être si reac, c’est totalement débilitant.

      Pour m’être souvent rendu en Russie, je puis vous assurer que ce qui reste du “soviétisme” en matière d’architecture est encore  plus laid et déprimant que n’importe quelle zone commerciale, qui arrange quand même bien les petits revenus qui ont cinq gosses, qui doivent les nourrir et les habiller.

      Vous n’êtes  pas plus communiste qu’aristo, vous passez votre vie à regretter une emoque qui n’existe que dans vos fantasmes: regretter les années d’avant 36,vous!

      • 19 Février 2013 à 20h35

        Vassili Tchouïkov dit

        Leroy serait communiste et aristo ? En même temps ? C’est possible ?
        En tout cas, le Parti Communiste, ils sont drôlement régressifs.
        Sur son site, il présente la nouvelle direction en deux colonnes, d’un côté les filles, de l’autre côté les garçons. Pas le droit de se mélanger. Comme dans les lycées d’avant 1936.
        C’est pareil dans les cellules ? Ah c’est vrai, on ne dit plus cellule, ça c’est le monde d’avant. Maintenant on dit section. Comme au PS.

        • 19 Février 2013 à 20h38

          girafe234 dit

          Il voudrait bien être les deux, oh pov!

          Avez-vous déjà vu “rouge baiser”?
          En réalité PG ou PCF!!!

        • 19 Février 2013 à 21h09

          Vassili Tchouïkov dit

          Je n’ai pas vu rouge baiser. C’est un film antisoviétique et anticommuniste ?
          Moi, j’aimais bien l’architecture de Moscou. Les deux hôtels Leningradskaïa et Ukraïna, dans le même style que l’université. Ces grandes flèches qui partaient vers le ciel surmontées d’une étoile. Juste trop beau. Les chambres étaient chaudes, même quand il faisait -30 dehors. Tout était monumental. Il y avait des matriochkas à chaque étage, c’était compliqué de ramener des filles.
          Mais, pour être aristocrate, dites-moi, il faut porter des noms à coucher dehors avec des particules ? Et puis, aller à la messe le dimanche, non ? Et puis, on dit que la plupart de ces gens-là sont de fausse noblesse, comme Giscard. Pour être communiste, ce serait plus simple, il suffirait de prendre sa carte. Au Parti Communiste. Mais pour cela, il faudrait qu’il y en ait un. Donc, aristocrate et communiste, aujourd’hui, c’est impossible. D’ailleurs, Leroy, cela ne semble pas être son problème. Ce qu’il voudrait, lui, c’est être communiste. Mais aujourd’hui, ce n’est plus possible. Appartenir au truc qui a tenu son congrès la semaine dernière, qui a supprimé la faucille et le marteau au moment du 70e anniversaire de la bataille de Stalingrad, qui est, paraît-il, animé par un « gang de lesbiennes », et dont la carte d’adhérent, format carte de crédit (!) n’est même plus Bleu-Blanc-Rouge, ce n’est pas être Communiste.

    • 19 Février 2013 à 16h50

      Quentin albert dit

      Moi qui suis un incurable pessimiste, j’ai toujours pensé que le futur que l’on nous préparait aurait beaucoup à voir avec celui décrit dans les films “Brazil” ou “blade runner”.
      Une espèce d’humanité archi-métissée au point de n’avoir plus aucune identité ou existence même, s’ébattant dans une espèce de cloaque de néons et au dessus, de grandes tours inaccessibles et fermées perçant les nuages, réservées à l’élite mondialisée qui décide de l’avenir de lumpen-prolétariat, de la façon dont il doit travailler, se distraire voire de se reproduire entre GPA et répliquants…
      Le ouigo, comme le club med ou la République Dominicaine (et ses enfants si dociles) en constituent les signes avant coureurs…
      Une question me turlupine : pourquoi tous ces nouveaux instruments sont-ils si moches? Avez-vous constaté le défi au bon goût que représentent les nouveaus uniformes des contrôleurs de la SNCF? Ces polaires verdatres et ces mauvaises casquettes de douaniers hongrois?
      Faut-il vraiment garder le peuple loin du beau? L’assigner à la laideur?
      Cela n’est-il pas délibéré?

      • 19 Février 2013 à 17h04

        Jérôme Leroy dit

        Et c’est ainsi que Jacques Perret et Blondin rejoignent Marx et William Morris… Je suis d’accord, Quentin. Nos villes fantômes avec leur rues piétonnes et les zones commerciales, qui se ressemblent toutes d’Orléans à Dunkerque en passant par Brive, elles sont devenues laides, uniformes. Et ce n’est pas de la faute à une économie socialiste mais à la formidable puissance d’éradication et d’uniformisation du capitalisme. Je peux aller pisser dans un MacDo à Gennevilliers ou à Pékin. Délibéré, ce serait trop beau, presque rassurant. Le mouvement, comme l’avait remarqué Debord, est inhérent à l”"économie spectaculaire marchande”. Vous voudriez frapper la Bête à la tête que vous vous paercevriez qu’elle n’a pas de tête… Yes, ouigo!

        • 19 Février 2013 à 17h12

          Quentin albert dit

          Que faire?
          Je vous renvoie à l’un de mes posts où je préconise le recours au forêts ou la danse de Zorba… La méditerranée et son tragique solaire.
          Tant qu’il reste un bout de plage, une crique (même grecque si les salauds n’ont pas encore acheté toutes les îles) qui échappe encore aux appétits des promoteurs de ouigo…

        • 19 Février 2013 à 17h15

          Jérôme Leroy dit

          On n’aura même pas le temps d’en profiter des balcons à Spetsai, m’sieur Quentin. c’est pour ça que je préfère la révolution et rester communiste même si c’est baroque et fatigant.

        • 19 Février 2013 à 17h38

          Quentin albert dit

          Quand les habitants de la planète seront un peu plus difficiles… A ce compte là je suis communiste aussi.

        • 19 Février 2013 à 18h31

          JeanBart dit

          L’oeuvre de déculturation qui passe par l’EdNat ou par les subventions versées au choix des princes que sont le ministère de la culture ou de la Jeunesse (regardez la liste des pays qui ont ce type de ministère, ils sont pour ainsi dire assez loin du capitalisme libéral), etc ont permis d’avoir suffisamment de cerveaux dociles et déjà acquis à la cause du grand métissage culturel où tout vaut tout que l’uniformisation passe comme une lettre à la poste.

        • 21 Février 2013 à 11h27

          laborie dit

          Le meilleur du meilleur sur les “zones” c’est l’ancienne RN 113 entre Toulouse et Bordeaux et particulièrement à partir d’Agen. La moyenne de 5 ronds-points au kilomètre avant et après l’agglomération et nos magniiiiifiiiiiiiiques supermarchés du tout et rien……pouahhhhhhhhhh!…

    • 19 Février 2013 à 16h42

      Fiorino dit

      Jerôme Leroy,
      Que ce soit moi ou pirate nous avons déjà rapellé le train qui arriveait à 7.50 à nice de port bou pour continuer vers vintimille, ça pueait les pieds comme pas possible alors ‘jai du rater une coche sur la civilisation du luxe, ne parlons même pas des ter avec la portière qui s’ouvre (c’était plutôt marrant d’ailleurs quoique dangereux). Les pauvres auront des trains plus accessibles par le prix, de quoi vous vous plaignez? D’autant plus que la securité c’est vachement amelioré par rapport à avant mais bien sûr vous n’avez jamais été confronté à l’insecurité de la train.

      • 19 Février 2013 à 16h47

        Jérôme Leroy dit

        Fiorino,
        Disons que je prends le problème autrement. Quand un service public universel commence à faire du low cost, c’est que toute la société se résigne à la pauvreté et essaie d’aménager.
        Sinon, vous me lisiez, notamment dans les papiers qui ne sont pas directement politiques, vous sauriez que je passe littéralement ma vie dans le train. Que je trouve que ce qu’est devenu ce moyen de transport est à pleurer. On vous expliquera, les habituelles antiennes libérales, que ça prouve que l’état nia nia nia. Ca prouve surtout que la privatisation rampante a dégradé le service rendu et en même temps de dire : “Vous voyez, c’est nul, l’état” Quand on veut tuer son chien, on dit qu’il a la rage. Vous pouvez vous amuser à regarder The Navigators de Ken Loach, sinon…

        • 19 Février 2013 à 16h58

          girafe234 dit

          La qualité des trains de banlieue à toujours été infecte, et je préfère avoir trois heures de TGV pour traverser la France que trente heures en 1920! Sur des banquettes envois, c’était trop bien!

        • 19 Février 2013 à 17h07

          Jérôme Leroy dit

          des banquettes envois? Vous écrivez en mode prédictif ou quoi? Comme les djeunes? Mais les djeunes savent s’en servir eux. Il doit y avoir une touche abc quelque part dans le smartphone qu’on vient de vous offrir. Ca ira tout de suite mieux quand vous voudrez dénigrer sans avoir l’air légèrement débile.

        • 20 Février 2013 à 13h45

          LeCapitaine dit

          L’article n’est pourtant pas bien profond mais avec des arguments du type “Ah ah t’as fait une faute de frappe donc t’es qu’un pov débile” on touche le fond.

    • 19 Février 2013 à 16h36

      Jipai dit

      Le mot «bétaillère» m’avait déjà paru plus qu’excessif la première fois que je l’ai lu à propos de ce TGV low-cost, pour un mode de transport qui vous emmène loin de la capitale à 300 km/h mais on peut en reparler la première fois qu’un tel train sera en panne en rase campagne durant quelques heures avec la clim en panne et un manque d’information, mais toute technologie est défaillante un jour ou l’autre et ça peut arriver aussi à des TGV de «première classe». L’engorgement des gares parisiennes peut justifier le report de trains en banlieue, et même en certaines circonstances, alerte à la bombe, train de banlieue à l’arrêt avec les passagers qui s’égayent dans les voies avec arrêt de tous les trains, ruptures de caténaires, signal d’alarme actionné par un passager afin d’être au plus prêt de son lieu de destination; autant de circonstances qui permettront d’échapper à la tourmente de certains soirs de galère. Ça vaut le coup d’essayer, ces trains peuvent trouver une clientèle qui s’y retrouve, sans compter l’Est-parisien. Quant aux trente minutes avant, pour se rendre à Londres, oui, mais là je n’en comprend pas la nécessité.

      • 19 Février 2013 à 16h39

        Jérôme Leroy dit

        Tiens, ça sent le vécu Jipaï:)
        Seulement à 1200 pour mille places, je suis même coule avec la comparaison bétaillère, quand ce genre d’incident à lieu. C’est plutôt un score de prison moldave ou française, ça…

        • 21 Février 2013 à 11h36

          laborie dit

          Je suggère le “voyage” debout mais avec pin-ups, open bar, Champ zéro dosage, toasts au foie gras mi-cuit maison tout en regardant Apocalypse Now, Robert Duval au son de Ride of the Valkyries à fond la caisse.

    • 19 Février 2013 à 16h09

      Alain Briens dit

      Un choix de société comme vous dites.
      Quand je voyage de Lyon à Lille, je n’ai pas d’autre choix qu’Air France. Les tarifs varient sans cesse mais en moyenne, cela tourne autour de 550 € l’aller et retour (avec des extrêmes à 300 et 850 €). J’ai droit à une “collation” aussi gratuite qu’infecte, de surcroit totalement dispensable sur un vol d’une heure et un bagage gratuit.
      Quand je voyage de Lyon à Bruxelles, je prends Easy Jet. Le tarif moyen est de 160 € l’aller et retour avec des extrêmes à 120 et 300 €. Si je veux une boisson, il m’en coûte 5 €. Le bagage est payant, de mémoire environ 50 € pour l’aller et retour. Les avions Easy Jet sont aussi confortables (ou aussi inconfortables) que ceux d’Air France et plus récents.
      Je pense que la “philosophie” (c’est un bien grand mot) du low cost est de revenir à la simplicité de la prestation attendue par le consommateur en la débarrassant de tout le superflu qui, bien souvent, n’a d’autre justification que de permettre d’augmenter les prix de façon éhontée.
      Je pense aussi que le low cost permet aux gens à faible revenu de voyager. Aujourd’hui, les tarifs du TGV sont inabordables pour les classes populaires. Des personnes se déplaçant de temps à autre pour leurs loisirs ont elles besoin de prestations sophistiquées ou préfèrent elles garder leur pouvoir d’achat pour autre chose ?
      De toute façon, je n’ai lu nulle part que le TGV low cost (je n’arrive pas à utiliser le nom ridicule de la SNCF) deviendra obligatoire. Les gens pourront continuer à choisir de payer 85 € au lieu de 25 pour arriver à la gare de Lyon plutôt qu’à Marne la Vallée s’ils en ont envie : il s’agit d’une offre supplémentaire qui ne se substitue pas à l’offre de TGV normale. Les voyageurs voteront avec leurs pieds.

      • 19 Février 2013 à 16h11

        Jérôme Leroy dit

        avec leur portefeuille, plutôt, Alain. Et c’est tout le problème, pour la sncf comme pour le reste.

        • 19 Février 2013 à 16h29

          nadia comaneci dit

          Leur portefeuille il est plutôt content pour le coup ??

    • 19 Février 2013 à 15h51

      steed59 dit

      je pense que le terme “Ouigo” vient de “We go”.
      Eh oui fallait bien trouver un anglicisme, ça fait moderne.

      En tout cas si vous découvrez les trains poubelle de la SNCF avec le ouigo, c’est que vous n’avez jamais pris le train de banlieue.

      Au lieu de se poser la question “pourquoi la SNCF fait du train pas cher”, vous devriez vous posez la question suivante : “Pourquoi jusqu’aujourd’hui le train est devenu hors de prix, au point de faire passer l’avion pour un mode de transport économique?”

    • 19 Février 2013 à 15h49

      panpan2017 dit

      Merci Leroy. Au delà du revenu engrange par la SNCF, cela voudrait la peine de se demander quel est l’objectif d’établir une navette a fort débit entre Marne la Vallée et Lyon/Marseille.
      Puisque c’est de cela qu’il s’agit.
      Sachant que pour le voyageur actuel, la faiblesse du prix du billet aura du mal a compenser le cote peu pratique du raccord Paris-MLV (en sus des histoires de bagages et de moindre confort).  
      Bon, les soirs de match OM-PSG on comprend (quoique Valls interdise maintenant les déplacements de supporters). Mais sinon quoi ? On étend la banlieue des deux cotes pour créer une méta-banlieue Marseille-Lyon-Paris ? (“banlieue” au sens ancien, pas comme dans “les banlieues :-) ).

      • 19 Février 2013 à 16h24

        steed59 dit

        d’autant que jusqu’à présent l’avantage décisif du train par rapport à l’avion était l’arrivée directement en centre ville

      • 20 Février 2013 à 13h48

        LeCapitaine dit

        Il parait – c’est une rumeur je ne suis jamais allé vérifier- qu’il y a des gens qui n’habite pas à Paris.

        Il parait même que ces salauds de pauvre de l’Est parisien ont une voiture qui pollue qu’il pourrait garer à Marne la vallée.

        Je ne vous parle même pas des provinciaux qui pourrait un jour changer de train en banlieue au lieu de passer par la plus belle ville lumière française du monde.

        • 20 Février 2013 à 13h55

          LeCapitaine dit

          Par contre j’ai raté le train des conjugaison …..

    • 19 Février 2013 à 15h29

      JeanBart dit

      Cher JL, il y a une fois et demi plus d’habitants en Seine et Marne et Seine Saint Denis qu’à Paris. En quoi cela vous choque-t-il que les banlieusards puissent également prendre le train à coté de chez eux, et pour un prix compétitif par rapport à l’avion ?

      • 19 Février 2013 à 16h26

        Jérôme Leroy dit

        Sérieux, La Courneuve Marne La vallée, c’est facile comme itinéraire avec cinq mômes et les bagages? C’est une question ouverte, hein, pas une critique.

        • 19 Février 2013 à 17h33

          JeanBart dit

          je vous conseille le départ de Meaux pour la Gare de Lyon. Je vous fournis les valises et les mômes, vous pourrez même crécher à coté de la cathédrale.

    • 19 Février 2013 à 15h10

      Marie dit

      Ou retour de la 3ème classe?