SMS – SS !
Carla Bruni a gaffé. Elle a des excuses. Surtout qu’elle a présenté les siennes.
Publié le 14 février 2008 à 13:18 dans Médias
Mots-clés : Carla Bruni, Nicolas Sarkozy
Près d’une semaine qu’on ne parle que de ça. Le prétendu texto présidentiel. Il faut dire que le SMS, comme moyen de communication, ça va comme un gant à Nicolas Sarkozy qui trouve bien naturel de pianoter sur son portable en public, serait-il au Vatican. Enfin, ce n’est pas le sujet. Voilà une semaine, donc, que le supposé message publié sur le site du Nouvel Observateur alimente les conversations de bureau et répand la zizanie dans les rédactions. Est-ce un ragot, est-ce une info ? Sarko est-il fou ? Jaloux ? Peut-il déclencher la frappe nucléaire en tapotant sur son Nokia ? Cécilia ? Carla ?
Revanche de la démocratie, chacun, puissant ou misérable, anonyme ou célèbre, a pu y aller de ses certitudes de comptoir et de sa psychanalyse de bazar sur la supposée résilience dont aurait été frappé Nicolas Sarkozy avec la réconfortante conviction de s’intéresser à l’avenir du pays. Au passage, même en supposant que le texto maudit soit authentique, peut-être 60 millions de psychologues ont-ils commis un contresens majeur. Peut-être ont-ils entendu une supplique là où il fallait lire une menace : “Si tu reviens m‘enquiquiner, j’annule tous nos accords.” Ou alors, il s’agissait d’un tout bête arrangement de week-end ou de vacances comme en ont tous les parents divorcés : “Si tu reviens maintenant, j’annule la deuxième semaine de location à Palavas les Flots.” Va savoir.
Peu importe. Au bout de quelques jours, nous avions épuisé les charmes du SMS. Ces quelques mots avaient livré tous leurs secrets et permis à chacun de se forger une opinion parfaitement fondée sur la relation entre le chef de l’Etat et son ex-épouse. Le vrai débat pouvait avoir lieu. Fallait-il publier ? Oublier ? Les journalistes sont-ils des salauds ? Des héros ? Sommes-nous allés trop loin ? Avons-nous perdu notre âme ? On a bien cru, l’espace d’un instant, que la corporation allait se livrer, pour de bon, à un vaste examen de conscience. Qu’on se rassure. Comme disait l’autre, je suis dans le ruisseau, c’est la faute à Sarko. D’abord, c’est lui qui nous a refilé la came. Oui, celle que nous vous revendions à bon prix, chers lecteurs, auditeurs et téléspectateurs. Ce glamour à deux balles que nous méprisons tous et qui, mystérieusement, fait de bonnes ventes, cette exhibition bling-bling si peu conforme au bon goût dont nous nous targuons tous, c’est le président qui nous y a rendus accros. Oui, c’est lui qui a commencé. Nous pas responsables. Bon, d’accord, nous avons été faibles, un peu minables. Mais nous avons des circonstances atténuantes. Tout est de sa faute. Le dealer, c’est lui.
Il faut dire qu’il a aggravé son cas, le président. Perte de sang-froid caractérisée. Nous, on le comprend, même si, comme l’a finement remarqué Philippe Val, le patron de Charlie Hebdo (dont il faut saluer l’excellente “une”) il aurait peut-être été plus adapté de mettre son poing dans la figure du journaliste concerné, genre ni vu-ni connu, une explication “entre hommes”. Mais attaquer un journaliste au pénal, vous n’y songez pas. On sent le parfum de la dictature. De quoi donner une attaque à Robert Ménard, le patron de Reporters Sans Frontières. Certes, nul ne pense que le journaliste du Nouvel Observateur va croupir en prison. Le plus probable est que cette procédure bancale n’ira pas à son terme. Mais, puisque, sur le papier, la possibilité d’une peine d’emprisonnement existe, profitons-en. Octroyons-nous, une fois encore, le grand frisson de la Résistance. No pasaran. Halte à la poutinisation ! (Il est clair que, dans la conjoncture politique actuelle, la mise au pas des médias est à l’ordre du jour).
Dans ces conditions, Carla Bruni a des excuses. D’abord, l’entretien qu’elle a accordé à L’Express est de bonne tenue, avec des mots grecs, de la hauteur de vue et de la modestie ainsi qu’il sied à une “première dame” – appliquée à la nouvelle élue (du cœur du président, pas des Français), cette expression désuète est un brin cocasse, non ? Passons. Venons-en à la gaffe, cette comparaison absurde, cette reductio ad hitlerum aurait pu dire notre belle helléniste. (Oui, oui, on sait, c’est du latin, mais agape, c’est du grec… et belle latiniste aurait été moins amusant). “A travers son site Internet, déclare Mme Nicolas Sarkozy, Le Nouvel Observateur a fait son entrée dans la presse people. Si ce genre de sites avait existé pendant la guerre, qu’en aurait-il été des dénonciations de juifs ?” La gaffe. Un peu plus et elle manifestait en scandant : SMS-SS ! En plus, balancer ça dans les dents du Nouvel Obs, fallait oser. Et pourtant, répétons-le, elle a des excuses. Après tout, il y a à peine trois mois, mademoiselle Bruni était au Zénith avec toute l’intelligentsia “antifasciste” pour protester contre l’amendement scélérat. Et on l’imagine volontiers défilant, non seulement pour Armani ou Prada, mais aussi contre les expulsions de sans-papiers que nombre de ses copains qualifient subtilement de déportations. Bref, elle s’est contentée de servir aux journalistes la référence qu’ils balancent régulièrement dans les gencives de ceux qui leur déplaisent, le genre “ça nous rappelle les heures les plus sombres de notre histoire”. Normal : culturellement, elle vient de leur monde. Elle fréquente peut-être la droite bling-bling, elle n’en est pas moins une enfant chérie de la gauche bobo.
Surtout, elle a présenté ses excuses. Futée, la première dame : au lieu de s’entêter, d’expliquer qu’elle a eu raison d’avoir tort, que c’est le Nouvel Obs qui a commencé, elle comprend qu’elle a dit une ânerie. Et hop, ni une, ni deux, elle demande pardon. L’incident est clos. Chapeau bas. Présenter ses excuses quand on a fait ou dit une connerie, fallait y penser. Certains journalistes feraient peut-être mieux d’en faire autant.









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tristram shandy dit
Un nouvel exemple de dérapage médiatique très préoccupant:
http://www.terrasson.wordpress.com
Ludovic Lefebvre dit
Très bien Delila, je vous nommerai donc Hortense puisque ça na pas d’importance !
Peter Pan dit
Ca je l’avais bien compris…!!!D’après une application sur facebook mon prénom en hébreu est Delila…Si celui là ne vous convient pas, je vous laisse en choisir un autre!
Ludovic Lefebvre dit
Eugénie Grandet, pardon !
Borgo dit
Merci Patrick, mais j’ai oublié d’ajouter “etc.” au palmarès de Mitterrand. Les lecteurs auront rectifié d’eux-mêmes.
Ludovic Lefebvre dit
Peter Pan,
Je n’en vois aucun !
Par contre puisque nous sommes dans les noms et que vous avez la sympathie de m’appeler Ludovic, auriez vous un prénom, j’ai beaucoup de mal à nommer une jeune femme Peter ?
Ludovic Lefebvre dit
Mais si Patrick, il y en a plein : Eugénie grandet par exemple !
Patrick dit
À Jibée :
Votre «oh la!!!!» devant ma «vierge balzacienne» m’a fait rire et réfléchir. Où ais-je pu trouver, chez Balzac, une vierge effarouchée ? Il y a peu de mines effarouchées chez les vierges balzaciennes, je vous l’accorde. Mais, en revanche, je persiste à en trouver souvent sur le visage de la Vestale du Poitou.
Il n’empêche, j’ai apprécié votre laconique (et sceptique) «oh la!!!!»
Peter Pan dit
Vous cherchez le mouton à cinq pattes Ludovic!!je veux un nom moi!!
elisa obisbo dit
Je préfère quelqun comme le Sire de Jean Raspail ( je peux rêver ! non?)
Ludovic Lefebvre dit
#
Peter Pan a dit le 24 février 2008
commentaire très constructif Alex…et on met qui à la place??
Un nouveau roi, un illégitime surtout pas de cette famille de traîtres du comte de Paris. Un vrai à principe et à la fois rock and roll et philosophe avec un caractère en béton armé et un esprit batailleur et conquérant qu’il transmettra à la France, Churchill dans les habits d’Henri IV.
Plus de pisse-froids, de petits mafieux, de tapétos- idéalistes culpabilisés qui nous mènent à la flagellation, de petits avocats d’affaires qui doivent être relégués à un troisième cercle de pouvoir.
jibée dit
une vierge balzacienne??? oh la!!!!
Patrick dit
À Borgo :
C’est très bien vu, très bien dit, fort bien répondu, Borgo ! Il y a assurément un retour de la gauche chochotte et moralisatrice par la presse, aujourd’hui. Elle veut certes le bonheur du peuple, mais d’un peuple vu de loin, tenu à bonne distance. Guy Bedos, qui fut longtemps le roquet du parti socialiste, prétend incarner désormais la gauche «cassoulet». Elle ne me paraît pas plus sympathique ni sincère que la gauche dite «caviar». Quel avenir pour un parti naguère captif de l’imagination d’un vieillard cruel, (qui allait dans la vie d’un pas très Pétainiste), et qui se reconnaît aujourd’hui dans une politicienne avérée et rompue, qui feint de s’effaroucher à la manière d’une vierge balzacienne ? Bravo, Borgo !
Borgo dit
Pour Sarkozy, pas encore de balle dum-dum. Deux syllabes le tue aussi bien : bling-bling.
Sarko, l’anti-magicien. Tout ce qu’il touche se transforme en plomb qui va alourdir le poids des mécontents dans les sondages.
Tenez, même Carla qui était considérée avant comme une bien-pensante… Bruni, une femme de gauche ? Pas du tout, rectifie la bouche pincée le sentencieux François Bégaudeau, Carla Bruni n’était tout au plus qu’une chanteuse vaguement rive gauche. Non mais ! Bientôt Carla super poufiasse ?
Dernier sacrilège de l’odieux Sarko, le “casse-toi pauvre con !” du salon. Tollé dans les médias, éditos réprobateurs où les arbitres des élégances dénoncent sévèrement des manières de voyou, de mal élevé, de demi-fou vulgaire et brutal. Les confrères des journaux étrangers en poste à Paris qui savent lire exportent gaiement l’information au-delà des frontières…
Ah ! Mitterrand, c’était autre chose, s’exclame-t-on. Mitterrand, ce fin lettré. Cet esprit cultivé. Ce grand lecteur. Le spécialiste de Chardonne, etc.
Mitterrand a fait écouter des centaines de gens. Bombardé son fils conseiller aux Affaires (juteuses) africaines. Donné une chaine de télé à Berlusconi. Nommé Tapie ministre. Logé sa maîtresse dans un palais de la République. Fait aménagé à grand frais je ne sais plus quel château pour que fifille puisse s’y adonner à l’équitation. C’est vrai, Mitterrand, c’était autre chose.
Peter Pan dit
commentaire très constructif Alex…et on met qui à la place??
Alex dit
Ce Sarkozy me fait horriblement honte…qu’il s’en aille, vite ! Et qu’on sorte de la fausse alternance infernale UMPS Centre qui nous conduit droit dans le mur !
http://www.levraidebat.com
PHIL dit
L’amalgame facile entre délinquance et immigration est absolument odieux. Il sert à cacher une vérité beaucoup trop dérangeante, un tabou absolu et insurmontable de notre société : ces fameux « jeunes » entre guillemets sont en réalité les enfants des journalistes de Libé et du Nouvel Obs. Oui, ils le sont au propre comme au figuré. Voilà les vrais responsables de toute la violence actuelle. Mais qui osera le dire ? Il n’est pas un seul bus qui passe rue Béranger, ou Boulevard St- Germain ou encore place de la bourse sans être durement caillassé. L’autre jour, Mme Coroller, militante, pardon, journaliste RESF à Libé ainsi que tout le service société ont failli cramer car le fils du rédac-chef a foutu volontairement le feu à la machine à café! Mais, bien sûr, il ne faut surtout pas le dire. Un « jeune recomposé » à incendié le loft d’un collègue de son père (journaliste au service culture) pour pouvoir lapider les pompiers et les flics du XVeme avec sa bande d’horribles boboyous. Ils brûlent régulièrement la moto de Pierre Marcelle, un gauchiste historique qui ne veut de mal à personne et il en est de même pour les voitures de l’ensemble de la rédaction qui est littéralement terrorisée. Inutile de dire que le hall de Libé est squatté en permanence, les journalistes baissent piteusement la tête sous les quolibets et devant les crocs menaçants des caniches lachés sans muselières. A l’obs, les gentils petits gars du neuf-trois font la queue pour tenter de se faire dédicacer « conduire à fond la caisse sans permis, sans assurance, tout en téléphonant et en se faisant tailler… » un best seller du célèbre Airy Routier.
Mais revenons-en aux terribles boboyous de la caste journalistique. Ces jeunes rétrogrades interdisent à leurs soeurs de sortir en mini et ils les traitent de péripatéticiennes post- féministes tout en les forçant à porter de ridicules cornettes de nones ! « Va donc commettre l’inceste avec ta génitrice » telle est leur insulte freudienne préférée. A science Po ; l’intimidation des profs est l’usage pour les bons stages à l’étranger et, pour les sous-lieutenants de l’addiction médiatique, dans les gazettes « en région de province ». Certains de ces boboyous se sont constitués en néo-bandes dont le but est de ratisser la banlieue afin de détrousser les jeunes immigrés de leurs maigres portables et autres i podes et de les rosser sans vergogne. Au passage, bien sûr, ils se font un ou deux petits feujs et un homo même pas sapiens à leurs yeux pour garder la main. Au moindre incident avec les flics, évidement, ce sont les boutiques du Marais, les grandes écoles, et les crèches alternatives monoparentales qui sont entièrement saccagées. Tout ceci, par exemple, au prétexte qu’un jeune boboyou, (pirate internet notoire) avait été poursuivit par les CRS-SS pour être entré sans payer à l’expo Bobourgesque de Sophie Calle. Ce jeune boboyou s’était effectivement caché dans la chambre frigorifique d’un Franprix tout proche et il a donc fallu le décongeler au sèche- cheveux). Voilà la triste mais véridique histoire que les gens simples et sans soucis de nos banlieues ne veulent pas entendre. Les boboyous, décidément, ont de beaux jours devant eux.
PHIL dit
BOBOLAND STORY Suite…
L’amalgame facile entre délinquance et immigration est absolument odieux. Il sert à cacher une vérité beaucoup trop dérangeante, un tabou absolu et insurmontable de notre société : ces fameux « jeunes » entre guillemets sont en réalité les enfants des journalistes de Libé et du Nouvel Obs. Oui, ils le sont au propre comme au figuré. Voilà les vrais responsables de toute la violence actuelle. Mais qui osera le dire ? Il n’est pas un seul bus qui passe rue Béranger, ou Boulevard St- Germain ou encore place de la Bourse sans être durement caillassé. L’autre jour, Mme Coroller, militante, pardon, journaliste RESF à Libé ainsi que tout le service société ont failli cramer car le fils du rédac-chef a foutu volontairement le feu à la machine à café! Mais, bien sûr, il ne faut surtout pas le dire. Un « jeune recomposé » à incendié le loft d’un collègue de son père (journaliste au service culture) pour pouvoir lapider les pompiers et les flics du XVeme avec sa bande d’horribles boboyous. Ils brûlent régulièrement la moto de Pierre Marcelle, un gauchiste historique qui ne veut de mal à personne et il en est de même pour les voitures de l’ensemble de la rédaction qui est littéralement terrorisée. Inutile de dire que le hall de Libé est squatté en permanence, les journalistes baissent piteusement la tête sous les quolibets et devant les crocs menaçants des caniches lachés sans muselières. A l’Obs, les gentils petits gars du neuf-trois font la queue pour tenter de se faire dédicacer « conduire à fond la caisse sans permis, sans assurance, tout en téléphonant et en se faisant tailler… » un best seller du célèbre Airy Routier.
PHIL dit
BOBOLAND STORY
Un basculement très important s’est produit lorsque des bandes ont commencé à frapper et à détrousser systématiquement les jeunes participants aux manifestations. Le bobo de base a soudain commencé à s’inquiéter pour ses chères têtes blondes. Bien sûr, il ne pouvait pas le dire ouvertement dans les bobolands. Mais sa bonne conscience et son hypocrisie érigées en dogme en avaient prit un sacré coup. Dans les diners, il fallait continuer à faire semblant que
« l’immigration est une immense chance pour la France » et que Sarko ce « nabot facho » comme le désignait la joyeuse tablée allait commettre l’horreur en tentant d’enrayer l’immigration clandestine. Comme dans un roman de Kundéra, notre bobo avait maintenant honte d’approuver ces âneries par lâcheté. Il se rendit alors compte avec horreur qu’il n’était pas libre et que s’il avait tenté de dire la moindre bribe de vérité un tant soit peu dissidente, le diner se serait immédiatement transformé en procès de Moscou. Son procès.
PHIL dit
Sarkozy à provoqué une vague d*hystérie absolument sans précédent. Sur les sites de Libé et de l*Obs, le ton de l*insulte primaire est quotidiennement utilisé par l*immense majorité des lecteurs : nabot facho, nain malfaisant, pute, salope etc. Par contre je n*ai jamais vu un lecteur de droite traiter S Royal de « boudin stalinien » ou l*équivalent. Cette hystérie est largement entrée en résonance avec la presse de gauche qui en rajoute à loisir. D*abord çà fait vendre et on se donne l*impression d*être la vraie opposition tant le PS est moribond. Il s*agit donc surtout de se défouler et de vomir sa rancoeur de l*échec des présidentielles. Dans ce contexte, l*affaire du SMS devient naturelle. Elle est une variante de la police politique sous couvert de journalisme : on ouvre votre courrier, on le donne en pâture à la populace, et on le reproduit dans le monde entier. BRAVO! C*est d*une élégance rare.