“Silence”: de la culture de la foi à la foi en sa culture | Causeur

“Silence”: de la culture de la foi à la foi en sa culture

Le Japon a su résister aux influences extérieures

Auteur

Jean-Paul Brighelli

Jean-Paul Brighelli
Enseignant et essayiste, anime le blog "Bonnet d'âne" hébergé par Causeur.

Publié le 11 février 2017 / Culture

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Liam Neeson dans "Silence" de Martin Scorsese.

Sans vouloir remonter à Mathusalem, c’est-à-dire à mon adolescence, je dois au Masque et la Plume tant de joutes fécondes, de conseils avisés et de crises de rire que la quasi-unanimité pour assommer Silence, le dernier film de Martin Scorsese, m’a paru de mauvais aloi ou de mauvaise foi — si je puis dire… Alors même que je partageais, dans la même émission, nombre de réserves émises sur La La Land. Hé, les mecs, Scorsese ! Pas n’importe quel réalisateur à la gomme ! Pas Abdellatif Kechiche ! Pas James Foley ! Scorsese ! J’y suis donc allé — sans préjugés, comme vous voyez…

Alors, c’est vrai : on commence par se dire que l’on est tombé dans un film sulpicien. Un addendum au martyrologe jésuite. Un commentaire à la béatification par Pie IX, en 1867, des 52 chrétiens massacrés à Nagasaki en 1622 — eux et leurs ouailles, y compris nombre d’enfants brûlés vif. Ou des « Seize martyrs », des dominicains massacrés dans la même ville entre 1633 et 1637 (l’époque à laquelle se situe le film) et canonisés, eux, par Jean-Paul II en 1997. Dans le genre martyre, rien ne manque, et on se croirait dans quelque codicille à la Légende dorée. Ebouillantements, décapitations, bûchers, noyades, crucifixions… De quoi alimenter la délectation sanglante des bouffeurs de curés. Mais que d’éminents critiques, dans l’émission susdite, reprochent à Scorsese de ne pas avoir signalé qu’à la même époque, en Occident et ailleurs, l’église catholique maniait l’Inquisition avec la même dextérité, quel intérêt ? Quel rapport avec le film ?

Lisez la suite de l’article sur le blog de Jean-Paul Brighelli.

 

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 12 Février 2017 à 7h26

      QUIDAM II dit

      Il n’y a pas de culture française car, comme chacun le sait, Ronsard, Montaigne, Descartes, Racine, Chateaubriand, Balzac et Zola, Proust, etc… étaient d’illustres Patagoniens.
      D’ailleurs, l’un de nos ministres (Frédéric Lefebvre) a révélé que le livre qui l’avait le plus marqué était « Zadig & Voltaire », une oeuvre fameuse écrite par un autre Patagonien bien connu.
      Au terme de quelques décennies, le plus remarquable résultat de nos responsables politiques a été la démolition de la culture française. Nos responsables politiques sont indignes d’un héritage culturel qu’ils méconnaissent à un point tel… qu’ils le nient.
      Emmanuel Macron, énarque, inspecteur des finances, secrétaire général adjoint de la présidence de la République, banquier d’affaire, ministre de l’économie, est un parfait prototype de nos “élites” parfaitement incultes, creuses et vaines quand il déclare : « Il n’y a pas de culture française. Il y a une culture en France. Elle est diverse. »
      Se renier est une lâcheté et une bassesse que le Japon n’a pas commis, mais qui paraît être, aujourd’hui et sous nos latitudes, le comble de la vertu morale.
      Mais, en fait, nos « élites » ne renient pas… elles ignorent. 

    • 11 Février 2017 à 23h38

      lili23 dit

      Cet été, le quotidien Nikkei révélait également que l’actuel empereur était partisan d’autoriser les filles à devenir impératrices, au même titre que les garçons, ce qui est aujourd’hui interdit. Une idée à laquelle est fortement opposé Shinzo Abe, ainsi que la droite ultraconservatrice. Le premier fils d’Akihito, Naruhito, et son épouse la princesse Masako ont une fille unique, Aiko. Cette réforme pourrait donc lui permettre d’accéder au trône, sauf si la Maison impériale décide finalement de choisir le prince Hisahito, neveu de l’héritier. «À l’heure actuelle, nous attendons sans idée préconçue les conclusions de la commission mandatée pour réfléchir à l’allégement des tâches de Sa majesté», a indiqué mardi Yoshihide Suga, le porte-parole du gouvernement.

    • 11 Février 2017 à 21h52

      lili23 dit

      Sur msn afrique du nord il y a la loi sur la consultation site pro-terrostiste les femmes les plus puissante d’origine arabe  « il y a la ministre de de l’éducation nationale » 

    • 11 Février 2017 à 21h25

      lili23 dit

      Pas de commentaire sur « silence » sur MSN.japan

    • 11 Février 2017 à 21h12

      lili23 dit

    • 11 Février 2017 à 21h06

      lili23 dit

      Il y a bien des terroristes égyptiens qui viennent en france pour tager et ou agresser les gens au louvre 

      le japonais n’est pas rancunier espérons le pour « martin » qui à eu des problème à la sortie de «  la dernière tentation du christ » va-il être interdit de japon l’empereur à changé 

    • 11 Février 2017 à 20h54

      lili23 dit

      Moi j’ai tous les Aliens  Avec leurs dieux ils sont complètement aliénés «  Les voies sont impénétrables il ne devraient pas voté pour leur fion surtout ceux qui appelaient «  notre président » flamby  

    • 11 Février 2017 à 19h51

      Bacara dit

      Sans rapport vraiment certifié avec le sujet, j’aimerai rappeler aux lecteurs de Causeur le film de Gibson “Apocalypto” qui était un film très fort sur la rencontre de deux religiosités .

    • 11 Février 2017 à 18h22

      IMHO dit

      Je voudrais dire que le martyre est en soi immoral et que la conduite des Jésuites au Japon, s’il elle a été telle que le montre le film, a été encore plus immorale .
      Car enfin les mêmes Jésuites qui, dans le film, si j’ai bien compris, condamnent leurs ouailles à d’affreux supplices en refusant de leur enjoindre d’apostasier et d’apostasier eux-mêmes, s’ils étaient restés en Europe, ces Jésuites, auraient indiqué au même moment à des pénitents de qualité comment diriger leur intention pour assassiner un rival sans péché mortel .
      Et si aux lieu de paysans serfs, les chrétiens révoltés avaient été des samouraïs, les jésuites ne leur auraient-ils pas conseillé d’apostasier des lèvres et de rester chrétiens en secret en attendant des occasions de faire des convertis ?
      Deux poids, deux mesures, le signe de la bête de l’iniquité .
      Et pourquoi le martyre est-il toujours immoral, et pas seulement ces martyres-là ?
      Parce qu’il fait commettre des péchés mortels aux bourreaux et qu’il nuit à la diffusion harmonieuse de la foi dans les esprits
      qui au lieu d’une lente conversion et adaptation, sont brutalisés
      Au Japon, où ne pas poser de questions non nécessaires est la règle, le christianisme aurait cheminé souterrainement et aurait fait tache d’huile si les convertis avaient accepté de donner le change .
      Un occasion ratée par la faute des missionnaires .

      • 12 Février 2017 à 3h30

        Leucate dit

        Le christianisme en extrême orient s’était déjà bien enraciné dans les pays de civilisation chinoise – Chine, Vietnam, et Japon.
        Dans ce pays, introduit par les portugais en 1543 il avait pénétré le milieu des daïmyos et de leurs samouraïs à l’époque des shoguns Muromachi et prospéré durant l’époque suivante dite “Azuchi-Momoyama (1573 – 1603)
        Cette époque ne connaît qu’un Shogun, Toyotomi Hideyoshi que nous appelons le “Napoléon Japonais” qui lance deux expéditions de grande envergure contre la Corée et les armée chinoises.
        En 1598, Hideyoshi meurt, la Corée est abandonnée et les grands seigneurs, chrétiens et païens vont se disputer la fonction de Shogun.
        Les chrétiens défendent un des clans mais le vainqueur est Tokugawa Ieyasu qui triomphe de ses rivaux en 1600.
        C’est le début de l’époque des shoguns Tokugawa dite aussi “Edo” (1603 – 1868)

        Le shogun rompt tous les liens avec les étrangers, seuls les hollandais sont autorisés à accoster sur une île japonaise.
        En 1615, Ieyasu prend le château d’Osaka dernière place forte des descendants d’Hideyoshi défendu par de nombreux samouraïs chrétiens qui se suicident à la prise de la ville.

        La défaite des clans favorables au christianisme fut suivi par l’interdiction de cette religion et donc les persécutions contre les chrétiens commencèrent.
        Néanmoins, le christianisme a survécu dans la clandestinité au japon. En Chine et au Vietnam, des communautés solides se formèrent. Au Vietnam, il influença beaucoup le royaume en étant proche de la Cour, introduisant également l’alphabet latin adapté à la langue vietnamienne, le “chu quoc n’gu’” qui est aujourd’hui l’écriture officielle du Vietnam.

        Un film de Kurosawa, “le Sosie” (kagemusha) évoque cette époque.
        Dans le film, on voit le grand seigneur ennemi des Takeda, le clan du film, partir à la guerre vêtu d’une armure européenne avec le chapeau rouge de cardinal tandis que deux prêtres européens, du haut des murailles, bénissent son armée.

    • 11 Février 2017 à 14h32

      Mangouste1 dit

      Salut à tous!

      Mogul, sur ce coup-ci, à mon avis tu peux plutôt suivre Sancho que Brighelli. Ce dernier est, une fois de plus, aveuglé par son antichristianisme rabique qui lui fait louper pas mal de choses. Je te le dis alors que je n’ai pas encore vu le film, mais j’ai par contre lu l’entretien que Scorsese a donné à La Vie. 

      Comme le dit Golvan, défendre l’identité française sans assumer pleinement son héritage chrétien me semble tenir de la gageure… mais c’est un défi que paraît vouloir relever Brighelli.

      Je lui souhaite bon amusement. 

      • 11 Février 2017 à 19h52

        ji dit

        Bonjour,
        De mon côté, je pense que défendre l’identité française sans assumer un certain héritage chrétien est tronquer cette identité. C’est couper la partie qui, aujourd’hui, humanise la défense d’une identité forte. Si l’on se prive de la charité apportée par l’aspect chrétien on tombe sur Onfray qui dans le fond peut être terrorisant. Si l’on nie l’identité en gardant une charité mal ajustée, c’est notre fin.

    • 11 Février 2017 à 12h57

      Lector dit

      Adam Driver and Andrew Garfield spent seven days being silent in Wales to prepare for Martin Scorsese’s Silence :

      http://www.independent.co.uk/arts-entertainment/films/news/silence-film-2016-martin-scorsese-adam-driver-andrew-garfield-jesuit-wales-a7438356.html

    • 11 Février 2017 à 11h45

      golvan dit

      Il y a plusieurs choses dans le texte de Brighelli.
      La résistance au christianisme, dont il est un adepte de toujours, et la défense de l’identité dont il semble être un converti récent.
      Pas évident d’évoluer entre les deux pour en tirer des conclusions applicables à la France d’aujourd’hui.
      Je n’ai pas vu le film, dont je ne peux donc parler, mais il n’est pas inintéressant de savoir que Scorcese a hésité à embrasser la prêtrise (comme on dit). Son regard sur un tel sujet s’en trouve certainement enrichi de son expérience personnelle.
      Mais défendre l’identité française sans défendre l’héritage chrétien me semble relever du grand écart.
      Et comme le remarque Pierre Jollibert, un film sur la christianisation de la Corée qui, au passage, a subi la brutalité japonaise dans toute son horreur, serait un sujet également intéressant.

    • 11 Février 2017 à 11h41

      Habemousse dit

      « Le Japon a su résister aux influences extérieures »  

      Il a fait ce qu’il a pu, jusque dans les années mille huit cent cinquante et des poussières, pour se soustraire au monde extérieur, quelques échanges mis à part : peine perdue, la politique américaine de la canonnière, qui voulait toujours plus de commerce et de richesses, lui a écarté les jambes de force pour mieux violer son intégrité.

      Et l’on s’étonne de Pearl Harbour. 

    • 11 Février 2017 à 11h15

      Karl Arthur dit

      Le Japon n’est pas non plus une forteresse. Le traumatisme de la défaite de 45 a entraîné une ouverture aux modes américains de vie et de pensée. Ainsi, près de 10 000 mots anglo-saxons (chiffres de Georges Kersaudy) sont venus polluer fièrement la langue japonaise. Vae victis !

      • 11 Février 2017 à 11h46

        Sancho Pensum dit

        A propos de la défaite de 45, le film se déroule dans les environs de… Nagasaki !

    • 11 Février 2017 à 10h56

      Sancho Pensum dit

      Toute ressemblance avec des faits contemporains ne serait que pure coincidence, hein, mon gros !
      Brighelli évoquerait avec nous “Le Silence de la Mer” qu’il prendrait fait et cause pour Werner, cet officier allemand courtois, représentant d’un peuple merveilleux.
      Ce film – dédié aux Chrétiens du Japon – dépeint des inquisiteurs japonais dont les crimes, humiliation en prime, feraient passer les barbares de Daech pour des bisounours.
      A la dernière image de la dernière séquence du film – attention spoiler – l’on comprend bien que le message du cineaste est le même que celui du Silence de la Mer : “résiste en… silence, mais résiste !”.
      Mais non, tout ce que retient Brighelli, passablement à contre-sens, c’est : “imitons le Japon, sus à l’envahisseur culturel”.
      Brighelli me fait penser aux bourgeois de Jacques Brel : ça chante l’Internationale à 20 ans et ça pose des pièges à loup sous ses nains de jardins à 70…

      • 11 Février 2017 à 11h04

        durru dit

        A la différence de Sancho, qui pose des pièges à 20 chante l’Internationale à 70…

      • 11 Février 2017 à 11h05

        mogul dit

        Je n’ai pas vu le film mais, je ne sais pas pourquoi, j’ai d’avantage confiance en l’interprétation de Brighelli…

        • 11 Février 2017 à 11h20

          durru dit

          Ce que je trouve amusant, c’est que les deux points de vue ne sont pas contradictoires. La société peut avoir sa position, et l’individu la sienne, pas forcément en accord, mais acceptable tant qu’elle reste intime.

        • 11 Février 2017 à 11h28

          Sancho Pensum dit

          Je ne sais pas si je dois vous conseiller d’aller le voir. D’autant qu’il est très long (2h40).
          Le film pose les mystères et la force de la foi, interpelle sur les méthodes de l’Inquisition (celle du Japon renvoie subliminalement à celle de la chrétienté), questionne l’universalité du divin, confronte deux religions différentes (Jésus vs Bouddha)… mais à la façon dont il représente les Japonais du 17 siècle, il est très difficile d’y voir, dans les desseins du cineaste, une ode à la lutte japonaise pour son indépendance culturelle, et encore moins un encouragement à des politiques trumpienne ou frontiste… Le Japon de Scorsese n’est qu’un cadre où s’exprime le doute et la foi face à la violence, un cadre pas un objet.

        • 11 Février 2017 à 11h33

          Sancho Pensum dit

          Dans le genre “confrontation culturelle”, je vous suggère plutôt d’aller voir le très beau film “Premier contact”.

        • 11 Février 2017 à 11h34

          durru dit

          Ce n’est pas exactement ce que Télérama écrit, et on peut difficilement soupçonner Télérama d’avoir des convictions proches de celles de Brighelli. En tout cas, le film a l’air intéressant. Et chacun fait l’interprétation qu’il veut, à la limite cela montre bien que c’est de l’art.

        • 11 Février 2017 à 11h42

          Sancho Pensum dit

          “acceptable tant qu’elle reste intime.”
          Même circonscrite à la sphère intime, la chrétienté au Japon, à l’époque évoquée par ce film, et si l’on en croit la vision de Scorsese, n’était pas acceptable. Les supposés chrétiens devaient publiquement renoncer à leur foi (fouler l’image du Christ, cacher sur la croix, affirmer que la Vierge était une pute…). Et la messe était clandestine, sous peine de mort. On est bien loin d’une religion circonscrite au privé et à l’église. La religion non officielle y était combattue jusqu’à la mort. Voilà ce que décrit le film. Le Japon de l’Inquisition du 17ème, c’est l’Etat islamique. Pas la France de la séparation de l’Eglise et de l’Etat.

        • 11 Février 2017 à 11h50

          mogul dit

          Merci pour la suggestion de “Premier contact”.
          Par contre, dans la lignée “Rencontre de 3ème type”, j’ai vu récemment “Midnight special” et j’avoue que ça m’est passé par dessus la tête, même si le film est assez prenant… 

        • 11 Février 2017 à 12h00

          durru dit

          Oui, bon, Etat Islamique c’est vite dit. Plutôt Genève de Calvin, non?

        • 11 Février 2017 à 12h09

          mogul dit

          Disons que les mœurs de l’époque étaient “inquisitionnelles”…

        • 11 Février 2017 à 12h22

          Laurence dit

          Sancho
          Je ne vois pas trop bien le rapport avec Premier contact. Au-delà du fait que la confrontation culturelle décrite par Scorcese s’appuie sur un fait historique et documenté tandis que le film de Villeneuve relève de la science-fiction, Premier contact est une ode à la collaboration des nations de la terre dans le but de sauvegarder un monde différent du nôtre dans le futur.
          Le plus intéressant dans ce film au pacifisme quelque peu hollywoodien, ce n’est pas la énième confrontation pour le meilleur et pour le pire, c’est la théorie du temps comme un tout et non plus comme un écoulement linéaire qui permet justement de s’affranchir des contingences temporelles des confrontations. Nous n’avons pas tiré la même chose de ce film, cela dit j’ai moi aussi adoré Premier Contact.

        • 11 Février 2017 à 12h22

          Guenièvre dit

          J’irai voir “Silence”. J’ai beaucoup aimé “Premier contact”,un régal pour l’esprit !

        • 11 Février 2017 à 12h51

          Sancho Pensum dit

          Rho, Laurence, c’est pas sympa. Vous venez de dévoiler l’intrigue et d’expliciter les guillemets que j’ai mis à “confrontation culturelle”. Car effectivement si le film démarre sur la crainte d’un monde extra-terrestre, la confrontation redoutée se transforme en collaboration bénéfique pour toutes les parties. Avec au passage, paradoxes spatio-temporels et intéressants liens entre langage et vision du monde.
          Restent, à l’instar de Silence, la beauté formelle des paysages et la lenteur mélancholique de la progression de l’intrigue.

        • 11 Février 2017 à 13h05

          Lector dit

          @Laurence : “Tous les hommes naissent et meurent le même jour” :

          https://www.youtube.com/watch?v=vYszUc4HHGI&spfreload=5

        • 11 Février 2017 à 13h10

          Lector dit

          @Pierre Jolibert, Sancho, Guenièvre, etc. Un excellent souvenir cinéphile :

          Yong-kyun Bae – Corée du Sud – 1989 :

          https://www.trigon-film.org/fr/shop/DVD/Bodhi-Dharma_-_Pourquoi_Bodhi-Dharma_est-il_parti_vers_lOrient

        • 11 Février 2017 à 13h39

          Laurence dit

          Mais voyons Sancho, depuis que j’ai capté les glyphes du film je suis convaincue que ceux qui voient déjà le film dans le futur savent tout avant même que cela se produise … alors au diable les spoilers ! :)
          J’étais tellement absorbée par le « fond » du film que j’en avais oublié non pas sa lenteur mais sa pesanteur (dans le sens gravitationnel) et sa beauté minérale.
          @Lector
          Merci pour cette vidéo intéressante, au très beau titre. Les théories relatives au temps me fascinent depuis mon enfance, alors… :)

        • 11 Février 2017 à 14h21

          Lector dit

          Laurence, je vous en prie, c’est ce qu’il me semblait, partageant avec vous cette fascination ; stupéfiante pour le dire ainsi depuis la SF de mon adolescence, la transe de mon enfance dans la pratique picturale ayant tendance à s’amenuiser avec l’âge, la drogue de ma jeunesse d’adulte, les questions métaphysiques qui suivirent et ma curiosité pour l’astrophysique et la théologie qui en découlèrent…

          C.Combaz dit en substance dans la présentation de son livre aux éditions du Cerf que “si je meurs demain je meurs en même temps que Socrate, parce que je cesse d’être dans la durée.” (et cela n’a rien à voir avec les pâtisseries de la rue Castiglione:)

          A sa question “le temps existe-t-il” ? J’oserais répondre -quasi en compagnie d’Eckhart : “God” is between seconds.

        • 11 Février 2017 à 15h36

          Laurence dit

          @Lector
          Je n’ai pas votre bagage philosophique, je ne peux malheureusement échanger avec vous sur ce plan, mais God is between seconds est proprement vertigineux.
          J’ai la conviction, comme d’autres ont la foi, que les visionnaires de la SF ou, puisque vous peignez, dessinez peut-être, des artistes comme Moebius, HR Giger ou le maitre da Vinci ont eu accès à d’autre plans temporels par l’entremise de leurs rêves (puisque nous voyageons dans d’autres mondes/temps plus ou moins accueillants pendant notre sommeil).
          J’ai en mémoire les relations des étranges voyages des chamanes dans d’autres mondes où le temps est aboli. Et l’explication de ces transes ne se trouve pas seulement dans la plastie du cerveau…
          Le simple fait de voir dans une simulation 3d des neurones de notre cerveau, la réplique troublante de l’ordonnancement des galaxies dans l’univers me bouleverse à moins que… l’univers soit un hologramme projeté par notre cerveau ? hé hé.

        • 11 Février 2017 à 17h34

          Lector dit

          Détrompez-vous chère Laurence, comme on peut le voir à ma rédaction parfois défaillante voire mon goût de la formule, je ne suis dans ces domaines qu’un profane, n’abordant ces compétences qu’en simple autodidacte. Aussi, suis-je, sans pincement, de tout coeur -voire de tout choeur plutôt en pinçant les cordes de la théorie- avec vous lorsque vous évoquez ces artistes qui ont aussi nourri l’émoi de ma jeunesse autant finalement que suscité la réflexion et la quête d’horizons infinis par delà le réel. On apprend du plus humble visionnaire ainsi que du savant érudit. Et puis, l’art, la poésie, forgent notre imaginaire tout aussi sûrement que les grandes questions théologiques, physiques, l’imagerie médicale récente ou les textes philosophiques parfois quelque peu ésotériques lorsque le concept, loin du mythe, peine à faire métaphore. Je vous rejoins bien sûr également dans cet émerveillement des correspondances entre l’infiniment grand galactique, le macroscopique, et le monde microscopique, moléculaire, atomique, et me réjouis du jeu de miroir qu’avec un esprit d’ouverture joyeux en humour conclusif vous y introduisez, comme une esthétique du paradoxe, voire quasi une dialectique de l’absurde, si l’on peut dire, dont la possibilité de féerie n’aurait pas déplu à Lewis Carroll, autre maître du temps (avec Moebius donc, un ancien voisin soit dit en passant, qui choisit si opportunément son pseudonyme d’illustrateur SF) dont nous devons à n’en point douter modestement partager l’agréable vertige. Quantiquement vôtre, sans gravité excessive, Lector ;)
          & if you go chasing rabbits, don’t forget one pill makes you larger & one makes you small. So, see you soon on the chessboard.

        • 11 Février 2017 à 17h48

          Sancho Pensum dit

          Lector et Laurence, à ce stade de vos réflexions, je me sens obligé de vous conseiller la lecture de “Pourquoi le monde n’existe pas” de Markus Gabriel.

        • 11 Février 2017 à 18h12

          Lector dit

          connais pas mais je prends note Sancho ; auriez-vous un extrait pour faire l’article ?

        • 11 Février 2017 à 21h54

          Sancho Pensum dit

          Allons-y pour le pitch (4ème de couverture), histoire de vous mettre l’eau à la bouche :
          “La vie, l’univers et tout le reste… chacun d’entre nous s’est probablement déjà souvent posé la question de savoir ce que tout cela veut dire au juste. [...]
          Je vais développer dans ce livre le principe d’une philosophie nouvelle qui part d’une idée fondamentale simple : le monde n’existe pas. Vous le verrez, cela ne signifie pas qu’il n’existe absolument rien. Notre planète existe, mes rêves, l’évolution, les chasses d’eau dans les toilettes, la chute des cheveux, les espoirs [...]. Je peux donc d’ores et déjà laisser prévoir que je vais affirmer que tout existe, excepté le monde.”

        • 13 Février 2017 à 19h26

          Pierre Jolibert dit

          Merci de l’indication, Lector.
          Je suppose que vous connaissez Ivre de femmes et de peinture !
          (dans mon souvenir, il y a des chrétiens suppliciés au tout début, mais c’est juste manière de planter un décor historique)

    • 11 Février 2017 à 10h40

      Pierre Jolibert dit

      Vivement un film sur la christianisation de la Corée.

    • 11 Février 2017 à 10h19

      Aristote dit

      Enfin la culture japonaise, c’est aussi un impérialisme et un colonialisme qui valent bien ceux des nations “chrétiennes”, si on peut qualifier la France de la IIIème République et Jules Ferry de “chrétiens”, les massacres de Nankin, les “femmes de confort”, un racisme non-dissimulé, un machisme itou, etc.

      La fermeture culturelle japonaise a ses ombres, c’est le moins qu’on puisse dire. 

      • 11 Février 2017 à 14h32

        Schlemihl dit

        Aristote

        apprenez que le racisme le colonialisme l’ impérialisme et le mépris de la femme ne peuvent exister que chez les hommes blancs européens . Donc , si ça se retrouve ailleurs , eh bien ça n’ existe pas .

        Les massacres de Nankin ? ce n’ étaient que des chinetoques , ça ne compte pas . Les femmes de confort ? des Coréennes !

        Quant à l’ impérialisme japonais , comme ça vient de gens qui ne sont pas tout à fait humains ( des jaunes ) , c’ est sans importance .

        Il y a cependant quelque chose qui élève les Japonais au dessus des bougnoules vulgaires et ordinaires . ce sont les effroyables peignées qu’ ils ont administré aux Russes Américains Anglais Néerlandais à Port Arthur Tsouchima Pearl Harbor Singapour et ailleurs .

        C’ est pour cela , et non pour leurs savants et leurs artistes , qu’ils font figure de Blancs d’ honneur . Ce qui nous apprend beaucoup de choses sur nous même et notre haut degré de civilisation , si on ose dire .

        • 11 Février 2017 à 21h26

          Barbapapa dit

          Bravo ! Très fort ! Le modeste lecteur que je suis en reste pantois d’admiration. Si si ! Sans ironie aucune et en toute sincérité.