Sigisbée m’était conté… | Causeur

Sigisbée m’était conté…

Entretien avec l’historien Roberto Bizzocchi

Auteur

Daoud Boughezala

Daoud Boughezala
est rédacteur en chef de Causeur.

Publié le 20 novembre 2016 / Histoire

Mots-clés : , ,

sigisbees roberto bizzocchi italie

Daoud Boughezala. En quelques mots, comment définiriez-vous le « sigisbée » auquel vous avez consacré tout un essai ?

Roberto Bizzocchi1. Le sigisbée est le chevalier servant, c’est-à-dire l’homme qui accompagne en société une femme qui n’est pas son épouse. Étymologiquement, le mot dérive probablement d’une onomatopée, inspirée par l’habitude des sigisbées de susurrer des petits mots doux à l’oreille de leurs dames (« chi, chi, chi » – en italien sigisbée se dit cicisbeo).
Cette coutume s’est surtout diffusée parmi la noblesse italienne au XVIIIe siècle, mais également dans d’autres pays catholiques comme l’Espagne et l’Autriche. À l’époque, la morale protestante n’admettait pas la complicité entre une femme mariée et un homme.

Pourquoi les maris italiens, eux, y consentaient-ils ?

Au XVIIIe siècle, le mariage est quelque chose de trop sérieux pour l’abandonner à l’amour !

[...]

  1. Professeur au département d’histoire de l’université de Pise, Roberto Bizzocchi a publié Les Sisgisbées. Comment l’Italie inventa le mariage à trois, Alama, 2016.

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    publié dans le Magazine Causeur n° 40 - Novembre 2016

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    • 23 Novembre 2016 à 10h56

      hoche38 dit

      Monsieur Boughezala, pourriez-vous me donner la référence de la magnifique image que vous avez choisie comme illustration?

      • 23 Novembre 2016 à 16h16

        Pierre Jolibert dit

        Demandez à quelqu’un d’abonné ou abonnez-vous !
        (c’est intrigant car c’est assez atypique par rapport à ce que fait ce peintre d’habitude)
        (et la date pourrait prêter à des interprétations divergentes s’il y avait débat de périodisation cf ci-dessous)

    • 20 Novembre 2016 à 23h00

      Pierre Jolibert dit

      Merci beaucoup pour cet entretien extrêmement intéressant.
      Ainsi que pour ce bon choix d’illustration… qui rattrape plus que de besoin le choix très malheureux et proprement incroyable, à vrai dire, de l’éditeur pour le livre !
      Comme d’habitude, de l’étrangeté des périodisations :
      Le XVIIIe siècle est avant tout le siècle de Voltaire. C’est le XIXe siècle qui sera celui de Rousseau.
      Mais c’est juste après pour parler de l’énorme succès de la Nouvelle Héloïse “dans la seconde moitié du XVIIIe siècle” et pour signaler l’intelligence de Mary Wollstonecraft qui elle-même voudrait accélérer l’évolution des mentalités et serait “la plus grande femme écrivain de la fin du XVIIIe siècle“.
      Est-ce qu’il n’est pas plus simple de dire que les siècles n’existent pas ? de faire achever un Âge précédent par un Voltaire sémillant, et voir celui-ci survivre dans un Âge suivant en effet marqué par Rousseau mais pas seulement, et où seule une mort prématurée empêche Mary Wollstonecraft d’être en concurrence au début du XIXe siècle avec sa fille ou avec Jane Austen, tandis que les poètes qui la fréquentaient et qui eurent, eux, la chance relative d’accéder à la maturité, n’avaient pas raison de se sentir spécialement dépaysés après 1800 puisqu’ils avaient déjà fondé le romantisme ?

      • 20 Novembre 2016 à 23h02

        Pierre Jolibert dit

        pardon, n’avaient pas de raison… ou aucune raison…