Sexe mensonges et plein-emploi
Mad Men, le pourquoi d’un succès fou
Publié le 03 octobre 2010 à 8:01 dans Culture
Mots-clés : Mad Men, Télévision

Série en passe de devenir mythique, raflant toutes les récompenses, Mad Men réconcilie le zappeur contemporain avec un certain classicisme formel. Mais, au fond, comment la vie d’une agence de pub dans le New York des années 1960 arrive-t-elle à intéresser à ce point les téléspectateurs et critiques du monde entier ?
C’est tout d’abord que Mad Men redonne à voir un monde perdu. Celui des Trente Glorieuses, quand l’économie servait l’idée de progrès et réciproquement. Mais ce n’est là qu’un cadre général de l’action de la série. Les personnages – attachants cyniques, faibles, avec des dents qui rayent le parquet, avec des fêlures aussi – évoluent dans un monde moral aujourd’hui devenu impensable, où il est valorisant de picoler et fumer en permanence au bureau, coucher avec les secrétaires sans prendre de procès pour harcèlement, tromper son conjoint sans trop de remords, abandonner un enfant illégitime à une nourrice pour privilégier une carrière… Le succès de Mad Men tient sans doute à ce vent de liberté perdue que l’on sent souffler contre nos joues rosies de métrosexuels trop sages.
Cependant Mad Men ne brosse pas un portrait complaisant de cet Ancien régime patriarcal où les « comportements à risque » étaient socialement acceptés. Les individus qui peuplent ce monde apparemment libre y sont engoncés dans les codes sociaux, dans l’obligation de « donner le change », dans les mariages ratés… Ils se débattent, dissimulent, se mentent, trichent avec des modèles conformistes d’une époque finissante dont on sait qu’elle volera en éclat avec les beatniks, la contestation des campus, l’année 68…
Les années fumeuses, buveuses et baiseuses
Dès lors intervient peut-être une seconde raison du succès de Mad Men : l’autosatisfaction. En contemplant ces années 1960 américaines misogynes, ségrégationnistes (seuls les noirs servent des sandwichs dans les étages de bureaux), fumeuses, buveuses et baiseuses, le téléspectateur conformément moderne aime à se comparer et à se dire « comme c’est mieux maintenant ! » les bureaux, bars et chambres d’hôtel ne sentent plus la clope, les minorités ont des droits, les femmes ne se laissent plus faire, les blancs hétéros n’ont plus le pouvoir symbolique, et on met des capotes…
Esthétiquement parlant, enfin, Mad Men est une série qui s’inscrit dans l’engouement actuel pour le Vintage. Les actifs tertiaires d’aujourd’hui, ceux qui, il y a 10 ans, se rendaient à leur start-up en roller en sirotant leur jus de goyave bio et en rêvant de Kate Moss, retrouvent, par procuration, l’attrait des costumes sombres, de la gomina et des cravates fines, des Lucky Strike au coin de la bouche, du gros whisky qui tâche, et des formes abondantes de la secrétaire faussement prude.
Dès lors, Mad Men reflète-t-il une nostalgie durable pour un monde qui assumait et contrôlait les parts maudites de l’homme occidental ? Ou un simple engouement passager pour un design et quelques valeurs old school ?
Don Draper, le personnage principal, reprend un petit verre avant de répondre.
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J/K dit
Je crois que c’est clair ! ;)
bananas dit
mais réellement, Mad Men c’est nul et renul et nous ne l’ignorons pas autant que vous parceque c’est simplement flagrant. Parlez-moi à la limite de Logan’sRun, Le Prisonnier, etc. mais ça !!
Et si les pédants incultes sont une spécialité française ils ont parfois bon goût; ce sont de toute façon les mêmes qui verront partout des pedos criminels – très “in” – après un concert de Bertrand Cantat ou avant d’aller à un show de U2 ou les filles et les diverses substances coulent à flot et emploient même des gens pour ce faire…
a2lbd dit
Oui, à ce sujet, il faut aller voir les duettistes de l’acide médiatique Zemmour et Naulleau être fâchés tout rouge parce qu’on ne leur laisse pas accès aux ondes pour diffuser leurs messages si vitaux.
Ils se sont vraiment ridiculisés. Aigris à ce point de ne pas pouvoir causer dans le poste…Ce sont les arroseurs arrosés. Ils sont devenus maintenant les divas médiatiques qu’ils passent le temps à dénoncer. Trop drôle !
C’est tragi-comique de plus qu’ils ne réalisent pas que leurs avis ne sont jamais suivis et que ce qui plait dans leurs interventions c’est le coté “jeux du cirque”. On attend toujours avec une délicieuse perversité le moment où ils vont plonger leurs glaives empoisonnés dans le cœur de l’auteur qu’ils étrillent.
XD
Alpheratz51 dit
bananas dit :
6 octobre 2010 à 0:17
A vous lire, le pépé chauve sourit.
jerome dit
Cool, 2 trolls pour le prix d’un. Les incultes pedants c’est une specialite francaise mondialement reconnue – il faut en effet un certain niveau de connerie pour etre capable de dire autant de conneries sur des choses qu’on ignore avec autant de condescendance et de mepris.
Bravo !
bananas dit
Les séries c’est fait pour vendre du coca entre les épisodes, à la base ou pour faire rêver Mémère et pleurer margot (et pépé sans doute surtout s’il est chauve) donc c’est rarement subversif à part quelques exceptions près et ce que soulignait sans doute avec passion moonlight singer c’est que la liberté de ton ou le style ludique à la british un peu à la manière de “the avengers” que les writers avait auparavant n’est plus:
c’est donc d’autant plus cocasse et plus ça a de succès plus il faut naturellement s’en méfier.
a2lbd dit
@moonlight
Voila un gazouillis pédant et imbu que j’ai déjà croisé chez un piaf de haut vol.
;-)
moonlight singer dit
Franchement je ne réponds jamais aux simples d’esprit – même à 2, et on ne va pas commencer à comparer ces nouvelles oeuvres citées telles que Nip Tuck, Dr House & co de toute façon guère différentes des produits de grande consommation ET américains des années 80 que vous citiez (et je trouve pour ma part Dexter à mourir de rire), sinon simplement grotesques: Le bon sens me l’interdit, et quand ces series stopperont je vous offrirai Le Diable S’Habille En Prada.
Sinon sachez que ces shows ont tous été créé, à la base, pour vendre du savon et non de la culture et que l’ineffable B. Easton Ellis a lui-même signalé dans une interview récente que le problème provenait que, de nos jours, beaucoup des auteurs d’Hollywood n’en étaient justement pas…
lisa dit
Alpheratz51,
Merci !
J’ai beaucoup aimé six feet under et suis accro de Dexter….sans rapport avec l’acteur commun aux Deux séries.
livia dit
Je regarde, dès qu’on nous en propose sur le cable, les séries Anglaises très bien construites et bien faites aussi J’adore ! a égalité avec les series US dans un autre genre et un style très different.
J’aime aussi bcp le cinéma britich , je tenais a le dire. C’est fait.
Amazone dit
Bananas a dit :
“ce show TV est plutôt vulgaire ou mal tournée: de tte façon tout le monde sait que les nouvelles séries sont en général plutôt baclées comparées aux anciennes (cf le niveau culturel et les temps de tournage actuels)”
C’est vrai, supecopter et agence tous risques c’était bien plus intello…
non mais vous déconnez ou quoi ? les séries américaines actuelles n’ont jamais été aussi intéressantes, bien écrites, etc ! Regardez un épisode de Breaking Bad ou de Rome pour vous rendre compte des bêtises que vous racontez.
Par exemple Bret Easton Ellis pense que les séries sont beaucoup plus intéressantes que les films. Et je suis entièrement d’accord avec lui.
La création, l’originalité, la qualité d’écriture, la capacité à raconter des histoires sont du côté des scénaristes TV maintenant.
a2lbd dit
@moonlight
Fourbe peut-être mais je trouve vraiment que Madme est la série du moment. Il me semble hasardeux de la comparer avec des documentaires, Il y a dans la fiction une licence plus importante.
Ce qui me frappe dans les héros de série actuelle venant des USA, c’est qu’ils sont tous plus ou moins asociaux ou en tout cas en rupture de ban avec les conventions sociales. C’est le cas de Don Draper, du mentalist, du Dr. House, de Dexter…
Le message subliminal est, il me semble, que l’ultra compétence vous permet de vous affranchir de la diplomatie et du jeu politique.
C’est intéressant car c’est exactement un négatif du monde réel où, comme le prouve l’affaire Banier, rémunéré par L’Oréal une fortune pour ne rien produire de valable, c’est le jeu politique qui vous permet de vous affranchir de la compétence et de la diplomatie…Dans notre monde mieux vaut être un courtisan oisif qu’un producteur individualiste.
La TV et le ciné (cf le Sherlock Holmes de Guy Ritchie) nous diffuse un message différent. Tentative de faire prendre des vessies pour des lanternes où éducation des masses ?
Alpheratz51 dit
bananas dit :
4 octobre 2010 à 15:26
Addiction à Hélène et les Garçons ?
expat dit
@ moonlight : merci bcp je vais les chercher.
Alpheratz51 dit
Lisa dit :
4 octobre 2010 à 14:01
Chère Lisa (permettez moi le chère) aucune ne se déroule dans les années 50.
Elles se situent toutes dans les années 2000. De mémoire, mais à vérifier, je crois que c’est la série “les sopranos” qui est la plus ancienne ( 1999 ou 2000?) en terme de réalisation. Mais peu importe, procurez-vous les et je vous assure d’un grand moment de télé.
Bien à vous.
bananas dit
jérome et phloppe ont raison, ce show TV est plutôt vulgaire ou mal tournée: de tte façon tout le monde sait que les nouvelles séries sont en général plutôt baclées comparées aux anciennes (cf le niveau culturel et les temps de tournage actuels) et au ton anti-politiquement correct et respectueux sans oublier des quotas plus qu’ approximatif!! Bonjour les ploutocrates et leurs goûts.
Lisa dit
@Alpheratz51,
3 des séries que vous mentionnez ne se passent pas dans les années 50, non ?
@a2lbd
Bienvenue,
Je vais essayer de trouver cet épisode.
moonlight singer dit
@expat
Pas Hollywood Renegade, un intéressant docu actuellement en pré-production auquel A.Mayles a simplement participé; Pardon. Ce fut une grossière erreur.
moonlight singer dit
@expat
Alber Maysles et son frère D.Mayles ont réalisés plusieurs films dont le récent remarquable Hollywood Renegade, avec aussi Gimme Shelter qu’on ne présente plus, Salesman (à voir: des vendeurs de bible en action et à la logique guerrière), Meet Marlon Brando mais aussi Psychiatry In Russia -légèrement subversif ! Les documentaires des Maysles, essentiellement ceux consacrés aux annés 50-60 sont plutôt rares, car ils évitent ce misérabilisme actuel très douteux ainsi que ces fausses étiquettes faciles avec cette caméra flottante & cette narration seulement “informative” un peu à la manière de Direct 8. Rien donc d’un chef d’oeuvre absolu du marketing, comme le signalait sans doute en demi-teinte le fourbe a2lbd.