Scoope toujours, tu m’intéresses !
Guéant a raison et la SDJ de France 3 a tort
Publié le 19 janvier 2010 à 18:52 dans Médias
Mots-clés : Afghanistan, Otages

Comme nous vous l’avions signalé ici-même, l’enlèvement par les talibans afghans, fin décembre, de deux journalistes de France 3 et de leur chauffeur a marqué un tournant radical des autorités françaises face à ce genre de problèmes.
La diplomatie et les services de renseignements français ne sont plus contraints de travailler sous la pression d’une opinion publique mise en condition par les collègues, confrères et amis des otages.
On ne se gêne pas, au sommet de l’Etat pour critiquer l’imprudence des chasseurs de scoops, alors même qu’ils sont encore aux mains de leurs ravisseurs. Ainsi, dimanche 18 janvier, le secrétaire général de l’Elysée, Claude Guéant, a déclaré, lors du “Grand Rendez-Vous” Europe 1/ Le Parisien-Aujourd’hui en France : “Ils font courir des risques aussi à beaucoup de nos forces armées qui, du reste, sont détournées de leurs missions principales”. Il a également souligné le “coût tout à fait considérable” de cet enlèvement. Le bras droit de Nicolas Sarkozy a également suggéré qu’il n’était pas toujours nécessaire, pour les journalistes, d’aller à la recherche du scoop à tout prix, en laissant entendre que si cette quête tournait mal, c’était la collectivité nationale et les contribuables qui en payaient la note, parfois salée.
Cette sortie n’a pas été du goût de la société des journalistes de France 3, qui a dénoncé le «cynisme effrayant” de ces déclarations visant des journalistes qui ne font ” que leur métier”. La SDJ de France 3 a reçu le soutien de Reporters sans frontières, de la députée PS Aurélie Filipetti, et de l’humoriste francintérien Stéphane Guillon. Les suspects habituels ayant ainsi formulé leur litanie sur “le droit de savoir”, la “liberté de la presse menacée”, et montré à nouveau d’un doigt vengeur le Sarkozy liberticide, on peut maintenant passer aux choses sérieuses.
Notons d’abord que les propos de Guéant, reprenant et amplifiant ceux de Nicolas Sarkozy critiquant ” l’imprudence” des journalistes, sont en parfaite cohérence avec la nouvelle stratégie des autorités françaises face aux preneurs d’otages. Ces derniers se voient ainsi privés du levier d’une mobilisation populaire en France pour faire grimper le prix de la rançon et les bénéfices politiques de l’opération.
Il est plus difficile de mobiliser pour des têtes brûlées que pour des gens présentés comme des chevaliers Bayard de l’info.
Sur le fond des choses, la raison d’Etat, telle qu’elle est formulée par Sarkozy et Guéant, s’oppose au droit du public à l’information la plus pointue, la plus indépendante possible de tous les pouvoirs sur tous les sujets brûlants, y compris sur les conflits armés dans le lequel notre pays est engagé. On citera les exemples célèbres des journalistes dénonçant des pratiques de tortures ou de massacres de civils dans les guerres postcoloniales françaises ou la guerre américaine au Vietnam.
C’est vrai, à la notable différence près, que ni le FLN algérien, ni le Vietcong n’avaient, à l’époque, fait de l’enlèvement et parfois de l’exécution sauvage de journalistes pris en otage une arme de guerre psychologique contre leurs ennemis.
Or, nous savons maintenant que les jihadistes, en Irak, en Afghanistan, au Pakistan n’hésitent pas à utiliser, outre l’attentat suicide, ces méthodes visant à “démoraliser” l’opinion publique des pays qui leur font la guerre.
Ce n’est pas parce qu’on a “fait” la Bosnie ou l’Intifada palestinienne qu’on est à l’abri d’une opération au cours de laquelle ceux que l’on souhaite montrer au public vous transforment en bargaining chip. Dans ce contexte, les gros durs porteurs de gilet à poches multiples sont comme tout le monde. Ils doivent s’incliner devant la force brutale, et filer doux. Il semble que les envoyés spéciaux de France 3 aient été dûment prévenus par l’armée française des risques qu’ils couraient dans le secteur où ils comptaient se rendre. Ils sont passés outre, jouant à une sorte de roulette russe pour, en cas de succès, se retrouver dans le club sélect des chasseurs de scoops de première classe.
Alors, faut-il, pour décourager ce genre de comportement, jouer la transparence et porter à la connaissance du public les coûts engendrés par l’imprudence de ces journalistes ? Pourquoi pas ? Si, comme le claironnent sans cesse les professionnels de la profession qui se drapent dans leur dignité ” le public a le droit de savoir”, qu’il sache alors tout sur des unités militaires détournées de leurs missions pour localiser les otages, des services spéciaux en quête d’interlocuteurs pour une éventuelle négociation, des missions de reconnaissance aériennes, des versements éventuels de rançon, des concessions militaires ou politiques faites aux ravisseurs. Tout cela n’est pas donné et devrait donner à réfléchir aux consommateurs d’infos que nous sommes tous.
Mais là n’est pas l’essentiel. Il faudrait que ceux qui prétendent parler au nom de la profession, syndicats, SDJ ou RS cessent de nous prendre pour des billes : la mondialisation, l’instantanéité de l’information ont radicalement changé la nature du journalisme de guerre. Le principal champ de bataille n’est bien souvent pas là où l’on croit, en Afghanistan, à Gaza ou ailleurs. Dans la guerre médiatique, celle qui, de plus en plus décide du sort des batailles, les journalistes sont des objets qu’un camp ou l’autre cherche à manipuler à leur profit. Certains présomptueux estiment que leur talent, leur intrépidité, la chance les feront échapper à cette fatalité. Ils devraient de toute urgence relire l’indémodable Scoop d’Evelyn Waugh, et envisager une cure de chronique jardinage dans Rustica.
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L'auteur
Luc Rosenzweig est journaliste.
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Miche dit
Ancien journaliste, je n’ai jamais été très confraternel, encore moins aujourd’hui que coule le fluide dans les organes de la bienpensance. Ce genre de campagne de soutien m’a toujours exaspéré. J’aime le portrait rapide que vous faites du chasseur à poches multiples, grande gueule et vaniteux. J’en ai connu des dizaines d’exemplaires, de ces baroudeurs télévisuels devant qui, nous autres maigres plumitifs, devions nous incliner toujours plus bas sur le terrain. Le stylo écrabouillé par la machinerie du “reporter d’image”. J’aime qu’on me raconte, et qu’on me raconte bien. La première des qualités est de savoir s’y prendre. Réduits au rôle médiocre de monnaie d’échange, que leur reste-t-il ? La qualité de l’information ne se mesure pas toujours au parcours du combattant, mais, oserais-je le dire : au style. Mais oui. En ont-ils, du style, ces rambos de la caméra ? Sans doute, mais j’aimerais le voir pour le croire.
gerard dit
Je croyais qu’un journal,principal bénéficiaire commercial des informations, assurait à son employé tous les frais de voyage de celui-ci, et bien sûr la couverture des risques qu’il prenait dans l’exercice de ses fonctions.Il est vrai qu’avec France 3 le contribuable serait quand même perdant.
J’avais bien remarqué que les Kaufmann et ses collègues nous avaient été présentés comme des héros simplement parce que , naïfs, ils avaient cru qu’au Liban il y avait des bons et des méchants. Ayant pris conscience de cela, ils ont raconté les tortures que des sadiques leur avaient fait subir sans jamais nommer leurs tortionnaires pour ne pas “stigmatiser” (comme on dit aujourd’hui) ceux qu’ils persistent à appeler les victimes. Cette forme de désinformation a été payée par les contribuables français.Il en est de même de Florence Aubenas.
Ils devraient pourtant se souvenir de leur confrère Daniel Pearl et éviter de se bousculer pour faire briller les pompes de ses tortionnaires.
Bibi dit
L’injure est aux orwelliens ce que l’humour est aux civilisés: une nature.
@Eden,
L’orwellien n’a pas intégré que ses protégés se foutent totalement de sa “compassion” (en clair, son admiration du sauvage) et le décapiteront avec le même sentiment qu’ils éprouvent pour le genre humain.
Eden dit
C’est le paradoxe Jardada…celui de la gauche pacifiste et collabo durant Vichy…Un vieux réflexe camarade.
En temps de paix et d’essor économique ils sont bien. C’est après, dès que ça foire qu’ils sont super-cons.
Eden dit
Mais merde quels rapports y a-t-il entre le reportage de guerre du type de celle du Viet-Nam et la guerre en Irak ou en Afghanistan ?
Qu’est ce que c’est ce gros con de pirate qui veut donner des leçons et demande comme l’autre truffe de Peillon “un retrait de la carte de presse ou une démission” ?
Il a bidonné un truc LR ? Un billet d’opinion concernant sa corporation et tu veux sa tête pirate ? T’es un vrai démocrate putain de bordel de merde !
Reporter de guerre était un VRAI métier. Il y avait une méthode, des consignes à respecter comme suivre les troupes tout en sachant effectivement qu’il y avait des risques mais MESURES.
Or, voilà nos baltringues qui savent que généralement ce type de conflit comme en Afghanistan est complètement azimuté. RIEN n’est conventionnel. Il n’y a pas de lignes de front.
Ces nases savent très bien qu’en prenant un guide local, un chauffeur, ils sont déjà dans la merde. C’est un produit local la traitrise. C’est talibanesques comme qui dirait !
A chaque fois on a le même scénar de con où des journalistes veulent se la jouer grands reporters et tâter de la mort en direct pour la grand-messe du soir et du tout-web…Quequette !
On n’est pas chez Laurence Ferrari qui se trémousse au milieu de toutes les unités françaises pour que nos soldats s’astiquent gaulois. Non ! On a des branques qui veulent se la jouer solo…Ben ok…Solo et islamo, no problemo.
Veulent pas de thunes les allaouaks, veulent leurs chefs en zonzon…mouahahah
Béret dit
@Jardidi
C’est plus clair maintenant. Il s’agit donc d’un génocide abstrait.
Nous voilà rassurés.
Moi qui suis loin du Bassin Parisien, je n’imaginais pas qu’il était peuplé d’envahisseurs aussi étranges.
David Vincent Président !
L. Bronstein dit
Camarade Jardidi,
Traiter son adversaire de facho est le B.A.BA du livret remis à tout adhérent au Parti.