Suivre Causeur :     

Schizophrénie française

Puritains le jour, libertins la nuit?

Publié le 08 juin 2011 à 12:02 dans Société

Mots-clés : , ,

image : http://online.worldmag.com après Garnt Wood

Contrairement aux monarques absolus, les responsables politiques − hommes et femmes − des démocraties, même au sommet de l’État, ont un seul corps et une seule vie. On n’assiste plus à leur coucher ni à leur lever et, en France, le fait qu’on les laisse tranquilles entre ces deux moments est érigé en pilier de l’identité nationale − encore une exception. Seulement, ce que l’affaire DSK nous empêche de voir, c’est que la vie privée ne se limite pas à sa dimension sexuelle. Or si, contrairement aux « Anglo-Saxons », nous avons plutôt tendance à nous abstenir de tout jugement moral sur la vie sexuelle et amoureuse (les deux vont parfois de pair) de nos élus, concernant l’argent, nous avons déjà rattrapé ces fils de puritains. C’est seulement au seul corps de nos gouvernants que nous appliquons un double régime de transparence. Ça ne peut pas marcher.

[...]

  1. Florence Woerth, épouse d’Éric Woerth, était salariée de Clymène, filiale de Téthys, sociétés gérant respectivement la fortune Bettencourt et ses titres dans le groupe L’Oréal
  2. D’où son surnom : « Le Lion de la Tlass »
  3. Il est vrai qu’en l’occurrence, on peut penser que le tropisme politique de Dumas a nourri l’attraction érotique plutôt que l’inverse : en clair, le fait que Dumas était plutôt « pro-syrien » a peut-être favorisé la rencontre et l’amour…
envoyer par email autre réseau social

La lecture de cet article est réservée aux abonnés

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous

mot de passe oublié | Vous n'arrivez pas à vous connecter ?
 

Nos offres

A lire aussi

La rédaction de commentaires est reservée aux abonnés

12

Si vous êtes déjà abonné, connectez-vous

mot de passe oublié | Vous n'arrivez pas à vous connecter ?
 
  • 9 June 2011 à 17h08

    saintex dit

    Les fonds secrets… oui oui, la transparence a commencé avec la suppression des fonds secrets.S’il en est qui pensent qu’il est possible de diriger un pays, même dans le contexte mondial de 2011, sans fonds secrets, qu’ils arrêtent là leur lecture.
    Les fonds secrets ont donc disparus, mais on suppose que les infirmières Bulgares ont fait l’objet d’une transaction, on sait que le lobbying de certains pays aux JO se base sur l’argent… mais sans fonds secrets, cela va de soi.
    Pour ce qui est de la sexualité hors mariage, il est clair qu’elle doit disparaître, quelle va disparaître comme les fonds secrets. Du reste, les pulsions, ça se soigne entend-on à l’envie (je ne parle pas de viols). Bien sur, par la castration. Donc, plus d’hormones qui devront aussi disparaître.
    De la même façon que pour les caisses noires, il faudra se demander pourquoi la population diminue… ou ne diminue pas (du reste, est-ce important).
    La naïveté n’est pas nouvelle, le puritanisme non plus. Ce qui est nouveau est d’avoir remplacé Dieu par la démocratie et Jésus par la sécurite.
    Le fait “amusant”, c’est que ce nouveau mode de gouvernance fait florès dans le pays des intégristes de la laïcité et provient des néo-chrétiens US qui sont plus près de Savonarole que de Saint Antoine de Padoue. Mais Savonarole a fini au bûcher.

  • 9 June 2011 à 11h33

    laborie dit

    On pourrait résumer ainsi: “Qui gratte son cul au coucher a le doigt qui pue au lever”………

  • 8 June 2011 à 22h51

    rroseselavy38 dit

    Mon pauvre Gil… voilà bien pourquoi je ne peux prétendre à une carrière politique…. il y a un proverbe antillais qui dit “celui qui veut grimper au cocotier doit avoir le cul propre”. Ma haine du journalisme en général réside bien dans cette illusion de transparence généralisée des conduites…. Si je vous dit quelles sont mes failles, me direz vous les vôtres ? Je plains les politiques comme les journalistes qui ne peuvent avouer qu’ils vont de temps en temps aux putes…

  • 8 June 2011 à 19h23

    Lady dit

    Tout se sait comme au village. A l’heure du net, du tweet et de l’œil-caméra permanent, l’époque impose et imposera d’elle même des comportement les plus exemplaires possible. Au moins sans crime et sans abus. Le temps du véritable sacerdoce est arrivé, on verra si les prétendants aux fonctions les plus hautes seront toujours aussi nombreux.
    Les consommateurs d’infos sont bien assez grands pour savoir naviguer dans l’océan d’images et de mots agité par des chiens autant que par des sous-marins, chercheurs d’or, pêcheurs du meilleur et racleurs de fonds nauséabonds.
    J’ai remarqué que beaucoup parmi les plus exposés de nos dirigeants, n’ont jamais de pages “intrusives” concernant leurs vies privées. Il est donc encore possible de ne pas donner à manger aux chiens;

  • 8 June 2011 à 15h18

    Marie dit

    @fonsalphonse
    Irréprochables dites vous ? oui mais jusqu’ou peut on aller pour dire que untel est plus irréprochable que l’autre? quel est le seul recquis celui de l’”affaire” Woeurth ou nous sommes plus dans la sphère de la morale mais la morale générale ou celle qui arrange tel ou tel
    “Personne n’a prouvé que les époux Woerth se soient rendus coupables d’un quelconque abus, et encore moins d’un délit. ”
    Je souscris à ce qu’écrit Gil jusqu’ou va t on aller? Salir des gens au nom de principes non établis , non codifiés? après tout je peux moi aussi tout comme vous créez un code et toutes personnes qui dérogeront à ce code seront blâmés… On marche sur la t^te!

    • 9 June 2011 à 9h37

      fonsalfonse dit

      “Principes non établis, non codifiés” ? Il s’agit de règles morales et de bon sens. 
      La fidélité par exemple : il n’est pas nécessaire de vous expliquer qu’elle n’est pas “réservée” aux couples mariés n’est ce pas ?
      Il s’agit d’un principe morale qui s’impose aux concubins.

      Pour l’affaire Worth sur laquelle nous avons plus de recul, les conditions d’embauche (le fameux “bilan de compétence” proposé par De Maistre à la femme du ministre, sur demande de ce dernier), l’absence de contrôle de la situation fiscale de Mme Betancourt depuis bien longtemps suffit à mettre la puce à l’oreille… On peut exiger un minimum de moralité de la part du ministre du budget auprès duquel est rattachée l’administration fiscale. 

  • 8 June 2011 à 15h05

    hathorique dit

    bonjour  à tous  
    il est en effet très difficile de démeler vie privée et vie publique entre politique et journalisme et cet eugénisme politico médiatique s’est encore amplifié suite à  la multiplicité des chaines de télévision qui doivent aussi assurer une audience maximum pour satisfaire leurs actionnaires.
    car l’information passe aussi et surtout par l”audience, et l’audience c’est les téléspectateurs, qui sont parfois des voyeurs qui aiment l’odeur du sang et le gout de la chair fraiche.
     Je m’étonne toujours d’y voir officier de fort jolies jeune femmes certes professionnelles  extrêmement compétentes, mais je soupçonne les rédactions pour la plupart assez masculines de ne pas avoir tout à fait exclu l’impact “sexe appel” de ces jeunes journalistes talentueuses et certains cadrages sur ces déesses de l’info ne me paraissent pas complètement anodins pour leurs contributions à la courbe de l’ audience.
      Ceci étant dit, comme j’ai été bercée par la voix de Geneviève Tabouis qui commençait presque toujours ses chroniques par ” Attendez-vous à savoir”
     je ne suis pas sure de perdre au change devant tant de jolis minois.
      Pour résoudre ce problème d’investissement libidineux un lien qui pourrait continuer à  résoudre une bonne partie de cet échauffement général , qui produit tant de  troubles tumultueux facteurs de bruit et de désordre :=)

     http://www.agoravox.tv/actualites/religions/article/une-koweitienne-propose-de-30538

  • 8 June 2011 à 15h02

    fonsalfonse dit

    Faut-il rappeler que les hommes politiques qui nous gouvernent et nous représentent à l’étranger ont le devoir d’être irréprochable !

    Je ne suis pas choqué que Strauss Kahn aujourd’hui, Worth et Estrosi hier(l’appart de fonction occupé par sa fille) et d’autres avant-hier. soient cloués au pilori à cause de leurs propres turpitudes. Même si un certain nombre d’hommes politiques passent au travers des mailles des filets médiatiques, cela a au moins le mérite de leur faire une piqure de rappel : “attention explosion en vol possible”.
    Les dirigeants doivent être dignes et exemplaires. Point n’est besoin de tout relativiser.

  • 8 June 2011 à 14h15

    Marie dit

    On veut tout savoir sur tout mais est ce bien sûr? les médias jouent avec cette idée en excitant le côté voyeur de tout un chacun , et ce n’est pas la plus belle facette de l’être humain .On nous bassine avec le respect mais ou est il à présent? il suffit d’écouter certains journalsites et la manière dont ils parlent de tel ou tel , le doigt d’honneur d’Emmanuelli enfin celui qu’il a fait à l’insu de son plein gré. Décidement on ne grandit pas la société en demandant à nos élus ce que beaucoup ne font pas dans leur vie privée parce que justement c’est privé. Bien sûr que lorsque l’inconduite notoire mène au pénal c’est différent mais pour le reste que les secrets d’alcôves restent dans les dites alcôves.

  • 8 June 2011 à 13h55

    L'Ours dit

    Enfin un article qui décrit avec justesse et talent très exactement ce que je pense, notamment sur l’affaire Woerth!

    J’apporterais juste une précision sur l’intrusion des journalistes dans la vie privée. Je n’ai jamais considéré que les journalistes ne devaient pas enquêter – ce qu’ils ne font d’ailleurs presque plus, même s’il ne s’agit pas de vie privée – mais que selon ce qu’ils découvraient, il devaient parfois savoir ne pas l’étaler sur les pages des journaux.
    S’ils apprennent par exemple qu’Untel a une maîtresse ou un amant et que ça ne change rien aux affaires publiques, ça ne nous regarde en rien. J’ajouterais: même si l’homme politique a joué de l’image de la famille pour être élu. Les rapports humains ou familiaux ne sont pas si simples. 

    • 8 June 2011 à 14h07

      Gil Mihaely dit

      Vous avez raison, mais il est très difficile de déterminer ce qui est “publiable”… il faut ajouter à cela la concurrence entre médias et entre journalistes (phénomène normal d’ailleurs) pour comprendre qu’une fois une enquête est déclenchée (avec ce que cela coûte…)  rare sont les médias et les rédacteurs en chefs qui ne publieraient pas… ne serait ce que pour ne pas admettre une erreur ou une fausse piste…  

  • 8 June 2011 à 12h08

    isa dit

    Pas encore lu, mais mmmm, j’attends maintenant avant de me régaler avec”le festin de Babette “.