Jacqueline Sauvage: la tyrannie des minorités | Causeur

Jacqueline Sauvage: la tyrannie des minorités

Selon que vous serez homme ou femme…

Auteur

Anne-Marie Le Pourhiet

Anne-Marie Le Pourhiet
Juriste spécialiste de droit constitutionnel, professeur de droit public à l’Université de Rennes I

Publié le 10 janvier 2017 / Société

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Des Femen réclament la grâce de Jacqueline Sauvage sur le parvis du Trocadéro à Paris, décembre 2016. SIPA. 00784814_000038

Alors ça y est, c’est officiel, Jacqueline Sauvage ne se sent « pas du tout coupable » du meurtre de son mari. C’est elle-même qui l’a dit au journaliste Laurent Delahousse quand il lui a posé la question au JT de France 2 où elle est venue s’exhiber, flanquée de ses deux inséparables avocates. Inutile de le préciser : il n’y avait sur le plateau de télévision aucun juriste ou responsable invité à exprimer une opinion dissidente, le principe du contradictoire existe devant les juridictions (audi alteram partem = écoute l’autre partie) mais pas dans les médias où l’on n’instruit qu’en sens unique ! L’une des avocates a ainsi pu affirmer, sans être corrigée, que « équité et justice, ce n’est pas la même chose »… Sur une telle copie, nous écririons en Faculté : « les fondamentaux ne sont pas maîtrisés ». Sachant que l’homicide volontaire est puni de trente ans de réclusion, il est clair, de surcroît, que la condamnation de Madame Sauvage à dix ans n’était pas inéquitable du tout.


VIDEO. Jacqueline Sauvage : “je n’en reviens toujours pas”

Les magistrats qui avaient refusé de la libérer de manière anticipée avaient donc parfaitement raison d’observer qu’elle n’avait aucune conscience de sa culpabilité. Elle est victime, un point c’est tout, c’est ce qu’on lui répète en permanence et elle considère donc que ce n’est pas un crime d’assassiner dans le dos un conjoint violent. Avis à toutes celles qui rêvent d’en faire autant : liquidez ces salauds, Mesdames, il ne vous en coûtera rien. Le Code pénal au feu et les juges au milieu !

La suppression de la peine de mort aurait dû sonner le glas du droit de grâce

La grâce présidentielle est sans doute un vestige de l’Ancien Régime mais elle était surtout liée à l’existence de la peine de mort. Elle permettait au monarque de dispenser un condamné de l’exécution capitale, la tête de l’Etat pouvant ainsi sauver celle du condamné (jusqu’à ce que celle de Louis XVI tombe à son tour dans le panier).  Il y avait aussi dans ce droit régalien une sorte d’objection de conscience reconnue au « Roi très chrétien » lui permettant de s’appliquer à lui-même le commandement divin « tu ne tueras point ». Certains chefs d’Etat ont ainsi gracié par pure hostilité de principe à la peine de mort.

Mais l’abolition de la peine capitale, décidée par le législateur en 1981 et inscrite en 2007 à l’article 66-1 de la Constitution, aurait dû s’accompagner d’une suppression parallèle du droit de grâce.

Pour les peines d’emprisonnement, en effet, le droit de grâce n’a pas du tout la même justification « capitale »  que pour la condamnation à mort. Cette dernière  n’était prononcée que de façon tout à fait exceptionnelle tandis que les peines d’emprisonnement sont banales et infligées tous les jours. Dès lors, le fait de gracier des condamnés et pas d’autres soulève un énorme problème au regard du principe d’égalité devant la justice : pourquoi gracier celui-là et pas les autres ? L’article 6 de la Déclaration de 1789 affirme solennellement : « la Loi doit être la même pour tous, soit qu’elle protège, soit qu’elle punisse. »  Qu’en  reste-t-il si le président de la République s’amuse à réduire ou supprimer les peines prononcées par les tribunaux sur le seul fondement de son bon plaisir et de son  sentiment subjectif ? C’est alors celui dont l’entourage aura fait le plus de tapage médiatique, ou aura rapporté partout les plus gros mensonges ou aura su faire pleurer Margot dans sa chaumière avec des arguments débilitants, ou aura dénigré les juges et jurés en les faisant passer pour incompétents et inhumains  qui obtiendra gain de cause. Ce n’est plus selon que l’on est puissant ou misérable, comme le disait déjà Jean de La Fontaine, que les sentences varient, c’est selon que l’on est protégé ou non par des réseaux  militants capables de faire le buzz. En d’autres termes, c’est l’arbitraire total et le populisme pénal qui l’emportent sur les décisions longuement mûries par les magistrats et jurés en toute connaissance du dossier. Pourquoi le policier qui a dégainé trop vite sur un malfaiteur ou le commerçant excédé qui a tiré sur un cambrioleur ne bénéficiera-il pas demain de la même grâce présidentielle ?

Certaines victimes sont plus égales que d’autres…

Mais l’application de la sentence variera aussi selon  la personnalité plus ou moins digne du chef de l’Etat en fonction de sa capacité à résister aux sirènes médiatiques et clientélistes. Celui qui fut assez médiocre pour téléphoner à Leonarda avait peu de chance de savoir opposer l’autorité de la chose jugée à des avocates hystériques  soutenues par des féministes revanchardes.

Cette affaire est très grave car elle montre à quel point l’égalité républicaine  est aujourd’hui bafouée par la tyrannie des minorités, y compris jusque dans le droit pénal. Selon la catégorie sociétale à laquelle on appartient ni la loi ni la justice ne s’appliquent plus de la même façon. Les femmes, les minorités ethniques, religieuses  et sexuelles bénéficient de privilèges, passe-droits, dérogations et exonérations qui sont refusés aux autres. Il n’est qu’à lire la loi dite « Egalité et citoyenneté » qui vient encore d’être votée pour s’en convaincre : c’est un tissu stupéfiant de discriminations en faveur des minorités. Les crimes et délits ne sont plus punis de la même manière en France selon la catégorie à laquelle appartient la victime. C’est ce type d’injustice sociétale généralisée que la « gauche diversitaire » américaine vient de payer cher et le même sort lui sera certainement bientôt réservé  en France.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 14 Janvier 2017 à 23h52

      Koestler A. dit

      Ceux qui renâclent aux arguments de Mme Le Pourhiet, et qui se voient brandissant un écriteau “Je suis Sauvage” doivent se rendre à l’évidence que

      1. ils sont partisans de la peine de mort;
      2. Ils sont partisans de son application à chaud, sans procès, par la victime autoproclamée;
      3. En d’autres termes, ils sont partisans du lynchage, cet acte extrajudiciaire à l’antique.
      4. Leur humanisme prétendu doit composer avec ces partis pris. Leur humanisme moderne et post-moderne risque fort de se révéler n’être que du flan.

    • 14 Janvier 2017 à 18h53

      RED (From Tex) dit

      “C’est ce type d’injustice sociétale généralisée que la « gauche diversitaire » américaine vient de payer cher et le même sort lui sera certainement bientôt réservé en France”…

      On ne saurait mieux dire !

    • 14 Janvier 2017 à 18h39

      da85 dit

      excellente analyse juridique d’Anne Marie Le Pourhiet. Analyse qui place le droit au centre de ce que devrait être la justice. Tout a fait d’accord avec le fait que le droit de grâce n’a plus a exister dans un pays ou la peine de mort a été supprimée. Merci Madame de cette leçon de Droit. Je croyais que l’Elysée était entouré de conseillers en toute matière extrêmement compétents, j’ai du rêver.

    • 14 Janvier 2017 à 15h54

      ti suisse dit

      je pensais à cette expression, sûrement pleine de bonne volonté puisque accompagnée d’une rassurante-moralité (amen) qui à défaut d’être infaillible (qui l’est?) projette un: “comment fait-il/elle, pour se regarder dans une glace ?!” ..facile !!

      Perso B Cantat me gonfle, bcp (qql esprit rock & roll ni change rien; au contraire) Oui, la jalousie est une plaie, une maladie ! (aussi le narcissisme; mais pas le sujet ?)

      Ni je suis comptable (pourtant je vis-bien mon époque) mais je me demandais, en marge des 140 femmes qui meurent chaque année en France sous les coups d’excessives affections de leur conjoints, ..combien de nez, bras, côtes, mâchoires, arcades ou clavicules sont brisés ?
      J’insiste, les deux-chiens assassins annuels, -eux sont connus! Et-piqués, mais (du rab) Quid des xx joues arrachées ?

      je résume, ..oui Mme Sauvage, on te juge et tu paies, peut-être même moins que la saucisse qui fit disparaitre sa gamine et d’oublier “où” (on s’en fout; pas de corps pas d’emmerde, ..c’est bien ça) alors, si toi aussi a “le désir à la folie” d’éliminer un sale con t’utilisant comme paillasson (et les mains!) ..fais toi plaisir ! (pas de détail sur son agonie ?)

    • 14 Janvier 2017 à 8h54

      commissaire joss dit

      les grands discours républicains sur la justice relèvent du plus haut comique de situation et me font doucement rigoler. La comtesse Jacqueline de Monte Cristo a réussi pleinement sa vengeance sur son salaud de mari et a réussi à être graciée. et alors ? La justice n’en sortira pas plus décrédibilisée étant donné son stade de décrépitude et de laxisme sélectif ; on utilise moins de salive pour justifier les libérations de fichés S qui récidivent et les incarcérations injustes de certains “délinquants routiers” (un mot-valise bien trop grand pour être honnête) qui perdent leur liberté, leur permis et leur travail. En revanche, Big Brother ne s’attarde que quelques petites minutes sur les peines avec sursis des cols blancs et des politiciens tout en multipliant les caméras de surveillance pour les voleurs de pommes. Faire confiance à la justice Française est l’apanage des aveugles et des sourds et muets. La vengeance est une justice illégale mais elle fait partie de l’humanité, c’est d’ailleurs ce qui dérange le plus les modernes assoiffés de justice télé-réalité : l’humanité imparfaite.

    • 12 Janvier 2017 à 21h30

      le para d’Oxe dit

      Chère Flo,”mon petit chou” vaudrait cher à un homme en procès en misogynie s’il l’écrivait à une femme.
      Je reçois le vôtre avec bienveillance. Sachez que “bourré”, n’est pas un privilège masculin. Sachez aussi que l’interaction médicamenteuse avec un ou deux verres d’alcool peut rendre fou. A titre personnel, je me suis fait tabasser quatre fois par une femme, qui n’était plus elle même en ces circonstances, j’ai géré comme je pouvais. Mais si on m’avait retrouvé mort le lendemain, ce qui a bien failli arriver un soir, le Bertrand Cantat aurait été féminin et pourtant il n’y aurait eu aucun doute sur la légitime défense de la pauvre femme à bout contre le méchant homme violent. Je ne revendique aucunement que ce cas soit une généralité, je vous demande juste de considérer qu’il est non seulement possible mais qu’il arrive. Avant de juger un dossier, il faut le lire et l’étudier. Merci d’avance

      • 12 Janvier 2017 à 21h58

        Flo dit

        Bien sûr que les femmes peuvent être violentes. C’est plus rare mais pas si rare que ça. Et c’est tout autant dégueulasse.  En plus l’homme qui en est victime ne se fait pas prendre au sérieux.  

        En ce qui concerne les substances, je ne vois pas en quoi ce serait une circonstance atténuante. La culture de l’excuse, ça va.  

        • 13 Janvier 2017 à 19h46

          le para d’Oxe dit

          Chère Flo,

          Merci d’avoir pris acte. Je vous en suis sincèrement reconnaissant.
          Pour ce qui concerne les “substances”, je ne leur confère pas de vertu d’excuse, mais simplement d’explication. Comprendre n’est pas excuser, autre subtilité objet de débats difficiles ! Au plaisir de vous retrouver en ces colonnes, les sujets de réflexion n’y manquent pas :o)

    • 12 Janvier 2017 à 6h15

      Pol&Mic dit

      “la tyrannie des minorités”…….
      …….
      et pas seulement là !
      la “majorité” (????) qui fait et défait les lois agit au nom de 1 (un) français sur 6 (six)!!!!!!
      (article de “Le Point” du 17 Novembre 2016 et “la Cause du Peuple” de Patrick Buisson…. (Perrin)

    • 11 Janvier 2017 à 21h45

      le para d’Oxe dit

      On était sur Jacqueline Sauvage et on passe en boucle sur Bertrand Cantat. Même si rien ne disculpe ce dernier a priori, il faudrait revenir au sujet : Selon Régis de Castelnau, chroniqueur honorable en ces pages, Mme Sauvage a abattu son mari d’un coup de fusil de chasse (son propre, à elle… !) dans le dos. On est loin de la légitime défense ou du couple en délire passionnel violent sous substances psychotropes. Le prêt-à-penser manichéiste est toujours plus facile à arborer que la réflexion sur mesure…

      • 11 Janvier 2017 à 22h29

        Flo dit

        Mais mon petit chou, vous ne saviez pas que la plupart des violences conjugales arrivent quand l’homme est bourré ?

        A vous lire, on pourrait croire que c’est moins grave quand les femmes se font taper sur la gueule par leur homme bourré. Pauvre cloche, les coups sont tout aussi durs et on peut aussi en crever. La preuve : Cantat a massacré Marie Trintignant. C’est votre discours qui est immonde. Parce que le mec a pris des substances, il peut cogner et tuer, c’est moins grave ! Discours de merde. Discours d’enfoiré.

        • 12 Janvier 2017 à 21h35

          le para d’Oxe dit

          12 Janvier 2017 à 21h30

          le para d’Oxe dit

          Chère Flo,”mon petit chou” vaudrait cher à un homme en procès en misogynie s’il l’écrivait à une femme.

          Je reçois le vôtre avec bienveillance. Sachez que “bourré”, n’est pas un privilège masculin. Sachez aussi que l’interaction médicamenteuse avec un ou deux verres d’alcool peut rendre fou. A titre personnel, je me suis fait tabasser quatre fois par une femme, qui n’était plus elle même en ces circonstances, j’ai géré comme je pouvais. Mais si on m’avait retrouvé mort le lendemain, ce qui a bien failli arriver un soir, le Bertrand Cantat aurait été féminin et pourtant il n’y aurait eu aucun doute sur la légitime défense de la pauvre femme à bout contre le méchant homme violent. Je ne revendique aucunement que ce cas soit une généralité, je vous demande juste de considérer qu’il est non seulement possible mais qu’il arrive. Avant de juger un dossier, il faut le lire et l’étudier. Merci d’avance

    • 11 Janvier 2017 à 18h51

      steed59 dit

      ce qui serait comique c’est que la mère Jacqueline profite de sa liberté toute neuve pour aller buter les ex-maîtresses de feu son mari et qu’elle vienne affirmer qu’elle en est innocente car le fruit d’une juste vengeance.

      • 11 Janvier 2017 à 18h56

        steed59 dit

        enfin quand je dis comique évidemment ça dépend pour qui

    • 11 Janvier 2017 à 18h37

      Pat Rice dit

      C’est justement parce qu’elle n’éprouvait et qu’elle n’éprouve toujours pas d’ailleurs visiblement de sentiment de culpabilité et est même toute contente d’avoir été libérée, c’est justement parce qu’elle l’avait demandée, sa libération, au lieu d’accepter de rentrer en elle même et d’expier son meurtre dans le silence et la résignation, qu’elle était de ce seul fait déjà, disqualifiée pour l’obtenir et moralement indigne de bénéficier d’une mesure de grâce.
      Ca me gêne énormément de la voir ainsi s’afficher à la télé sans la moindre gêne justement de sa part et comme si de rien n’était… Si au moins elle ne venait pas se montrer mais là, comme ça et sans que ça ne semble déranger personne et surtout pas bien sûr ses avocates !…
      Quant au journaliste, il ose à peine évoquer la question d’un éventuel sentiment de culpabilité comme si c’était presque une incongruité que de le demander !

      C’est d’ailleurs, pour rassurer Flo, la même gêne que j’éprouve avec Cantat quant il ose remonter sur scène, estimant qu’il a payé ce que la justice lui a demandé de payer et que donc c’est terminé il peut recommencer à vivre comme avant et comme si rien n’était arrivé !
      Et jusqu’à Juppé , même si dans son cas c’était beaucoup moins grave et qu’il n’y avait mort de personne, qui estimait à la Primaire qu’il avait payé et qu’il pouvait donc prétendre sans que ça pose aucun problème à la plus haute fonction de l’Etat !…

      Car enfin le divorce ça existe pour se séparer d’un conjoint violent, pas besoin de le tuer !
      Il me semble qu’un dangereux précédent vient d’être créé par un président inconséquent, dénué de bon sens et qui vient encore de rater une occasion de ne pas se tromper une fois de plus !

      Quant aux bobos, aux “amis des femmes”, aux féministes de tout sexe dans le pire sens de ce terme, qu’ils triomphent ou du moins qu’ils le croient. Moi ce que je vois triompher chez eux c’est surtout la bêtise pour certains et pour d’autres, la malhonnêteté intellectuelle et l’amoralité.

      • 11 Janvier 2017 à 20h31

        Flo dit

        Tout à fait d’accord, Pat !
        L’indécence de JS et de Cantat m’est insupportable.

        Je ne veux pas mettre Juppé dans le même sac car il n’a tué personne, mais pour son cas, je parlerai de culot et de foutage de gueule. Ce type n’a aucune conscience.

    • 11 Janvier 2017 à 16h52

      Flo dit

      Ce qui est dégueulasse, ce sont les peines trop faibles données aux hommes quand ils frappent et tuent leurs femmes.
      Ce qui est dégueulasse, c’est l’indulgence qu’on a eu envers Bertrand Cantat qui a massacré Marie Trintignant.

      • 11 Janvier 2017 à 16h59

        Lector dit

        bien vu !

      • 11 Janvier 2017 à 17h04

        Hannibal-lecteur dit

        OK.

      • 11 Janvier 2017 à 17h10

        steed59 dit

        oui mais lui il est de gauche.

        • 11 Janvier 2017 à 17h12

          Flo dit

          Oui steed, c’est exactement ça.

        • 11 Janvier 2017 à 19h07

          Sancho Pensum dit

          Pfff. Vous pensez que la justice lituanienne a eu la main légère parce qu’il vote à gauche en France ?

        • 11 Janvier 2017 à 19h19

          alain delon dit

          disons que Cantat a eu la main plus lourde que celle de la justice

        • 11 Janvier 2017 à 19h22

          Lector dit

          pas la justice lituanienne mais la française qui a interféré en qq sorte… d’une autre manière comme avec DSK…

        • 11 Janvier 2017 à 19h37

          Sancho Pensum dit

          Pas évident, je serais curieux de voir vos sources, Lector.
          Voici le miennes :
          “Bertrand Cantat compte parmi les 48 étrangers incarcérés en Lituanie, en 2003, dans l’attente de leur jugement. C’est une justice très soucieuse de son indépendance qui s’apprête à statuer sur son cas. Les déclarations françaises de l’été dernier, présentant comme presque acquise l’extradition du rocker, ont été considérées à Vilnius comme une ingérence dans les affaires intérieures. Une ingérence d’autant plus mal ressentie que le pays s’apprête à rejoindre l’Union européenne en mai prochain. «Seriez-vous aussi inquiets si le procès se déroulait en Allemagne ou en Italie?» glisse, avec un sourire entendu, Kazimieras Motieka, avocat de la partie civile et vice-président du Parlement lors de l’accession de la Lituanie à l’indépendance.
          Au cours de l’instruction, menée sous la conduite du procureur de la capitale, Bertrand Cantat a été inculpé de «meurtre», selon la terminologie du nouveau Code pénal lituanien, entré en application le 1er mai 2003. Le chanteur risque de cinq à quinze ans d’emprisonnement. En France, il aurait dû répondre de «violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner», un crime également puni d’une peine pouvant atteindre quinze ans de prison.”
          http://www.lexpress.fr/actualite/societe/cantat-trintignant-les-clefs-du-proces_491589.html

        • 11 Janvier 2017 à 19h53

          mogul dit

          Oui, la peine qui a été infligée à Cantat (8 ans je crois, Sancho me corrigera) n’était pas légère en soi. N’oublions pas qu’il n’a pas abattu Marie Trintignant de 3 balles dans le dos. C’est le fait qu’il ait été libéré au bout de 4 ans qui passe moins bien, mais on est sur un autre débat. …

        • 11 Janvier 2017 à 19h56

          Flo dit

          8 ans pour avoir cogné à mort ? En plus il l’a laissée agoniser. Vous trouvez ça lourd Mogul ? Il aurait dû prendre au moins 15 ans.

        • 11 Janvier 2017 à 19h57

          Flo dit

          Sancho, il ne s’agit pas de la justice lituanienne, il s’agit de la gauche française qui minimisait les actes de Cantat et qui le défendait. Là, la gauche française se foutait bien du sort des femmes battues. Il fallait défendre un des leurs.

        • 11 Janvier 2017 à 22h41

          mogul dit

          Je n’ai pas dit que je trouvais ça lourd, je disais qu’elle était peu ou prou conforme à la qualification du délit “coups et blessures ayant entraîné la mort sans intention de la donner”. Il aurait pris 15 ans, la fourchette haute, je n’aurais rien trouvé à redire.

        • 12 Janvier 2017 à 22h24

          Lector dit

          Sancho, curieux de mes sources ? Que voulez-vous insinuer ? Vous pensez que la France ne s’occupe pas de ses ressortissants ?

          Et sinon : Le meurtre de Marie par Cantat c’était bien dans la nuit du 26 au 27 juillet 2003. “Bertrand Cantat finira de purger sa peine cette semaine, le jeudi 29 juillet 2010. Sept ans jour pour jour après avoir été écroué dans la vieille prison de Vilnius qu’il quittera peu après son procès pour rejoindre le centre de détention de Muret. Désormais, il n’aura plus à respecter les obligations imposées dans le cadre de la libération conditionnelle dont il avait bénéficié en octobre 2007.” SudOuest.

    • 11 Janvier 2017 à 16h20

      Lector dit

      salut Flo, et camarades causeux ! Eh bien, heureux de voir qu’aujourd’hui le débat est lancé. Car c’est bien là que je voulais en venir hier, et la dispute allant bon train, je vais à mon tour vous livrer ma simple opinion : comme Steed et pour les raisons qu’évoque Sancho plus bas dans ce fil je suis plutôt favorable au maintien du droit de grâce qui ne me semble pas forcément devoir être le corollaire de la peine de mort -comme le maintient l’article avec lequel je ne suis qu’en partie d’accord- ; précisément dans le cas d’une innocence bafouée par une erreur judiciaire.
      Sur un autre fil certains avaient évoqué l’affaire d’Outreau mais d’un parallèle mal à propos puisque dans ces deux affaires (Sauvage versus Outreau) c’est la prépondérance du traitement médiatique influent qui est seulement comparable, contrairement à ce qui était soutenu. Mise à part cette nuance que je fais entre vindicte populaire (Outreau) et vos populi (JS qd bien même inepte) médiatiques, la condamnation de JS ne relève pas de l’erreur judiciaire comme c’était le cas dans l’affaire d’Outreau.
      C’était contre la vox populi que l’abolition de la Peine Capitale avait été instruite et cela aurait tôt dû être contre la vindicte populaire et le juge Burgaud sous influence Badaoui que la grâce présidentielle aurait dû être prononcée. Mais non, deux morts tout de même, l’un en prison l’autre en dehors (la mère de Maricot).
      Quant à JS qui a été par deux fois reconnue coupable, ce qui est somme toute logique puisque les faits sont avérés, et la peine ayant pris en compte les circonstances atténuantes, la grâce n’était pas justifiée et de facto ce président tout comme son gouvernement en son temps envoie de nouveau un bien curieux message quant à la chose jugée. NB rappelons encore que c’est le crime de l’épouse qui a été jugé et non celui de l’époux. De fait puisque JS s’est substituée à la Justice en se faisant justice elle-même. Cette grâce va dans le sens de la justice personnelle -sic!

      • 11 Janvier 2017 à 16h39

        steed59 dit

        “Cette grâce va dans le sens de la justice personnelle -sic!”

        Seulement sous certaines conditions :
        - Être une femme
        - Ne pas être un homme (je dis ça en pensant aux transgenres)
        - Avoir des copines qui montrent leurs nibards aux caméras

        • 11 Janvier 2017 à 16h52

          Lector dit

          ben voui Steed, faut croire.

      • 11 Janvier 2017 à 16h44

        Hannibal-lecteur dit

        Mais Bon Dieu, Lector, à quoi jouez-vous là? ” la grâce n’était pas justifiée…” Mais ça n’a pas à se justifier, une grâce, c’est l’apanage de celui qui a pouvoir de grâcier et il se colin-tamponne à juste titre des besoins de ” justification ” des Lector ou qui que ce soit ! 
        Votre opinion vaut ce qu’elle vaut, mais c’est une erreur conceptuelle de vouloir faire un lien entre la grâce et son bien fondé dans le monde judiciaire alors que justement elle intervient – scandaleusement selon vous – hors du monde judiciaire, elle se présente comme exception extraordinaire gratuite et ça c’est sa définition même. 
        Tout jugement sur un quelconque bien fondé ou non par rapport au juridique est donc inepte: il n’a pas lieu d’être.
        Je note cependant l’extraordinaire impact sur les esprits, et une seule chose me chagrine beaucoup : la majorité des avis est pour la sévérité, les gens sont plutôt mėchants et même s’ils croient l’être à juste titre, c’est bien triste pour un bisounours comme moi. 

        • 11 Janvier 2017 à 16h49

          Flo dit

          Mais bon sang Hannibal, Hollande ne va tout de même pas passer les quelques mois qu’il lui reste à gracier toutes personnes dont la peine de prison lui semble trop lourde en fonction de ce qui est écrit dans le journal !

          Une grâce doit être justifiée par le constat d’une injustice flagrante commise par notre Justice, qui n’est pas parfaite.

          Concernant JS, il n’y a pas d’injustice flagrante.

        • 11 Janvier 2017 à 16h59

          Lector dit

          alors vos “selon vous”, voyez, je rigole. Si votre sentiment de justice a été rassasié grand bien vous fasse Hannibal. Quant à mon intime conviction elle vaut dans l’absolue tout autant que celle des jurés. Mais ça, dans vos exclamations émotives autoritaires, de bisounours (comme vous le dites vous-même) vindicatif en fait, comme d’autres le sont aussi, dont les commentaires sur les fils de discussion dédiés prônent sans vergogne la justice personnelle, vous en faites peu de cas.

        • 11 Janvier 2017 à 17h02

          Hannibal-lecteur dit

          Flo, je partage tout-à-fait votre opinion …mais notez qu’elle est une opinion …sur FH, pas sur la grâce elle-même…
          Autrement dit, les turpitudes de FH n’ont pas à impacter la notion de grâce qui est d’un domaine disons …plus relevé? 

        • 11 Janvier 2017 à 17h08

          Hannibal-lecteur dit

          Lector, mon sentiment de justice? Je m’exprime si mal que ça? Il n’en est pas question une seule seconde, je m’en tape de la justice, et justement ( si j’ose dire) la grâce se situe hors de toute justice. Et j’aime bien. Mais vous avez en effet un tempérament plutôt de justicier, bon, chacun son truc…

        • 11 Janvier 2017 à 19h11

          Lector dit

          vous vous en taper de la justice ? Effectivement, c’est bien de le reconnaître… on voit donc le genre de soutien dont peut bénéficier la Sauvage.
          Quant à moi, parfaitement mon cher, je déplore toutes les injustices, quelles qu’elles puissent être, petites ou grandes ; ne vous déplaise cela tient à mon éducation.

      • 11 Janvier 2017 à 16h45

        Flo dit

        Salut Lector,

        Finalement, les arguments politiques pour le maintien du droit de grâce m’ont convaincue. Raison de plus pour faire jouer ce droit à bon escient car il ne doit pas être galvaudé. Hollande a cédé à une pression médiatique qui n’était pas bien forte. Je pense qu’il avait de bonnes raisons personnelles d’y céder.

        • 11 Janvier 2017 à 16h52

          Lector dit

          tout à fait Flo.

        • 11 Janvier 2017 à 17h15

          Hannibal-lecteur dit

          …” galvaudé” … Flo, Lector, votre besoin de justice est prédominant , chacun son truc, mais vous est-il possible d’imaginer que d’autres besoins sont aussi possibles …et acceptables même contraires aux vôtres?

        • 11 Janvier 2017 à 19h17

          Lector dit

          effectivement chacun son truc n’est-ce pas, ou comme vous dites “ses besoins”. Vous avez de biens étranges sentiments. Pouvoir avoir confiance en la justice, de notre pays entre autres, est une chose d’une extrême importance ; pour le bien de la cohésion nationale par exemple.

          Et le sentiment de justice peut même à l’occasion devenir de la désobéissance civile.
          Mais bon, nous n’avons peut-être pas eu les mêmes héros de jeunesse après tout… “chacun son truc”.

        • 11 Janvier 2017 à 19h49

          Hannibal-lecteur dit

          Oui, le héros de jeunesse, ça c’est un bon signe. Le mien : l’honnête homme incarné, celui incapable de dissimuler : Fantasio de Spirou. 
          ” Aoh! dit l’Américain, je me demandais quand on trouverait des hommes courageux pour venir me délivrer… Fantasio: on n’en a pas trouvé alors nous sommes venus avec la pétoche “. In La Vallée des 7 Bouddhas.

        • 12 Janvier 2017 à 22h28

          Lector dit

          en effet ça vole haut…

    • 11 Janvier 2017 à 13h52

      steed59 dit

      pour ma part je suis favorable au maintien du droit de grâce, car c’est un contre-pouvoir vis-à-vis du pouvoir judiciaire, et donc participe à l’équilibre des pouvoirs.
      La grâce est avant tout un acte politique avant d’être judiciaire. C’est pour cela qu’il émane du PR, et non pas d’une Cour souveraine. En graciant JS, Hollande adhère aux revendications des associations féministes qui ont instrumentalisée cette pauvre femme, qui dit que le fait de battre sa femme et de la tromper est un crime pire que le meurtre en lui-même. Et que les femmes sont évidemment avantagées dans ce genre de situation par rapport aux hommes.
      S’il était logique avec lui-même, le gvt de FH déposerait illico un projet de loi qui réécrirait le droit pénal en ce sens. Sinon il est condamné à grâcier toutes les femmes concernées par le cas de JS et à mon avis, il n’y en a pas qu’un. Sauf que ça risque poser quelques problèmes au niveau constitutionnel …

      • 11 Janvier 2017 à 14h11

        steed59 dit

        pour info, Armand Fallières, PR de 1906 à 1913, partisan de l’abolition, a gracié tous les condamnés à mort sous son mandat.

        • 11 Janvier 2017 à 14h27

          clorouk dit

          En effet, les condamnés A MORT seulement. C’est là le nœud gordien qu’il faudra trancher: peut-on gracier un condamné dont la vie n’est pas menacée? Pour moi, la réponse est non.

        • 11 Janvier 2017 à 14h31

          Sancho Pensum dit

          Même Dreyfus ?

        • 11 Janvier 2017 à 14h46

          steed59 dit

          dreyfus n’était pas condamné à mort. Et a été réhabilité en 1906

        • 11 Janvier 2017 à 14h47

          steed59 dit

          clorouk, ce que je veux dire c’est que Fallières a agit au nom de ses principes politiques. Principe qui ont vu le jour en 1981. Si l’on transpose le cas JS, ça veut dire que bientôt ce sera dans la loi que l’on peut buter son mari si il a eu la main un peu trop lourde.

        • 11 Janvier 2017 à 14h57

          Sancho Pensum dit

          tss, tss, Steed
          Dreyfus, alors qu’il n’était pas condamné à mort, a été gracié en 1899. D’où ma question à Clorouk : auriez-vous ou non voulu la grâce de Dreyfus ?

        • 11 Janvier 2017 à 15h01

          Flo dit

          Dreyfus était innocent.

        • 11 Janvier 2017 à 15h08

          Sancho Pensum dit

          C’est plus compliqué que ça, Steed. Regardez donc ce qui se passe du côté du Canada. Il ne s’agit pas vraiment de permis de tuer. Mais plutôt la prise en compte, au niveau de la justice, de notions comme “danger permanent d’être tué” du “syndrome de la femme battue”, d’une meilleure appréciation de chaque situation individuelle, sur la base de rapports psychiatriques.
          Si j’ai bien compris, il s’agit surtout de mettre en place un cadre juridique un peu plus favorable à l’expression de circonstances atténuantes.
          Je ne dis pas que c’est souhaitable, je vous signale seulement que c’est juridiquement possible (ça existe depuis 25 ans au Canada) et que, si les garde-fous sont suffisamment importants, il n’y pas à craindre de dérives.

        • 11 Janvier 2017 à 15h12

          Sancho Pensum dit

          Non, Flo. En 1899, quand il a été gracié, il était toujours reconnu coupable de trahison. Il n’a été innocenté que 7 ans plus tard.

        • 11 Janvier 2017 à 15h18

          steed59 dit

          Flo, là n’est pas la question. Après tout pour JS et ses supportrices, elle est aussi innocente.

          SP, le Canada c’est différent. ils sont sous le régime de la “common law” et donc les jurisprudences des cours souveraines ont force de loi. Si ce genre de grâce venaient à se répéter, il conviendrait quand même, un jour ou l’autre, d’adapter notre droit. Et là je souhaite bien du courage au Conseil d’Etat et au Conseil Constitutionnel.

        • 11 Janvier 2017 à 15h37

          Sancho Pensum dit

          Supporteurs, pas supportrices, Steed. Dans un groupe d’hommes et de femmes, c’est le genre masculin qui l’emporte… pour l’instant.

        • 11 Janvier 2017 à 16h00

          Flo dit

          Non Steed, Dreyfus était complétement innocent. Sauvage a bien tiré 3 belles dans le dos de son mari, personne, y compris elle-même et ses groupies, ne le nie.

        • 11 Janvier 2017 à 16h16

          steed59 dit

          Comme quoi en 2017 on peut avoir tué quelqu’un de 3 balles dans le dos et être innocent.

        • 11 Janvier 2017 à 16h32

          Flo dit

          Oui Steed, c’est ça la France de Hollande.

        • 11 Janvier 2017 à 19h09

          Sancho Pensum dit

          Flo a dit : “Non Steed, Dreyfus était complétement innocent”

          Pas au moment où il a été gracié, bordel ! A ce moment là, il était encore convaincu de haute trahison.

        • 11 Janvier 2017 à 22h24

          Flo dit

          Sancho, Dreyfus était innocent. Faut vous le dire comment ? En chinois ?
          Les innocents condamnés, cela existe et cela s’appelle des erreurs judiciaires. Dreyfus était innocent. Pas votre JS adorée.

      • 11 Janvier 2017 à 14h30

        Sancho Pensum dit

        Sur le principe du droit de grâce, j’ajoute que son existence a toujours été la marque d’un chef de l’Etat (ou du royaume) fort. Le monarque de droit divin tout d’abord. Droit de grâce supprimé en 1789, mais remis en place par Napoléon. Après la 2ème guerre mondiale, le droit de grâce revenait au conseil supérieur de la magistrature (certes piloté par le PR). De Gaulle l’a rétabli pour le PR seul.
        Comme déjà dit, on ne peut pas savoir à quoi a adhéré Hollande, pour prendre sa décision. Il ne l’a pas justifié, il n’avait pas à le faire. Et sachant que de la famille de JS, à la majorité des Français, en passant par des assoces féministes, des membres du showbiz, des responsables politiques de tous partis, presque tout le monde réclamait cette grâce, bien malin qui pourrait dire ce qui lui a fait prendre cette décision.
        La grâce étant exercée à titre individuel, et dans le secret de la conscience du PR, rien n’oblige le gouvernement ou Hollande à pondre une loi qui autoriserait une plus grande indulgence aux victimes de violences conjuguales qui tuent leur conjoint.
        Une député LR (Valérie Boyer) a déposé une proposition de loi en ce sens, en 2016. Le débat est lancé. Il ressurgira avec plus de forces lors des prochaines affaires de ce genre. Des représentants du peuple demanderont alors pourquoi rien n’a été fait depuis l’affaire Sauvage… etc etc
        PS : A titre informatif, vous trouverez ici http://valerieboyer.blogspot.fr/ la liste de députés et sénateurs qui ont réclamé la grâce de JS. Ce qui montre en passant que ça dépasse largement le cadre de quelques avocates hystériques ou de féministes revanchardes.

        • 11 Janvier 2017 à 16h42

          steed59 dit

          “j’ajoute que son existence a toujours été la marque d’un chef de l’Etat (ou du royaume) fort”

          je t’ai déjà dit que le droit de grâce existait sous la IIIème et IVème rep., espèce de banane flambée.

          Sinon je prends le pari que d’ici – allez – une dizaine d’année, un loi “jurisprudence jacqueline sauvage” sera promulguée

        • 11 Janvier 2017 à 19h16

          Sancho Pensum dit

          Speedy Gonzalès, on se calme et on boit frais. Je vous ai déjà répondu à ce sujet. A savoir que le droit de grâce existe depuis au moins… pfff, au moins le 13ème siècle, sans interruption autre que l’après 1789 jusqu’à Napoléon. C’est pour ça que j’ai parlé du chef de l’Etat (républiqueS) ou du royaume (qui fait référence à l’ancien régime, au roi). Capisci ?!

          “Sur le principe du droit de grâce, j’ajoute que son existence a toujours été la marque d’un chef de l’Etat (ou du royaume) fort. Le monarque de droit divin tout d’abord. Droit de grâce supprimé en 1789, mais remis en place par Napoléon. Après la 2ème guerre mondiale, le droit de grâce revenait au conseil supérieur de la magistrature (certes piloté par le PR). De Gaulle l’a rétabli pour le PR seul.”
          Si je vous le chante, vous comprendrez mieux ?…

        • 11 Janvier 2017 à 19h31

          steed59 dit

          vous trouvez qu’Albert Lebrun et René Coty était des présidents de la république forts, vous ?

        • 11 Janvier 2017 à 19h46

          Sancho Pensum dit

          Bon, je vois que vous avez du mal à suivre, Speedy Gonzalès, je vous la refais calmement.
          En 1789, on supprime la grâce, symbole de la monarchie de droit divin. Et il faudra attendre le retour d’un homme fort, Napoléon, pour la rétablir.
          Après la seconde guerre mondiale, la grâce n’est plus dans les seules mains toutes puissantes du chef de l’Etat. C’est le conseil supérieur de la magistrature qui la gère.
          C’est un nouvel homme fort, le Général de Gaulle, qui la rétablit sous l’unique responsabilité du président et l’inscrit dans la constitution française.
          Entre temps, bien évidemment, des hommes d’Etat forts ou faibles en ont fait usage.
          Capisci ?

        • 11 Janvier 2017 à 22h05

          steed59 dit

          N’importe quoi. Auriol avait grâcié benoist-méchin tout seul comme un grand. Et si le droit de grâce n’existait pas sous la révolution, c’est parce qu’il n’y avait pas de chef de l’Etat entre 1792 et 1804

    • 11 Janvier 2017 à 7h59

      Flo dit

      A propos de peine de mort, que disent les défenseurs de l’abolition de la peine de mort sur la condamnation à mort du petit blanc raciste qui a tué 9 noirs dans une église, aux USA ? Pas facile à  défendre, hein ? Pourtant, quand on milite contre la peine de mort, on doit demander sa grâce, par cohérence. 

      Ce qui me fait dire que la grâce est intrinsèquement liée à la peine de mort.  Sinon, c’est le fait du prince. 

      • 11 Janvier 2017 à 8h40

        Hannibal-lecteur dit

        Non, c’est bien le fait du prince, et tant mieux! L’exception !

        • 11 Janvier 2017 à 8h43

          Flo dit

          Vous êtes royaliste Hannibal ? 

           

        • 11 Janvier 2017 à 8h46

          Flo dit

          Cela dit, la grâce présidentielle peut effectivement avoir un sens en dehors de la peine de mort mais il faut impérativement qu’elle soit utilisée avec un grand sens politique.  Ce qui n’est pas le cas ici. Hollande bousille tout ce qu’il touche.  

        • 11 Janvier 2017 à 9h54

          Hannibal-lecteur dit

          Flo, royaliste, sûrement pas. Tout compte fait et sur l’exemple du juge de Rabelais, vu l’infinie diversité des sottises dont sont capables les tenants du pouvoir, je serais partisan d’un prince, en effet, tempéré par un parlement, et TIRÉ AU SORT! 
          Ça remettrait de la vie dans un système bien fatigué. 

      • 11 Janvier 2017 à 14h04

        Sancho Pensum dit

        Pourquoi, pas facile à défendre ? Quand on est contre la peine de mort, il n’y a pas de demi-mesure.
        La grâce a toujours été le fait du prince, peine de mort ou pas.
        Elle a été largement utilisée sous la 5ème, pour gracier collectivement les automobilistes ou faire un peu de place dans les prisons, lors du 14 juillet. Plus possible depuis 2008, pour des motifs qui n’ont rien à voir avec le droit de grâce, mais beaucoup avec un durcissement des sanctions dans le domaine de la sécurité routière. Désormais, le droit de grâce est exercé à titre individuel.
        Que ce soit sous la royauté ou la république, ce droit a toujours existé, mis à part une parenthèse d’une grosse dizaine d’années après 1789. Il a été rétabli par Napoléon.
        Mis à part Pétain, condamné à mort, avant d’être gracié, le gracié le plus célèbre restera Dreyfus, qui ne risquait pas la peine capitale. Il sera innocenté quelques années plus tard.

        • 11 Janvier 2017 à 14h52

          Flo dit

          Dreyfus a été innocenté. Cela fait une différence.
          Mais si Dreyfus et Sauvage sont pour vous des causes semblables, c’est votre problème.

        • 11 Janvier 2017 à 15h18

          Sancho Pensum dit

          Dreyfus a été innocenté 7 ans plus tard après avoir été gracié. Au moment où il a été gracié, il était coupable de trahison. Faut pas passer le film à l’envers.
          Je ne compare évidemment pas Dreyfus et Sauvage. Suivez un peu, que diable. Je cite l’affaire Dreyfus pour prouver que droit de grâce et peine de mort ne sont pas indéfectiblement liés.
          J’ai cité aussi le cas de ces centaines de milliers de conducteurs qui ont bénéficié sous la 5ème de grâces présidentielles pour des infractions routières.
          Dans toute l’histoire de la grâce depuis que Napoleon l’a rétablie, il y a eu beaucoup plus de condamnés graciés pour autre chose que la peine de mort.

        • 11 Janvier 2017 à 15h56

          Flo dit

          Dreyfus était innocent et sa condamnation était une injustice totale. Si vous ne voyez pas la différence avec la Sauvage qui a tiré 3 balles dans le dos de son mari et qui le reconnaît, tant pis pour vous.

        • 11 Janvier 2017 à 19h32

          Sancho Pensum dit

          Vous êtes bouchée à l’émeri, Flo, vous le faites exprès, ou vous avez donné votre QI à un migrant qui passait par là ?
          Pour la DERNIERE FOIS : au moment où il a été gracié (1899), il était encore reconnu COUPABLE de haute trahison. Il n’a été innocenté que 7 ans plus tard. Une décision de justice l’avait reconnu COUPABLE. Et il a été, du point de vue de la justice, COUPABLE jusqu’en 1906. C’est bien un COUPABLE qu’on a gracié en 1899, et pas un INNOCENT. En 1899, on ne savait pas, la justice n’avait pas décidé, qu’il était INNOCENT.
          La question n’est pas de savoir s’il était innocent ou pas – bien sûr qu’il était innocent – mais, je le répète UNE DERNIERE FOIS, de se rappeler qu’on a gracié quelqu’un, qui n’était pas condamné à la peine de mort. Ceci pour répondre aux gens, de votre espèce, qui pensent, à tort ou à travers, que peine de mort et droit de grace sont juridiquement liés.
          Si je vous le chante, vous comprendrez mieux ?

    • 11 Janvier 2017 à 7h54

      Hannibal-lecteur dit

      Lector et Flo, votre véhémence m’étonne, véhémence à …enfoncer les portes ouvertes: il est clair que cette nana Sauvage est une manière de furie dangereuse, une bécasse colossale qui s’est filé la mission de rèformer un monstre et s’y est tenue 47 ans sans débander. Avec une obstination butée et criminelle puisqu’elle entraînait ses enfants dans sa galère.
      Que cette furie soit coupable de son erreur d’origine et plus encore de sa persévérance dans son erreur ne fait pas le moindre doute et que celà lui vaille votre animadversion est bien naturel.
      Mais …le problème de la grâce est autre. Ni sur le même plan ni même dans le même monde.
      Et, limite limite même le problème du tir dans le dos est encore autre , situé cette fois dans les mystères du déni et l’impossibilité ontologique de sortir du déni.
      Enfin toutes les critiques sur le judiciaire bafoué, les messages des pouffiasses féministes etc. ne sont que des péripéties sans rapport avec le problème de fond : la grâce.
      Pour conclure sur elle , Dieu merci, elle existe comme exception, et les exceptions sont rares …et précieuses !!!!

      • 11 Janvier 2017 à 8h04

        Flo dit

        Si la grâce est précieuse, il ne faut donc pas la dénaturer en l’utilisant à mauvais escient.  La femme Sauvage aurait été libérée dans quelques mois. A quoi sert cette grâce ? La cause est mauvaise, le message est infect, le bénéfice pour la société est nul, voire négatif.  

        • 11 Janvier 2017 à 8h42

          Hannibal-lecteur dit

          Ouaip, c’est ça le fait du prince: c’est dans la conscience du prince que tout se passe, et il se peut bien que le prince puisse être …un imbécile!

        • 11 Janvier 2017 à 8h48

          Flo dit

          En l’occurrence, il l’est :-D