Sarkozy-Olivennes, où est le problème ?
Des journalistes pas très observateurs
Publié le 04 juillet 2009 à 11:57 dans Médias
Mots-clés : Denis Olivennes, Nicolas Sarkozy
On nous dit que le service politique du Nouvel Observateur gronde. Son nouveau patron, Denis Olivennes se serait vendu à l’Infâme. Chez mes amis de Marianne2, Régis Soubrouillard nous explique que le Nouvel Obs veut devenir la gazette de la Cour. Je suis vraiment désolé mais Régis se trompe.
Malgré tous les beaux discours républicains d’Henri Guaino, Nicolas Sarkozy a toujours été fasciné par la “deuxième gauche”. Lorsqu’il était le factotum d’Edouard Balladur, alors que ce dernier, Premier ministre, préparait sa quête de la présidence, l’actuel locataire de l’Elysée entretenait les meilleures relations avec toute l’intelligentsia politico-médiatique qui se réunissait dans la Fondation Saint-Simon. Alain Minc, déjà à l’œuvre, se définissait “de gauche et libéral”, et milita ouvertement pour Edouard Balladur, cela rapidement facilité par le fait que Jacques Delors eût exprimé son peu de goût pour les campagnes électorales. Nicolas Sarkozy tira deux conclusions de cette époque. D’abord, il ne faut absolument pas être identifié à la « pensée unique » et il faut toujours la vilipender, ainsi que l’avait fait Jacques Chirac. Enfin, et surtout, ces idées là sont évidemment les bonnes et il faut les mettre en œuvre discrètement, c’est à dire en les travestissant d’un discours inverse.
Cette stratégie fut admirablement appliquée lors de la campagne présidentielle de 2007. Profitant de l’absence d’un candidat gaulliste, il put tenir le discours républicain et patriote qu’attendait son électorat, tout en veillant bien à ce que le programme de l’UMP, en parfaite contradiction avec ses prestations publiques, détaille toutes les mesures à prendre dans la volonté d’adaptation à la mondialisation, vieille marotte de la droite libérale et de la gauche libérale.
Traité de Lisbonne, Rapport Attali, appel à Kouchner et Jouyet, appui de la candidature de DSK au FMI inaugurèrent ainsi les premiers mois du quinquennat Sarko. Il y eut aussi la remise du rapport Olivennes – tiens, tiens1… Seulement voilà, bien que fasciné par l’intelligence de ces gens là, Nicolas Sarkozy ne pouvait pas s’empêcher de se comporter comme un vulgaire Bernard Tapie, horresco referens dans ce milieu. C’est là qu’interviennent deux évènements majeurs : Carla et la crise.
Grâce au mariage avec Carla Bruni, Nicolas Sarkozy a pu reprendre langue avec la gauche caviar. Après avoir tenté une communication mélangeant maladroitement George Bush et Georges Marchais, il s’est rendu compte, qu’il s’agissait là d’une impasse. En découvrant que les références négatives à La Princesse de Clèves avaient produit un engouement pour Madame de La Fayette au point que cette dernière grimpa en flèche aux classements des ventes, Carla et les communicants de l’Elysée s’activèrent et on apprit que le Président lisait maintenant Zola dans l’avion présidentiel, même si la conversion se révélait peu naturelle2.
Et puis il y eut la crise où Nicolas Sarkozy exécuta une pirouette digne des meilleurs gymnastes : il n’eut plus que le mot “régulation” à la bouche, mot qui résonne agréablement aux oreilles des sociaux-démocrates de tout poil. Surtout pas de protectionnisme, cela ferait de la peine à Pascal Lamy et à DSK, mais de la ré-gu-la-tion ! En fait, on tente à peine de réguler le système bancaire et financier et c’est quand même la moindre des choses quand les Etats sauvent ce dernier de la faillite. En ce qui concerne les échanges de biens manufacturés, en revanche, il n’est pas question de réguler du tout. Le monde est mondial, ainsi que le chantent depuis longtemps Jacques Attali, Alain Madelin et Daniel Cohn-Bendit.
Denis Olivennes, en définitive, sert les idées qu’il a toujours défendues. Jean Daniel l’a compris, lui le fondateur du journal. Les journalistes du Nouvel Obs, si on leur explique bien, devraient bien finir par le comprendre eux aussi.
En revanche, pourquoi Valeurs actuelles n’est pas encore un journal d’opposition ? Cela, j’ai davantage de mal à me l’expliquer…
- Denis Olivennes, alors patron de la FNAC, proposa alors l’essentiel de ce qui allait devenir la Loi HADOPI. A passage, demander à un vendeur de disques de pondre un rapport sur le sujet revenait à commander une étude sur l’alcoolisme au PDG de Pernod-Ricard. ↩
- Au point qu’il prononça “Roujon-Macquart” au lieu de Rougon-Macquart devant les journalistes stupéfaits. ↩
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L'auteur
David Desgouilles est attaché d'administration.
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Patrick Mandon dit
Nous sommes d’accord, David. Et puis, après tout, ce ne sont pas nos affaires !
David Desgouilles dit
D’accord avec vous sur Besson. Jusqu’au mitingue de Dijon, il n’est juste qu’un homme méprisé par les siens et il avait droit à notre respect et même notre empathie.
Mais dès cette trahison, il devient Ganelon.
Patrick Mandon dit
Besson, déjà, perçait sous Sarkozy…
Cela dit, Besson, je ne le critique pas. Je sais qu’il s’est déconsidéré par son passage chez l’ennemi en pleine guerre. Mais on m’a dit qu’il avait tout fait, non seulement pour que Ségolène Royal le remarquât, mais aussi pour qu’elle prît en considération ses analyses économiques et sociales, alors qu’elle s’enfermait à l’intérieur d’un appareil personnel opaque, où Julien Dray et consorts menaient leur petit jeux habituel d’entrisme médiatique et show businessien. Il paraît que le gaillard tenta même une fois de percer la défense du boulevard Raspail, où se tenait toute la Ségolènerie, et qu’il en fut jeté comme un malpropre.
David Desgouilles dit
@Nadia
Dans le rôle du traître plutôt.
Besson est donc en piste pour 2017 !
nadia comaneci dit
2002, ma toute première élection présidentielle d’expatriée serait plus exact. Ma toute première fois, c’est 1995, inoubliable casting, Chirac, Jospin et Balladur avec Nicolas Sarkozy dans le rôle du méchant.
nadia comaneci dit
Patrick, pourquoi donc réclamerais-je votre tête ? Elle me convient parfaitement là où elle est, encadrée de ses désormais cultissimes tempes argentées, et surtout rattachée à votre personne ce qui a le mérite de lui assurer une certaine autonomie.
Sinon, j’ai souvenir de ce mois d’avril 2002. Ma toute première élection présidentielle in vivo. Bien que vivant à Prague à l’époque, j’avais pu observer de loin cette pseudo frénésie démocratique qui s’était emparée du pays apparemment menacé, le débat tronqué, les questions sans réponse et ce choix quasi imposé. Vous voyez, je vous rejoins volontiers sur ce point. L’anathème là où de sévères mises au point auraient été salutaires.
“Les affaires de coeur des princesses”… Vous pouvez même être délicieux quand vous voulez.
ramon mercader dit
@ patrick mandon
chairman , car il donne et distribue la parole , mais n’intervient pas plus après ça
duhamel olivier est un risible infatué tabagique , lourdaud ,pédant et pourvu d’un raisonnement tellement visqueux ,qu’on imagine l’état de ses lobes frontaux (peut être justement l’artériopathie diffuse du tabagique ?) et celà fait plusieurs adjectifs à la suite ,ce qui déprimerait jérome leroy
sisteron dit
S’il vous plaît, ne jugez pas Olivennes sur ces mots…
http://crepitus.over-blog.com/article-20399701.html
bernard dit
“Nicolas Sarkozy ne pouvait pas s’empêcher de se comporter comme un vulgaire Bernard Tapie, horresco referens dans ce milieu. ”
Où avez vous joué ça ? Kouchner a assassiné Rocard en faisant savoir qu’il voterait pour Tapie alors qu’il était sur la liste PS; Attali était conseiller du Prince quand il intronisa l’escroc au poste de minsitre; pas de souvenir d’antipathie particulière de DSK à son encontre et Fabius était omniprésent au vélodrome à l’époque Tapie.
Une sorte de fascination louche pour ce que ces grands bourgeois perçoivent, avec leur mépris de classe, comme l’incarnation de “l’homme du peuple” qui a réussi.
Ce milieu là adorait Tapie et l’adore toujours comme le prouve son silence proprement écoeurant lors de son dernier braquage au détriment du trésor public.
Patrick Mandon dit
ramon mercader, pourquoi parlez-vous de Casanova comme «chairman» de l’émission l’esprit public ? Sinon, il est vrai que M. Duhamel, Olivier de son prénom, n”a normalement pas sa place dans Valeurs Actuelles, non parce qu’il serait «de gauche» (il a en effet adhéré au PS ; est-ce une preuve «de gauche» ?), mais parce qu’il est singulièrement odieux, d’une arrogance de parvenu médiatique et dépourvu de la moindre séduction intellectuelle.
J’aime beaucoup la réflexion de votre fils.
ramon mercader dit
tiens , je l’ai entendu , olivennes , ce matin , à l’esprit public , sur francecul
casanova , d’une rare élégance , comme toujours dans sa fonction de chairman a introduit la 2ème partie des débats en disant “nous ne demanderons pas à denis olivennes de revenir sur l’interviouve que le président a accordé à quelques journalistes , mais plutot de nous commenter ce qui agite la planète , à savoir la mort de maïkèle jaquesoneu ”
ce qui ramène à de justes proportions l’affaire olivennes , si affaire il y avait
l’opposition systématique et sous corticale (réflexe médullaire ,celui qui persiste chez le décérébré ) à un homme , fut-il (futile ? oui, opposition futile) l’incarnation du mal pour la bien pensance de gôche , commence à monter les limites de l’exercice et la vacuité de l’analyse qui la sous tend
comme l’a écrit un commentateur précédent , la presse dite de gôche ne se grandit pas par ce sectarisme obsidionnal , et à contrario , la presse dite de droite fait preuve d’une ouverture d’esprit peu commune en invitant quelques plumes d’opposition dans ses colonnes (témoin la risible chronique hebdomadaire de l’infatué olivier duhamel dans va )
comme le dit un gimmick débité à l’envi sur bfm (la radio d’l'éco ,ding ding ) , “les mots de gôche et de droâte n’ont plus aucune significâtion , ils ne veulent plus rien dîîîre ”
et comme dit mon gamin à ses copains “ben moi aussi chuis d’gôche ! la preuv’ j’ai voté sarko !”
Patrick Mandon dit
Nadia, je m’aperçois de mon manque total d’élégance : j’ai oublié de vous féliciter pour votre formule «walkyrie du pauvre», qui me plaît beaucoup.
Patrick Mandon dit
Nadia, chère amie de Londres, bientôt, je le sens, à l’instar d’Émilie, vous m’invectiverez, vous me pousserez vers la sortie, vous réclamerez ma tête sur le billot et, quand elle aura été tranchée, vous la montrerez au peuple en la saisissant par les cheveux, ce que vous ne pourriez faire avec un chauve. Alors Hénin-Beaumont ? Je ne suis vraiment pas un type sérieux, mais il m’arrive de penser que Serge Halimi a raison de parler de «journalisme de marché» dans son livre Les nouveaux chiens de garde (édition actualisée et augmentée, éditions Raisons d’Agir). Il disait cela à propos la mort de Lady Diana, de Loft story et de leur hypermédiatisation. Tout allait bien, on rêvait sur une princesse morte et sur une bimbo bien en chair. Puis Jean-Marie Le Pen surgit au second tour de l’élection présidentielle, et l’on vit un chœur républicain de people reprendre d’une seule voix la Marseillaise, avec une ardeur patriotique qui l’aurait bien fait rire une semaine avant ! Serge Halimi écrit : «le résultat du premier tour de l’élection présidentielle obligea tous les médias à redécouvrir l’existence d’un monde ouvrier. Le Monde publia alors une “Enquête sur la France des oubliés”. Mais oubliés par qui ?»
C’est ce que je voulais dire. mais je m’aperçois que je suis ennuyeux. Et, au fond, j’aime aussi les affaires de cœur des princesses…
Pour la Roumanie, je veillerai à placer dans mon voyage les «derniers témoignages d’un art agreste» dont vous me parlez.
nadia comaneci dit
Cher Patrick
Si vous habitiez Hénin Beaumont, je suis sûre que vous n’auriez pas même besoin d’avoir à puiser dans vos ultimes réflexes républicains pour ignorer superbement cette walkyrie du pauvre. L’incurie du PS est une chose, la sanction républicaine en est une autre.
Sinon, j’espère que votre amie roumaine (on a toujours besoin d’une amie roumaine), vous concocte un itinéraire où la Mitteleuropa désuète et doucement décadente saura se méler aux charmes des paysages roumains, derniers témoignages d’un art agreste tout à fait unique en Europe.
MLF dit
@Bonjour
Désolé mais c’est l’anniversaire de Maupassant, j’ai envie d’en parler.
Vous avez vu ce qu’est la vie d’un écrivain, “mal né”?.
Trimballé par des médiocres, on se moque de lui, il n’a pas un sou, il mendie, il pleure et écrit à son maître, lui racontant les misères des fonctionnaires, le mépris et l’ingratitude.
De la Marine puis à l’Instruction, il va se frotter à la bureaucratie la plus vile.
Les procès, les menaces, la pression du milieu,.
Infatigable Guy ira jusqu’au bout de sa passion.
Flaubert était là heureusement.
Ses lettres sont émouvantes et les réponses de Gustave aussi “je vis vos angoisses” lui disait-il.
Alors Olivennes, je m’en tamponne.
Qu’il aille aider Sarkozy à acheter des électorats bobos ne le grandit pas.
Des cerveaux disponibles chez ces gens là, oui, ça existe.
Bon vent!
maxiton dit
au vu de ses pages de pub sur papier glacé vantant les derniers ” must have “j’ai toujours pensé que le nouvelobs était un magazine d’opposition ….à la pauvreté
Franz dit
@Libéral
“Pour la mondialisation, si les chinois fournissent des produits de bonne qualité à moindre cout, tant mieux pour nous cela nous permettra de travailler sur d’autres taches…”
Faisons aussi venir des millions de pakistanais et d’indiens comme à Dubaï, tant mieux pour nous, ils produiront à moindre coût, et ça nous permettra de… regarder le Tour de France?
“Le travail n’est pas rare.”
Mais le chinois non plus n’est pas rare. Que proposez-vous pour les français dont les qualifications sont grosso modo équivalentes à celles des millions de chinois? Ils n’ont qu’à devenir “investment banker”? Faire du service à la personne? Ou baisser leurs salaires pour devenir rentables?
Je suis allé voir votre pétition de Bastiat. Il nous raconte qu’acheter une orange tunisienne moitié prix revient à accepter un demi-cadeau des tunisiens. Et que si nous refusons les demi-cadeaux, pourquoi accepter les cadeaux comme la lumière du soleil?
L’importation est profitable au consommateur au moment de l’achat. Il est juste défavorable au consommateur quand il redevient ce qu’il est le reste du temps, c’est-à-dire producteur, citoyen payant des impôts (charges patronales, sociales, impôt sur le revenu, taxes directes et indirectes) et recevant des services de l’état, retraité, etc…
En acceptant un semi-cadeau pour le consommateur, on accepte aussi une bonne grosse perte nette pour la nation.
Mais j’ai cru comprendre que la nation était un concept dur à cerner pour un libéral.