Sans panache, pas de France
La realpolitik, voilà l’ennemi !
Publié le 17 mars 2011 à 6:00 dans Monde
Mots-clés : Libye, Mouammar Kadhafi, Nicolas Sarkozy

“L’humeur, l’honneur, l’horreur“ : c’était ce que répondait le Prince de Ligne quand on lui demandait pourquoi il ne revenait pas à son château de Beloeil, occupé par les révolutionnaires français, sur l’actuelle frontière belge. C’est un peu ce que je ressens depuis quelque temps pour la France et le monde auquel elle se soumet. Si des extra-terrestres aimables me proposaient la naturalisation, il ne serait pas sûr que je dise non.
D’habitude, je me consolais d’être Terrien en me disant que j’étais Français, qu’il restait au fond de notre histoire cette vieille idée gaullienne que nous avions passé un pacte multiséculaire avec la liberté du monde. Cela est souvent passé par l’exploit militaire. Le septennat européiste et moderniste de Giscard n’est-il pas sauvé par les paras sur Kolwezi, l’histoire de sept cents hommes portant un béret vert pour libérer l’enfer ? Ce fut la dernière fois que la France a agi militairement de sa propre initiative, n’attendant même pas ses alliés belges, dont les ressortissants aussi se faisaient massacrer là-bas. 1978, ce n’est pourtant pas si vieux…
Et quand le deuxième quinquennat chiraquien s’abimait dans la routine du Munich social, il y eut tout de même le discours de Villepin à l’ONU, celui sur la vieille nation qui montrait qu’il fallait beaucoup plus de courage, ce coup-ci, de ne pas faire la guerre plutôt que de se livrer à une ratonnade planétaire assistée par électronique afin d’aider les Américains à diversifier leur approvisionnement pétrolier sous prétexte d’installation d’une démocratie qu’on attend encore.
Dans un registre moins héroïque, on peut se souvenir, comme cela, au hasard, de quelques hommes politiques qui ont préféré prendre le risque de perdre les élections plutôt que leur âme (si, si, je vous assure, cela a réellement existé). C’est François Mitterrand, par exemple, qui affirmait haut et fort quelques jours avant le premier tour de 1981, en une réponse à une question piège d’Elkabbach et Duhamel (déjà…) que oui, et même si cela devait lui coûter des centaines de milliers de voix, il était radicalement opposé à la peine de mort. Ou, sur un mode mineur, Gilles de Robien découpant en direct sa carte de Démocratie Libérale pour protester contre les flirts poussés entre le Front National et la droite républicaine.
Tout cela a décidément changé, et bien changé, et ce n’est pas l’instant de grâce du discours du député de Denain, Patrick Roy, socialiste comme on l’est dans ces régions-là, qui, à peine sorti de son cancer du pancréas, a remercié l’ensemble de ses collègues, toutes tendances confondues, et en particulier le président Accoyer, pour leur soutien dans une maladie qui aurait dû le voir disparaître à Noël sans une rémission miraculeuse.
Déshonneur et manquement à la parole donnée
Parce que partout ailleurs c’est le déshonneur et le manquement à la parole donnée. Renaud Camus, dans son Journal, estime souvent avec raison qu’un des symptômes de la décadence, de la “nocence” est ce manquement à la parole donnée qui empoisonne la vie quotidienne. Le problème est quand cette parole dévaluée devient la parole politique, et la parole politique sur le plan international.
À quoi donc a-t-il servi à Nicolas Sarkozy, ou plutôt en quoi cela l’a-t-il servi de reconnaître la rébellion au colonel Kadhafi ? Le courage proprement sidérant des chebabs s’opposant à une armée moderne appuyée par des mercenaires, parvenant à prendre des villes, à les perdre puis à les reprendre avant de se faire écraser par de l’artillerie lourde et de l’aviation a effectivement de quoi enthousiasmer une vieille nation comme la nôtre qui sait depuis Valmy qu’une poignée de pouilleux décidés, encadrés par quelques officiers avec le sens de l’honneur, peut faire basculer le sens de l’histoire.
J’aurais dû me méfier. La reconnaissance diplomatique de l’opposition libyenne (on sait d’ailleurs assez peu de choses dans les chancelleries sur qui sont exactement les deux messieurs reçus sur le perron de l’Elysée) n’obéissait pas à je-ne-sais-quelle illusion lyrique malrucienne. Comme la promesse d’intervenir militairement en favorisant une zone d’exclusion aérienne et des frappes ciblées. Il a cherché quoi, Sarkozy, sur ce coup-là ? À retrouver auprès du peuple français toujours sensible à une certaine grandeur dans l’action quelques points dans des sondages ? Il faut croire que oui. Cette initiative recalée par le G8 et probablement par le Conseil de sécurité de l’ONU, l’aimable trahison des Britanniques qui avaient parlé de nous aider prouve une chose : Sarkozy est capable de flinguer en moins de temps qu’il ne faut pour le dire la réputation d’un ministre des Affaires étrangères comme Juppé, qu’il n’avait pas prévenu et qui a dû manger son chapeau.
Le contraste entre les images de Benghazi s’apprêtant à l’assaut final et mettant un grand drapeau français sur les murs de son état-major et celles de la réunion du G8 décidant de ne rien décider, vous aurez beau faire, elle m’ont rappelé les bouilles un peu honteuses de Llyod Georges et de Daladier à la sortie des négociations sur le démantèlement de la Tchécoslovaque au profit d’Hitler en septembre 1938. Ou celle des discours gênés de Blum justifiant la non-intervention en Espagne auprès des forces de la République et du Frente Popular submergés par les franquistes.
Des Libyens vont mourir à Benghazi sous le drapeau français, mais le drapeau français ne voudra plus rien dire. Comme notre parole, comme notre honneur de nation. Qu’ils n’attendent pas nos mirages dans le ciel des Syrtes : il restera impitoyablement bleu et vide, comme dans un roman de Julien Gracq
Moody’s blues
Et si ce n’était que cela. Le dégoût ces temps-ci est la chose la mieux partagée au monde, pour paraphraser Descartes.
Si ce n’est pas l’horreur, c’est au moins l’humeur qui ne peut que saisir le citoyen devant la crapulerie des écologistes et de Mme Duflot sur la question nucléaire. On rappellera que les écologistes ont décidé d’un destin électoral commun avec le parti socialiste (souvent pour faire la peau au Front de Gauche d’ailleurs, comme dans le Val de Marne), parce que les écolos, ça aime bien, comme tout le monde, les ministères et les sièges à l’Assemblée et au Sénat. Les socialistes ne sont pas plus partisans que ça d’une sortie irréfléchie du nucléaire. Mais voilà que Cécile Duflot, dont la formation n’a pas réellement fait campagne sur le terrain pour les cantonales, voit l’occasion de gagner in extremis quelques points dans quelques départements. Alors qu’au fond, le nucléaire, les écolos, quoiqu’on en dise, et du fait de leur alliance implicite avec le PS, ce n’était plus leur préoccupation majeure. Mais enfin, si quelques centaines de milliers d’irradiés nippons peuvent faire gagner quelques décimales à un candidat, pourquoi se priver ?
La coupe du dégoût doit se boire jusqu’à la lie. Nous n’avons pas le monopole du cynisme ou de la froideur comptable. Si vous voulez vous renseigner sur l’état réel du Japon, regardez la Bourse. Les courbes y sont celles du désastre en cours. Les gens d’argent spéculent sur à peu près tout, même la fin du monde en cours, et comme le disait un vieux théoricien bolchévique, ils vendront eux-mêmes la corde pour les pendre.
Petite cerise sur le gâteau : on apprend que l’agence Moody’s, comme ces tueurs qui profitent des grandes catastrophes pour régler leurs comptes personnels, partant du principe que lorsque l’époque est au massacre, on ne s’aperçoit pas que vous avez tué l’amant de votre femme, nos vieux amis de l’agence Moody’s donc viennent de dégrader la note du Portugal qui, comme la Grèce, se saigne pourtant à blanc depuis des mois.
“L’humeur, l’honneur, l’horreur” : si l’ambassade martienne, hélas, me refuse ma demande de visa, je resterai communiste français, bien que ce soit baroque et fatiguant.
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L'auteur
Jérôme Leroy est écrivain et journaliste. Dernière parution, Le Bloc (Gallimard)
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Guenièvre dit
On ne peut pas à la fois dire qu’il ne faut pas faire les choses dans la précipitation et se plaindre que ça ne va pas assez vite. Il est essentiel dans cette affaire de se mettre d’accord avec les pays arabes ce qui est en train de se faire. Le point de vue d’H.Védrine.
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/les-revolutions-arabes/20110318.OBS9903/interview-hubert-vedrine-la-resolution-sur-la-libye-est-historique.html
« c’est la responsabilité de protéger: un concept sur lequel les membres de l’Onu s’étaient mis d’accord afin de mettre fin au débat sensible sur le droit d’ingérence. Il fallait déplacer l’approche pour qu’il n’y ait pas certains pays, toujours les mêmes, qui gardent le droit de s’ingérer dans leur sphère d’influence coloniale. Ce concept très important n’avait jamais été clairement concrétisé. »
« je n’hésite pas à le dire. Nicolas Sarkozy et Alain Juppé ont, avec le Premier ministre britannique David Cameron, bien joué dans cette affaire. Le vote de cette résolution 1973 est un vote très important et qui sera même historique dans les relations internationales. »
Saul dit
ah mais on ne se plaint pas !
perso je suis totalement opposé à cette ingérence dans les affaires d’un pays étranger, et considère que ce n’est que de la com.
j’en veux aussi pour preuve qu’on cherche des “arabes de service” pour participer à cette coalition, histoire que cette intervention ne soit pas trop connotée “occidentale” (pour l’instant il n’y a que le Qatar, ce qui fait peu….)
j’éméts l’hypothèse suivante : il n’y aura pas d’intervention car il s’agit avant tout d’une opération de com de la part de l’Elysée, et qu’on prendra comme pretexte à la non intervention le fait que les pays arabes ne veulent pas y participer, et que la rebellion est de toute façon écrasée (ce qui est en train de se passer, les troupes de Kadhafi reprennent le controle de Benghazi)
(ou au pire quelques bombardements histoire de dire qu’on a fait quelque chose….)
ce qui arrange tout le monde
Saul dit
notons quand même que les factieux n’ont pas respecté la résolution de l’ONU mettant en place une zone d’exclusion aérienne : l’avion qui s’est crashé au dessus de Benghazi aujourd’hui est un des leurs
Saul dit
bon, d’après la correspndante d’I-Télé, les troupes loyalistes de Kadhafi seraient entrés dans Benghazi….
ce qui veut dire que la rebellion est écrasée
et toujours pas d’intervention occidentale…et il n’y en aura sans doute pas si c’est en train de se terminer
quand on disait que ce n’était que de la com…
nadia comaneci dit
Evidemment que tout ça a un gros parfum de com. Obama croit avoir gagné le beurre et l’argent du beurre. On y va, mais le boulot est fini avant d’être commencé, ce qui arrange bien tout le monde. Peut être pas le sourire de la crémière, aux dernières nouvelles Hillary (pour qui j’ai une tendresse secrète) n’est pas chaude pour un second mandat avec lui. Tu m’étonnes, plus faux cul et cynique, y’a pas.
hathorique dit
@ – nadia comaneci
“Sarkozy n’y est pas pour grand chose, seul le subit revirement obamien qui a fait la différence. Sans les USA, rien n’était possible. ”
Je vous trouve bien sévère avec la diplomatie française sans l’acharnement de Juppé, cette résolution n’aurait même pas été présentée à l ‘O.N.U , et si elle a été acceptée, cela est du en partie à l’abstention de la Chine et de la Russie pays peu attentifs aux droits de l’homme chez eux et de l’Allemagne qui n’a pas gagné pour des raisons de pure politique intérieure à se retrouver aux cotés de ces pays si peu démocratiques.
J’espère que ce choix malencontreux ne nuira pas à l’Europe déjà si déconsidérée dans l’opinion publique.
Lorsque la France ne se prononce pas assez vite sur les “révolutions démocratiques” en Tunisie et Egypte, elle est accablée du soupçon d’indifférence et lorsque elle le fait comme en Libye elle est accusée d’impétuosité sarkosienne.
“Même à contre coeur, en trainant les patogas et en jouant la montre, Obama a fini par se rallier aux points de vue anglais et français. Mais la rebellion est moribonde et il le sait ”
Peut être Obama souhaitait il mériter enfin le Prix Nobel de la Paix qui lui avait été attribué avec beaucoup de précipitation.
nadia comaneci dit
Chère Hatorique, je connais (un tout petit petit peu) la diplomatie française. Notre ministre a failli jeter l’éponge la semaine dernière, on imagine pourquoi. Il n’a rien présenté du tout et aux dernières nouvelles l’Allemagne n’ a aucun poids politique.
Obama est très exactement ce que je n’aime pas.
Quant à la politique de la France….Après avoir raté le coche, nous tentons l’impossible.
hathorique dit
merci
finalement çà ne lui réussit pas trop mal à Juppé d’être sur
les “nerfs” de la guerre et il avait largement de quoi être énervé du camouflet subi, c’est à son honneur retrouvé de ne pas avoir jeté l’éponge vinaigrée à qui la méritait.
Je déplore pour l’Union Européenne la dichotomie de l’Allemagne entre son poids économique croissant et sa faiblesse politique hésitante.
Mais je crois que Merkel est à Paris aujourd’hui, peut être sur le chemin de Canossa qui est je crois une expression de Bismark
Alpheratz51 dit
Toujours en phase avec vous.
“Lorsque la France ne se prononce pas assez vite sur les « révolutions démocratiques » en Tunisie et Egypte, elle est accablée du soupçon d’indifférence et lorsque elle le fait comme en Libye elle est accusée d’impétuosité sarkosienne.”
On ne peut pas mieux l’exprimer.
Bien à vous
hathorique dit
merci à vous,
je suis peu au fait de cette fonction de “répondre” mes parents m’ayant toujours interdit de “répondre” considérant que c’était impoli, donc par réflexe pavlovien, je ne répond pas :=))
Cette nouvelle fonction est peu satisfaisante et peut amener à ne pas voir des messages, et me priver ainsi du plaisir de vous lire et de manquer de courtoisie.
Bien à vous;
newparadigm dit
Puisque Jérôme Leroy parle de panache, je ne voudrais pas que ce fil se close sans évoquer à nouveau Henri Morel, mentionné si opportunément par Pierre Jolibert dans son 18:49. Il fut attaché militaire près l’ambassade de France en Espagne (républicaine) de juillet 1936 (il pris ses fonctions le jour du coup d’Etat de Franco) à mars 1939. Ancien élève de Normale Sup, cet officier Action française, prit parti pour la République espagnole et contre les Franquistes. Le 20 mars 1938, à peine une semaine après son retour à Matignon, Léon Blum l’y convoque pour se faire confirmer l’absence d’alternative à la non-intervention. Il a alors la surprise d’entendre, lors d’un tête-à-tête, le lieutenant-colonel Morel, lui déclarer : « Monsieur le président du Conseil, je n’ai qu’un mot à vous dire, un roi de France ferait la guerre ». Comme beaucoup, il avait compris quelle menace mortelle faisait peser sur la France son encerclement par des régimes fascistes. Blum lui-même rapportera ce mot en 1947. Morel tenta en novembre 1941 de résister à l’invasion de la zone sud, fut arrêté par la Gestapo en juillet 1944 et déporté au camp de Neuengamme où il mourut le 13 septembre 1944. Au moins deux livres lui ont été consacrés : Éric Vial, « Louis Henri Morel, attaché militaire français dans la guerre d’Espagne », Presses Universitaires de Grenoble, 2001 ; Anne-Aurore Inquimbert, « Un officier français dans la guerre d’Espagne, Carrière et écrits d’Henri Morel (1919-1944) », P.U. Rennes, 2009.
Pierre Jolibert dit
Bigre, merci beaucoup. Heureusement qu’il y a des gens sérieux comme vous. J’étais persuadé que le mot était écrit et datait de 1937. Et j’ignorais tout du personnage dans son ensemble.
Jérôme Leroy dit
A l’Ours du 17 mars, 19h4
Bas, si je vous en veux un peu de croire ça. :) Opposant résolu à Sarkozy mais pas rabique. Il représente à peu près tout ce que je déteste mais en l’occurrence, s’il dit qu’il fait jour à midi…
Saul dit
quel cessez le feu ?
d’après les dernières infos, ça se voit pas vraiment sur le terrain…
mais soyons rassuré, les frappes annoncées ce matin par Barouin pour “dans quelques heures” ont l’air d’être reportées, car il y a une réunion avec la ligue arabe…demain matin !
donc d’ici demain pas d’intervention militaire…
à noter que sous couvert d’humanitaire, il s’agit purement et simplement d’un choix de soutenir militairement un des camps en présence dans cette guerre civile, et donc d’intervenir directement dans les affaires d’un état souverain en soutenant une rebellion ouverte contre un pouvoir légitime et légal, du moins reconnu encore comme tel par la communauté international, pour autant que soit detestable ce pouvoir.
ça risque de constituer un facheux précédent…
bon on a eu un article pour l’intervention, un contre…
pour qu’il y ait tout les points de vue, manque plus qu’un billet “la France se trompe d’ennemi : pourquoi nous devons bombarder Benghazi ! ” :-D
newparadigm dit
Bon, j’espère que le cessez-le-feu annoncé par Kadhafi ne va trop décevoir tout ceux qui rêvait de voir Sarkozy se planter…
Leon Godoff dit
on va pouvoir juger de l efficacite du Rafales en combat air-air !
:)
RotilBis dit
Vu d’où je suis, on n’est pas tout-à-fait d’accord avec Saul et isa.
Pour une raison très simple, c’est que la chute de Khadafi amoindrirait de façon importante l’influence de L’Iran, et cela ne serait pas un petit mieux.
Leon Godoff dit
c est pas plutot l inverse?
Saul dit
comme Léon, je ne vois pas en quoi ça affaiblirait l’Iran ?
si la revolte réussit (mal barré apparement), ça créerait ne dynamique ?
la Libye est elle alliée de l’Iran ?
Saul dit
bon, sarko est quand même balèze faut reconnaitre, arriver à arracher un blanc seing onusien
on va ainsi rentrer en guerre juste pour de basses considérations de politique intérieure (rentrer en guerre oui, puisque notre pays va commettre des actes de guerres (et une agression) contre un état LEGALEMENT reconnu par la commnauté internationale. La libye ne le fera sans doute pas, mais elle pourrait considerer être en état de guerre avec nous, et ce le plus légitimement possible)
j’attends avec impatience les futures résolutions onusiennes similaires autorisant le recours à la force contre la monarchie de Bahrein, l’Arabie Saoudite (dont l’armée vient de réprimer les révoltes au Bahrein), le régime actuel du Honduras (arrivé au pouvoir rappellons le par un coup d’état ayant renversé le président légalement élu), la Birmanie, et la Chine…
ce qui ne devrait pas tarder non ?
car je n’imagine pas nos états occidentaux appliquer le 2 poids 2 mesures….
nadia comaneci dit
Hi Saul, Sarkozy n’y est pas pour grand chose, seul le subit revirement obamien qui a fait la différence. Sans les USA, rien n’était possible. Mais attendons de voir sur le terrain. Gageons que Kadhafi va s’accrocher, le fourbe a plus d’un tour dans son sac à malices.
Saul dit
s’accrocher ? le mot est faible….on est plus proche de l’écrasement total de la rebellion que du triomphe de la révolution.
Barouin avait promis des frappes ce matin “pour dans quelques heures”, et là toujours rien…si en plus rien n’était préparé pour cette intervention.
certes le role d’Obama est décisif, mais n’y a t’il pas aussi une volonté française ?
(subsidiaire : cette hésitation obamienne était elle vraiment sincère, où c’était juste la bonne manoeuvre pour nous pigeonner, et donc aller faire le boulot à leur place ?)
newparadigm dit
Eh bien, Nadia, on émarge au Department of State maintenant ?
nadia comaneci dit
Pas la peine d’être dans les petits papiers du Department of State pour faire cette constatation frappée au coin du bon sens. Si le printemps arabe se solde par le départ de Moubarak et le maintien au pouvoir de Kadhafi, le message ne pourra pas être plus clair, la répression brutale est payante. Même à contre coeur, en trainant les patogas et en jouant la montre, Obama a fini par se rallier aux points de vue anglais et français. Mais la rebellion est moribonde et il le sait… Il sauve la face sans prendre de gros risques ? A cynisme, cynisme et demi, c’est du Obama craché dans le texte.
francbelge dit
Il semblerait – pour le vote de l’Onu en tout cas – que vous ayez tort, cher Jérôme. J’espère que vous pouvez garder la double nationalité franco-martienne. :-)
isa dit
Je reviens d’un rapide plein dans un Temple du libalisme, ah pardon ultra-libéralisme marchand affreux, dégoutant qui favorise la dépense, la croissance des chinois exploités, bref je reviens d’Auchan et comme cela se trouve sur le même chemin que celui menant à villacoublay, j’ai croisé plein de tanks;
Je ne peux pas supporter, en réalité. Pourquoi? Encore une guerre pour qui, Bon, l’autre est fou, mais qui les manipule ces “insurgés”.
ah là, là, ces couleurs de l’armée pour on ne sait quoi encore .
Mangouste1 dit
Je suis scotché! Sarkozy et Cameron on réussi à obtenir une résolution de l’ONU. Peut-être Kadhafi ne va-t-il pas gagner, finalement? Reste à voir ce que l’on va faire de cette décision qui vient peut-être une peu tard.
L'Ours dit
C’est bien cela isa,
mais on se rend compte avec l’expérience qu’en choisissant au départ le raisonnement du moins pire, on atteint souvent le meilleur!
robespierre dit
realpolitik, realpolitik ….. Parlons français, on dit GESTION !
isa dit
En gros, voilà, c’est ce que vous dites l’Ours, on en est à se demander ce qui est le moins pire;
Et en ce moment, dans le monde, ça m ‘a l’air d’être pareil sur tous les sujets.
Par ex., beaucoup moins grave, cerrtes, vais-je voter dimanche pour un abruti de première, archi corrompu, qui appartient à ma famille politique, ou m’abstenir? Qu’est-ce qui est le moins pire?
Faut -il continuer dans le nucléaire, si confortable, mais si dangereux. Qu’est-ce qui est le moins pire?
Et j’arrête là,je vais préparer le dîner qui va être pire que d’habitude parce que “ça me prend la tête” comme me disent mes chérubins.
L'Ours dit
Guenièvre et isa,
en fait, je suis plutôt pour une intervention, même s’il semble que les islamistes aient investi Benghazi.
Il aurait même fallu agir bien avant, mais tout le monde aurait crié haro sur le baudet, et JL le premier, j’espère qu’il ne m’en voudra pas de croire cela!
Il n’en demeure pas moins qu’il ne faudra pas se plaindre après si la situation de la population ne soit pas aussi merveilleuse qu’on l’espère, tout en oubliant que sans cela, elle eut été bien pire.
isa dit
Toujours d’accord avec vous, Guenièvre;
Je condamnais l’attitude de Sarkozy qui l’a ouvert, comme d’hab, alors que l’on ne peut rien faire seuls et que je ne suis pas convaincue par le droit d’ingérence dans une situation si complexe.
En même temps, je voudrais bien savoir qui a décidé de mener des polpulations civiles au massacre de ce fou sanguinaire.
On dirait que les Américains se bougent car ils ont peur des réponses terroristes du fou (un peu égoïste, je vous l’accorde). A 23 heures, ce soir.
Mais vraiment, encore une fois, ce ne sera pas aussi un autre fou qui prendrait le pouvoir?