Saint-Denis: scènes de la vie (barbare) ordinaire | Causeur

Saint-Denis: scènes de la vie (barbare) ordinaire

Que font les parents?

Auteur

Matthieu Baumier

Matthieu Baumier
est essayiste et romancier.

Publié le 09 mars 2017 / Société

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Après deux nuits d’émeutes à Bobigny, Saint-Denis et Aulnay, on peut se demander où sont les parents des "jeunes" concernés...
lycee suger saint denis

Lycée Suger, Siant-Denis. Photo: wikipedia.

« Échauffourées » selon Le Parisien, « incidents » pour Libération, une présidente de région qui s’apprête à « porter plainte », « seuil symbolique » franchi d’après Le Monde, une ministre de l’Éducation Nationale et un premier ministre indiquant que le gouvernement fera preuve de « la plus grande fermeté », des dégâts évalués à plus de 70 000 euros, 54 « jeunes » mis en garde à vue dont une quarantaine de lycéens mineurs… Scènes de la vie ordinaire en République française.

Un tir de mortier en guise de récréation

Lycée Suger. Saint-Denis, 93. Mardi 7 mars 2017. Un tir de mortier éclate. Le lycée polyvalent accueille 1300 élèves. Des incendies démarrent dans les toilettes, de l’essence est déversée dans un escalier, des « jeunes » attaquent le lycée. Tirs de fumigènes et de cocktails Molotov. Évacuation. Bataille rangée entre « jeunes » et policiers. Projectiles et barres de fer contre Flash-Ball et gaz lacrymo. Une centaine de « jeunes » prend la direction du centre-ville de Saint-Denis. Cette nuée hostile détruit le mobilier urbain, agresse des policiers et s’attaque aux autres lycées de la commune du 93. Le « 9-3 ». Devenue habituelle, l’expression indique bien que ce département est hors de la République. N’est-ce pas là que l’on rencontre des bars interdits aux femmes ou que des terroristes en fuite viennent se cacher ? Une flambée de violences, un début d’émeute. Des élèves ont peur, d’autres sont « euphoriques » disent les enseignants. Pour certains « jeunes » lycéens de 15 à 19 ans, c’est la fête. Beaucoup se contentent de filmer et de diffuser sur les réseaux sociaux. On accuse la police de violences. Sur Youtube. Ces « jeunes » sont des victimes affirme une mère.

Les institutions de la République sans cesse visées

Une mère en colère ne comprend pas pourquoi son fils a été « ramassé » par la police et emmené au commissariat « alors qu’il était sous la responsabilité de l’Éducation Nationale ». Sur les 54 « jeunes » gardés à vue, 8 sont déférés devant un juge pour violences sur personnes dépositaires de l’autorité publique, attroupement armé et rébellion. Ils sont tous mineurs. Scène de la vie ordinaire : des « jeunes », surtout ne caractériser aucune origine sociale, géographique ou ethnique, mènent une opération de guérilla urbaine. Contre les institutions de la République.  On ne compte plus les occurrences de ces violences. Des émeutes du même genre ont déjà eu lieu à Saint-Denis mi-février aux abords de la basilique. La presse étrangère, éberluée, observe la rue française et parle de scènes de « guerre civile ». Ces violences ne concernent pas seulement la France. Mais ici, elles sont devenues des scènes de la vie ordinaire. Quotidienne. Comparer le Saint-Denis nocturne contemporain à ce que Saint-Denis symbolise n’est pas anodin. Saint-Denis et Suger, grandeur de la France d’hier. Il y a entre les deux toute la distance séparant la civilisation et la barbarie. Cela doit être dit sans tabou.

« Ils sont où les parents ? »

La civilisation repose sur l’autorité. « Ils sont où les parents ? », se demandait sur France Inter, le 15 février dernier, une jeune femme issue de l’immigration. Après deux nuits d’émeutes à Bobigny, Saint-Denis et Aulnay. La jeune femme évoquait les centaines de « jeunes » incendiaires s’attaquant aux forces de l’ordre. En effet : « Ils sont où les parents ? ». La perte de l’autorité, depuis longtemps signalée par des intellectuels comme Finkielkraut, est la principale cause de ces violences. Autorité des parents. Autorité de l’école. Autorité de la République. Difficile, l’autorité, dira-t-on, quand on envisage de pénaliser la fessée. Quand une claque à un élève est une maltraitance, parfois « raciste ». On parle de légaliser le cannabis, d’interdire fessées et claques, de multiplier les salles de shoot… La République a le devoir d’imposer son autorité. Aux familles, d’abord. En responsabilisant les parents. Responsabilisation qui passe par la sanction financière. Les familles ont le devoir d’empêcher leurs adolescents de passer la nuit dehors. Que des « jeunes » de CM2 ou de 6e traînent la nuit est irresponsable. Ces « jeunes » doivent être à leur place : chez eux. Cette responsabilité incombe aux familles. Elles doivent rétablir l’ordre dans leurs appartements. La République a le devoir de mettre des mots sur le réel : les « jeunes » issus de l’immigration qui mettent le bordel dans les rues et les lycées doivent être rappelés à l’ordre et punis. Les familles concernées sont minoritaires et connues des services. Elles doivent être sanctionnées.

Où est la limite ?

Qu’un lycée soit attaqué n’est pas anodin. Les « jeunes » s’en prennent au lieu du savoir. Le lycée Suger est un lycée polyvalent, associant lycée général, technologique et professionnel. Des lycées conçus comme « outils de mixité sociale ». Il sera intéressant de connaître le parcours des « jeunes » en question, tant scolaire qu’ethnique. L’idée peut sembler généreuse : créer des passerelles entre les filières. C’est pourtant mettre la charrue avant les bœufs. L’école ne recommencera pas à jouer son rôle tant que les adolescents ne seront pas réellement encadrés. À commencer par le savoir de base : lire, écrire, compter. Savoir écrire une phrase correcte. Et tant que la notion de limite ne leur sera pas de nouveau imposée. Les adolescents multiplient les incivilités car ces bases ne le sont plus. La limite. Ce qui faisait, jusqu’à une époque récente, que tout jeune savait comment on s’adresse à un adulte, à un représentant du savoir ou de la République en particulier, comment on se comporte en collectivité, où jeter ses canettes et autres papiers de kebab. Tant que le minimum du vivre en commun ne sera plus acquis, aucun prétendu « vivre-ensemble » ne risque d’être possible.

Où est passée la langue ?

Dans les vidéos des événements, filmés avec des smartphones, on entend distinctement de jeunes filles ricaner, s’amuser de ce qu’elles voient dans un vocabulaire qui dit beaucoup de l’état de l’école : « téma, téma… (…) Wesh, ya la chaleur du feu, y sont passés en balles, wesh. Y zont couru wesh ». Le ton est rigolard, l’excitation perceptible. Cela résume la perte de toute autorité, à commencer par celle du langage et de la culture. Passer une heure dans la cour de récréation d’un collège du « 9-3 » suffit pour entendre que la langue française n’y est plus parlée. Plutôt un sabir déculturé. Et nombre de langues étrangères. La culture dominante n’est pas la culture française mais celle des banlieues multiculturelles, du rap, des casquettes et du shit. L’État a le devoir de rétablir l’ordre républicain et l’ordre de la culture française au sein des établissements scolaires. Une remise en ordre qui passe par la transmission de ce qui fait nation et communauté française : une culture, des valeurs et une langue commune.

Dire les mots qui fâchent sans tabous

Dans la France contemporaine, des parents majoritairement issus de l’immigration ne contrôlent pas leurs enfants, ces derniers n’obéissent plus à leurs professeurs, pas plus aux forces de l’ordre. Ces « jeunes », que l’on se refuse à nommer autrement par déni du réel, ont perdu tout sens de la limite, dans tous les aspects du quotidien, plus préoccupés de shit et de « nique la France » que d’autre chose. Ces « jeunes » n’apprennent rien, ne travaillent pas, refusent toute notion d’effort et sont persuadés, « wesh, téma », d’être dans le vrai. Pourquoi ? Le problème est politique. Au lieu d’inscrire ces « jeunes » dans une culture et une civilisation enracinées, on leur répète combien ils sont victimes, combien ils ont raison de « niquer la France », combien il est excusable, après les souffrances dont furent victimes leurs ancêtres et dont la France serait coupable, qu’ils crachent à la figure de leurs enseignants, disent « ferme ta gueule » à un professeur quand il commence un cours sur les Hébreux ou attaquent des policiers à coup de barres de fer. Une époque viendra où des comptes seront demandés aux hommes et aux femmes politiques directement responsables de la situation actuelle, situation d’une gravité sans égale, unique à l’échelle des pays développés, et directement issue de l’idéologie libérale libertaire au pouvoir depuis quarante ans. Pour ladite idéologie, l’avenir est dans le communautarisme tandis que l’autorité serait par nature une forme d’oppression. Ce n’est pas seulement une conception politique, c’est une faute.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 14 Mars 2017 à 10h40

      alain dit

      et oui même au sein de l’État il y a des ethnies qui se disent Françaises mais leur cœur est de l’autre cote de la méditerranée Alors par où commencer l’éducation et le respect des valeurs républicaines pas facile il n’y a que par les urnes et là encore le temps est compté .faites repasser les socialistes et dans 10 ans nous auront une majorité d’étrangers qui voterons et la vous n’aurez plus votre mot a dire les politiques non plus

    • 14 Mars 2017 à 7h34

      AGF dit

      Un conseil à Bécassine (NVB):
      S’inspirer des méthodes utilisées lorsque des velléités de désordres se produisent dans un établissement scolaire d’un pays ami, le Maroc, dont la population est ethniquement comparable à celle de Saint Denis. Les branleurs n’ont guère envie de déconner une deuxième fois si tant est qu’après la première (et la correction) ils aient encore une place dans l’établissement.
      Et toutes choses égales par ailleurs, et infiniment moins de moyens, il n’y a pas d’illettrés dans les lycées comme c’est le cas de ces racailles qui peuplent les nôtres, qui après 12 ans d’école ,puisqu’on les oblige à y rester et qu’on ne redouble plus,savent à peine écrire leur nom.

    • 12 Mars 2017 à 13h28

      persee dit

       Si nous étions en Russie (ou en Chine et pas que finalement ) , peuple parfois un” peu brutal ” nous le savons  , il ne se passerait pas le dixième de ce à quoi nous assistons en France dans cette passivité  insensée   . A.F a raison de parler de trahison des clercs ; elle est surnaturelle . 

    • 11 Mars 2017 à 20h28

      Chriff dit

      Ces débordements et cette violence sont inacceptables et intolérables. Elles méritent des sanctions exemplaires.
      Mais cela ne doit pas nous empêcher de dénoncer l’echec des politiques médiocres qui ont été mises en place par les différents gouvernements de droite ou de gauche. Politiques de la ville, de la jeunesse, plan Marshall, égalité des chances,…etc. Quel terrible constat.
      L’école sur laquelle beaucoup avaient pariés, s’est révélée être incapable de former et de lutter contre la discrimination. Le système scolaire est parfois démuni et l’orientation des élèves a le réflexe de diriger plusieurs enfants vers des filières peu valorisantes : VOILA OÙ COMMENCE L’INJUSTICE, PUIS LE COMMUNAUTARISME !
      Certains d’entre nous ont vécu MAI 68 ou bien étaient des adolescents dans les années 70. Puis, on a assisté à la marche pour l’égalité des chances en 83……et beaucoup d’autres luttes médiatisées comme celles de SOS RACISME.
      Une classe moyenne a émergé issue des banlieues mais elle est invisible et non représentée. Par contre, elle ne cesse de grandir et d’apporter des richesses à la construction du pays. Des initiatives sont à la conquête d’un nouvel espace public d’expression et elles développent des réflexions pour un citoyen nouveau. Elles prennent place dans la société. Cette action qui s’inscrit durablement dans le tissu associatif, politique, industriel et culturel mérite d’être soutenue.
      La jeunesse des cités nous déconcerte et elle est devenue un thème à la fois central et récurrent de la vie politique sociale. Aujourd’hui, elle se sent marginalisée et vit en périphérie. Elle est au coeur d’un un grand nombre de débats : AU POINT D’ÊTRE UN ENJEU NATIONAL.
      Un racisme sournois, une xénophobie latente continuent à exercer une pression supplémentaire et à nourrir le mal être.
      Un débat récurent politique et médiatique s’est installé et il porte sur l’origine de ces jeunes ce qui est dangereux pour tous et pour la République.

      • 13 Mars 2017 à 18h23

        Grützi93 dit

        A supposer que l’attaque d’une école ait lieu chez eux, la Russie et la Chine, je le suppose, enverraient tout de suite l’Armée qui ne se gênerait pas tirer dans le tas avec des flash-balls. Et les parents n’oseraient pas porter aller plainte qu’on ait été si brutal avec leurs chers petits.

    • 11 Mars 2017 à 11h33

      Maurice CURIE dit

      Quelqu’un, dans les commentaires, assoit péremptoirement, et incongrûment, que le rap, le shit et consorts appartiennent à la culture française. Mieux : participent de la culture française (!)…

      Je dirai personnellement qu’ils participent de l’INculture française.

      Alors, de vous à moi en vous adjurant de ne pas porter d’œillères, l’existence de dépravés, pédophiles, incestes ou encore tueurs en série (cf. Émile LOUIS), nous fera-elle entériner, avaliser, pourquoi pas CAUTIONNER que ces abominations-là participent AUSSI de la culture française ?

      La bonne blague ! Mais qu’on en rie !

    • 11 Mars 2017 à 9h54

      Prince Murat dit

      Du nouveau dans l’affaire Théo : il n’aurait pas été violé, mais il avait une ampoule de verre contenant de la drogue dans le rectum, qui se serait brisée.

      Un viol aurait causé une déchirure anale.
      Le rectum est très extensible et se ne se déchire habituellement pas par pénétration.

      Un médecin légiste expérimenté devrait le savoir.

      Et François Hollande connaissait la supercherie en lui rendant visite à l’hôpital !

      http://resistancerepublicaine.eu/2017/03/07/theo-avait-il-cache-dans-son-anus-un-tube-de-verre-contenant-de-la-drogue/

      • 11 Mars 2017 à 17h48

        accenteur dit

        Prince Murat
        du verre de la drogue ? où sont les traces ? Les médecins n’ont rien dit de tel.

        • 11 Mars 2017 à 18h16

          Prince Murat dit

          En tout cas, un viol masculin provoque des lésions anales, pas rectales…

        • 11 Mars 2017 à 19h29

          clorouk dit

          Je suis médecin, et j’ai des sources. Elles sont muettes. Personne hors les magistrats et les politiques qui suivent le dossier (même pas les policiers chargés de l’enquête!) n’a accès au rapport médical. Il est à craindre que la procédure soit TRÈS longue et que le procès –s’il y en a un– se déroule à huis-clos. Ainsi, les policiers blessés, les vitrines cassées, les magasins pillés, les voitures brûlées, resteront l’illustration “du viol de Théo”. La vérité vraie restera sous scellés. Nous savons sans l’ombre d’un doute que la vidéo de l’arrestation prouve deux choses: 1-l’interpellation de Théo et d’un dealer résultait d’une opération antidrogue et n’avait rien à voir avec la couleur de peau de Théo; et 2-que Théo a agressé les policiers, qu’il a administré une volée de coups de pied à l’un d’entre eux tombé à terre, et que cet épisode a permis au dealer de prendre la fuite. De là à penser que Théo avait “mis en sécurité” le produit fourni par le dealer, et que le dealer avait reçu l’argent correspondant, il n’y a qu’un pas. Un pas qui explique pourquoi Théo a pris des risques pour permettre à un dealer qui aurait pu causer à la police, de prendre la fuite. Soyez vigilant à la durée de la procédure et aux conditions du procès, qui interviendra –s’il a lieu– bien après l’élection présidentielle, alors que le montage Théo aura produit tous ses effets: discréditer la police et les candidats qui entendent la renforcer.

      • 12 Mars 2017 à 7h59

        Lecteur 92 dit

        @Prince Murat
        Il y est allé pour éteindre l’incendie et ne pas se taper ds émettes en fin de mandat.
        Ce qui est dommage est qu’il n’ait pas soutenu les policiers!
        La plaie aujourd’hui est la démission des dirigeant qui fait que celui qui est en bout de chaine se débrouille tout seul.

    • 11 Mars 2017 à 6h51

      QUIDAM II dit

      On pleurniche sur les « quartiers » ; on déclare que les « jeunes » vivent dans des « ghettos urbains » ; on dénonce « l’apartheid ethnique » dont ils seraient victimes ; on applaudit Medhi Melklat pour avoir suggéré notamment d’ « enfoncer un violon dans le cul de Mme Valls » ; on accuse son pays d’avoir commis des crimse contre l’humanité…
      Finalement, on a légitimé, et même suscité, cette intifada dans les banlieues.

      • 11 Mars 2017 à 6h58

        QUIDAM II dit

        La haine de soi et l’esprit de repentance ont nourri, jusqu’à la morbidité et au délire, le ressentiment et l’esprit revanchard d’une large fraction des populations issues de l’immigration.
        Mais en réalité, l’immigration n’est pas un problème en France : les Chinois s’en tirent très bien.