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Sade à la portée des caniches

Fifty Shades of Grey, autopsie d’un best-seller programmé

Publié le 01 décembre 2012 à 15:00 dans Culture

Mots-clés : ,

fifty shades grey

Chaque fois qu’un roman de cul connaît le succès, la presse découvre la lune et simule la surprise, feignant d’oublier qu’elle a déjà traité le sujet à d’innombrables reprises. C’est l’alliance du marronnier et de la feuille de vigne, illustrée jadis par les longues pages consacrées aux triomphes d’Histoire d’O et d’Emmanuelle et, naguère, par le déferlement de commentaires sur La Vie sexuelle de Catherine M. (un million d’exemplaires vendus, 29 traductions) ou l’Éloge des femmes mûres de Stephen Vizinczey. Sur ce point, Cinquante nuances de Grey, de Mme E. L. James, ne présente donc rien de bien nouveau − sinon le volume des ventes, dont on ne sait plus très bien s’il se situe à 30, 40 ou 50 millions d’exemplaires dans le monde, mais dont l’éditeur français affirme qu’il a atteint les 40 000 le jour de sa sortie en librairie, la FNAC ayant dépassé les 15 000 ventes dès le lendemain. Des chiffres relativement fabuleux1, donc, mais qui doivent être replacés dans la perspective d’une industrialisation, d’une massification et d’une mondialisation des « produits culturels »

[...]

*Photo : jeepersmedia.

E. L. James, Cinquante nuances de Grey, éd. J.-C. Lattès, 17 euros.

  1. Relativisons : le 10 novembre 1960, à Londres, on aurait vendu 200 000 exemplaires de la version de poche non expurgée de l’Amant de Lady Chatterley…
  2. Belinda Luscombe, « The 100 Most Influential People in the World [archive
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  • 2 Décembre 2012 à 20h26

    Mangouste1 dit

    Eugène,

    Rouvillois voit dans ce livre un symptôme de notre société. Pourquoi pas? Il a des arguments, le bougre : au-delà du conformisme assez méprisable qui nous fait nous ruer sur chaque oeuvre à la mode – qui n’a pas lu le très efficace et grand-guignolesque Da Vinci Code, faisant ainsi de nous des toutous obéissants (un grand homme, sur un autre sujet, parla un jour de “veaux”),  chaque “trans” mis en évidence dans l’article me semble facilement observable, au jour le jour, dans chacune de nos vies, mais peut-être partageons-nous, Rouvillois et moi, les mêmes fantasmes réactionnaires. Qui sait?

    • 2 Décembre 2012 à 20h32

      Eugène Lampiste dit

      je ne dis pas le contraire.

      c’est mettre ce genre de livre sur le même plan que “la” littérature, pour se moquer de ceux qui les lisent, qui me gêne.

      après, je ne me fais aucune illusion sur notre naturel qui nous pousse à nous comporter en troupeau. 

  • 2 Décembre 2012 à 15h19

    Louis75 dit

    @ Eugène Lampiste

    “personne n’est obligé de lire tel ou tel livre, louis.”

     Suis d’accord, mais tous nous subissons l’esprit de commerce illimité qui recouvre chaque chose, ici la littérature. Le titre de l’article, qui fait référence à Céline, en dit long à se sujet cette nuisance généralisée. Je m’explique. Céline, haï ou aduler, qu’on le veuille ou non, c’est du littéraire pur jus. Au-delà du jeu propre à l’éditing (la titraille), coller à un billet qui traite de l’insignifiance littéraire un titre explicitement littéraire relève à la fois de l’affaissement critique et du bruit économique.

    On peut, c’est vrai, à présent trouver rapidement un titre qui naguère nous trottait longtemps dans la tête. Pour autant, vivre avec son désir, flâner jusqu’à l’obsession chez les bouquinistes apportait selon moi un surcroît de plaisir, et quand l’objet dans nos mains passait d’un coup de la promesse que l’on s’était faite, le dénicher, à sa réelle présence entre nos mains, notre patience mise à l’épreuve s’évanouissait dans un ancrage harmonieux. Je ne dis pas que c’était mieux avant, mais qu’il y avait un avant nourri de singularité.

     « qui sont les caniches dont parlent l’auteur ? »

    Ben si, qui voulez-vous que ce soit, à part nous ?Potentiellement : nous. Ceux d’entre nous qui liront cette merde. Un nous générique dans lequel chacun peut se reconnaître – on peut s’y refuser, bien sûr. Sinon quel sens aurait ce titre si loin de son original ? 

    • 2 Décembre 2012 à 18h11

      Eugène Lampiste dit

      flâner des mois chez les bouquinistes à la recherche d’un livre précis, bon, j’avoue, ça permettait au moins de trouver des livres tout aussi introuvables, mais que l’on ne cherchait pas.

      c’était le grand charme de ce genre de recherches. 

      Pour le reste, la littérature à l’eau de rose, ça a toujours existé (avec ou sans cul), ça a toujours marché du feu de dieu, mais les femmes (car la plupart du temps se sont des femmes) qui lisent ces livres n’ont jamais prétendu lire de la grande littérature, ces livres sont faciles à lire, et elles les lisent pour se détendre, rêver, ou s’encanailler un peu, point final.

      j’ai lu par ci par là que grâce à ce genre de best sellers sans prétention, les éditeurs gagnaient l’argent nécessaire à la publication de “grands” livres qui “perdront” de l’argent.
      à vérifier, je n’en suis pas sûr, je n’ai jamais lu d’études vraiment sérieuses à ce sujet. 
       
      ce qui me gêne, dans le titre et l’article lui-même, c’est que mettre ces livres au même niveau que “la” littérature juste pour avoir le plaisir de se foutre de la gueule de ceux qui les lisent, c’est un peu minable, je trouve. 

  • 2 Décembre 2012 à 11h57

    Louis75 dit

    @ Eugène Lampiste La phrase de Céline : “L’amour, c’est l’infini mis à la portée des caniches.”  

    • 2 Décembre 2012 à 12h03

      Eugène Lampiste dit

      je connais la citation, louis, mais ça ne change rien au “problème” :

      qui sont les caniches dont parlent l’auteur ?

      pas le genre humain en son entier, je suppose. 

      • 7 Décembre 2012 à 10h31

        Even de Luce dit

        Ah mais ça y est ! Vous avez la réponse à vos interrogations !

        “mais les femmes (car la plupart du temps se sont des femmes) qui lisent ces livres” 

      • 7 Décembre 2012 à 10h34

        Eugène Lampiste dit

        quant il s’agit de femmes, ce ne sont pas les caniches, que j’aime, ce sont les levrettes.

      • 7 Décembre 2012 à 10h47

        Even de Luce dit

        Disons qu’elles sont moins ordinaires… Comment dirais-je ?.. Plus distinguées ?!

      • 7 Décembre 2012 à 10h54

        Eugène Lampiste dit

        voilà.

  • 1 Décembre 2012 à 20h15

    Chris3819 dit

    Sniff, mon post du 1 décembre à 15h39 a été censuré, je ne vois plus en non-abonné.

  • 1 Décembre 2012 à 18h08

    Philippine Angel dit

    A propos du style, je vous rappelle que vous citez le traducteur (ou la traductrice?). Le style est-il si fidèle à l’original?

  • 1 Décembre 2012 à 16h40

    Louis75 dit

    « […] mais qui doivent être replacés dans la perspective d’une industrialisation, d’une massification et d’une mondialisation des “produits culturels”. »

    Voilà, tout est dit. On se rêve inculte dans ce bouillonnement de « produits culturels ». On se voudrait crasse, idiot du village planétaire. On se voit errant, un briquet à la main, obnubilé par des autodafés apocalyptiques. La littéraure, devenue fille de rien, massifiée comme les omégas 3, le string, la réussite au bac.  

    • 1 Décembre 2012 à 17h01

      Eugène Lampiste dit

      personne n’est obligé de lire tel ou tel livre, louis.

      j’irai même plus loin : grâce à des sites comme “amazon” (où l’on peut trouver des livres d’occasion), il est devenu très facile de se procurer des livres “introuvables” que l’on mettait des années à trouver chez un bouquiniste, avant la “massification des produits culturels”.

  • 1 Décembre 2012 à 16h01

    from dit

    Mais qu’est-ce que vous avez contre les caniches !

    • 1 Décembre 2012 à 16h09

      Eugène Lampiste dit

      caniche = peuple = illettré = inculte, je suppose.

      comme tous ces articles qui parurent à “l’époque” de da vinci code (ou de n’importe quel best seller mondial)

    • 1 Décembre 2012 à 16h12

      saintex dit

      Les caniches à la niche !

      • 1 Décembre 2012 à 16h13

        Eugène Lampiste dit

        vu le livre, dites plutôt “à la miche”, saintex.

    • 1 Décembre 2012 à 16h19

      Maquis_Art dit

      Ca ressemble plutôt à une belle allusion à Céline.

      • 1 Décembre 2012 à 16h22

        Eugène Lampiste dit

        le titre, peut-être, mais pas l’article.

  • 1 Décembre 2012 à 16h01

    François Martini dit

    Évitez de dire “autopsie” à n’importe quel propos. C’est ridicule. L’autopsie s’effectue sur un cadavre. Or 50 shades est loin d’être mort, au contraire, c’est un grand succès.

    Fates plutôt l’autopsie de Han d’islande, un roman que plus personne ne lit. 

  • 1 Décembre 2012 à 15h39

    Chris3819 dit