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Sacre à la tronçonneuse

Le Congrès de Reims a fait du dégât. Et pas qu’au PS.

Publié le 26 novembre 2008 à 10:06 dans Politique

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C’est la fusillade terminée que chaque camp compte ses morts – et, accessoirement, se préoccupe des balles perdues. Le PS observant un relatif cessez-le-feu depuis la nomination officielle de Martine Aubry au poste de Premier secrétaire, le moment est peut-être venu de nous éloigner de la cohue et de dénombrer les victimes collatérales du Congrès de Reims.

A droite, tout d’abord. Le brave et tardivement courageux Nicolas Dupont-Aignan lançait ce week-end son mouvement politique, Debout la République !, qu’il avait eu l’idée de porter sur les fonts baptismaux le jour anniversaire de la naissance du Général de Gaulle. Date idéale, en vérité, pour inviter “souverainistes” et “citoyens” à la rejoindre. Las ! Les médias, déjà peu enclins à lui accorder la couverture qu’il mérite, l’ont ignoré. Les derniers gaullistes de l’UMP, douchés par le spectacle ridicule et suicidaire de la division du PS, n’ont pas esquissé le moindre geste en sa direction. Quant aux fidèles de Chevènement, hypnotisés par les déchirements socialistes, ils guettent les opportunités de recomposition et sont plus que jamais rétifs à renouveler l’aventure du “ni droite, ni gauche”.

Au centre droit campe Bayrou. On l’a tout au long de ce calamiteux week-end présenté comme le grand vainqueur de l’empoignade socialiste. C’était peut-être aller un peu vite en besogne… Car avec l’apparatchik Aubry aux commandes, soutenue par tous les présidentiables (ou désireux de l’être) de la rue de Solferino, il y a fort à parier que tout sera mis en œuvre pour que Ségolène Royal ne soit jamais la candidate officielle d’un parti dont l’appareil se constituera contre elle. Le hold-up de 2006 sera impossible à réitérer. Or donc, François Bayrou peut légitimement en tirer les conséquences suivantes : en 2012, les socialistes auront deux candidats, celui du PS et Ségolène Royal. L’un, officiel, jouera la carte “à gauche toute !” ; l’autre cherchera à fédérer les socialistes “modernes” et le centre-gauche. Et viendra donc manger la laine sur le dos du candidat du Modem, qui escomptait jusque lors une primaire entre lui et la championne d’un PS fixé au premier tour à gauche. En l’état, les chances de parvenir au second tour se sont donc considérablement amenuisées pour Bayrou. Il le sait pertinemment, lui qui grimaçait ce week-end aux “Félicitations !” qu’on lui adressait.

Mais la guerre sœuricide au sein du PS fera aussi des morts à gauche. Au Parti Communiste, pour commencer, ou à ce qu’il en reste, confronté à la certitude de passer sous les 1 %1. La cause ? La concurrence, là encore, camarade… Comment une formation exsangue, ruinée, démoralisée, pourrait-elle supporter et la naissance du Nouveau Parti Anticapitaliste (NPA) et le gauchissement du PS ? Car il semble probable que sous la férule de Martine Aubry la direction du PS optera pour une ligne permettant à la fois de ressouder un parti traumatisé autour de ses “fondamentaux” (comme dirait Guy Roux) et de faire apparaître Royal comme une télévangéliste de centre gauche. Le NPA de Besancenot, fort d’une dynamique qui lui rallie la banlieue et l’ultra-gauche, fort d’une aura médiatique qui ne se dément pas, ne laissera par ailleurs aucun oxygène à un PCF honni. Un PCF sans doute mort, et pour de bon cette fois-ci, au congrès de Reims.

Reste la dernière victime collatérale : le mouvement social. A l’orée d’une crise de l’emploi dont on anticipe mal l’ampleur, mais dont on est d’ores et déjà certain qu’elle laissera sur le carreau des centaines de milliers de travailleurs, précaires ou pas, et qu’elle bloquera toute augmentation des salaires, le monde du travail aurait plus que jamais eu besoin d’un grand parti de gauche pour l’épauler. Retraite à 70 ans, privatisation de la Poste, amaigrissement de la fonction publique : de quel poids pèsera un PS divisé, recuit de haines, obsédé par la présidentielle ?

Nicolas Sarkozy s’était donc lourdement trompé en pensant pouvoir éclipser le congrès de Reims par la tenue du G20 de Washington à la même date. Il s’est trompé, et c’est pour cela qu’il a gagné : comment pouvait-il imaginer que les socialistes organiseraient une telle déflagration, provoqueraient une telle dévastation chez les adversaires du président de la République ?

Photo de une : Martine Aubry et Ségolène Royal, janvier 2007, Parti socialiste, flickr.com

  1. Pourquoi, du reste, dit-on “les” 1 % ? Un politologue dans la salle ?
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  • 27 November 2008 à 22h11

    Quidam dit

    Bonjour,

    qu’un communiste s’intéresse à Debout La République, ce n’est pas si étonnant si l’on pense que d’une part un gaulliste adhère facilement au concept marxiste de lutte des classes, et que d’autre part un communiste est assez proche de la rue, assez militant, plus que les bobos socialistes en tout cas. Donc son analyse de la réalité est suffisamment pragmatique pour se rendre compte que la pensée unique (« l’union européenne c’est génial » et autres trucs du même acabit) est erronée. Par ailleurs, l’État fort, les services publics efficaces, la participation, tous ces concepts prônés par le gaullisme, sont forcément bien accueillis par un communiste.
    Néanmoins, là où le communisme et le gaullisme s’opposent, et ce qui fait la supériorité du second sur le premier, c’est que la solidarité internationale, ça ne marche jamais : c’est en faisant travailler un prolétaire indien que l’on met au chômage un prolétaire occidental (ou au mieux que l’on peut diminuer son salaire), et l’ouvrier chinois ne va pas manifester contre les délocalisations d’usines hors de France. Par contre, c’est en ayant une solidarité nationale que l’on peut faire la sécurité sociale ou encore la retraite par répartition. Le patriotisme est intrinsèquement social.

    En tout cas, en proposant une véritable alternative idéologique à l’UMPS, en ayant une vision du monde pragmatique et cohérente, typiquement française (pour le droit des peuples à disposer d’eux-même, pour la laïcité…), Debout La République redonne de l’intérêt à la vie politique française. De nombreux citoyens, qui ne savent plus pour qui voter, vont avoir un nouveau choix, et c’est tant mieux pour la démocratie et pour la France.

  • 27 November 2008 à 22h08

    Ph.Hooker dit

    Nda fera 2% en 2009 s’il persiste dans la voie actuelle. Il est opposé à son propre camp en agissant ainsi, il se tire une balle dans le pied et dans les nôtres par la même occasion. Pour 2009 le projet “Libertas” qui unit tous les souverainistes est le seul à pouvoir faire gagner la France et ses concitoyens face aux pro-Bruxelles qui vont conduire le pays à sa disparition en tant que nation avec tout ce que cela inclu.
    Le MPF le RIF le RPF l’UPF et nombre de partis Gaullistes, républicains sont dans le vrai => l’union serait gagnante; NDA seul sera l’outil de l’UMP pour faire disparaitre l’opposition souverainiste et la France en tant qu’état par la même occasion. Merci.

  • 27 November 2008 à 18h32

    Matthieu dit

    NDA, en se présentant aux européennes, joue le jeu de Bruxelles et rentre dans le système. Qu’il est illusoire de croire que l’Europe peut se changer de l’intérieur !

  • 27 November 2008 à 17h56

    Franc Soit dit

    Denis fait parti de l’UPF qui n’a qu’un seul programme: critiquer DLR. C’est un mouvement anti gaulliste sans projet et quand on lit les 7 raisons d’adhérer à ce mouvement ça ne semble pas sérieux et constructif pour des gaullistes qui se respectent. Ce comportement est dommageable pour la synergie qui se crée actuellement autour de NDA. Ces critiques systématiques déservent en premier lieu ce mouvement. Denis pourrait-il nous expliquer comment l’UPF va porter les convictions gaullistes aux prochaines élections?

  • 27 November 2008 à 17h10

    Stan dit

    C’est DuponD ou DuponT ?

  • 27 November 2008 à 16h58

    Diogene dit

    en mai 1981, un certain philippe de commines a profité de l’air du temps pour publier un livre qui s’intitulait “les 180 jours de Mitterand” ……….. selon lui, le nouveau président n’en avait que pour 6 mois…… sans commentaires ……
    la prospective tentée par le “causeur” me paraît tout aussi hasardeuse, surtout en ce qui concerne NIcolas Dupont Aignan dont le réalisme finira bien par passer le mur du silence dans la mesure ou il est le seul à proposer des solutions cohérentes aux problèmes des Français.

  • 27 November 2008 à 15h59

    Anne94 dit

    Tient décidément Denis rôde ici aussi pour dénigrer DLR et NDA!
    Ce que qu’il raconte est faux archi faux!
    DLR a eu son congrès fondateur pour voter les statuts et élire le conseil national.
    C’était indispensable pour pouvoir présenter des listes aux futures élections.
    @Jérôme Leroy, Mélechon a dit l’autre jour sur RMC aux GG qu’il refusait toute alliance avec NDA.
    L’UMP, le PS et le Modem ont tous avalisé le Traité de Lisbonne. Ce ne sont doc pas des partis démocratiques puisqu’ils piétinent le choix du peuple.
    DLR est le seul parti qui propose une véritable alternative pour redresser la France et changer d’Europe.

  • 27 November 2008 à 13h31

    Denis dit

    Cher bloggueur,

    Détrompez-vous, je ne confonds pas avec les universités d’été et je maintiens mes propos !

    Il y a eu la réunion constitutive du 31 mars 2007 avec le Pacte pour la France et avant cela celle d’octobre 2005 au moment du lancement de la campagne présidentielle, sans oublier l’association de financement depuis 2004 qui de facto a transformé DLR en parti politique… il suffit que vous consultiez le site de la C.N.C.C.F.P. pour vous en convaincre !

  • 27 November 2008 à 7h34

    bloggueur dit

    @denis
    Il n’y a eu qu’un congrés fondateur.Chaque année se sont les universités d’ETE à ne pas confondre.Par contre, avant d’être un mouvement, la période club de réfléxion a été propice à de nombreux textes fondateurs.

  • 27 November 2008 à 7h29

    Cayol Raoul louis dit

    A l’Assemblée Nationale le Mardi 15 janvier 2008, Nicolas DUPONT-AIGNAN président de DEBOUT LA REPUBLIQUE avait posé la Question préalable sur le traité de Lisbonne
    http://contreinfo.info/article.php3?id_article=1588
    Dans son allocution à la Mutualité le 23 novembre 2008, il a particulièrement insisté sur la nécessité d’un protectionnisme européen, de supprimer la commission européenne et sortir de l’OTAN, promouvoir la confédération européenne indépendante, changer le système monétaire international, et il a présenté le Plan “B”.
    Comme le général de Gaulle l’avait fait au sein de CNR, il est le seul à pouvoir rassembler les patriotes de gauche comme de droite autour de la République, la laïcité, la démocratie, l’Europe des nations et de la coopération.

  • 26 November 2008 à 19h07

    solitude dit

  • 26 November 2008 à 17h21

    Pascal dit

    Le PS est en phase de décomposition-recomposition,cela a été exactement pareil pour la Droite.Il n’y a là rien d’anormal:c’est le jeu démocratique qui s’exprime,c’est tout.
    Seulement,si j’étais de Droite,je ne me réjouirais pas trop vite des malheurs actuels du PS.
    En plus du fait que,en politique,rien n’est jamais définitif et que l’UMP peut très bien se retrouver demain à la place du PS aujourd’hui,il vaut mieux pour le gouvernement avoir,en face de lui, une opposition structurée et crédible autour du PS que la rue et Besancenot comme seuls interlocuteurs.

    Toto,vous semblez scandalisé de cet appel du pied d’un communiste à Dupont-Aignan,mais vous oubliez que communistes et gaullistes ont été complices pour cogérer la France pendant les 30 glorieuses.

  • 26 November 2008 à 15h02

    robespierre dit

    Les prochaines européennes vont être sanguinaires pour le PS et l’UMP.
    Besancenot à Bruxelles, le gag !!

  • 26 November 2008 à 13h48

    Denis dit

    NDA organise des congrès fondateurs tous les ans, on commence à en avoir l’habitude dans la famille gaulliste !

    Venant d’un homme qui a affirmé sur Paris-Première il y a moins d’1 mois qu’il ne reculerait pas devant un poste de ministre de Sarkozy s’il avait les moyens de ses ambitions, ses critiques sonnent faux !

    Demandez donc aux vrais gaullistes de l’UPF (Union du Peuple Français, cf. en lien le site internet), ils pourront vous en parler longuement !

  • 26 November 2008 à 13h43

    toto dit

    Un communiste près à faire alliance avec Dupont-Aignan… Et pourquoi pas Alain Soral tant qu’on y est??

    Le PCF va vraiment très mal apparemment………

  • 26 November 2008 à 12h42

    Jérôme Leroy dit

    Cher David, je pense que l’on dit les 1% parce que nous sommes plusieurs dans le 1%. Qui d’ailleurs est plutôt encore aux alentours de 10% dès qu’on est dans des élections locales, notamment municipales.
    Il n’est pas impossible d’ailleurs que le PCF voit arriver d’autres Mélenchon pour un front commun aux Européennes. D’ailleurs, si Dupont-Aignan veut venir, il peut. Entre les gaullistes et nous, pour inverser la proposition malrucienne, il n’y a rien.
    Amitiés

  • 26 November 2008 à 11h39

    L’Ours dit

    D’accord avec vous à une retenue près,
    si en 2012, toutes choses égales par ailleurs, ce sont les militants qui devront choisir le ou la future candidat(e), Royal risquerait fort d’être choisie pour représenter le Parti.

  • 26 November 2008 à 11h16

    noop dit

    Je suis en accord avec Agrippa.
    La place de Royal n’est pas la plus mauvaise à gauche… Mais la place de la gauche elle n’est pas enviable.
    L’occident et plus particulièrement l’homme “blanc” (les japonais restant en partie à l’écart de ce qui suit) met un point d’honneur à se tirer balle dans le pied sur balle dans le pied. Il ne va pas tarder à s’affaisser et la crise financière puis économique à venir, en fin de compte du capitalisme, risque fort d’être fatale… fin d’ère, manque d’air, manque d’élan vital, suicide démographique…
    Alors le sort de la gauche française excusez-moi….

  • 26 November 2008 à 10h51

    vingtras dit

    Excellent… mais le pire est à venir.

  • 26 November 2008 à 10h20

    Agrippa dit

    Tout bien considéré, la gagnante n’est pas celle que l’on pense, il est beaucoup plus confortable pour Royal de ne pas être en première ligne.
    Cela explique peut-être qu’elle est prête à accepter le sort qui lui est fait.
    Elle a fait un score incroyablement élevé compte tenu de son comportement depuis un an et de ses déclarations à la mords moi le qqchse.
    Voilà maintenant qu’elle va pouvoir apparaître comme une victime des éléphants.
    C’est tout bénéf. pour elle…