Pax Russia: le rêve du “soft power” est mort à Alep | Causeur

Pax Russia: le rêve du “soft power” est mort à Alep

Influence sans puissance n’est que ruine de la paix

Auteur

Pierre Brunet

Pierre Brunet
est écrivain.

Publié le 06 janvier 2017 / Monde

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Vladimir Poutine au Kremlin à Moscou, décembre 2016. SIPA. AP21986196_000001

La « Pax Russia » imposée, après l’écrasement de la partie Est d’Alep, par la Russie en Syrie, en coordination avec l’Iran et la Turquie, enterre la belle idée du “soft power”. On a dit qu’Alep-Est était le tombeau des « valeurs occidentales ». C’est surtout celui de ses habitants. Ensuite celui de nos illusions. A Alep, à la différence de Sarajevo pendant le siège, pas de casques bleus, pas d’humanitaires. Un passage à l’acte unilatéral de la Russie, épaulée par les Pasdarans iraniens, leurs affidés du Hezbollah, des volontaires chiites irakiens ou afghans, et ce qui reste de troupes capables de combattre de l’armée syrienne. Les Occidentaux et l’ONU : simples témoins sidérés, honteux et impuissants. Même l’évacuation des derniers milliers d’habitants survivants a été supervisée par l’armée russe, qui a directement négocié avec les groupes rebelles. Le croissant rouge et le CICR n’ont servis que d’auxiliaires et de caution.

Pas de paix sans menace

Après donc la sidération du passage à l’acte en Géorgie (2008) puis en Ukraine et enfin en Syrie, cette fin d’année 2016 a vu la mort de l’illusion occidentale du « soft power », de la diplomatie d’influence, la persuasion sans les armes. Et nous, Occidentaux, ne pouvons nous en prendre, si nous sommes honnêtes, qu’à nous-mêmes. Nous avons cru si longtemps à ces idées, à ces concepts contre l’évidence insupportable du réel. Le ministre de la défense russe Sergueï Choïgou, à l’occasion de la rencontre Russie-Iran-Turquie à Moscou ayant préparé la Pax Russia sur la Syrie, a lapidairement formulé l’épitaphe du soft power tel que nous le rêvions, en évoquant les précédentes initiatives diplomatiques de l’ONU, des Américains ou de leurs alliés : « Aucun d’entre eux n’avait de réelle influence sur le terrain ». Tout est dit.

Eh oui, pas d’influence sans capacité – et surtout volonté – crédible, effective, de passage à l’acte. Pas d’influence sans puissance, pas de soft power sans hard power. Pas de paix sans menace. « Si vis pacem, para bellum » ; mais surtout : si l’on menace, il ne faut jamais reculer, ensuite. Quitte à souffrir, ce que nous ne voulons plus. Obama pense que les Américains ne veulent plus souffrir, et ce président, qui aurait pu rester comme l’un des plus grands de l’histoire des Etats-Unis, a planté, en montrant au monde la faiblesse de sa volonté, les graines de souffrances futures pour le Moyen-Orient, l’Amérique et l’Occident. C’était en août 2013, quand il a reculé après l’attaque chimique de la Ghouta en août 2013, alors qu’il avait averti que l’usage par Damas d’armes chimiques serait une « ligne rouge » à ne pas franchir. Sans cette faiblesse, Bachar Al-Assad eût été amené à négocier avant qu’il ne soit trop tard, les égorgeurs islamistes auraient bénéficié de moins de ralliements, il n’y aurait pas eu d’intervention militaire russe directe en Syrie à partir de septembre 2015, il n’y aurait pas eu d’écrasement barbare d’Alep-Est, et peut-être, en Amérique, Trump aurait-il eu plus de mal à faire croire à des millions de gogos en sa « force » d’Hercule de foire.

Adieu l’ONU

La Pax Russia prend donc la place abandonnée par la Pax Americana. Cette Pax Russia, si elle tient, mettra en partie fin à la boucherie syrienne, a fortiori si c’est celui qui tient le hachoir qui siffle la fin de la partie. Mais au-delà d’en finir avec nos illusions de soft power – il était temps -  elle laisse aussi sur le carreau l’ONU comme instance de règlement des conflits. Au mieux, l’ONU va devenir l’instance d’approbation de la paix des vainqueurs, comme l’adoption à l’unanimité par son conseil de sécurité de la résolution 2336, soutenant « l’initiative de paix » russo-turque, le préfigure. Elle met enfin un terme à l’idée d’une Europe autre que strictement économique et à celle d’une Amérique garante d’une stabilité internationale qui appartient définitivement au siècle dernier, au temps où le monde était passé de bipolaire à unipolaire. Il est aujourd’hui devenu un échiquier multipolaire où l’avantage va à la brutalité du ou des joueurs les plus déterminés.

Mais cette Pax Russia laisse de côté bien plus que cela : d’abord les Arabes, pas invités à la table de ceux qui – Russie, Iran, Turquie – ont décidé du cessez-le-feu (les groupes d’opposition « non terroristes » seront invités aux négociations prévues par le triumvirat fin janvier à Astana au Kazakhstan).

Les Kurdes ensuite qui seront, comme toujours, les dindons de la farce, utilisés comme supplétifs des Occidentaux en Syrie, soutenus un peu mais pas assez par ceux-ci, puis lâchés à la fin par peur d’affronter la Turquie pour si peu, pour ceux qui ne comptent pas assez sur l’échiquier dont nous ne sommes d’ailleurs plus nous-mêmes un pion stratégique.

Et, enfin, le coup de maître de Poutine, judoka et joueur d’échecs : la Turquie. Les Russes, qui n’ont pas la mémoire aussi courte que nous, n’oublient pas que nous avons, au temps de leur faiblesse post-soviétiques, et à l’encontre des promesses faites, été décrocher leurs anciens pays alliés du pacte de Varsovie pour les arrimer, progressivement, à l’OTAN, puis à l’UE. Nous n’avons jamais voulu – sûrs alors de notre « soft power », qui avait, selon la légende, triomphé sans combattre du communisme (lequel s’est surtout effondré sur lui-même comme une étoile auto-consumée) – prendre conscience de ce qui a été perçu par ceux-ci comme du mépris.

La Turquie contre l’OTAN

Les Russes commencent, aujourd’hui, à nous rendre la monnaie de notre pièce en désarrimant, sous nos yeux, la Turquie de l’OTAN. La Turquie d’Erdogan, notre alliée supposée, qui fait sa guerre et organise la paix en Syrie et au Moyen-Orient, main dans la main avec la Russie et l’Iran ? Poutine, dans ce qui sera peut-être analysé plus tard comme un basculement systémique, renforce ainsi avec pragmatisme et opportunisme la défense sur le terrain des intérêts russes en s’alliant avec les deux autres acteurs qui osent passer résolument à l’acte (en parvenant à passer au-delà de l’opposition d’Erdogan à Bachar Al-Assad, ce qui prouve que les ennemis de mes amis peuvent aussi être un peu mes amis si tout le monde y gagne). Il introduit en passant un ver mortifère au cœur de l’Alliance Atlantique. Pire encore qu’une possible défection de la Turquie qui quitterait l’OTAN (probablement le scénario idéal si nous avions le courage de le mettre sur la table), nous gardons – avec la bénédiction de Moscou –  au sein de cette alliance, un membre envers lequel nous ne pouvons plus avoir confiance. La confiance, cœur nucléaire d’une alliance militaire et stratégique. Poutine ne désarrime pas formellement la Turquie de l’OTAN, il la désarrime effectivement, tout en la laissant théoriquement en faire partie, suffisamment en tout cas pour y propager le ver de la méfiance. L’OTAN pourrira peut-être par la Turquie… Cette Turquie de plus en plus frappée et déstabilisée par les coups en retour de ses mauvais calculs (déclenchement d’une nouvelle guerre interne et externe avec les Kurdes, soutien puis lâchage de Daech), comme en témoigne la fusillade aveugle du club Reina à Istanbul la nuit du Nouvel An, revendiquée par ledit « Etat » islamique.

En France, l’attitude de nos politiques, devant le conflit régional syrien, hésite depuis le début entre une condamnation du régime syrien que l’on ne peut que partager si l’on souhaite rester humain – au regard ne serait-ce que de l’attaque chimique de la Ghouta puis de l’utilisation intensive et aveugle des bombardements aériens, aux bombes-barils, au chlore, etc. ; condamnation légitime mais impuissante parce que nous ne punissons pas sur le terrain le coupable -, une fascination-admiration envers Poutine  (Marine Le Pen, Mélenchon, Fillon,…) et cette vieille antienne de la diplomatie seule comme solution au problème chez les autres. Jusqu’à cette ânerie énoncée comme une géniale clairvoyance par Dominique de Villepin, qui appelait récemment à « une coalition internationale diplomatique et surtout pas militaire » pour  enrayer la crise au Moyen-Orient, au prétexte qu’« utiliser un lance-flammes pour éteindre un incendie, c’est absurde ». Oui, c’est absurde chez les pompiers mais, sur le terrain en Syrie, c’est bien une coalition militaire agissante, dénuée de scrupules, brutale, déterminée, cynique même, qui, après avoir presque tout brûlé, impose la paix dans les décombres fumants… pendant que nos diplomates observent et regrettent avec nostalgie le temps de « la grande politique arabe de la France »…

Qui osera être un nouveau Churchill ?

Nous ne pourrons éternellement observer ce qui arrive, ce qui nous arrive, ce qui arrive vers nous aussi. A l’heure où des candidats à l’élection présidentielle hésitent à dire si le budget de la Défense doit se situer à 1,9 ou bien 2 % du PIB (en fait nous devrions le hausser à 4 %, mais qui osera ?), la réalité est brutalement, et salement, prise à bras-le corps par d’autres. Oui, il faut faire de la diplomatie, il faut parler les yeux dans les yeux à Poutine, aux autres, à tous ceux qui se battent sur le terrain. Et partout ailleurs, aux Chinois, par exemple, qui pratiquent en mer de Chine l’expansionnisme par le fait accompli. Comme je l’avais écrit, ce ne sont pas (encore) nos ennemis, mais une menace pour aujourd’hui et demain que nous ne pouvons éluder. Mais arrêtons de nous payer de mots. La diplomatie de pays que personne ne craint ne pèse plus rien aujourd’hui. L’année 2016 a été l’année Poutine ; 2017 sera peut-être l’année Poutine-Trump-Erdogan-Xi Jinping… Face à eux, qui osera être un nouveau Churchill ? Le paradoxe de la vraie diplomatie, c’est qu’elle doit s’efforcer d’éviter le sang, la sueur et les larmes, tout en donnant à percevoir qu’on se tient prêt à les assumer, si nécessaire.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 10 Janvier 2017 à 13h22

      Pat Rice dit

      Obama aura certes été un président prudent, peut-être un peu trop, et apparemment plutôt faible encore que, sur la Syrie, il n’est pas du tout évident que l’attaque chimique était le fait d’Assad et il semble même que ce ne soit pas du tout le cas si on en croit l’excellent reportage de Samah Soula le 18 février 2016 sur France 2 dans l’amission “Un œil sur la planète”: Syrie, le grand aveuglement” (lien ci-dessous)
      http://www.causeur.fr/alep-syrie-medias-41938.html
      Alors, ça nuance un peu le jugement qu’on peut porter sur son action qu’il n’ait pas voulu se laisser attirer dans un piège…

    • 9 Janvier 2017 à 21h37

      Livio del Quenale dit

      Mais a quoi s’attendaient donc tous ces gens, qui pérorent à tort et à travers sous les ors de la république et dans les rédactions suppôts de la doxa parisienne sinistra ?
      -
       Quand on est couillon, mou, maladroit, arrogant, prétentieux et inapte que l’on nie la réalité pour se complaire à rêver d’idéaux illusoires,
      on tombe le nez dans le ruisseau
      sans avoir compris Rousseau en en ayant détourné son esprit et sa pensée, ne le prenant qu’à la lettre, qq foi même en étant de mauvaise foi pour faire plus vertueux et pouvoir pointer du doigt l’autre qui n’est pas d’accord. 
      – 

    • 9 Janvier 2017 à 21h05

      efge dit

      Rebelote pour la goutha! Les américains savaient pertinament que les obus venaient de la zone contrôlée par les ‘rebelles modérés’. UN rapport du MIT le dit sans ambiguité précisant qu’il était impossible qu’ils puissent provenir des forces syriennes. Les obus étaient ‘bricolés’ ce qui n’aurait nullement nécessaire pour la partie syrienne. Attribuer ça a Assad est tout simplement emboiter le pas a la “diplomatie” américaine et a répandre la désinformation.

    • 9 Janvier 2017 à 21h00

      efge dit

      Soft power avec des armes lourdes et des conseillers des forces spéciales? C’est une blague?

      • 9 Janvier 2017 à 21h04

        steed59 dit

        et des drones, et des bases militaires un peu partout dans le monde ….

    • 9 Janvier 2017 à 15h58

      clorouk dit

      L’auteur de l’article présente les évènements comme si l’OTAN avait raison et la Russie tort. Or, il s’agit là d’un point de vue et non d’une vérité établie. À mes yeux, par exemple, la Crimée n’a jamais cessé d’être russe malgré son rattachement administratif à l’Ukraine en 1954, par la volonté du maître du Kremlin de l’époque, Kroutchev. L’affaire d’Alep-Est a opposé des djihadistes d’un côté, à des troupes russo-syriennes de l’autre, avec des civils entre les deux, empêchés par les premiers de se réfugier chez les seconds. Les Etats-Unis et l’OTAN ont pratiqué un grossier double jeu en faveur des terroristes, comme l’établit la capture des 125 officiers de l’OTAN dans un bunker d’Alep-Est, dont 14 Américains et 21 Français. L’UE, poussée par les EU, a joué un rôle extrêmement négatif en poussant certaines factions ukrainiennes à la révolte de Maïdan. Les multiples provocations de l’OTAN et des EU aux frontières d’une Russie présentée comme agressive ne sont tombées à plat que grâce au sang-froid de Poutine. Et ainsi de suite. L’arrivée de Don Trump aux affaires, de même que celle du nouveau président français en mai prochain, pourrait changer heureusement l’orientation dangereuse de la politique mondiale Faisons des vœux, c’est la saison, pour qu’il en soit ainsi.

    • 9 Janvier 2017 à 11h54

      persee dit

      M. Brunet , Vous parlez de “sidération ” sachez que si elle existe elle ne touche que les zozos de la médiasphère , entre la place des Vosges , Maubert mutualité , la rue de Solférino , et la Maison de la Radio ; à où s’élaborent les  ”concepts ” . Le peuple lui n’est pas du tout “sidéré”……..

    • 9 Janvier 2017 à 10h55

      QUIDAM II dit

      Dans cet article, ces quelques mots atroces : « Les Kurdes ensuite qui seront, comme toujours, les dindons de la farce… »
      Les Kurdes, victimes depuis des siècles de l’impérialisme et du colonialisme arabo-musulman (Irak, Syrie, Turquie, Iran).
      Où sont nos belles âmes anti-impérialistes et humanitaires ?
      La détresse des Kurdes ne peut pas servir à nourrir la haine et à condamner les Occidentaux ni Israel. Il n’a donc aucun intérêt pour ces « belles âmes ».

      • 9 Janvier 2017 à 12h01

        G. COLLET dit

        merci !

      • 9 Janvier 2017 à 15h54

        steed59 dit

        d’autant que c’est factuellement faux. l’accord Poutine/Assad/Iran garantit de facto la zones kurdes de la syrie actuelle – coupée en deux parties – mais effectivement enterre l’idée d’un Kurdistan syrien formant une seule et même entité comme ils le rêvaient. C’est un jugement de Salomon, mais on ne peut pas dire – pour l’instant – qu’ils sont les dindons de la farce.

        • 11 Janvier 2017 à 10h14

          QUIDAM II dit

          Il n’en reste pas moins qu’on aimerait voir des manifestations en faveur des Kurdes et de Chrétiens persécutés, comme on en voit quelques fois en faveur des Palestiniens…
          Lesquels Palestiniens n’ont pas plus souffert de l’Histoire que les Kurdes, les chrétiens d’Orient, les Arméniens, les juifs, les Amérindiens, les Africains, les Kanaks, les Chinois, les vietnamiens, et beaucoup d’autres peuples qui n’ont pas, pour autant, semé le terrorisme ni mobilisé à leur seul profit toutes les capacités de solidarité morales et matérielles du monde entier, au point même de favoriser et propager à nouveau la haine antisémite.
          Et puis, « Les garanties internationales » ne sont le plus souvent que des chiffons de papier. Qui s’engagera réellement pour les Kurdes quand l’heure sera venue, pour l’Iran des ayatollah et la Syrie d’Assad, de les mater ?

        • 11 Janvier 2017 à 10h25

          Guenièvre dit

          - De même qu’au Sri Lanka, la colonisation progressive des zones traditionnellement habitées par les Tamouls conduite par les gouvernements cinghalais successifs n’a jamais provoqué d’indignation, ni la politique de discrimination culturelle, ni les pogroms de 1983 qui ont fait autour de 3000 morts, ni la dernière bataille en 2009 qui a fait près de 40000 morts civils et plus de 200000 réfugiés…( à la même époque l’opération “Plomb durci” faisait la Une de tous les journaux.)
          - De même que l’ethnocide du peuple tibétain, devenu étranger et minoritaire sur sa propre terre ( stérilisation forcée des femmes tibétaines, déportation massive des populations et implantation en nombre de Chinois ) n’émeut pas grand monde !
          - et que le fait que les Massaï chassés de leurs terres par les richissimes ressortissants des Emirats qui possèdent des compagnies de chasse en Tanzanie ( villages brulés, femmes violées…) ne révolte pas les belles âmes.

        • 11 Janvier 2017 à 11h20

          QUIDAM II dit

          @Guenièvre   Merci pour ces rappels.

           

    • 9 Janvier 2017 à 9h00

      cavok dit

      “Le croissant rouge et le CICR n’ont servis que d’auxiliaires et de caution.”
      Un écrivain sachant écriver devrait au moins connaître l’accord du verbe avoir.
      R. Fourreau

    • 9 Janvier 2017 à 1h42

      Leucate dit

      On oublie plusieurs choses que je vais résumer.

      - La Russie est géographiquement concernée tout ce qui se passe au moyen orient et dans le monde musulman en général, depuis l’ancienne Perse jusqu’à l’Afghanistan et le Pakistan. Et cela depuis des siècles, plus exactement depuis le XVI° siècle quand la Moscovie s’est affranchie du houg tatar de la Horde d’Or puis à commencé à soumettre les uns après les autres les khantas tatars avant de se lancer à la conquête de la Sibérie dès Catherine II.

      - Elle s’est heurtée déjà à de puissants empire régionaux, l’empire ottoman principalement, puis l’empire britannique. Les diplomates de la fin du XIX° siècle parlaient alors du “Grand Jeu” entre des ceux derniers empires. Ce Grand Jeu continue aujourd’hui contre l’empire américain.

      - Elle est aussi en partie un pays musulman (20 millions de russes anciens, les Tatars principalement) où l’islam, de même que l’orthodoxie, sont religions d’Etat. Mais pas n’importe quel islam. Il s’agit de l’islam soufi des turco-mongols, plus intellectuel. Le wahabbisme et le salafisme sont interdits en Russie.
      A titre indicatif, la Russie est reconnue en tant qu’Etat musulman par les autres Etats et a un siège d’observateur au Conseil de la Conférence Islamique qui réunit l’ensemble des pays musulmans.

      - Ceux-ci connaissent bien la Russie de longue date et la Russie les connaît bien. Il y a un savoir faire russe dans les relations avec les pays musulmans que nous avons certainement perdu.

      - Poutine est un westphalien (voir wiki sur les traités de Wesphalie qui mirent fin à la guerre de Trente Ans et aux guerres de religions commencées au XVI° siècle en général). Ses interlocuteurs ont confiance en lui parce qu’ils ne le soupçonnent pas de vouloir pratiquer une politique de “regime change”. Il prend les régimes et leurs dirigeants tels qu’ils sont.

    • 8 Janvier 2017 à 10h46

      hoche38 dit

      Alors Monsieur Brunet, quand donc allons nous, avec nos 2% de budget militaire, enfin déclarer la guerre à cette Russie, qui tue aussi brutalement de bons démocrates djiadistes? Surtout que cette fois, il ne faudra pas compter sur l’aide de nos bons amis de l’OTAN.

    • 7 Janvier 2017 à 22h54

      Cracker causeur dit

      2017 sera peut-être l’année Poutine-Trump-Erdogan-Xi Jinping…
      Si ça pouvait être vrai, Avec l’Europe en plus, tous unis pour exterminer les djihadistes du monde entier….
      Malheureusement, j’ai peur que nos dirigeants aient choisi le mauvais camp, l’axe du mal, bref nous sommes les idiots utiles du nazislamisme.

    • 7 Janvier 2017 à 19h16

      Wil dit

      Ah,j’avais loupé la bonne blague de fin d’année du Monde.
      Dans un article titré “Fausses images et propagande de la bataille d’Alep”,Le Monde donne des conseils pour ne pas se faire avoir par les fausses infos provenant de Syrie ou d’ailleurs.
      http://www.lemonde.fr/les-decodeurs/article/2016/12/15/fausses-images-et-propagande-de-la-bataille-d-alep_5049097_4355770.html
      “Quelques conseils pour ne pas se faire avoir par des rumeurs

      -Partez du principe qu’une information donnée sur le web par un inconnu est par défaut plus fausse que vraie.
      -Fiez-vous plutôt aux médias reconnus, aux journalistes identifiés et connus.(ndr:HAHAHA…,ELLE EST MAGNIFIQUE CELLE LA,JE LA RESSORTIRAI!) Et ne considérez pas non plus que cela suffit à rendre leurs informations vraies(ndr:Donc pour résumer,fiez vous aux médias et journalistes reconnus…mais ne vous y fiez pas.CQFD.).Dans des situations de crise comme celle-ci, l’information circule très vite, et peut souvent se révéler par la suite erronée. Il vaut mieux attendre que plusieurs médias donnent un même fait pour le considérer comme établi.
      Une photo n’est jamais une preuve en soi, particulièrement quand elle émane d’un compte inconnu. Elle peut être ancienne, montrer autre chose que ce qui est dit, ou être manipulée.
      Un principe de base est de recouper : si plusieurs médias fiables donnent la même information, elle a de bonnes chances d’être avérée
      Méfiez-vous aussi des informations anxiogènes (type « ne prenez pas le métro, un ami a dit à un autre ami que la police s’attendait à d’autres attentats », un message qui tourne apparemment samedi matin) que vous pouvez recevoir via SMS, messages de proches, etc, et qui s’avèrent fréquemment être des rumeurs relayées de proche en proche, sans réelle source.”
      Sacré journaleux.Ils nous feront toujours bien rire.

    • 7 Janvier 2017 à 19h06

      Wil dit

      “Arrestations en Egypte après le tournage de fausses vidéos d’Alep
      Cinq personnes accusées de réaliser avec des enfants de fausses images des combats dans la ville syrienne d’Alep ont été arrêtées à Port-Saïd, en Egypte. Un exemple des fausses informations qui accompagnent la guerre.”
      https://planetes360.fr/arrestations-egypte-apres-tournage-de-fausses-videos-dalep-rts-info/

    • 7 Janvier 2017 à 15h02

      ebolavir dit

      On dirait que c’est un sermon de la paroisse “Les habitants d’Alep ont été massacrés, sauf quelques uns qui ont pu s’échapper à la fin”, l’autre paroisse prêchant “Les habitants d’Alep ont été libérés des tueurs qui s’abritaient chez eux, dommage que quelques uns des tueurs aient pu s’échapper à la fin”. Comme je n’y suis pas, je n’ai pas d’avis (mais mon opinion pencherait plutôt du côté de la deuxième paroisse). Dans les deux hypothèses, les Russes ont fait ce qu’ils avaient annoncé et personne ne les a empêchés, une power plutôt hard. Mais je ne veux pas gâcher le plaisir visible de l’auteur, d’avoir écrit et d’être publié.

    • 7 Janvier 2017 à 14h54

      Specht dit

      - L’ONU traine sur le carreau depuis des lustres, cumulant les échecs sur plus de 50 ans ;
      - À ce jour personne ne sait dire assurément qui est derrière l’attaque chimique de la Ghouta, mais les éléments d’enquête pointent de plus en plus vers les groupuscules islamistes rebelles ;
      - Le « soft power » d’Obama est un trompe-l’œil, il pratique bel et bien une forme de « hard power » mais de façon indirecte, en utilisant plus ou moins ouvertement des tiers (Saakachvili, Iouchtchenko, Sarkozy en Libye, divers groupes rebelles… ). Il délègue ainsi le sang et la douleur aux autres pour son propre compte. Que penser de l’usage intensif des drones ?
      - L’intervention russe en Syrie n’a pas réglé le conflit syrien, elle a juste équilibré les rapports de force de façon à éviter un effondrement total du régime qui aurait conduit au massacre assuré d’une partie de la population syrienne et à la possible extension du chaos vers le Liban et la Jordanie. Cette intervention ne garantit pas non plus l’avenir d’el-Assad, les rebelles gardent le contrôle d’une grande partie du territoire.

    • 7 Janvier 2017 à 14h49

      le ribaud dit

      Qui c’est Pierre BRUNET ?

      • 7 Janvier 2017 à 16h04

        kagouni dit

        Peut-être le frère d’ Eric…Sur RMC ? Je me marre!

    • 7 Janvier 2017 à 14h35

      Borgo dit

      Pepe de la luna, Marcus Graven, +++

      • 7 Janvier 2017 à 21h14

        Bibi dit

        Jeanne D’Arc aussi.

        • 7 Janvier 2017 à 21h25

          steed59 dit

          Elle c’etait pour une bonne cause

    • 7 Janvier 2017 à 14h08

      Pepe de la Luna dit

      Article d’une imbécilité rare. Mais est-ce bien étonnant de la part d’un écrivain ? On se rappelle les délires des “intellectuels” sur le soviétisme ou le maoïsme…
      Ainsi l’Occident est le gentil de l’histoire, seulement trop pusillanime. L’Occident n’a absolument pas supporté des groupes djihadistes en Syrie, noooon… Les Américains n’ont absolument pas aidé l’établissement de l’Etat Islamique comme admis pourtant par le général Flynn, noooon… Les Saoudiens et les Qataris sont des anges qui n’ont pas du tout aidé Al Qaeda et Daech, nooooon… Ce n’est pas Al Nosra qui a perpétré l’attaque chimique de la Ghouta avec du sarin fourni par la Turquie, noooon on vous dit…
      (sur la culpabilité turque : http://www.chroniquesdugrandjeu.com/2015/10/le-sultan-du-sarin-la-turquie-derriere-l-attaque-chimique-de-la-ghouta.html)
      Mais tout ça, notre petit écrivaillon germanopratin l’ignore bien sûr. En donnant la parole à de tels clowns, Causeur cherche-t-il réellement à suivre la descente aux enfers de la journaloperie du système qui est en train de perdre ses derniers pans de crédibilité ?