Rousseau et le selfie | Causeur

Rousseau et le selfie

Le smartphone, néant de la conscience

Auteur

Jean-Paul Brighelli

Jean-Paul Brighelli
Enseignant et essayiste, anime le blog "Bonnet d'âne" hébergé par Causeur.

Publié le 23 avril 2015 / Société

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rousseau smartphone selfie

En 1968, René Etiemble, grand mandarin s’il en fut, prof de Lettres d’un immense talent et d’un ego surmultiplié, entra dans son amphithéâtre sorbonnard pour faire cours. Ses étudiants, d’abord à mi-voix, puis en crescendo magistral, le chahutèrent gentiment en scandant « Moi-Je / Je-Moi » — ad libitum.
On s’en moquait à l’époque. Nous en sommes pourtant aujourd’hui à un moment curieux de l’Histoire où nos contemporains, surtout s’ils sont dépourvus du moindre talent, s’aiment à la folie et immortalisent dès que possible leur image. Ils cueillent l’instant au bout de leurs portables. Et ils le partagent aussitôt sur les ré »seaux sociaux, persuadés que l’image de leur plaisir intéressera forcément la planète entière.
Analyse d’une subversion.

On croit ordinairement que le selfie a été inventé à l’orée des années 2000, quand les téléphones portables se sont dotés d’un fonction Photo susceptible d’immortaliser nos beuveries, nos insubmersibles amitiés éphémères, et nos rencontres avec des hommes remarquables — Marc Lévy, Anna Gavalda, François Hollande ou Nadine Morano. L’industrie, jamais en retard dans la fabrication d’instruments dispensables, a même inventé une canne d’adaptation, afin de prendre du champ et d’éviter d’avoir, sur le cliché, le nez en patate qui caractérise la plupart de ces gros plans si gracieux.
Erreur trop commune. Le selfie a été inventé par Rousseau dans les années 1760, quand il a commencé la rédaction des Confessions. Ecoutez plutôt :
« Je veux montrer à mes semblables un homme dans toute la vérité de sa nature. Et cet homme, ce sera moi. Moi seul. Je sens mon cœur et je connais les hommes. Je ne suis fait comme aucun de ceux que j’ai vus ; j’ose croire n’être fait comme aucun de ceux qui existent… »
Et cetera.
S’ensuivent plusieurs centaines de pages qui sont autant de variations sur l’ego-portrait — ainsi les Québécois, qui parlent français, eux, ont-ils baptisé ce que les Français, qui parlent la langue de l’occupant, appellent selfie.
Moi. Moi que j’aime. Moi lisant avec mon père les livres de ma mère. Moi allongé sur les genoux de Mlle Lambercier, le cul à l’air, rougi d’une fessée experte, et l’érection indubitable (je soupçonne Rousseau d’avoir fréquenté, comme il dit, tous les galetas des sixièmes étages et toutes les putes de Paris sans retrouver exactement la sensation première de cette raclée fondatrice qui fut sa madeleine à lui). Moi cassant des peignes ou cueillant des cerises. Moi, penaud, membres `ballants, assis sur le lit où la petite Zulietta pensait me posséder et ne trouva qu’un jeune homme déconfit par son téton borgne. Moi vilipendant tout ce que Paris, donc l’Europe, comptait de belles intelligences… Moi, moi encore, moi partout.
Bien sûr, de Rembrandt à Van Gogh, il y a eu avant et après le philosophe de Genève quelques sublimes spécialistes de l’auto-portrait. Mais la peinture suppose un travail, une réinterprétation — elle fait œuvre. Le selfie, c’est le culte hédoniste de l’instant présent.

Le mépris de la culture, qui ouvre aujourd’hui la voie à tous les jihads de substitution, a commencé là, avec Rousseau. Comme commencé avec le lui le grand soupçon porté sur les livres. L’horreur des Fables de La Fontaine. La certitude que le jeune Emile était né bon, et qu’une sinistre conspiration de maîtres lucides et de précepteurs éclairés, désireux de remodeler son Moi d’enfant sauvage, s’échinait à briser sa spontanéité sublime, et sa capacité à construire seul ses propres savoirs.
Disons-le tout net : Emile, comme tous les jeunes vauriens, est né barbare. « Cet âge est sans pitié », dit justement La Fontaine. L’exécration de Rousseau pour le fabuliste est l’une des clés de cette dissolution de la culture dont nos pédagogues modernes ont fait l’alpha et l’oméga de leurs « sciences de l’éducation ».
Barbares, oui. Ne parlant ni le grec, ni le latin — ni le français. Le barbare balbutie tant qu’il n’est pas passé par l’étape du b-a-ba. La lente acquisition des mots et de la grammaire. La civilisation, c’est d’abord une syntaxe. Au commencement est le Verbe, dit Jean : avant le Verbe, et sans les mots, c’est le chaos.
Et si on en reste au chaos dans les cervelles fraîches, n’importe quel idéologue, n’importe quel croyant s’offrira à le mettre en ordre.

Selfie, disais-je. Le narcissisme, dont on constate chaque jour les ravages, n’est pas une culture — il en est même la réfutation. Le repliement sur soi, l’égocentrisme érigé en pensée (et dans le libéralisme moderne, simultanément, en dépense) sont l’inverse d’une culture, qui suppose, par définition, les autres. « Rien de plus soi que de se nourrir d’autrui — le lion est fait de mouton assimilé », dit Valéry. Sans autrui, pas de langage ; sans passé, pas de pensée. Retour à l’âge de pierre.
Au Panthéon, les tombes de Voltaire et de Rousseau se font logiquement face : ils sont inconciliables après la mort, comme ils le furent de leur vivant. À l’un les Lumières, l’intelligence sceptique (pléonasme !), et l’infini combat contre l’Infâme — superstition, intolérance, fanatisme, autant d’entrée du Dictionnaire philosophique. À l’autre la tentation de la nuit.

Les enfants de Rousseau tiennent à bout de bras le smartphone avec lequel ils gravent dans la cellule de l’appareil — parfait substitut des neurones qui leur manquent — leur bêtise à front de taureau, et le néant de leur conscience. Ils sont obstinément consommateurs, trouvant sans doute que c’est un mot qui commence bien. Contents d’eux mêmes. Avides de respect — et le respect, qui est mise en avant de soi, n’est pas la politesse, qui est considération de l’autre. Arrogants par excès de crétinisme : le crétin, qui ignore tout, et ne le sait même pas, croit être la mesure de toute chose. Ils accumulent les signes extérieurs du Moi, persuadés qu’avoir, c’est être.
Rappelez-vous Pinocchio : il leur pousse des oreilles d’ânes, le braiement leur tient lieu de parole. Ou l’éructation. Ou la prière en boucle. Un dieu guerrier et sanguinaire n’a aucun mal à les prendre en charge, et à leur faire croire qu’ils n’ont pas besoin de livres, ni de pensée, ni de mesure. C’est dans le vide que s’installent les plus mortelles certitudes.

*Photo : wikicommons.

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    La rédaction de commentaires est impossible pour cet article

    • 26 Avril 2015 à 23h27

      Colonel DAX dit

      4bis&fin “Le narcissisme, dont on constate chaque jour les ravages”

      Allez~~ facon Gueguen et autres lumieres causeuses (pseudocritiques) : LOL

    • 26 Avril 2015 à 23h21

      Colonel DAX dit

      4/ Pas de “Ne Quid Nimis” ni de “Mediocritas Aurea” chez vous.

      Vous etes exactement ce que vous denoncez.

      Un gros con, en fait.

      Merci Causeur

    • 26 Avril 2015 à 23h19

      Colonel DAX dit

      3/— interlude —

      JPB, vous etes le parangon de la cible socialiste : cultive, faussement modeste…

      Votre article “Les bas-fonds” et votre “mon ignorance est insondable” >> Pouah~~~

    • 26 Avril 2015 à 23h04

      Colonel DAX dit

      2/

      Ceux qui s’”aiment a la folie” n’ont-ils pas une propension a entretenir des blogs ?

    • 26 Avril 2015 à 23h02

      Colonel DAX dit

      1/

      JPB qui cite Etiemble… maoiste +++

      Comme quoi : 2 poids, 2 mesures

    • 25 Avril 2015 à 11h11

      Vert Gallois dit

      C’est drôle, moi je disais «autoportrait». Trop long, sans doute.

    • 24 Avril 2015 à 17h54

      Yanick Toutain dit

      @Jean-Paul Brighelli
      Il est une erreur théorique majeure infiltrée dans votre “analyse”.
      Quand bien même, tout comme vous j’ai pu ironiser sur la stupidité d’un chef d’Etat (à qui des subalternes confient des listes de gens à assassiner) posant avec un “inconnu” pour un selfie lamentable
      http://1.bp.blogspot.com/-nNTLcZhT51o/VTDoYraQuiI/AAAAAAAACZY/ZF2Y638o0Dw/s1600/Quel%2Best%2Bl'imb%C3%A9cile%2Bqui%2Bsourit%2Bderri%C3%A8re%2BOxel%2BSuarez%2BL'organisateur%2Bde%2Bl'espionnage%2Btotalitaire%2B%2B%23PNCD%2Bd%C3%A9tail.jpg
      VENDREDI 17 AVRIL 2015 Quel est l’imbécile qui sourit derrière Oxel Suarez ? C’est l’organisateur de l’espionnage totalitaire #PNCD
      http://revolisationactu.blogspot.fr/2015/04/quel-est-limbecile-qui-sourit-derriere.html
      =========
      =======> Mais votre analyse sur ce qu’est un selfie vous conduit à une analyse sur ce qu’est un homme…. totalement fausse
        +++
      SIC Jean-Paul Brighelli : Disons-le tout net : Emile, comme tous les jeunes vauriens, est né barbare. « Cet âge est sans pitié », dit justement La Fontaine. L’exécration de Rousseau pour le fabuliste est l’une des clés de cette dissolution de la culture dont nos pédagogues modernes ont fait l’alpha et l’oméga de leurs « sciences de l’éducation ». Barbares, oui. Ne parlant ni le grec, ni le latin — ni le français. Le barbare balbutie tant qu’il n’est pas passé par l’étape du b-a-ba. La lente acquisition des mots et de la grammaire. La civilisation, c’est d’abord une syntaxe. Au commencement est le Verbe, dit Jean : avant le Verbe, et sans les mots, c’est le chaos. Et si on en reste au chaos dans les cervelles fraîches, n’importe quel idéologue, n’importe quel croyant s’offrira à le mettre en ordre.
      +++ 
      La réponse est simple.
      On ne nait pas barbare, on nait RIEN.
      On devient un être humain à UNE condition fondamentale.
      Cette condition était remplie au Paléolithique.
      On devient un être humain par la TRANSMISSION de l’héritage ancestrale.
      On devient un être humain par la TRANSMISSION DES INNOVATIONS ANCESTRALES.
      http://revolisationactu.blogspot.fr/2013/09/nos-ancetres-en-nous-par-leurs.html
       C’est ici que pêche votre analyse.
      La définition d’un être humain.
      Pour que les choses soient encore plus claires : Un humain ne l’est que par la transmissions des QUATRE principales Innovations Ancestrales.
      Elles sont le feu, les mots, l’agriculture et les nombres.
      Sans ces QUATRE savoirs, l’humanité n’est plus elle-même.
      Vous semblez approximer cette analyse conceptuelle
      +++
      Sans autrui, pas de langage ; sans passé, pas de pensée. Retour à l’âge de pierre.
      +++
      Mais sans aller jusqu’au bout….
      Car, enfin, les Athéniens, les 21000 Athéniens méritaient-ils le nom d’Hommes…
      Les 21000 barbares (le Démos) qui écrasaient 400 000 esclaves…. sous les rires ironiques d’un Aristophanès encore plus barbare – aristocratiquement – qu’eux…. correspondaient parfaitement à ce que nous appelons aujourd’hui tels… Les Athéniens étaient….des barbares.
      Comme l’étaient aussi les esclavagistes patriciens de Rome… des barbares…
      Les jeunes Spartiates étaient éduqués comme les jeunes victimes de Daesh : une fabrication “scientifique” de psychopathes criminels …

      Rousseau se trompe. Et vous aussi.
      La VERITABLE transmission du savoir ancestral REND GENTIL….
      Ce n’est pas un état naturel , la gentillesse, c’est le RESULTAT de l’assimilation des Découvertes ancestrales, des Inventions ancestrales et des Créations artistiques ancestrales…
      Leur découverte et leur “élargissement” comme le disaient les archéo-marxistes… du capital machine des bourgeois qui les fascinait tant…

      Quand on découvre les VRAIS concepts de l’humanologie POSTMARXISTE on devient de PLUS EN PLUS GENTIL…..

      Essayez  !  

    • 24 Avril 2015 à 16h42

      stella dit

      Le selfie poussé à l’ultime : le moi-je (vais mal) d’Andreas Lubitz …..

    • 24 Avril 2015 à 11h19

      causette dit

      Merci pour votre brillant article.
      Quelques remarques, positives ou non:
      -«Emile, comme tous les jeunes vauriens, est né barbare.» : tout comme vous, Jean-Paul Brighelli : le péché originel, sans lequel on ne peut rien comprendre à l’homme.
      +« Sans autrui, pas de langage ; sans passé, pas de pensée. Retour à l’âge de pierre.» Bien vu,ça!
      -«…l’intelligence sceptique (pléonasme !» : Aristote était donc un imbécile ?

      • 24 Avril 2015 à 11h41

        Muys dit

        Des journalistes de qualité, des lecteurs intelligents, quel plaisir de lire Causeur et ses lecteurs…

    • 23 Avril 2015 à 15h03

      Pierre Jolibert dit

      Puisqu’il est question de “fait religieux” à l’école, je vais radoter à propos de Catherine Henri et ses Petites leçons de littérature au lycée (POL, 2003 pour le vol. De Marivaux et du Loft).
      Rappel : elle se lance avec des 1ères dans un groupement de textes sur la religion (ou plus exactement “la mise en question de la religion au XVIIIe siècle”), en pleine année du 11 septembre et tout ça / il faudrait reproduire ce chapitre “Branko et le vicaire savoyard” en entier, mais tant pis ;
      1er texte, article Abbé du Dictionnaire philosophique ; le début “Où allez-vous Monsieur l’Abbé, etc.” et d’autres clins d’œil égrillard mettent Salim en joie. De la subtilité, de l’érotisme, de l’anticléricalisme, l’explication ne semble poser aucun problème.
      C’est avec d’autres auteurs que ça coince.
      Le passage des Mémoires de Saint-Simon sur la révocation de l’Edit de Nantes. Les élèves ont énormément de mal à admettre qu’un catholique (détail qu’ils ne découvrent qu’inopinément car le professeur, comme il nous arrive à tous, a oublié de dire l’évident) puisse écrire ainsi, et Abdou dit carrément, très choqué, que le duc “marque un but contre son équipe”.
      Et donc, la profession de foi du vicaire ; le professeur se demande d’abord si elle a mal découpé, car elle constate que “cette leçon de religion naturelle ne fait pas l’unanimité. Ils sont dispersés, perplexes. Je les sens au fil de l’heure et de l’explication, bien que cela n’ait pas été mon but, se situer par rapport à Rousseau, (…) : doute, acquiescement, indifférence.” Et Branko éclate, en disant que ce n’est pas une religion s’il n’y a aucun rite ni aucun interdit, que la même religion pour tous ne peut pas être la vraie foi qui s’oppose aux autres. Il se met la classe à dos (“sa raideur maladroite a peut-être beaucoup fait pour éloigner quelques-uns de tentations fanatiques”), et le professeur essaie de le sortir de sa situation de “bouc-émissaire” (la leçon risque donc de tourner à l’expérimentation in vivo de l’origine de tout culte ?) : “il faut lui parler, desserrer avec délicatesse l’étreinte du piège où il est pris, sans le blesser”.
      Tout ça pour dire, en généralisant, sans doute abusivement :
      1) oui, en effet, Voltaire et Rousseau sont inconciliables.
      2) Que les amis de Voltaire et des Lumières soient optimistes : il passe mieux en classe que Rousseau, et que Saint-Simon, ce grand maître des Ténèbres. (le coup du but marqué contre son camp, ça m’avait traumatisé, à la 1ère lecture de ce texte)

      • 23 Avril 2015 à 15h07

        Pierre Jolibert dit

        pardon pour l’oubli de s à égrillards
        Et il va de soi que ce qui m’avait traumatisé, c’est le fond, le contenu, le sens de la réaction, pas le fait (très bienvenu) de la comparaison au football.

    • 23 Avril 2015 à 14h35

      condor dit

      Cela renvoie au très bon livre de Francois Xavier Bellamy: Les déshérités : Ou l’urgence de transmettre. A lire de toute Urgence !!!

    • 23 Avril 2015 à 13h45

      Habemousse dit

      Il n’y a que le banquier à ne pas se prendre en faux taux, il en mourrait.

    • 23 Avril 2015 à 12h17

      Kov666 dit

      L’auteur oublie de signaler les nouveaux types d’accident qu’engendrent ces cannes : on se la prend en pleine face lorsque la personne se retourne (violences et bagarres garanties); et dans les musées ces cannes s’agrippent aux bibelots qu’elles mettent à terre. Tous ces gens qui ont intellectuellement démâtés compensent en faisant l’acquisition de ce nouveau mât. Le selfie a aussi ceci d’admirable qu’il met à égalité votre tronche avec l’œuvre d’art qui a le malheur d’être l’objet de la captation. S’il s’agit d’art contemporain ma foi cela n’est pas bien grave.

    • 23 Avril 2015 à 11h52

      Sancho Pensum dit

      Cet article a été écrit par un homme qui adore voir son image à la télévision, ses articles dans les journaux.
      Il a même créé un blog qui porte son nom.
      C’est dire s’il est bien placé pour nous parler de ce qu’il connaît le mieux : le culte de soi.

      • 25 Avril 2015 à 11h15

        Vert Gallois dit

        Je n’osais pas le dire!

    • 23 Avril 2015 à 11h52

      abelard dit

      Le pauvre Rousseau s’en prend toujours plein la gueule.

      • 23 Avril 2015 à 12h00

        Sancho Pensum dit

        De la part de Brighelli, ancien extrême-gauchiste, c’est assez savoureux.

        • 23 Avril 2015 à 12h17

          abelard dit

          Rousseau a de quoi plaire également à droite, mais on n’insiste jamais sur les éléments en question, comme son patriotisme.

        • 23 Avril 2015 à 13h18

          Pierre Jolibert dit

          Oui, on préfère le panthéoniser. (pauvre de lui, si au moins il s’en était pris plein la gueule à ce moment-là, on aurait foutu la paix à sa dépouille qui serait restée isolée dans son beau parc à l’anglaise)
          Si cet article très bien fait de M. Brighelli pouvait rétablir les choses

    • 23 Avril 2015 à 11h47

      Aristote dit

      Rousseau, le premier ?

      Quid de Montaigne ?

      Augustin, dans un autre genre, mais lui parle plus de Dieu que de lui-même. 

      • 23 Avril 2015 à 13h15

        Pierre Jolibert dit

        En effet.
        Dans un autre genre parce que d’une autre ère. Le selfie c’est avant tout occidental.
        Je découvre tout récemment que Montaigne aurait été très marqué par un autoportrait du roi René. L’autoportrait, plutôt, s’il n’y en a eu qu’un, perdu, mais sans doute célèbre alors puisqu’on se le montre encore du temps de Montaigne, pour des raisons politiques, comme les portraits en général (raconté dans II-17, De la présomption).
        Quant à l’idée livres VS nature, elle est éternelle.

      • 23 Avril 2015 à 14h27

        Pierre Jolibert dit

        Mais d’après les très bons et intéressants échanges sur le blog de M. Brighelli, il apparaît que Montaigne est sauvé du selfisme par son butinage entre les classiques, et que ça n’a rien à voir avec JJ.

        • 23 Avril 2015 à 15h02

          abelard dit

          “JJ” n’a jamais boudé non plus son intérêt pour les “classiques”.

        • 23 Avril 2015 à 15h57

          Pierre Jolibert dit

          JJ est saturé de classiques, mais jamais boudé ?
          L’adversaire peut disposer des arguments suivants :
          dire que celui qui a bien lu et profité est d’autant plus impardonnable, ingrat, abject, etc. de prêter le flanc à l’accusation de rejet des livres ;
          monter la bibliothèque de la mère (les Romans, du genre de ceux qui sont mal vus, malgré la réhabilitation critique récente de l’Astrée) contre la bibliothèque du père (les Romains et autres sujets sérieux);
          sauter sur certaines phrases de Rousseau qui résume ainsi l’effet de ses lectures d’enfance : une vision des choses romanesque et fausse qui l’aurait handicapé –> comment ça ? les livres ! du faux, un handicap, etc.

        • 23 Avril 2015 à 17h01

          abelard dit

          Par “classiques”, j’entends les classique de la philosophie, les Grecs notamment, et leurs commentateurs romains ou italiens.

        • 23 Avril 2015 à 18h36

          Pierre Jolibert dit

          Ah d’accord, son Plutarque est aussi philosophe, pour le reste je vous crois.