Roméo et Jules
Contre l’hétérocentrisme et l’homophobie à l’Ecole
Publié le 06 juillet 2008 à 12:22 dans Société
Dis, comment on fait les enfants ? A l’heure du droit à la filiation pour tous, revendiqué dans une admirable tribune publiée dans Le Monde, ça va devenir coton pour les parents de répondre à cette question (qui n’était déjà pas si simple avant). Autant qu’ils le sachent : ils devront faire attention à ce qu’ils disent. Et aussi à ce qu’ils font. Ils doivent cesser d’inculquer de scandaleux préjugés hétéro-centristes à leurs rejetons. Et existe-t-il un environnement plus hétéro-centré qu’un homme et une femme qui décident d’avoir des enfants… ensemble ? Le résultat, on le connaît : au collège, nombre de ces enfants pensent encore (ou déjà) que les humains sont issus de l’accouplement d’un homme et d’une femme. Serge (homo, bi, trans ou lesbienne, on ne saurait trancher car Serge pourrait être une femme qui a choisi un prénom trans, méfions-nous de nos préjugés), Serge donc, 37 ans, prof de sciences éco dans le centre de la France, déplore dans Libération que les préjugés de ses élèves soient très “hétéro-centrés” : “On se marie pour la vie, devant le prêtre, l’union libre ce n’est pas une famille.” Ils sont carrément réacs, ces chers bambins dont on attend qu’ils précèdent le réel en mouvement. Voilà comment une éducation orientée perpétue la domination de l’antique modèle familial et fournit à l’Ecole des contingents d’élèves qui offrent un terrain favorable à l’homophobie.
Ce scandale doit cesser. En conséquence, le problème de l’Ecole aujourd’hui n’est ni la violence, ni le niveau, ni la destitution des professeurs (et des bons élèves qualifiés au mieux de bouffons), mais la survivance du vieil ordre hétéro-centré homophobe dont les Français, consultés par sondage, réclament massivement la disparition, mais qui, ne nous voilons pas la face, subsiste encore sous forme d’injure de cours de récré. C’est dire si les organisateurs de la “Marche des fiertés” lesbienne, homo, trans et bi, comme on dit désormais sans rigoler, ont vu juste en plaçant la dernière édition sous le signe de l’homophobie à l’Ecole. Faut dire qu’il n’y a pas de quoi rire : alors que l’homosexualité doit encore se cacher en France, on ne se plaindra pas qu’un jour par an, elle ose descendre dans la rue.
On ne peut que se féliciter que cette grande cause mobilise les grands médias et même le ministre de l’Education nationale Xavier Darcos qui a accordé un entretien à Libération. Comme chaque année, le quotidien a accompagné la Gay Pride en publiant, toute la semaine précédant l’événement, des analyses de cet inquiétant phénomène (pas la Gay Pride, bande d’ânes, l’homophobie). Certes, à en croire Darcos, les violences homophobes représentent moins de 1 % du total. “Mais il s’agit de signalements, non de la réalité, précise-t-il. L’homophobie est une attitude, elle crée un climat et ne s’exprime pas forcément par des violences. Il est en outre toujours un peu compliqué de la dénoncer. L’omerta sur tout cela est toujours présente.” On imagine combien Darcos doit se sentir mal à l’aise au sein d’un gouvernement qui, selon les signataires du texte déjà cité, pratique une “homophobie d’Etat”, pendant naturel de la xénophobie d’Etat que l’on sait. Ils savent que le projet d’union civile du chef de l’Etat est un leurre destiné, en fait, à interdire aux homosexuels “l’accès à la filiation”. Quant à ceux qui osent émettre des doutes sur l’homoparentalité, non pas au sot prétexte que deux hommes ou deux femmes (ou deux trans) seraient incapables d’élever un enfant, mais parce que dire à un enfant qu’il a deux pères serait un mensonge et un mensonge anthropologique, ils ne font que tenter de camoufler leur homophobie primaire.
L’une des solutions qui, malheureusement n’a pas été retenue, tant sur ces questions la frilosité est de mise dans la France sarkozyste, serait de retirer aux parents les plus dangereusement hétéro-centrés l’éducation de leurs enfants pour la confier à des couples insoupçonnables de tels penchants. Et certains de ces derniers sont très demandeurs.








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Eric dit
Je pense que certains articles dans certains journaux nauséabonds des années 1930 qui parlaient avec une ironie malsaine du sort infligé aux “israélites” ont dû servir d’exemple à ce scandaleux texte clairement, lui, homophobe, hétérocentré et, d’ailleurs, mal fichu tant du point de vue du fond (il n’y pas de modèle anthropologique de parenté) que de la forme, comme le remarquaitt une intervenante précèdente. Il se dégage de cette sotte caricature l’écho de l’opinion fort partagée quand à l’homosexualité et aux homosexuels dans “certains” milieux de la droite la plus contestable : il n’est plus audible de vouer les pédés au bûcher, soit, mais du moins messieurs, mesdames (ou autres…) faites-vous discrets, pas de bruit, pas de mots, évidemment pas de demandes, bienheureux que vous êtes qu’on vous laisse simplement exister !!! Simplement infect !
Woland dit
qui est-ce qui disait que la France etait un pays sovietique qui avait reussi?
Je ne me souviens plus mais c’est de plus en plus vrai. L’educ nat se transforme petit a petit en un vaste camp de “reeducation”…
A ce sujet voir l’excellent episode de South Park intitule: le camp de la mort de la tolerance.
Florent dit
Je ne peux pas la raconter, j’ai peur des procès.
ramon mercader dit
@ florent
je la veux ,moi ,cette blague de rires et chansons!
Pascal dit
Robespierre,
je n’avais aucune sympathie pour un homme à qui Danton avait crié un jour:”Robespierre,tu n’as pas de couilles!”,mais votre dernier commentaire me réconcilie entièrement avec vous.
J’attends maintenant que Fouquier-Tinville et Marat en fassent autant.
LALOUM dit
Simplement monsieur, que toutes les manifestations se font “contre l’homophobie”, sans précision du sens!
Je suis prêt à manifester pour un des deux sens, mais pas pour l’autre!
Je suis peut-être maniaque mais je ne supporte pas qu’on ne soit pa précis lorsque l’on parle de qeique chose.
Mais cela vaut pour beaucoup d’autres mots dont on peut s’accaparer la valeur sentimentale au mépris de la valeur sémantique.
Les mots deviennent ainsi des fourre-tout qui les vident de leur substance.
Ludovic-Lefebvre dit
Je ne vois pas pas en quoi la non-obligation d’homophilie serait de l’homophobie, on peut par exemple être indiférent, ne pas avoir envie d’avoir d’actes sexuels homos, ressentir une répulsion sans pour autant violenter les homosexuels, penser que le modèle de société est hétérosexuel (c’est mon cas) etc.
LALOUM dit
Chère Suana,
je crois que vous avez mal interprété mes paroles.Ce n’est ni un texte anti-homosexuel ni un texte anti-homosexualité! C’est un texte contre les déviances… sémantiques!
Pour le reste, l’homosexualité masculine provoque en moi du dégoût et vous avez raison, l’homosexualité féminine m’émoustille!
Mais il s’agit là de mes attirances et non d’un jugement sur l’attirance des autres.
Cependant, je veux avoir le droit de ressentir du dégoût pour l’acte d’homosexualité masculine et de le dire! C’est ce que je ressens. Ou alors dois-je avoir une stricte hétérosexualité honteuse?
Quant aux homosexuels masculins, la plupart du temps, je les adore!
Une dernière fois donc, je voudrais qu’on arrête l’amalgame entre les deux sens du mot!
Très respectueusement!
robespierre dit
Je suis homophobe mais seulement au lit. Ca va comme ca ?
Ludovic-Lefebvre dit
Il n’y a pas que la sexualité homosexuelle de quelques militants qui roulent pour leur gloriole (ils ne représentent qu’eux même et un délire électoraliste associatif) qui veut imposer son dictat sous couvert de liberté dans les écoles.
On a fait faire une danse africaine en boubou à mon fils, cette année encore à la fête de fin d’année à l’école après naturellement un barbecue halal et au centre aéré, ça continue. hier il est rentré avec deux masques africains en papier mâché. Où se trouve l’école, la colonie de vacances où les petits apprennent : “à la claire fontaine” ? Que vont-ils encore lui faire aujourd’hui ? Va t-il rentrer avec un os de buffle dans le nez ?
Ludovic-Lefebvre dit
Je ne sais pas, Solitude (un pseudo bien romantique, joli, un peu triste). Quel intérêt finalement autre que nombriliste, fuite à la réalité que d’intellectualiser ce que l’on est ou n’est pas ?
Il est mieux d’être et de vivre, le “connais- toi” de Socrate ne vaut rien s’il n’est qu’une interrogation, on se perçoit en multipliant les expériences de vie, dans l’oubli comme nous le rappelle la prière de Saint-François d’Assises.
Les philosophies se vivent et la psychanalyse est le mal du siècle, la thérapeutique qui rend malade. Le surmoi, le refoulement ne sont pas des maux, c’est le désir du tout tout de suite qui en est un tant pour la société que pour l’individu. Lorsque nous regardons l’équilibre de nos grand-parents et le nôtre, pauvres héritiers involontaires de mai 68, nous pouvons crier en chanson : Vive le refoulement !
solitude dit
« Le vivant conçu en laboratoire permet d’échapper à ce qui échappe: le sexuel comme événement de rencontre et de ratage de l’autre. L’enfant aléatoire d’une rencontre désirante, deviendra-t-il produit étalonné in vitro, selon un modèle idéal, embryon marchandise, conçu hors-corps, stocké, congelé, trié, sélectionné, manipulé, aseptisé, recombiné, éliminé, ou commercialisé, produit de la science, produit de consommation, et d’échange … « Dis, maman, d’où viennent les enfants?», « mon fils, tu es la propriété intellectuelle du labo «Infansplus» …. fruit de l’ADN recombi-né in vitro, selon le brevet n° ….. » Daniele.Epstein
solitude dit
@Ludovic-Lefebvre • 08.07.08 à 01:01
C’est obsessionnel chez les militants de la cause homosexuelle: il faut nous obliger à penser que tout n’est qu’homosexualité refoulée et réviser tout ce qui ne rentre pas dans ce nouveau cathéchisme.
Quand parlerons-nous des hétéros refoulés?
Julietta dit
Trouvé sur la toile un article tout chaud du quotidien britannique Telegraph. Il n’y est pas question de préjugés sexuels, mais il s’agit toujours d’éducation, de vigilance, de prévention, etc. Sachez que nos voisins outre Manche sont à l’avant-garde en matière d’immunisation contre le racisme.
« Toddlers who dislike spicy food « racist ».
En résumé, les tout petits qui par exemple font la fine bouche devant un plat épicé venu d’ailleurs et qui lâchent un « beurk » de dégoût, sont des racistes en puissance. CQFD. Il convient donc de « corriger » dès le plus jeune âge les pervers en herbe et leurs dangereux instincts.
So smart, isn’t it ?
Pour en savoir plus :
http://www.telegraph.co.uk/news/newstopics/politics/education/2261307/Toddlers-who-dislike-spicy-food-racist%2C-say-report.html?service=print
Florent dit
Ca me rappelle une histoire drôle avec Spartacus entendue sur Rires et Chansons, mais je crois qu’elle serait déplacée vu le sujet :-)
Ludovic-Lefebvre dit
Batman et Robin, les héros de mon enfance, sacrilège, mort à l’illustrateur de ce salon.