Pauvres riches !
La fortune est peut-être une maladie incurable, si ce n’est par la faillite
Publié le 01 février 2013 à 15:00 dans Société
Mots-clés : Alfred Adler, Daniel Stern, riches, Sigmund Freud

Quelques professeurs ont marqué mon passage à l’Université. Parmi eux figure Daniel Stern, un psychanalyste américain, ancien collaborateur de Brazelton, auteur du Journal d’un bébé. Dans son cours sur les psychothérapies, il nous décrivit le cadre de la cure analytique (durée des séances, paiement, etc.) et nous livra une anecdote savoureuse. Lorsqu’il pratiquait la psychanalyse à New York, il eut en traitement un industriel d’une cinquantaine d’années, patron d’un véritable empire, détenteur d’une fortune colossale. Ce patient hésitait à commencer une analyse. Son thérapeute ne lui inspirait guère confiance : comment prendrait-il au sérieux un homme qui ne gagnait que 150 dollars de l’heure ! N’était-il pas en train de confier son âme à un minus ? Ici, l’argent agissait comme un révélateur, comme l’expression d’une distorsion de l’amour de soi. Certains individus, le fait est connu, demandent à l’argent une réassurance : à défaut de pouvoir briller par ce qu’ils sont, ils brillent avec ce qu’ils ont. Selon Stern, dans ce cas, la compréhension des sentiments relatifs à l’argent permit de dénouer la situation et de faire débuter la cure.
Stern nous enseigna aussi que le rapport à l’argent reflétait souvent différentes manières de se positionner face à une dette inconsciente : pauvreté expiatoire, négation perverse de cette dette, etc.
[...]
*Photo : Ross Burton.
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Inédit
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publié dans
Causeur n° 55Janvier 2013

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1L'Ours dit
Passionnant, bien qu’un peu trop systématisé, la seule “catégorie” que vous faîtes entre les riches étant les héritiers et les autres.